Sibel

Données du film

affiche SibelRéalisé par : Guillaume Giovanetti, Çağla Zencirci

Avec : Damla Sönmez, Emin Gürsoy, Erkan Kolçak Köstendil

Long-métrage : Turquie, France

Genre : Drame

Durée : 1H35

Année de production : 2018

Distributeur : Pyramide Films

Synopsis

Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur dans un village isolé des montagnes de la mer noire en Turquie. Sibel est muette mais communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région. Rejetée par les autres habitants, elle traque sans relâche un loup qui rôderait dans la forêt voisine, objet de fantasmes et de craintes des femmes du village. C’est là que sa route croise un fugitif. Blessé, menaçant et vulnérable, il pose, pour la première fois, un regard neuf sur elle.

Récompenses

  • Prix du public - Rencontres Cinématographiques de Cannes 2018
  • Prix du Syndicat Français de la Critique de Cinéma - Rencontres Cinématographiques de Cannes 2018
  • Prix Ceux du Rail - Rencontres Cinématographiques de Cannes 2018
  • Prix de la critique à Cinémed - Festival Méditerranéen de Montpellier 2018
  • Prix du Public à Cinémed - Festival Méditerranéen de Montpellier 2018
  • Prix du jury des jeunes - Festival du Film de Locarno 2018
  • Prix de la Presse au Festival - Film de Locarno 2018
  • Prix du Jury Oecuménique - Festival du Film de Locarno 2018

Sites

Presse

Vidéos

  • La carte postale de Guillaume Giovanetti et Çağla Zencirci      carte postale Sibel

Dossiers à télécharger

Critiques d'élèves en compétition (catégorie critique libre)

  • Lycée Le Mans Sud, Le Mans (académie de Nantes)

le mans sibel1

  • Lycée Delamare Deboutteville, Forges-les-eaux (académie de Rouen), une critique réalisée par Léana, Océane, Chloé, Yona et Andréa

delamare sibel1

  • Lycée Pravaz, Pont de Beauvoisin (académie de Grenoble)

sibel pravaz

  • Lycée Jean Moulin, Pézenas (académie de Montpellier), une critique réalisée par Estelle Lesur et Marina Saudemont

moulin sibel

Commentaires

2019/03/24 12:15 #2018-sibel-1
Lycée Pardailhan, Auch, académie de Toulouse
Lycée Pardailhan, Auch, classe de 202, critique de Marie et Nino

Sibel est un film dramatique mais également romantique de 2018 et réalisé par Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti. Ce film est tourné dans un petit village de Turquie et donc dans la langue nationale. La plupart des acteurs de ce long métrage sont des personnes originaires de ce petit village mis à part quelques acteurs célèbres comme Damla Sonmez qui incarne Sibel (le rôle principal) mais aussi Elit Iscan qui joue Fatma, Erkan Kolcak Kostendil qui joue Ali … Ce film retrace la vie de Sibel, une jeune fille turque très rejetée par son village qui, à la suite d’une fièvre à l’âge de cinq ans, est devenue muette. C’est pour cette raison qu’elle communique avec les gens de son village dans la langue sifflée. C’est la fille du maire, un homme très protecteur envers ses filles mais malheureusement veuf et la sœur de Fatma, une très jolie fille qui semble tout avoir : des amis … contrairement à Sibel. Cette dernière, très solitaire et contre le système national va tous les jours dans la forêt essayer de tuer le « le loup » et rendre visite à une vieille dame folle : Narin. Mais, un jour, une rencontre insolite va bouleverser sa vie et malgré le fait qu’elle veuille aider et faire ouvrir les yeux à plusieurs personnes, tout ne va pas ce passer comme elle l’aurait souhaité…

En ce qui nous concerne, nous avons énormément apprécié ce film pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Sibel est un film qui véhicule de nombreuses émotions durant 1h35 : c’est un feu d’artifice d’émotions. En effet, il y a énormément d’amour ou plutôt de l’amitié ambiguë. Par exemple, vers le milieu du film, nous voyons, en gros plan, Sibel et Ali l’un contre l’autre pour se réchauffer. Ils restent dans cette position pendant un long moment puis Sibel fini par l’embrasser. Ensuite, on retrouve malheureusement de la tristesse et du désespoir, comme le moment où le maire oblige sa fille à rester à la maison, la soupçonnant de fréquenter quelqu’un, mais aussi, la scène où Fatma pleure dans son lit car elle ne peut plus se marier… Malgré cela, les réalisateurs ont voulu néanmoins nous transmettre de la joie à plusieurs reprises, parmi lesquelles figure le passage où différentes filles du village se réunissent dans un moment euphorique pour fêter les fiançailles de l’une d’entre elles. De plus, la trahison est présente dans ce film : notamment Sibel qui se sent trahie par sa sœur Fatma. Cette dernière a dévoilé son secret, ce qui a eu énormément de conséquences plutôt graves pour Sibel. Pour continuer, on trouve aussi de la colère voire de l’indignation à plusieurs passages comme vers le début de film, Sibel vient s’asseoir à côté des autres mais elles la rejettent, alors on la voit partir avec son fusil en leur disant : « allez toutes au diable ! », ce qui insiste sur le rejet des habitants envers Sibel. Ce côté bourré d’émotions du film, permet de nous accrocher à ce dernier en étant tout le temps bouleversé.

En effet, au-delà du fait que ce film déroule toute une palette d’émotion, il dénonce un régime politique très strict : la dictature. C'est un film qui dénonce une société dictatoriale où l’homme est roi. Par exemple, les forces de l’ordre turques qui sont à la recherche d’un « terroriste » d’après leurs dires. En fait, il est tout sauf terroriste, il a refusé de faire le service militaire, qui, dans ce pays, est obligatoire et important : ils doivent tuer et tirer sur les pays avec lesquelles ils ont en guerre. Ce terroriste nommé Ali est considéré comme terroriste car il refuse de faire le service militaire sous prétexte qu 'il ne fait la guerre que pour lui et non pas pour les autres, les forces de l’ordre pensent alors qu’il est avec l’ennemi et que c’est pour cela qu’il refuse le service militaire afin de ne pas tuer ses prétendus alliés. Toute opposition contre le gouvernement est donc interdite et sévèrement réprimée ; c’est sûrement pour cela qu’Ali cherche à se cacher et à fuir l’État. Aussi, les femmes sont constamment sous la responsabilité des hommes : le père ou l’époux, comme dans certaines dictatures actuelles telles que dans les pays comme la Turquie, là où l’inégalité homme femme est très présente.
Ce film nous a énormément plu, notamment pour la découverte d’une toute autre culture qu’on n’a pas l’habitude de voir. On découvre une langue, qu’on ne connaissait pas auparavant : la langue sifflée. On apprécie le travail et la persévérance qu’a dû fournir l’actrice qui jouait le rôle de Sibel, pour apprendre à siffler et à parler cette langue. Ce film est culturellement enrichissant et c’est ce qui nous a plu. À travers ce film garni d’émotions, de nombreuses situations nous ont touchées. C’est donc pour cela que nous avons énormément apprécié ce film et que nous le recommandons à tous, aux petits comme aux grands.

Sésé Marie et Galdava Nino 202
2019/03/25 13:04 #2018-sibel-2
Lycée PRO Louis Pasteur, Nice, académie de Nice
Sibel, jeune femme d’une vingtaine d’années dénuée de paroles mais pratiquant la langue sifflée, vit son quotidien minime de femme dans son village en Turquie.
Damla Sonmez est une actrice bien connue du public turc, elle incarne à la perfection le personnage de Sibel.
Le couple de réalisateurs franco-turc ajoute un troisième long-métrage à sa production. Et on entre en immersion totale dans ce chef-d’œuvre.

Dans un petit village de l’arrière pays turc, Sibel vit avec son père et sa sœur. Elle assume le rôle manquant de la mère de famille dans la maison tout en allant travailler aux champs. Malgré son handicap, elle arrive à communiquer avec les habitants grâce à la langue ancestrale sifflée.
Parallèlement à son village, elle part souvent dans la forêt chasser le ‘’terrifiant loup’’ pour obtenir la reconnaissance des villageois(es).
Pendant sa chasse, elle fait une terrible rencontre qui bouleversera sa vie et celle des habitants du village.

Film émouvant et remarquable aussi bien par le jeu des acteurs que par la beauté des paysages, « Sibel » est une histoire poignante parlant de la femme dans la société en Turquie et dans bien d’autres pays mais aussi de la vie d’une jeune personnes munie d’un handicap.

La critique d'Isabelle Goupil et Emilien Moretti, 1C, Lycée Pasteur, Nice
2019/03/25 13:08 #2018-sibel-3
Lycée PRO Louis Pasteur, Nice, académie de Nice
Quelque part dans les montagnes de Turquie, Sibel, jeune femme muette parlant la langue sifflée, est la souffre-douleur de son village et la femme à tout faire de sa famille. Dans une quête de respect, elle chasse le loup qui soit-disant habite dans la forêt voisine d’après la population du village. Pendant une après-midi tout à fait banale dans la forêt, Sibel va faire une rencontre qui changera sa vie. Ce poétique long métrage est d’une beauté incroyable. Grâce à son ingéniosité narrative, « Sibel » transmet des émotions fortes.

La critique d'Enzo Cartelli et Cedric Loiseau, 1C, Lycée Pasteur, Nice
2019/03/31 18:36 #2018-sibel-5
Lycée PRO La Salle, Avignon, académie de Aix Marseille
Le lapin et le serpent, un combat inégal ?
Muette mais pas aveugle pour comprendre et communiquer avec les gens de Kusköy, ce petit village au nord de la Turquie. En effet, Sibel est une belle jeune fille avec son regard gris acier et sa chevelure noire. On admire sa silhouette fine mais dotée d'une volonté farouche. Elle siffle depuis l'âge de cinq ans frappée par une forte fièvre. Elle porte cet handicap mais est-ce un drame ? Elle est unique, et ne ressemble à aucune autre fille de son village, elle est libre ! Ses faiblesses sont des forces. Elle prend soin de son père Emin, épicier et maire du village et a des rapports assez conflictuels avec sa jeune soeur Fatma qui doit se marier prochainement. Son père représente l'autorité du chef de famille. Veuf, ce père de famille protège Sibel. Mais Sibel n'est pas une fille que l'on met dans une case où les traditions doivent régir les relations humaines ; elle est serviable avec Narim, une vieille femme qui vit seule dans une cabane sur les hauteurs en forêt. Mais Sibel est rejetée. Tout particulièrement par les autres femmes. Elle est vaillante armée de son fusil et ne craint pas la forêt malgré l'ombre du loup. Elle le traque jusqu'au jour où elle rencontre Ali, un homme recherché par la police comme terroriste...

