Auguste, neveu de César, fondateur de l'empire romain Caius Octavius Thurinus, Caesar Augustus

Monnaie : Tétradrachme, Argent, Antioche Sur L'Oronte, Séleucide Et Piérie, Auguste © BNF. Gallica

Caius Octavius Thurinus, petit-neveu de César, naît en 63 avant J.-C., l'année du consulat de Cicéron et de la conjuration de Catilina. Après son adoption par Jules César, il prend le nom de C. Julius Caesar Octavianus. C'est pourquoi il est alors aussi appelé Octave.

En septembre 45, lorsque César rédige son testament, il désigne Octave comme son héritier ainsi que ses autres petits neveux Q. Pedius et Pinarius, et surtout il fait d'Octave son fils adoptif. Il avait pris soin de veiller de près à l'éducation d' Octave en le faisant former notamment à l'éloquence et à la philosophie. Après l'assassinat de César en 44 avant J.-C., celui-ci décide, alors âgé de 19 ans, de revendiquer son héritage.

Fin stratège, il fait d’abord alliance avec le chef du parti de César, Marc Antoine et avec Lépide, formant ainsi le second triumvirat qui poursuit la guerre contre les Républicains, Brutus et Cassius, maîtres  de la Grèce et de l'Orient. Ils les battent par deux fois à Philippes, en Macédoine, en octobre 42. Ensemble, ils effectuent une nouvelle répartition des provinces. Ce triumvirat génère de sanglantes proscriptions et la confiscation des terres de nombreux propriétaires. L'influence d'Octave grandit, cependant, considérablement et quand, en 36, il contraint Lépide à se retirer du triumvirat, il reste seul à gouverner la partie occidentale des territoires de Rome. En 31, Octave déclare la guerre à Cléopâtre et Marc Antoine. Antoine est  battu à la bataille navale d’Actium et se suicide comme Cléopâtre à Alexandrie. Octave devient ainsi le seul maître de Rome.

En janvier 27, pour éviter de subir le même sort que César, il met en place un nouveau régime le Principat en déclarant vouloir abdiquer tous les pouvoirs exceptionnels qu'il détient, une fois la paix rétablie, et que ses pouvoirs seraient remis au Sénat et au peuple. Le gouvernement du Sénat reste ainsi en place, tandis qu'il maintient formellement une République en trompe l'oeil. De fait, il conserve le consulat de manière ininterrompue, reste le gouverneur de toutes les provinces qui ont un intérêt militaire et garde l'imperium militaire. Il reçoit aussi  le titre d’Auguste (« vénérable ») qui le met au-dessus de l’État. Il est également appelé « Princeps », c’est-à-dire, « le premier (primus) à prendre (capere) la parole au Sénat ». Son autorité réelle est immense. En 23 avant J.-C., il obtient la puissance tribunicienne à vie, ce qui revient à disposer d'un pouvoir quasi absolu. Nul doute qu'il encourage tout ce qui peut contribuer à lui donner une aura divine, cultivant son image apollinienne et solaire, au point que cet apollinisme augustéen pourrait être, pour une part, à l'origine de la théologie impériale qui se développera au IIe siècle.  

Durant toutes ses années de pouvoir, il travaille à restaurer, à réorganiser et à maintenir la paix civile, la Pax Romana, fondée sur les valeurs traditionnelles romaines. Il crée une armée de métier, grâce à des impôts nouveaux, les vingtièmes, et une caisse nommée Aerarium militare. Il réforme aussi la justice, en rétablissant les jurys permanents, en créant un droit d'appel et en mettant en uniformité la jurisprudence. Il accomplit également  des réformes religieuses et morales visant à mettre  en avant les vertus romaines de simplicité, de frugalité et de travail. Il embellit considérablement Rome par ses nouvelles constructions comme l'Ara Pacis (l'Autel de la Paix), le Portique de Livie, ainsi que par de nouveaux aqueducs qui permettent de réorganiser le réseau de distribution de l'eau et de multiplier les fontaines dans Rome. 

Durant le Principat d'Auguste, la société romaine s'abandonne au plaisir de vivre dans la paix retrouvée. La Rome augustéenne frappe par la beauté de ses monuments : ainsi le temple grec qu'Auguste dédia à Apollon le 9 octobre 28 pour commémorer sa victoire d'Actium. Il se dresse sur la colline du Palatin, au centre d'une place entourée du Portique dit des Danaïdes. "Il était si imposant à voir, dans l'heureux dispositif de ses colonnes puniques, au centre desquelles la file des filles du vieux Danaos apparaissait " nous dit Properce dans ses Élégies (II,31). Mécène, Caïus Maecenas, ami d'Auguste, réunit dans un cercle  étroit des poètes et des lettrés, comme Properce, ou Virgile qui contribuent - notamment Virgile dans l'Énéide - à formuler les fondements intellectuels du nouveau régime.

À sa mort en 14 après J.-C., Auguste est déjà adoré à Rome comme un dieu et l'on commence à parler du "siècle d'Auguste" fameux par sa prospérité et sa libéralité, même si le pouvoir qui revient à Tibère, au terme d'une délégation totale des pouvoirs d'Auguste amorcée en 13 après J.-C., fait de ce dernier un empereur au pouvoir absolu.

 

Ce qu'écrit Tacite :

... non regno tamen neque dictatura, sed principis nomine constitutam rem publicam.

[On disait que] pour gouverner l’État, il ne s’était fait ni roi ni dictateur, mais avait pris le nom de « prince ».

Tacite, Annales, I, 9.

  • Les contemporains : Virgile, Horace, Tibulle, Properce, Ovide, Tite-Live.
  • Quelques-unes des constructions qu'il fit faire dans la ville : l’Ara Pacis (l’autel de la Paix), la Maison d’Auguste, le Forum d’Auguste, le premier Panthéon, le Théâtre de Marcellus, le Portique de Livie,...
  • Son œuvre : Res Gestae divi Augusti (Hauts Faits du divin Auguste), qui rapporte tout ce que l’empereur a accompli pour le peuple romain.
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