Sibel est une battante jusqu'au bout contre les préjugés, les superstitions, les traditions, l'intolérance. Nous avons adoré ce film ! On respire, on court, on siffle, on se bat à ses côtés. Bref, on l'accompagne durant 1h35, film rythmé, au coeur d'une végétation dense et des habitants rudes. Peu de rires. Peu d'amour exprimé. Sibel est fière, elle va jusqu'au bout de ses envies. C'est une combattante face à l'injustice et en communion avec la nature. Nous avons applaudi le film.
Les élèves de la Seconde pro SN
2019/04/01 17:55 #2018-sibel-7
Lycee Jules Ferry, Paris, académie de Paris
Lycée Jules Ferry Paris Lucien Durand-Barlot – 1ère L1

Sibel est un film turc sorti en 2018 et réalisé par Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti. Sibel est une jeune femme muette qui ne peut communiquer que grâce à des sifflements, sorte de seconde langue pour elle et les habitants du village d’agriculteurs dans lequel elle vit avec son père, le chef du village, et Fatma sa sœur.
Sibel est dénigrée à cause de son mutisme. Armée de son fusil et arpentant les forêts alentour, elle espère bien tuer le loup qui menace les villageois et ainsi regagner son honneur et celle de sa famille. C’est pendant une de ces parties de chasse qu’elle tombe sur un homme. Blessé à la jambe, Sibel le soignera tout en apprenant à le connaitre.
Sibel est un très beau film sur le thème de l’amour impossible et du drame romantique. L’utilisation des sifflements pour communiquer apporte au film une certaine profondeur, créant ainsi un jeu d’acteur plus vaste. Le personnage de Sibel semble enfermé dans ce village de montagne. Elle est persécutée par les autres habitants, cependant, elle reste une femme forte, mystérieuse et fière. L’intrigue du film relève parfois même du mystique, on en vient à se demander si Sibel ne devient pas folle, tout comme la vieille du village qui raconte avoir vécu une histoire similaire.
Parmi la sélection des films pour le prix Renoir, ce film fait partie de mes favoris. Les personnages sont touchants et merveilleusement interprétés, les réalisateurs ont réussi à créer une vraie ambiance qui tient le spectateur en haleine jusqu’à la fin.
2019/04/01 19:22 #2018-sibel-8
Lycee Jules Ferry, Paris, académie de Paris
Stel Yus, Lycée Jules Ferry, paris
Que garantit une place de cinéma à celui qui l'achète ? De nouvelles émotions, un scénario prenant, une ambiance particulière tout cela mélangé à des sentiments variés... C'est ce qu'a à nous offrir Sibel. Réalisé par Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti, un couple franco-turque, il a reçu 8 prix et une nomination dans deux festivals français et un suisse. En voici le synopsis . Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur dans un village isolé des montagnes de la mer noire en Turquie. Sibel est muette mais communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région. Rejetée par les autres habitants, elle traque sans relâche un loup qui rôderait dans la forêt voisine, objet de fantasmes et de craintes des femmes du village. C’est là que sa route croise un fugitif. Blessé, menaçant et vulnérable, il pose, pour la première fois, un regard neuf sur elle.

Le film est beau et dépaysant, car en effet l'action se déroule dans un petit village turc, qui a la particularité de parler en langue sifflée, une grande partie du temps : Kusköy - qui signifie village des oiseaux . On découvre une langue magnifique mais quasiment inconnue, qui permet de communiquer facilement depuis de longues distances. La nature est au centre du film, elle est partout et nous aide à mieux y pénétrer. Les thèmes traités dans le film sont très actuels, puisqu'on y aborde celui de l'émancipation de la femme dans des villages turcs. L'héroïne, vivant chez son père, qui est seul avec ses deux filles, est la cible de beaucoup de moqueries, surtout de la part des femmes du village. Car elle est muette, elle sait chasser, elle est libre. Sibel dérange les conventions. Elle souffre beaucoup du regard des autres et tente d'être acceptée à plusieurs reprises...



J'ai beaucoup aimé ce film, on est plongé dans une ambiance particulière, on est détendu, au milieu de la nature, des arbres, des animaux, mais on ressent beaucoup de peine pour Sibel, qui ose être différente jusqu’à être expulsée de la communauté traditionnelle, qui ne n’'accepte que des femmes soumisex aux « codes féminis » du village. Son handicap mêlé à l'ignorance des habitant crée lui-aussi un rejet.

Néanmoins, les réalisateurs prennent un risque en ne mettant aucune musique dans leur film, mais cela réussit plutôt bien, car on est bercé par celle de la nature et des sifflements des habitants. A la toute fin, ils choisissent cependant une musique de générique très brutale (de l’électronique particulièrement désagréable) qui crée un énorme contraste avec le reste du film. Selon les réalisateurs, la musique est féminine et radicale, cela reste un choix très étrange. Le film est parfois très proche des ventres mous, et on peut décrocher de son fil à quelques reprises, mais ces moments restent très rares.

Sibel est donc un film plaisant, attendrissant et extrêmement beau à voir, on découvre une nouvelle culture totalement différente et c’est un aspect positif du film.

Un film à découvertes !
2019/04/02 15:32 #2018-sibel-9
Lycée Galilée, Combs-la-Ville, académie de
SIBEL, un film touchant mais pas transcendant.

Sibel, film turc réalisé par Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti, est un drame romantique qui se passe dans un village isolé de Turquie. Il raconte l’histoire d’une jeune muette que son handicap exclut de la société, et qui s’émanciper au contact d’un fugitif. L’histoire est belle, et le film possède des qualités, mais au final, il ne parvient pas à aller au bout de ses idées.

Ce long-métrage se veut touchant, le personnage de Sibel est fort et impressionnant, le jeu de Damla Sönmez, l’actrice qui l’incarne est puissante, et cela malgré l’handicap du personnage qui empêche l’actrice de s’exprimer à travers la parole. Sa performance est admirable, elle déploie un certain talent pour transmettre des émotions sans paroles. Pour s’exprimer, le personnage utilise la langue sifflée, caractéristique de sa région, procédé intéressant qui accentue le côté nature du film, en nous faisant parfois croire à des bruits d’oiseaux. Cet aspect et son handicap sont d’autant plus marquants que le film fait l’économie de musiques. C’est un procédé certes intelligent, mais qui a ses limites. En effet la musique aurait permis de souligner la dramaturgie à certains moments. On peut aussi retenir certains plans très beaux, très bien tournés, et l’esthétique est globalement convaincante.

Cependant, le film laisse le spectateur sur sa faim. Il tente de traiter beaucoup de sujets, et s’aventure dans des terrains qu’il n’exploite pas entièrement, comme l’histoire d’amour entre Sibel et Ali, qui finit totalement au second plan. En effet, la rencontre entre ces deux personnages sert principalement l’émancipation de Sibel. Si l’héroïne n’est pas plus acceptée qu’au début, le regard que portent les autres sur elle a changé. On peut aussi reprocher au film un déroulement trop basique, voire cliché, comme la scène où les deux amoureux se disputent, Sibel s’enfuit, et d’un coup c’est l’orage. Scène qui ne sert pas vraiment l’histoire et qui nous montre juste un symbole touchant : Sibel qui tente de crier mais n’y arrive pas à cause de son handicap.

C’est un beau portrait de femme, dans une Turquie très ancrée dans ses traditions, mais parfois ennuyant.

Marius Hestin, 1ère L


2019/04/02 17:18 #2018-sibel-10
Lycée PRO Hippolyte Fontaine, Dijon, académie de Dijon
«Sibel» est interprétée par une actrice qui joue son rôle à la perfection tout en restant magnifique malgré son handicap qu’elle a depuis ses cinq ans à cause d’une fièvre qui lui a ôté la parole.
Le principal décor du film est cette forêt du Nord de Turquie que le réalisateur, Çagla Zencirci ne nous manque pas de nous faire découvrir avec ces plans larges tout au long du film.
Il joue aussi avec des plans rapprochés et des gros plans sur le visage de Sibel pour nous transmettre le plus d’émotions possible.
Quelques plans réalisés avec une caméra portée permettent de nous faire ressentir ce qu’endure Sibel.
Mais heureusement pour elle, Sibel a un père protecteur, qui sans se cacher, n’emploie pas toujours les bonnes méthodes pour lui montrer. En tant que maire du village, il est malheureusement tiraillé entre sa fille qui est mal vue des habitants et la pression collective.
Dans ce film, Sibel représente la femme libre en Turquie et la forêt qui est dans ce film, très symbolique.
Çagla Zencirci a décidé que Sibel communiquera en sifflant ; c’est un fait très original dans le monde du cinéma, qui n’est pas inventé car aujourd’hui, on parle encore en sifflant dans certaines communautés. Ce sifflement incarne la Rébellion ; la Résistance.
Les scènes du film sont répétitives. Chaque matin, on voit Sibel à l’entrée de sa maison en train d’enfiler son foulard et de prendre son fusil que son père lui a offert. Elle va chaque matin aux champs aider les femmes du village et s’enfuit ensuite chasser le loup dans la forêt.
Elle est la seule à encore parler à la «folle du village», Narin. La rencontre brutale qu’elle va faire avec un « terroriste » d’Istanbul va changer sa vie. Sa sœur, enfant gâtée qui doit se marier va être odieuse avec Sibel tout au long du film. Elle va la suivre dans la forêt et s’apercevoir que sa sœur «fricote» avec un homme. Elle ne manquera pas de le raconter aux femmes du village qui vont dénigrer la jeune femme.
La fin est étrange et brutale, car Ali va disparaître et on n’aura plus aucune nouvelle Nous assistons à la réconciliation des deux sœurs. Une fille du village qui la dénigrait, va sourire à Sibel car elle deviendra rebelle ; elle ne se laissera plus marcher dessus et gardera toujours la tête haute. Le regard des autres lui importent peu.
Le film est silencieux sans aucune musique.
Ce film a des points communs avec «Heureux comme Lazarro». Elle est la Cendrillon de la maison, elle ne dit rien quand elle subit les violences physiques et mentales des autres.
Il y a également des points communs avec «Mustang», où nous voyons la situation de la femme en Turquie. On peut reconnaître qu’une actrice du film «Mustang» est la sœur du personnage principal. Nous voyons les traditions turques et nous avons également à faire à une jeune femme rebelle.

Sandra ROMEUR, 2ELC2
2019/04/03 12:42 #2018-sibel-11
Lycée Louis de Foix, Bayonne, académie de Bordeaux
Le film raconte l’histoire d’une jeune fille nommée Sibel qui est muette et qui communique avec les habitants en sifflant. On va voir durant tout le film la vie qu’elle mène car on comprend très vite qu’elle est rejetée par tout son village à cause de son handicap. Tous les jours, elle va dans la forêt et cherche à chasser un loup qui effraie les femmes pour être reconnue dans le village.
Ce film dramatique turc, sorti en 2018, a été réalisé par Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti.
Nous avons adoré ce film car l’histoire est très intéressante. Nous avons beaucoup aimé le choix de la langue sifflée ce qui rajoute à notre avis plus de sentiments, comme de la tristesse. Même si des scènes sont par moment cruelles envers Sibel, nous avons apprécié le rôle du fugitif qui la voit comme ce qu'elle est vraiment, une très jolie jeune femme.
Certaines scènes sont très violentes et choquantes. Au début du film, les femmes du village rejettent ouvertement Sibel parce qu’elles pensent qu’elle est maudite et qu’il ne faut pas l’approcher. Plus tard, les femmes iront jusqu'à la taper parce qu'elle a rencontré un homme. Même sa petite sœur la rejette pendant presque tout le film alors que Sibel ne lui fait rien. Une scène nous a particulièrement touchés, quand le fugitif qu'elle cache quitte la cabane et qu’elle se met à genoux : elle voudrait crier sa douleur mais comme elle est muette aucun son ne sort de sa bouche, ce qui montre son impuissance face à ce qu'elle traverse.
La caméra suit la fuite en avant de Sibel, court à ses côtés, nous fait ressentir sa rage de vivre. Le film offre de merveilleux paysages, ainsi que de magnifiques portraits : celui de Sibel tout d'abord, femme libre mais aussi celui du père, autoritaire mais aimant. Le film se termine sur un immense espoir, celui de l'émancipation de Sibel qui ose enfin affronter toutes les femmes du villages.
Nous conseillons fortement de voir ce film car nous trouvons que ce film nous donne une leçon de vie.
Lucas Jimenez, Lucas Le barbier et Unai Greco, 2de 7
2019/04/03 13:51 #2018-sibel-12
Lycée PRO Louis Pasteur, Nice, académie de Nice
Sibel raconte une folle histoire, celle d’une jeune femme muette, magnifiquement jouée par Damla Sönmez et écrite par Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti, vivant avec son père et sa sœur dans un petit village de Turquie. Ce film touchant et réaliste nous montre la difficulté d’intégration quant au handicap. C’est une protagoniste pleine d’espoir qui cherche à avoir la reconnaissance de son village en attrapant et tuant le loup qui menace les récoltes. Son père, « chef » ou maire du village et gérant d’une petite boutique, partage sa passion, la chasse, avec sa fille Sibel. Alors qu’elle semble bien déterminée dans sa quête, Sibel va faire une rencontre qui va profondément la changer, celle d’Ali, jeune homme fugitif d’une vingtaine d’années.
Ce film bouleversant et plein d’honneur prend tout son sens dans la dernière scène où l’on voit une Sibel forte, la tête haute, qui accompagne sa sœur au bus devant un champ occupé par toutes les femmes du village, qui l’ont auparavant tant attaquée.

João RIO et Tristan SIMON, 1C, Lycée Pasteur, Nice.
2019/04/03 21:16 #2018-sibel-13
Lycée Langevin Wallon, Champigny-sur-Marne, académie de
Sibel
Un film de Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti


Sibel est une jeune femme muette qui subit le rejet de sa communauté dans un village de Turquie.
Elle ne peut communiquer avec sa famille et les villageois qu’en langue sifflée ancestrale.
Sibel a 25 ans, elle vit avec son père et sa sœur dans un village isolé des montagnes de la mer Noire. Son père est le maire du village. Veuf, c’est Sibel qui s’occupe de la maison. Elle est souvent appelée pour travailler dans les champs pour aider les femmes de la communauté. Elle rend visite et approvisionne une villageoise, Narim, qui a perdu la raison et vit dans une cabane dans les bois, exclue du village. Sibel court, d’une tâche à l’autre, s’évade quand elle le peut pour traquer le loup qui effraie les villageois. Si elle le tue sa communauté l’acceptera enfin.
Lors d’une de ses expéditions dans la forêt en quête du loup un homme affamé et épuisé surgit et se jette sur Sibel. En se défendant elle le pousse dans le piège creusé pour le loup. Sibel lui porte secours, tente de le soigner. Peu à peu ils parviennent à communiquer. Dénoncée par sa sœur qui l’a suivie, Sibel nie mais la rumeur se répand dans le village et provoque la rupture des fiançailles de sa sœur. L’hostilité envers Sibel s’accroît encore, n’épargnant pas son père, maire du village.
A travers le personnage de Sibel, ce film interroge sur la condition de la femme dans une société traditionnelle patriarcale. Même les hommes doivent se plier aux normes sociales. Le sentiment d’étouffement social est amplifié par le contraste de la forêt, espace de liberté aux couleurs magnifiques. Courageuse, volontaire et indépendante, Sibel affronte, la tête haute, le village pour rendre sa dignité à sa sœur.
La dernière scène montre Sibel tournée vers les femmes qui travaillent dans un champ et l’une d’elles, la jeune femme qui refusait qu’elle s’installe près d’elle, regarde Sibel et lui sourit.

Seconde 3 - LPO Langevin-Wallon, Champigny-sur-Marne 94
2019/04/04 19:25 #2018-sibel-14
Lycée Combes, Pons, académie de Poitiers
Sibel

Ce film de G. Giovanetti et C.Zencirci raconte l'histoire d'une jeune femme prénommée Sibel qui communique grâce à la langue sifflée car elle est muette. Elle vit avec son père, veuf et sa sœur, qui suite à l'implication de son aînée dans la protection d'un fugitif, voit son mariage annulé. La production cinématographique commence sur des images intrigantes, pleines de mystère sur lesquelles on voit cette jeune femme très aguerrie en train de poser des pièges pour le loup de la montagne, qui terrorise toutes les femmes du village. Sibel est rejetée par les autres femmes qui ne veulent pas s'approcher d'elle à cause de la perte de sa voix suite à une maladie infantile notamment par peur pour les futurs enfants. Mais Sibel va en faire sa force pour aller chasser le loup pour enfin gagner la confiance du village et pouvoir restaurer la tradition ancestrale des mariages sur le rocher de la mariée. Elle va investir sa force pour montrer qu'elle peut être utile au village mais aussi pour affirmer son droit à la liberté et son indépendance. Au fur et à mesure des scènes différents messages sont véhiculés. Tout d'abord une thématique qui n'est pas assez abordée dans la société actuelle, celle de la vie des personnes marginalisées qui sont représentées par le personnage de Sibel mais aussi celui d'Ali qui est présenté comme un terroriste, un fugitif armé et dangereux. A travers ces deux personnages il y a aussi le thème de la peur de l'inconnu qui est abordé. Puis enfin par le biais du personnage du père un message de méfiance car cet homme au départ si aimant envers sa fille se révèle hypocrite lorsqu'il apprend qu'elle a aidé un inconnu. Au fil de toutes les images que nous pouvons visionner la respiration de Sibel s'entend fortement, c'est très important car pour elle qui ne peut émettre aucun son, sa respiration est le moyen parfait pour transmettre ses sentiments.
2019/04/04 22:14 #2018-sibel-15
Lycée Delamare Deboutteville, Forges-les-eaux, académie de Rouen
Salut tout le monde !

Alors cette fois on se retrouve pour parler de "Sibel", un film touchant, un véritable hymne à la tolérance et au respect des différences ! Le personnage principal est une jeune fille adolescente nommée Sibel qui vit avec son père et sa petite sœur. Ayant perdu la voix depuis l'âge de 5 ans, elle communique grâce aux sifflements qu'elle émet, cependant, celle-ci se fait injurier par les gens du village sous prétexte qu'elle est un "porte poisse". Exclue, elle s'isole dans les bois en quête d'un mystérieux loup, mais c'est un homme qu'elle finit par rencontrer dans la forêt. Elle va l'aider, au risque d' être davantage rejetée et de perdre la considération que lui porte son père.

Nos impressions :
Nous pensons que Sibel est un personnage très humble mais qui se révèle d'une force étonnante, malgré les insultes qu'elle subit quotidiennement. Comment parvient-elle à garder la tête haute dans ces conditions ? C'est ce qui nous a le plus fasciné en elle ! La relation entre le personnage principal et son père, un lien très fort qui offre à Sibel une armure contre cet environnement hostile. Nous avons particulièrement aimé la différence que cherchait à maintenir le père entre les deux sœurs, son combat pour préserver un équilibre entre elles. Il la protège contre toutes les injustices, même celles de sa propre sœur. Beaucoup de scènes nous ont émues, toutes celles où Sibel parvient à exprimer sa colère et sa rage sans mots. Cela nous a marqué. Même si elle ne parlait pas, on pouvait entendre la signification de son geste : "Garde la tête haute !!". Ses sentiments de révolte et de colère nous ont envahi. Nous nous sentions complètement possédées par le film ! Ce sourire échangé à la toute fin a été pour nous la juste récompense de son combat, comme si la souffrance et la détermination de Sibel n'avaient pas été vaines. Malgré les injustices et les scènes révoltantes, le spectateur sort de la séance transformé et grandi par sa force de caractère et sa grande humanité. Cela nous a appris combien il est difficile de surmonter le harcèlement et qu'il est nécessaire de garder espoir.

Alexia, Césarine et Léa.
2019/04/05 08:42 #2018-sibel-16
Lycée des arènes, Toulouse, académie de Toulouse
Si Sibel est souvent jugée et considérée comme déséquilibrée et insignifiante, il est indéniable que c’est une jeune femme fabuleuse, victime de discrimination sous prétexte qu’elle est muette.
Malgré son handicap, Sibel persiste à vouloir exprimer ses sentiments à travers autre chose que des mots dits à voix haute, parvenir à se faire comprendre sans sa voix est pour elle son objectif principal .

Chaque jour est un combat pour la jeune femme qui doit prouver à son entourage que sa différence est pour elle sa force d’avancer .

Un beau moment de cinéma …

Sandra





Sibel , une jeune femme audacieuse, courageuse et fougueuse qui porte le poids du silence sur ses épaules . Différente ? Certainement . … mais après tout qui ne l’est pas! .

Beaucoup de personnes pourront s’identifier à Sibel , d’autres se reconnaîtront dans ceux qui n’acceptent pas la différence , comme ceux qui rejettent Sibel.

Partagée entre la forêt où elle n’est pas jugée et le village, son foyer , le seul lieu où elle peut s’intégrer et prouver…

Mais prouver quoi et comment...?

«SIBEL» est un magnifique film , poignant et émouvant , l’histoire se déroule dans un cadre magique, parfait mélange de douceur et de violence.

Ce film est pour moi un chef d’œuvre qui permet de découvrir une nouvelle culture , une nouvelle nature , un nouveau combat .

Il vous fera sans doute pleurer , peut être rire mais une chose est sûre, il vous laissera sans voix !

Safia





Sibel est un film extrêmement touchant qui traite de plusieurs thèmes: les liens familiaux, l’amour interdit ainsi que les combats personnels. L’évolution de l’héroïne est intéressante, elle passe d’une femme craintive et honteuse à une femme forte indépendante , qui affirme sa différence.

Le réalisateur nous offre une très belle fin , on en reste sans voix …

Ines





Sibel est quelque peu particulière, c'est une héroïne qui brise les stéréotypes féminins que l'on a l'habitude de voir au cinéma . Forte, courageuse et bienveillante, elle représente la bonté. Ses actes ne veulent pas dire ce que l'on voit, ils ont des significations cachées. Elle évolue dans deux décors magnifiques et différents , balancée entre village et nature, liberté et solitude, joie et trahison.

Vos émotions vont s'éveiller grâce à cette histoire , cette héroïne, cette vision du monde.

Saber





Ce film est étrange par sa musique, les liens entre les personnages et les personnages eux-mêmes. Entre différence, amour interdit, chasse et disputes, que va faire Sibel? Entre loup et humain , quel est le véritable danger?

Manel

2019/04/05 09:42 #2018-sibel-17
Lycée Combes, Pons, académie de Poitiers
Ce film réalisé par Çağla Zencirci, Guillaume Giovanetti , sorti le 6 mars 2019, raconte l'histoire de Sibel, une jeune muette turque communiquant en sifflant. Le film est d'ailleurs introduit par une séquence d'archives expliquant certaines nuances dans le langage par sifflement. Sibel est rejetée par les autres habitants du village, et pense pouvoir se rendre populaire en tuant un loup terrorisant la population. Un jour de chasse elle se fait agresser par un déserteur, une comparaison évidente est visible, il a un manteau noir avec une fourrure autour du cou, les deux premières fois qu'elle le voit il est a quatre pattes et grogne comme une bête sauvage. Malgré les agressions, Sibel le soigne d'une blessure causée par un de ces pièges destinés au loup. Une amitié et un amour naissent de cette relation. Mais il fini par disparaître le lendemain du jour où elle lui avait fait une carte d'identité. Suite à sa relation avec le déserteur elle devient la honte de sa famille et manque de se faire tuer par son père le maire du village. La fin est grandiose, quand elle traverse le village avec sa sœur pour l'accompagner à son bus, sous les regards accusateurs et les remarques des autres habitants du village. La dernière séquence montre une jeune fille sourire et Sibel qui reste stoïque. Très bonne surprise, un film sincère et qui témoigne d'une véritable maîtrise du langage cinématographique. Et qui porte un nouveau regard sur le cause féminine et l'amour.

Dimitri 1L
2019/04/05 09:55 #2018-sibel-18
Lycée Jacques Callot, Vandoeuvre, académie de Nancy-Metz
Critique Sibel

Un véritable retour à la nature et à la vie sauvage, voilà qui résume parfaitement Sibel. Ce film réalisé par Çağla Zencirci nous plonge dans de magnifiques paysages. En effet l’histoire se passe en Turquie, dans un petit village isolé par la montagne et la forêt. Sibel, interprétée par l’actrice Damla Sönmez, est une jeune femme muette. Elle vit avec son père qui est le maire du village et sa petite sœur Fatma. Bien qu’elle arrive à se faire comprendre des autres habitants du village avec une langue sifflée, elle est exclue, rejetée de la société. Pour se faire accepter, elle essaye de chasser le mystérieux loup de la montagne qui terrorise toutes les femmes. Malheureusement celui-ci ne se montre pas, malgré toute la patience et la détermination de la jeune femme. Un jour, alors qu’elle traque la bête, elle tombe nez à nez avec un fugitif. L’homme était obligé de se cacher pour avoir fui son service militaire. Blessé suite à leur rencontre, elle décide de le soigner et de s’occuper de lui afin qu’il se rétablisse. Au fur et à mesure du temps passé ensemble, ils tombent amoureux l’un de l’autre. Mais le père de Sibel commence à se douter de quelque chose, sa fille passe de plus en plus de temps dans la forêt, et parfois des nuits entières. Les villageois l’accusent de déshonorer sa famille et son père la prive de sorties. Mais malgré ces contraintes, elle ne se laisse pas faire et défie l’autorité de son père en sortant pour protéger le jeune homme recherché et menacé de mort. Soudainement, celui-ci disparaît. Accablée par le chagrin, elle va le chercher pendant des jours mais il ne reviendra jamais.

Tout d’abord, le réalisateur, nous montre un décor dépaysant avec de somptueux paysages. La nature est au cœur du film, en effet la plupart des scènes se déroulent dans la forêt en plein milieu de la montagne. Cela donne aux spectateurs une impression de liberté, mais pourtant, Sibel n’en a aucune. Cette œuvre cinématographique présente ici une autre culture dans laquelle les femmes sont entièrement dépendantes des hommes. Le personnage principal se révolte contre ce système en faisant preuve d’une grande force de caractère afin de changer son destin et améliorer celui des autres femmes par la même occasion. La fin du film en donne un très bon exemple : une jeune mariée qui méprisait Sibel au début, lui sourit avec un regard plein de compassion et d’admiration. Cette fin laisse le spectateur perplexe et avec de nombreuses questions.

Ce drame nous fait vivre une histoire déchirante, de plus, le jeu de l’actrice nous fait ressentir beaucoup de tristesse et d’empathie pour la jeune femme. Bien qu’elle ne parle pas, on peut voir toutes ses émotions à travers les expressions de son visage, qu’elle réussit complètement à nous communiquer. Le spectateur se met à la place du personnage et perçoit très bien sa solitude et sa détresse, tous ses efforts pour être acceptée des siens. La musique n’est pas souvent présente ce qui donne un effet de réalité. Par moment le film est assez lent et l’on aurait pu raccourcir quelques passages qui présentent des longueurs.

Enfin, on peut dire que ce drame représente en quelque sorte la société d’aujourd’hui, individualiste et qui a encore du mal à accepter les différences de chacun. On peut aussi y retrouver un choc générationnel et culturel, Sibel représente l’indépendance des femmes et l’évolution de la jeunes génération alors que le village les principes de l’ancienne.


Iris Mougeot
2019/04/05 09:58 #2018-sibel-19
Lycée Combes, Pons, académie de Poitiers
Sibel est un film dramatique turc, réalisé par Çagla Zencirci (de nationalité turque) et Guillaume Giovanetti (de nationalité française) en 2018. L’actrice principale est Dalma Sönmez, sous le nom de Sibel dans le film. Le film a été projeté dans la section Cinéma du monde contemporain du Festival international du film de Toronto 2018.
Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur cadette dans un petit village des montagnes de la région de la mer Noire. Elle utilise la langue sifflée qui est une langue traditionnelle de sa région (surnommée «langue des oiseaux») pour pouvoir s’exprimer car elle est muette. Elle est donc rejetée par les villageois à cause de cette différence, et décide alors de passer son temps dans la forêt pour chasser la mystérieuse bête, le loup. Elle est convaincue que si elle parvient à tuer cette bête, elle pourra être acceptée par les gens du village. Mais cette idée prend un tout autre tour quand elle fait la rencontre d’un fugitif blessé qu’elle va soigner et et qui va même éprouver des sentiments car il porte un regard différent sur elle.

On découvre dans ce film Sibel, une jeune femme affûtée et déterminée. Ses mouvements sont précis, rapides, secs et la caméra, quand à elle, est très mobile et la suit dans tous ses gestes. Ce déroulement est très intéressant à voir en tant que spectateur, car nous avons l’impression de la suivre. Les premières séquences sont fortes car elles sont mystérieuses et laissent le spectateur découvrir et apprivoiser ce personnage muet au sein d’un environnement hostile. Le film bascule alors dans un scénario classique d’une indépendance contrariée par le poids des traditions, notamment familiales: un père autoritaire sur ses filles, affrontement avec la communauté. La force du film n’est pas dans le portrait des personnages, ni dans le milieu social décrit mais il réside dans le personnage de Sibel. Elle est de tous les plans. La caméra, elle, est rivée sur son visage et son corps. Damla Sönmez est effectivement passionnante à regarder, elle joue le rôle d’une femme à la fois farouche et sensuelle, froide et tendre, d’une beauté peu commune et pourtant totalement crédible dans le rôle de la gardienne un peu sauvage de la forêt.
Manon, 1ère L
2019/04/05 10:05 #2018-sibel-20
Lycée Combes, Pons, académie de Poitiers


Sibel, tel est le nom d’une jeune fille turque de 25 ans, habitant la petite ville reculée de Kusköy dans le Nord-Est du pays.
Muette, Sibel est contrainte d’utiliser le langage sifflé pour communiquer avec les autres habitants de la région.
Ce handicap lui permettra de s’échapper dans les bois avec l’aval de son père, pour s’échapper d’un monde dans lequel elle ne peut pas communiquer. Elle subira un grand nombre de discriminations, ostracisée par les autres femmes du village mais aussi rejetée par sa sœur.
Sibel vit entre deux mondes. Le monde contemporain, avec une maison moderne aux allures de petite villa et le monde sauvage, dans la forêt, là où elle court pour chasser le loup qui fait peur au village.
Ce film dramatique, aux allures romantiques raconte de façon très personnelle la place actuelle de l’homme et de la femme dans la société turque conservatrice.

Dès le début du film, la jeune fille Sibel paraît être différente des autres. Elle siffle, devient bestiale lorsqu’elle pénètre dans la forêt et possède des droits que les autres femmes ne possèdent pas.
Sibel s’est bâti un petit abri en forêt où elle aime se réfugier et passer du temps.
Elle s’est mise en tête qu’il fallait tuer le loup. Un loup qui vivrait seul dans les hauteurs du village et qui menacerait les habitants.
En manque de reconnaissance, la jeune Sibel va tenter de le chasser et découvrira un jour des ossements autour de son abri de fortune.

C’est sans compter sur le fait qu’elle va rencontrer dans la forêt un jeune déserteur du service militaire, considéré comme terroriste par l’État. Il se réfugiera plusieurs jours dans les bois avec l’aide de la jeune fille.
Lorsqu’elle ne travaille pas aux champs, Sibel prend des allures de nourice. Elle rend service à une vieille dame écartée du village car considérée comme folle. Elle lui vient en aide tous les jours et doit répondre inlassablement par la négative à la question que lui pose constamment la vieille femme : « As-tu vu Fuat ? ».
Fuat est l’ancien compagnon de la vieille femme qui, nous l’apprendrons par la suite, fut battu à mort dans les bois par des hommes du village.

Mais les escapades de Sibel dans les bois se transformeront rapidement en rencontre avec l’homme qu’elle aide. La sœur de Sibel dévoilera cette relation alors qu’elle l’a suivie un matin pour savoir ce qu’elle faisait exactement en forêt.
Malheureusement pour la sœur de Sibel, cette rumeur lui coûtera son mariage. Leur père, chef du village avait trouvé un homme pour elle mais, la famille de ce dernier a décidé de mettre un terme au mariage, à cause du déshonneur causé par Sibel.


A chaque scène du film, les réalisateurs Guillaume Giovanetti et Çağla Zencirci nous rappellent comme il est dur de vivre en temps que femme dans une société conservatrice alors que le monde évolue et que les droits des femmes aussi.

Le plus intrigant dans le film, c’est évidemment la langue sifflée. Le spectateur se demande comment il est aussi facile de communiquer alors que les sons se ressemblent entre eux. C’est grâce à ça que Sibel réussira à tisser un lien particulier avec son père veuf de la mère de Sibel. Elle prendra la place de sa mère dans le domicile familial et deviendra la petite protégée du père.

En une heure et trente-cinq minutes, les réalisateurs du film auront réussi avec brio à faire comprendre en partie le fonctionnement de la société turque au sein de la campagne, les règles inégalitaires qui y règnent et la domination des hommes sur les femmes.

Amaury, 1ère L
2019/04/05 21:33 #2018-sibel-21
Lycée Saint Exupéry, Fameck, académie de Nancy-Metz
Très chère sœur,

Ton absence m’est de plus en plus pesante depuis que tu es partie faire tes études loin de moi.

Papa va bien, je ne lui ai toujours pas pardonné de m’avoir humiliée devant les deux policiers, je suis fière d’être qui je suis. C’est froid entre nous. Je crois qu’il s’en veut, il me regarde et fait mine basse. Cependant je ne peux pas vraiment lui en vouloir, il est partagé entre l’amour qu’il m’a toujours porté et les critiques que lui infligent les habitants du village. Mais c’est ainsi, et il ne s’est toujours pas excusé. J’ai encore trop de fierté en moi pour faire le premier pas : je n’arrive pas à oublier qu’il m’a dénigré devant ces policiers en mentionnant – pour me sauver - mon handicap… Je parviens peu à peu à me faire accepter, et coûte que coûte, ma différence fera de moi une force. Ce n’est pas pour autant que je dois me taire, et accepter tout ce qu’on me dit.

Pour ce qui est du village, tu serais surprise d’apprendre ce qu’il s’y passe. Les femmes travaillent et labourent toujours les champs mais les plus jeunes commencent à se rebeller et à m’intégrer, j’en deviens presque la chef de file ! Nous avons cessé d’être passives. Je ne supporte plus cette société patriarcale qui nous soumet toutes à l’homme, je n’en peux plus. Les temps changent et la société évolue, alors pourquoi pas nous ? Il est temps d’agir, je regrette que tu ne sois pas à nos côtés … Tout a commencé après ton départ, lorsque les jeunes femmes ont vu que nous gardions la tête haute malgré les critiques et les insultes que tous nous lançaient. Je suis FIÈRE de toi, FIÈRE de nous.

Maintenant je sais que l’histoire de loup n’est qu’une illusion pour nous empêcher de découvrir la vérité sur le village. Le but est de nous effrayer pour dissimuler l’atroce réalité sur Fuhat et Narim. Les anciens du village sont hypocrites et cruels. J’ai parfois l’impression que ce loup s’est finalement incarné en Ali et a disparu. J’attends toujours son retour, pitié ne me prends pas pour une folle, mais ce que j’ai vécu avec lui est bien réelle : il m’a fait découvrir ma sensualité, ma capacité à ne pas être effrayé par l’inconnu et c’est le premier à m’avoir acceptée comme je suis. J’ai appris à le connaitre, je peux t’assurer que ce n’est pas la personne décrite par les médias du régime: c’est un homme révolté, sauvage mais doux.
J’espère qu’un jour où l’autre nous nous retrouverons. Les temps changent, la place des femmes aussi et ce gouvernement sévère ne pourra perdurer encore longtemps.

Et toi, parle-moi de tes études, de ta nouvelle vie, de tes amies. Je veux tout savoir !
Reviens vite nous voir !

CHAHBALANI Wijdane TOSETTI Lisa Zoubairi Nassima
2019/04/05 21:49 #2018-sibel-22
Lycée Saint Exupéry, Fameck, académie de Nancy-Metz
SIBEL OU LA FILLE DES BOIS
Driant Alyssa, Le Lohé Amélie et Hauck Benjamin.

Il était une fois dans un petit village de Turquie, une famille ayant connu un grand malheur, le cœur de la mère cessa de battre et laissa derrière elle son mari et ses deux filles Sibel et Fatma. Mais le karma continua d’être mauvais pour les membres de cette famille, l’aînée des deux sœurs Sibel se trouvait être muette et ne pouvait communiquer qu’avec la langue sifflée ancestrale des villageois. Au fil des ans, les remarques désobligeantes s’accumulaient, la haine de sa petite sœur la faisait souffrir et seul l’amour de son père la faisait vivre. Pour enfin se faire accepter par le village, elle décida de chasser le loup qui vivait dans la forêt et terrorisait les villageoises. Un jour où Sibel faisait sa ronde habituelle dans les bois et posait ses pièges telle une fière chasseresse, elle entendit des rugissements comparables à ceux d’un animal sauvage. Elle prit son courage et son fusil à deux mains et s’avança dans les buissons de la sombre et vaste forêt. Soudainement sorti de nulle part un homme apparut et se jeta avec férocité sur la pauvre jeune fille qui, courageuse et combative, parvint à le faire tomber dans le trou destiné à piéger le loup. Libérée de l’emprise de cet homme, Sibel l’observa attentivement et remarqua la blessure à la jambe qui l’affaiblissait. Elle ne s’interrogea : fallait-il prévenir son père ? Ou ne rien dire ? La deuxième solution fut celle qu’elle choisit après un certains temps de réflexion. Les jours passaient et la chasseresse en herbe se sentait revivre prés d’Ali, l’homme de la forêt, qui avait su voir en elle au-delà de son handicap, il était devenu son prince qu’elle soignait et chérissait. Malheureusement sa sœur Fatma jalouse de sa nouvelle assurance la suivit, et apprit ainsi l’amour que Sibel portait à ce fugitif. Elle proclama alors haut et fort dans le village que Sibel batifolait avec le grand méchant loup. Notre pauvre et valeureuse Sibel fut alors battue par les villageoises et traitée comme une souillonne par son père, et comme si ce qui lui arrivait n’était pas assez, son loup, son prince avait disparu dans les tréfonds des bois. Fatma, par l’annulation de son mariage, fut punie de sa méchanceté mais Sibel qui était une jeune femme bienveillante et aimante consola sa tendre petite sœur avec des gestes et des sifflements de réconfort. Sibel, sa sœur et leur père reprirent alors le cours de leur vie en relevant la tête et en s’écoutant car chacun avait appris à pardonner à l’autre.
Depuis dans le village de Kuskoy vous pouvez entendre parler d’une muette qui par ses actes et ses sifflements d’oiseaux a changé petit à petit la vie et les pensées de chacun.

2019/04/05 21:57 #2018-sibel-23
Lycée Saint Exupéry, Fameck, académie de Nancy-Metz
Sibel, un conte aux multiples résonnances

Les réalisateurs de Sibel, Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti nous font plonger dans la peau de Sibel, jeune femme et personnage éponyme habitant un petit village turc contrôlé par son père qui en est le maire. Sibel n’est pas une femme comme les autres : elle n’a pas la capacité de parler et communique uniquement en langue sifflée, traditionnelle dans le village. C’est une chasseuse vive et douée, qui s’est donnée pour mission de traquer le loup craint par le village dans le but de se faire accepter par sa communauté. Cependant lors d’une séance de chasse, Sibel rencontre un fugitif nommé Ali. Et c’est à partir de ce moment-là que le public assiste à un véritable chamboulement dans les décisions prises par la jeune femme et un changement de comportement dans ses relations avec ses proches.
Sibel est avant tout un conte merveilleux dans la forme. En effet, ce film reprend tous les éléments d’un conte merveilleux traditionnel. C’est par exemple l’héroïne, Sibel, qui joue le rôle de la jeune fille et du chasseur dans sa quête du loup dans la mystérieuse forêt du village, gouverné par son père autoritaire, qui peut s’apparenter au roi. De plus, la jeune fille si belle est affligée d’un handicap. C’est pourquoi elle utilise la langue sifflée, qui rajoute elle aussi une dimension merveilleuse et poétique à l’univers du film. Enfin, le fugitif pourrait s’apparenter à une version modernisée du prince, dont la venue, qui joue l’élément perturbateur, a pour rôle de délivrer Sibel du joug de son père.
Cette œuvre est aussi un conte politique dans le fond. Les réalisateurs se montrent particulièrement engagés envers la question de la tolérance et surtout envers celle des rapports hommes-femmes. En ce qui concerne la tolérance, il est clair que les deux réalisateurs ont une volonté de montrer le traitement réservé aux personnes handicapées dans cette société. Ces traitements choquants vont de l’exclusion sociale telle que le rejet du groupe ou encore l’impossibilité de mariage en passant par les violences corporelles. Cette réalisation cinématographique met également en avant l’importance du respect entre les hommes et les femmes. En effet, le village de Sibel est attaché de manière ancestrale à une véritable domination du patriarcat. Les femmes sont soumises aux hommes, contraintes à exercer diverses tâches ménagères ou acceptent les mariages arrangés avec un homme, totalement inconnu comme la sœur de Sibel, Fatma. La femme se libère ainsi de la soumission du père pour se soumettre à un mari. Les réalisateurs de ce film ont décidé de mettre, au contraire, en avant une femme solide et révoltée par sa situation.
Le comportement et les agissements de Sibel laissent présager une évolution dans le village au niveau des relations hommes-femmes et surtout de la société patriarcale. Le film reste en lui-même simplement beau et poétique. Les personnages sont attachants et le réalisme merveilleux est multiplié grâce à la véracité du village, de ses habitants et de ses paysages.

Guerquin Valentin et Goullon Loïc

2019/04/05 22:42 #2018-sibel-24
Lycée Marcelin Berthelot, Questembert, académie de Rennes
Sibel est un film dramatique turc sortie en 2018 et réalisé par Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti qui sont également à la tête du scénario avec Ramata Sy. Le film nous conte l'histoire de Sibel une jeune femme muette vivant dans les montagne turques et ne communiquant qu'à l'aide de sifflements. Un jour, en chassant, elle tombera sur Ali, un fugitif blessé dont elle va prendre soin et qu'elle va cacher et ce, malgré les rumeurs qui vont commencer à se répandre.


Pour commencer, il est important de mentionner les acteurs et plus particulièrement Damla Sonmez, l'interprète de Sibel, qui ici a dû non seulement être expressive sans émettre un seul mot mais de plus apprendre à siffler et parler le « langage des oiseaux ». Plusieurs scènes appuient de façon déchirante sur cette incapacité que Sibel a de faire passer ses émotions : crier, pleurer, sourire, rien ne sert. Et cette incapacité à communiquer est le centre même de son personnage car, malgré ses sifflements, personne ne le comprend vraiment, elle est seule et isolée; on va parfois jusqu'à la considérer comme une malade infectieuse qui pourrait transmettre son mutisme à ceux qui restent trop avec elle. Mais la situation changera quand elle rencontrera Ali, qui sera le premier à réellement faire attention à elle et à la considérer comme une humaine. De plus, il est un homme, seul autre homme du film que son père, qui lui cherchera à soumettre la rebelle Sibel, en vain. Cependant, il m'est assez difficile de m'investir dans la romance qui se créera entre Sibel et Ali. Elle est assez expédiée et se termine d'un seul coup là où l'ont aurait pensé qu'elle ne faisait que commencer, nous pourrions alors envisager que Ali s'est joué d'elle mais cela me semble peu vraisemblable.

Toujours au plan affectif et relationnel, la relation que Sibel entretient avec sa sœur Fatma est intéressante. Malgré là cruauté qui en émane, nous comprenons la jalousie de Fatma pour sa sœur, largement préférée par leur père. Elle se montrera injuste avec elle, voire méchante par moments. L'apothéose ayant lieu quand elle se met à raconter à tous que Sibel rencontre un inconnu dans les montagnes, ce qui précipitera la fuite d'Ali et le déshonneur de Sibel. Mais l'ironie est présente et se produira quand la famille de son fiancé refusera le mariage avec Fatma à cause de Sibel. Cette dernière d'ailleurs ne lui tiendra pas rigueur de ses malheurs et c'est durant cette scène, où le deux sœur se prennent dans les bras, couchées l'une à côté de l'autre, que nous ressentons toute la force que deux sœur unies peuvent avoir, cette scène se terminant même sur une action de Sibel pour Fatma.
Une symbolique intéressante est aussi celle du loup. Tout au long du film, Sibel traque, on ne sait pourquoi, un loup dans les montagnes. Ce loup peut être interprété de plusieurs manières mais j'en vois personnellement deux : le loup est Ali, il mord Sibel comme un animal sauvage la première fois qu'il la voit, il tombe dans le piège dédié au loup, il porte un manteau couvert d'une pseudo fourrure et une fois qu'il est parti, Sibel stoppe sa chasse. Ou le loup est Sibel elle-même ou du moins, une Sibel qu'elle cherche à refouler : les os qu'elles trouvent sont d'après Ali des os humains, de prime abord, nous pourrions penser qu'il s'agit des os de Fuat, l’amant de la vielle Narin, mais métaphoriquement il pourrait s’agir de cette liberté que Sibel convoite mais qu’inconsciemment elle chercherait à tuer.

Enfin, nous pouvons remarquer une ambiance très agréable : bien que le film se passe en Turquie, les cadres de la forêt, du village ou de la maison nous reçoivent dans un cadre familier et sauvage à la fois. La musicalité du film est, bien sur, liée à Sibel et ses sifflements, c'est l’héroïne qui rythme son film ici et les silences sont, étant donné son mutisme, d'une importance primordiale.



Sibel est un film très agréable à voir, à la fois romance, critique de la condition de la femme et ode à la différence, tous les publics pourront être touchés et être émus par les messages de cette histoire extraordinairement humaine.



Ewan Gehanno
2019/04/05 23:13 #2018-sibel-25
Lycée Jacques Callot, Vandoeuvre, académie de Nancy-Metz
« Sibel », une magnifique découverte !

« Sibel » est un film né d’une collaboration franco-turque, réalisé par Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti. Ce long métrage plonge le spectateur dans un petit village isolé, entre les montagnes et non loin de la Mer noire, au cœur de la Turquie à notre époque. Il nous fait part de la vie d’une jeune femme nommée Sibel.

Muette depuis plusieurs années, elle a développé un langage assez particulier, le sifflé, que seul son père, maire du village, sa sœur et quelques habitants peuvent comprendre. Cette différence n’est pas acceptée par la communauté et elle est souvent victime de moqueries, voire d’insultes. Cette jeune femme reste cependant très active et dispose d’une énergie débordante. Elle travaille dans les champs la journée, s’occupe de la maison, prépare les dîners et chasse un loup dans les bois proche dès qu’elle le peut. Ce loup si mystérieux semble roder dans les parages et effraye tous les villageois, particulièrement les femmes. C’est l’arme à la main qu’elle sillonne cette vaste forêt dans l’espoir de le trouver. Lors d’une de ses expéditions quotidiennes, Sibel croise le chemin d’un fugitif activement recherché pour terrorisme. C’est alors qu’une histoire d’amour va naître et perturber le cour de sa vie.

Dans une campagne très lointaine, nous retrouvons un cadre insolite avec une vue imprenable sur cette grandiose forêt dont le cadre très particulier permet au spectateur de se projeter plus facilement dans cette histoire. Il découvre une culture turque contemporaine, encore extrêmement enfermée sur les traditions les plus anciennes : le mariage dès le plus jeune âge, parfois arrangé, femmes qui travaillent dans les champs et qui sont à la fois femmes au foyer. Il découvre également un racisme assez prononcé et un rejet de la différence choquant, comme c’est le cas pour cette pauvre héroïne. Le fait de voir ce film en version originale nous intègre d’autant plus dans cette tradition si particulière !

On retrouve dans ce film un personnage très attachant, pour lequel on ressent beaucoup de compassion. Sibel, interprétée par Damla Sönmez, est une femme absolument magnifique qui nous transmet des émotions, jusqu’alors jamais vues au cinéma par un simple regard. C’est une personne d’une simplicité hors du commun, d’une profonde gentillesse, toujours là pour aider, se rendre utile auprès de tous. Elle se rend même au service d’une vieille femme que tout le monde croit folle. On appendra par la suite la cause de son traumatisme.

Le film traite également la question de l’éducation. En effet, on distingue une éducation différente menée par le père vis à vis de ses deux filles. Sa sœur est encadrée de façon plus stricte contrairement à Sibel qui a beaucoup plus de liberté. Par exemple, la plus jeune doit se marier rapidement avec un homme qu’elle n’a pas choisi.

On peut remarquer une très bonne interprétation des acteurs. Damla se fond très bien dans la peau de l’héroïne. Cette actrice parvient à communiquer des émotions fortes. Le fait qu’elle soit muette est particulièrement intéressant, puisqu’ elle nous fait percevoir ses sentiments uniquement par expression de son visage et par un sifflement.

Le spectateur découvre également une femme rebelle qui sait se défaire des traditions. Dans un premier temps, elle retient un fugitif dans le bois, chose totalement contraire à la loi, sachant qu’il est recherché par les forces de l’ordre. Elle le cache également à sa famille et à l’autorité Turque qui engendre beaucoup de problèmes. Une femme qui n’a peur de rien et qui s'affirme toujours au fil de l’histoire.

La fin du film est intéressante car on se retrouve face à une jeune femme qui incarne l'émancipation. Nous apercevons sa petite sœur et elle, main dans la main, avant que cette dernière prenne le bus pour retourner à l’école. Ce qui signifie qu’elles veulent reprendre le cour de leur vie, après des épisodes très mouvementés ainsi que des humiliations faites à l’encontre de leur famille.

Ce long métrage se termine par une image très forte, dans laquelle Sibel relève le menton de sa sœur pour lui montrer qu’elle doit être fière d’elle, fière de ce qu’elle est. Qu’elle ne doit pas avoir honte, qu’elle doit s'affirmer ! C’est ainsi que se clôture le film, le bus s’éloignant, Sibel de dos, regardant les villageoises travailler, avec un sentiment de liberté !

Certes, ce film peut paraître long à certains moments car on ne trouve pas beaucoup de scènes d’actions. C’est probablement voulu de la part des réalisateurs, ils n’ont pas cherché à impressionner le spectateur, mais plutôt à le laisser admirer l’œuvre en prenant conscience de la vie de cette jeune femme muette, cherchant simplement la pure sincérité. Celui-ci se sent tellement porté par l’histoire et est pris par l’émotion, qu’il en oublie le reste…

C’est un très beau film, une fabuleuse découverte. On y découvre une histoire poétique et un personnage insolite, attachant dans un cadre merveilleux. Avec une fin qui laisse le public agréablement surpris, le laissant se poser de nombreuses questions. « Sibel » est donc vivement recommandé !

VOILLOT Lison

2019/04/05 23:44 #2018-sibel-26
Lycée PRO de l'Atlantique, Royan, académie de Poitiers
ADOLPHE Mélina, 2CUS, LP Atlantique Royan

Sibel vit avec son père et sa sœur dans un petit village montagneux en Turquie où les traditions des sociétés patriarcales sont bien ancrées. Chacun a sa place, Sibel travaille la plupart de son temps dans les champs avec les femmes du village qui doivent être des épouses respectables. Son père veuf est le chef du village et incarne l'autorité sauf avec Sibel avec qui il est plutôt laxiste.
Il faut dire que Sibel est différente des autres femmes car elle souffre d’un handicap, elle est devenue muette suite à une forte fièvre à l’âge de cinq ans mais peut quand même communiquer avec ses proches grâce à la langue sifflée.
Dans ce village si conservateur, Sibel est un être à part, elle incarne la liberté, ses longs cheveux volent au vent alors que les femmes du village sont voilées.
Mais comme elle est différente, elle est rejetée par le groupe et n'est pas invitée aux cérémonies traditionnelles. Une jeune femme lui dit même de ne pas l'approcher car cela pourrait porter malheur à ses futurs enfants qui risquent eux aussi d'être muets.
Sibel est à leurs yeux une sorcière. Même sa propre sœur Fatma la rejette car elle a honte de sa différence.
Alors, Sibel s’est trouvé un cocon bien à elle : la nature,avec laquelle elle est en communion. Son père lui a confié un fusil de chasse et elle arpente la forêt et les montagnes à la recherche d’un loup qui traumatise les habitants, elle rend régulièrement visite à Narin, la folle du village, qui vit recluse dans une cabane perchée en haut de la montagne. Sibel siffle comme un oiseau et lui raconte sa vie.
Sibel est dotée d’une beauté sauvage, brute, elle n’est pas dans les clichés de féminité des autres femmes et quand à un moment du film, elle essaie de leur ressembler, c’est un échec total.
Sibel trouve alors toujours refuge dans les montagnes et se montre très courageuse. Elle traque le loup, car elle veut prouver au village qu'elle sert à quelque chose et qu’elle est forte.
Sibel veut absolument arriver à éliminer ce loup pour être l’héroïne de son village car si elle arrive à le tuer, les femmes la verront alors autrement et elles pourront retourner au rocher de la mariée, rocher très important pour elles car la tradition veut que ce soit l’endroit où elles se rendent après leur mariage pour prier et voir leur vœu d’avoir un garçon exhaussé.
Le film Sibel est ainsi construit comme un conte où traditions et superstitions s’entremêlent, et Sibel la sorcière va finir par trouver le loup qui n’est pas celui que l’on attend.
En effet durant sa traque, Sibel tombe nez à nez avec Ali. Avec sa capuche à fourrure et ses mains gantées de noir elle le prend pour le loup. Il n’en est rien, Ali est en fait un tendre fugitif blessé, qui se cache dans la forêt pour fuir le service militaire.
En voulant l’aider et le soigner, la jeune femme va désobéir aux règles de la pure tradition et ruiner sa réputation ainsi que celle de sa famille en tombant amoureuse de lui.
Car le film Sibel interroge sur la question du respect des traditions et de l’honneur qui en découle.
Or, pour Sibel et Ali, personnages rebelles du film, l’honneur est tout autre, leur honneur consiste à être libre et être soi quitte à transgresser les règles.
Alors quand l’honneur de la tradition est bafoué, les habitants du village le défendent corps et âme et n’hésitent pas à devenir violents. Sibel est frappée par les femmes du village et dénoncée par sa propre sœur Fatma qui sera ensuite quittée par son fiancé car elle n’est plus assez bien pour la famille. Le père de Sibel, lui, est prêt à tuer sa propre fille pour préserver son honneur.
L’honneur est en effet une question de vie ou de mort, on apprend alors pourquoi Narin est devenue folle de douleur, on a tué devant elle son amant car tous deux avaient bravé un interdit : celui de s’aimer hors du mariage. Ainsi l’histoire se répète et qu’il n’y a pas de place pour la liberté individuelle et c'est sans doute le poids de la tradition plutôt que le loup hypothétique qui est le véritable mal de ce village.
Et puis, en un instant,à la fin du film, les traditions vacillent, Sibel, avec sa force sauvage, devient un guide pour sa sœur, elle l’aide à traverser la tête haute le village et affronter les regards. Elle la conduit jusqu’au bus qui va l’emmener à l’école, tout un symbole, car le savoir est une alternative au mariage précoce qui enferme les femmes dans ce village.
Et c’est alors que le regard de Sibel croise celui d’une autre jeune fille qui lui adresse un sourire comme pour la remercier d’avoir montré la voie de la liberté…


2019/04/10 20:17 #2018-sibel-27
Lycée Maurice Genevoix, Montrouge, académie de Versailles
On entend souvent dire que le féminisme ne sert plus à rien, qu’il faut se préoccuper de causes plus importantes car, en France en tout cas, les femmes ont déjà assez de droits et que l’on se bat aujourd’hui pour des choses superflues. Seulement, le féminisme c’est se battre au nom de toutes les femmes de cette terre, car encore aujourd’hui, comme dans ce film en Turquie, dans certains endroits du monde, les femmes sont encore loin d’avoir les mêmes droits que les hommes.
Sibel, si belle, si forte. Cette jeune fille des montagnes nous impressionne par sa dextérité avec son fusil gravé à son nom. Dans ce pays où le voile est de rigueur, sa longue chevelure brune et bouclée contraste avec les foulards de couleurs qu’arborent les autres femmes du village. Elle est mise à l’écart, crainte des autres du fait de sa différence. Même si elle est muette, son visage, ses yeux, transmettent ce que les mots ne peuvent pas dire. Et lorsque cela ne suffit pas, elle se met à siffler comme le font les autres pour communiquer d’une montagne à une autre.

Dans sa famille elle semble plus proche de son père que de sa sœur qui a honte d’elle. Sibel se charge de faire à manger, s’occupe du ménage. C’est elle qui gère le foyer familial. Pendant que sa sœur étudie à l’école, que son père travaille, elle se rend tantôt aux champs, tantôt dans la forêt pour y traquer le loup. Débusquer l’animal est sa première préoccupation, elle veut absolument le tuer et prouver au village de quoi elle est capable. Elle apprendra par la suite que ce loup n’était qu’un mythe.

Finalement, malgré ses problèmes à s’intégrer et le rejet des autres, on perçoit comme une sorte d’envie envers elle. Le fait que Sibel soit exclue de leur société la rend encore plus libre, puisqu’elle n’est de ce fait obligée ni de porter le voile ni de se marier. Dans le film cela se traduit par la scène finale où une jeune fille qui l’avait pourtant rejetée au début, la regarde au loin et lui sourit.

Ce que l’on retiendra de ce film, c’est qu’une différence peut devenir une force, et une faiblesse un atout. Etre une femme peut relever du défi, mais en continuant à se battre, plus jamais une d’entre elles n’aura à se restreindre de faire quelque chose ou de se soumettre à quelqu’un. Et Sibel a ce courage-là, celui de mener sa vie comme elle le souhaite et sans craindre le regard des autres. Elle devient malgré elle l’héroïne féministe de ce film, et donne sa voix, ou plutôt son sifflement, aux femmes du monde entier.

Valentine Provost
2019/04/12 13:03 #2018-sibel-28
Lycée Bonaparte, Autun, académie de Dijon
Sibel est un film dramatique, sorti au cinéma en 2019 et réalisé par Guillaume Giovanetti et Çağla Zencirci. Ce film nous raconte le quotidien d’une jeune femme de 25 ans prénommée Sibel, vivant dans un village isolé dans les montagnes de Turquie avec son père, maire du village, et sa jeune sœur. Sibel est muette et communique avec les autres personnes grâce à un langage sifflé. Ce handicap va alors devenir un avantage, son père l’élève d’une manière plus indépendante lui offrant ainsi plus de liberté, ce qui lui permet d’échapper aux règles matrimoniales de la société. Mais cette différence fait d’elle une personne rejetée et crainte ; en effet, les autres femmes du village ont peur que leurs enfants soient muets comme elle ; de plus son amitié avec Narin, la folle du village accentue les jugements portés sur elle. Sibel part alors à la recherche d’un loup qui rode dans les montagnes, terrifiant les habitants du village, afin de le tuer et d’obtenir ainsi le respect et la reconnaissance des habitants. Mais lors d’un jour de chasse, elle fait la rencontre d’un fugitif, blessé, prénommé Ali. Il est recherché car il serait un terroriste. Affrontant ses peurs, elle décide de l’aider et de le soigner ; elle lui apporte aussi à manger et cache son existence aux autorités qui le recherchent. Cette rencontre va changer des choses dans sa vie. En effet, un lien se forge entre les deux jeunes gens et pour la première fois Sibel se met à exister dans le regard de quelqu’un, qui comme elle, est rejeté par les autres. Cette chasse au loup se transforme alors en une quête d’identité qui va permettre à la jeune femme de s’émanciper et de changer l’ordre des choses dans son village. Le père de Sibel et Narin jouent aussi un rôle important par rapport à la liberté des femmes. Effectivement, le père de Sibel, malgré son rôle de maire se détache un peu des codes de conduites, par exemple il devrait se remarier puisqu’il est veuf mais il ne le fait pas, il aurait aussi dû donner une éducation plus stricte à Sibel mais il lui a laissé plus de liberté. Narin est une folle mais derrière ce jugement se trouve une femme courageuse qui a essayé de casser les codes et les règles de la société en vu d’un monde plus juste. Ce film utilise généralement des gros plans qui mettent en lumière les sentiments et les émotions des personnages et nous les font ainsi partager. De plus, lors de certaines scènes, la caméra suit le mouvement des personnages permettant au spectateur de mieux «rentrer» dans le film. Ce drame est un témoignage de la vie des femmes dans ce pays qui, depuis des centaines d’années, sont obligées de suivre les règles et les codes si elles veulent s’intégrer à la société. Cependant elles sont privées de liberté et le personnage principal de ce film est là pour redonner espoirs à ces femmes, pour relancer une chose importante dans cette société : la solidarité féminine.


Léa Berret.2nd. Lycée Bonaparte. Autun
2019/04/12 13:27 #2018-sibel-29
Lycée La Saulaie, Saint-Marcellin, académie de Grenoble
"Sibel" réalisé par ÇağlaZencirci et Guillaume Giovanetti, est un film franco-turc sorti en salle le 6 Mars 2019. Il est classé dans la catégorie de film : drame social.


Ce film raconte l’histoire d’une jeune femme Turque. Sibel âgée de 25 ans est muette à cause d’une maladie infantile; sa seule façon de communiquer est la langue sifflée apprise par son père. Elle vit avec sa sœur et son père depuis le décès de sa mère. Sibel est rejetée par toutes les femmes du village :elle est déchue de sa féminité c’est-à-dire qu’on ne la considère ni comme une femme (elle ne porte pas le voile), ni comme un homme. Elle suscite la jalousie des villageoises car elle a en effet la liberté des hommes: son père l’a élevée ainsi en lui offrant un fusil et en lui donnant la possibilité d’aller dans les bois pour chasser. Mais elle a également tous les devoirs d’une femme comme préparer à manger à sa famille, faire les tâches ménagères. Dans son village, les croyances et les superstitions son très présentes, par exemple, quand une femme se marie, elle doit se rendre au « Rocher de l’amour » pour y allumer un feu. Une de leurs superstitions est que toute personne ayant un handicap, portent « le mauvais œil »;c'est pour cette raison aussi que Sibel est rejetée. Dans la forêt, partie à la recherche du loup, Sibel se retrouve dans une situation périlleuse en faisant la rencontre d’Ali, un fugitif recherché par les policiers et son père, qui est le maire de son village. La relation entre Sibel et Ali viendra déshonorer la famille de Sibel.


La première scène de ce film est déjà très forte car elle montre le rejet des femmes du village vis à vis de Sibel. Dans cette scène, elle offre un verre d’eau à une jeune femme de son âge, celle-ci l’accepte sans le moindre geste de politesse. Sibel s’installe à côté d’elle mais cette femme la chasse méchamment. Dès le début du film, nous comprenons que Sibel est considérée comme une paria par la communauté des villageoises. Son infirmité fait peur comme si son handicap était contagieux. Le rôle des personnages est très bien interprété, plus particulièrement le rôle de Sibel jouée par la magnifique Damla Sonmez, qui touche le spectateur dès les premières scènes. Malgré le très bon choix des acteurs, les plans sont parfois longs et le film manque de rythme malgré la beauté de la photographie. L’absence de musique accentue l’aspect documentaire du film. En effet les réalisateurs ont fait le choix du réalisme en créant une bande son composée des bruits de la nature comme des feuilles mortes et le bois qui craque et assez fréquemment le souffle haletant de Sibel trahissant sa peur. Ce film est touchant dans sa manière de traiter des discriminations.


La dernière scène nous dévoile le message du film. Nous voyons Sibel et sa sœur traversant le village, main dans la main, supportant les insultes des villageois. Sibel marche la tête haute et relève celle de sa petite sœur : car il est temps pour elle de retourner à l’école et de se libérer de la domination des hommes !



Mélanie Salanson et Eleana Yang

2019/04/12 16:45 #2018-sibel-30
Lycée PRO Edouard Branly, Châtellerault, académie de Poitiers
SIBEL
"Cri mutique dans la nuit, en forêt"

Film de Çağla Zencirci et de Guillaume Giovanetti, « Sibel » et l'histoire d'une jeune femme muette exclue et en conflit avec le reste du village. Film captivant, entre la fable et le réalisme, un récit psychologique.
Un conte percutant mais néanmoins sensible qui aborde à travers le mutisme le thème de la différence en Turquie.
Traité avec finesse et intelligence, il se dégage une ambiance calme et apaisante grâce à l'absence de musique.

Un rai de lumière dans les bois, lumineux, coloré, qui contraste avec le village. Les bois, tout comme l'histoire du loup sont les refuges de Sibel.

Damla Sönmez, l'actrice qui joue Sibel, est tout simplement bluffante. Un regard exprimant toutes les émotions du personnage contraste avec une parole absente.
Bien sûr Sibel est rejetée par les imbéciles, tout comme Ali et cette injustice va faire naître entre eux une compréhension qui pourrait sembler impossible mais qui sera instinctive, primitive, animale...
Et de se rejet, de cette différence va naître une paradoxale liberté.

Pour conclure, « Sibel » est avant tout le parcours d'une femme qui devient adulte en acceptant son handicap. Un film à couper le souffle qui ne manquera pas de captiver le spectateur grâce à un scénario qui fonctionne à merveille.

par Killian Bonnard T BP RPIP
2019/04/18 10:55 #2018-sibel-32
Lycée Evariste Galois, Beaumont sur Oise, académie de Versailles
Le film Sibel est un long métrage sorti en salle le 6 mars 2019 réalisé par Guillaume Giovannetti et Çagla Zencirci. Il s'agit d'un drame de nationalité allemande, française, turque et luxembourgeoise. Le personnage principal est joué avec brio par Damla Sönmez qui a dû apprendre la langue sifflée turque pour le tournage.

Elle incarne Sibel, une jeune femme muette qui est rejetée par son village à cause de son handicap et de son attitude peu conforme aux stéréotypes de genre. Celle-ci recherche désespérément à attraper un loup qui est censé terroriser le village afin d'avoir la reconnaissance des villageois. Cependant on apprend que ce loup n'existe pas et qu'il ne s'agit que d'une chimère.  Ce film joue habilement avec ce mythe du loup pour représenter les peurs infondées et superstitieuses des villageois.

Le film met en valeur le parcours étonnant de la jeune fille qui évolue entre le village et la forêt. La forêt lui offre un espace de liberté loin des règles du village. Son handicap lui a permis d’évoluer différemment, elle a gagné en maturité et en autonomie. Cette force lui permet da garder la tête haute face aux regards négatifs des villageois. Dans la dernière scène on peut voir que sa lutte acharnée contre les préjugés qui pèsent sur les femmes permet à sa sœur de traverser le village et de retrouver le chemin de l’école. Le film nous questionne sur la place de la femme dans la société turque ainsi que sur le poids de l’honneur.

Le film a une dimension politique car on remarque que le personnage d’Ali qui a déserté la guerre est considéré par l’État et par les villageois comme terroriste. On peut noter plus tard dans le film que lorsque Sibel regarde la télévision, il n’y a que des extraits de flashs infos où chaque préjudice porté à l’État est qualifié d’acte terroriste. Le réalisateur semble critiquer l’endoctrinement des masses par la propagande d’État.

Cependant l’intrigue perd de sa vivacité car elle se déroule principalement dans la forêt, dans un champ et dans la maison familiale, ce qui rend le film un peu répétitif et fade. Cette monotonie peut refléter celle de la vie des femmes du village mais n’en est pas moins ennuyeuse, il s’agit du seul bémol du film. Ce film reste tout de même l’un de nos préférés grâce au jeu exceptionnel de l’actrice principale qui nous fait ressentir toutes ses émotions malgré l’absence de parole.


Charles Decuy et Marc-Olivier Bonnaire

Lycée Évariste Galois (95)

2019/04/20 18:44 #2018-sibel-32-1
Lycée Jean Moulin, Pézenas, académie de Montpellier
Parfois plus fort que des mots

Sibel est une jeune fille muette depuis sa tendre enfance, mais elle communique grâce à la langue sifflée traditionnelle de sa région. Elle vit avec son père et sa soeur dans un village isolé, en Turquie. Tout son temps se partage entre les champs, où elle aide les femmes du village à cueillir le thé ou à ramasser les récoltes, la forêt, où elle traque le loup, fusil à l'épaule, et la maison de son père, où elle tient le rôle de la mère disparue et s'occupe du foyer. Malgré une activité incessante, elle est rejetée par les villageois à cause de sa différence. Si elle a suffisamment de caractère pour montrer ce qu'elle ressent et le leur siffler au visage, elle espère quand même se faire admettre parmi eux : pour cela, elle a décidé de tuer le loup qui hante la forêt et empêche les jeunes mariés d'aller fêter leurs noces au haut de la montagne, comme le voudrait la tradition.
Un jour, dans la forêt, elle tombe nez à nez avec Ali, un fugitif blessé et menaçant. Et malgré sa peur, elle décide de l'aider. Plus elle lui rend visite pendant sa guérison, plus son père et les villageoises remarquent qu'elle s'absente de plus en plus souvent, et personne ne croit plus aux excuses qu'elle invente. Il n'est pas de bon ton, pour une jeune fille, même muette, de se promener aussi librement dans la nature... Peu à peu un mur de haine s'élève autour de Sibel, qui a le tort de ne pas ressembler aux autres et d'agir trop librement. Même son père, son indéfectible soutien, finit par céder sous la pression des villageois. Qu'adviendra-t-il de Sibel ? Comment découvrira-t-elle la vraie nature des loups ?

Dans ce film, Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti nous plongent dans une histoire au sujet dramatique et social, dont le rôle principal est tenu par la talentueuse Damla Sönmez. Son personnage est passionnant à regarder et à analyser : Sibel est à la fois sauvage et douce, éprise d'amour et de liberté, et toujours courageuse. Je l'ai personnellement beaucoup appréciée. Certaines scènes nous la rendent très touchantes et nous donnent envie de l'aider, notamment lorsqu'elle veut crier sa peine mais qu'aucun son ne parvient à sortir de sa bouche : ses cordes vocales sont impuissantes à soulager son trop-plein de tristesse.
J'ai aimé cette histoire, je me suis attachée à Sibel et aurais voulu connaître la fin de son parcours, les possibilités de vie qui s'offraient à elle après tout ce qu'elle a traversé.
Allez la voir : vous ne l'oublierez plus !

Juliette Denis, seconde 2, Lycée Jean Moulin de Pézenas
2019/04/20 18:54 #2018-sibel-33
Lycée Jean Moulin, Pézenas, académie de Montpellier
Garder la tête haute
Ce film raconte l'histoire de Sibel, une jeune femme muette qui communique grâce à la langue sifflée de son village. Elle habite avec son père et sa soeur dans une petite maison simple en Turquie. Sa mère est décédée et Sibel est la préférée de son père, car elle est est attentive et travailleuse et s'occupe de tout dans la maison : sa jeune soeur se comporte en princesse et attend seulement de pouvoir se marier en faisant la coquette.

Sibel, elle, ne se mariera jamais, car elle est muette. Alors elle chasse le loup (qui est un mythe, dont Sibel va résoudre l'énigme, essentielle) et rend visite à la vieille folle du village, qui vit à l'écart, moquée de tous. Sans doute Sibel se reconnaît-elle un peu en elle, dont personne ne veut.

Un jour, Sibel rencontre dans la forêt un homme, un hors-la-loi. Elle qui n'a jamais approché d'homme (sinon son père), elle donne alors l'impression que les émotions explosent en elle, elle espère peut-être avoir rencontré l'amour.

Mais surtout cet homme, Ali, est la seule personne qui échange avec Sibel et essaie de la connaître. Les autres, au village, ne lui parlent pas, par peur du mauvais oeil (ils pourraient devenir comme elle...), et critiquent la liberté de mouvement que lui autorise son père, sous prétexte qu'étant muette, elle n'a pas à se comporter comme une fille puisque personne ne la convoite. Elle chasse le loup, se promène seule en forêt, ne couvre pas ses cheveux : cela suffit à ce qu'on lui interdise de fréquenter les autres.

Au début du film, Sibel est mise en scène de façon terne, les yeux cernés, la tête baissée, comme si elle avait honte d'être ce qu'elle est. Elle tente vainement de se faire accepter.
Mais à la fin du film, tout a changé : Sibel marche tête haute, rayonnante, fière de ce qu'elle est. Elle ne mendie plus l'attention des autres, et pourtant c'est un regard admiratif dirigé vers elle qui est le dernier plan du film. Entre ces deux Sibel, il y a la découverte de soi par cette jeune femme en pleine éclosion.

J'ai beaucoup aimé le jeu de l'actrice, et j'ai beaucoup aimé le film. Il rassemble émotion, action, et fait tout de même réfléchir en dénonçant la discrimination et le poids intolérable et aveugle des traditions.

Yseult Canac-Pons, seconde 2, lycée Jean Moulin de Pézenas.
2019/04/21 01:18 #2018-sibel-34
Lycée Galilée, Combs-la-Ville, académie de
Sibel, un très beau portrait de femme

Comment ne pas applaudir un tel chef-d’œuvre ? Sibel est un excellent film dramatique. Sorti le 6 mars 2019, cet œuvre est authentique et d’une grande diversité. Que ce soit au niveau de ses nombreuses nationalités (allemande, française, turque et luxembourgeoise) mais aussi à travers le choix d’une version originale sous-titrée. Les 1h35 passent à une vitesse folle tant nous sommes plongés dans l’atmosphère pesante de ce village isolé en Turquie.
Les réalisateurs Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti nous offre du grand art en nous racontant l'histoire de Sibel, une jeune femme pas comme les autres.

En effet, Sibel (incarnée par Damla Sönmez) est muette et communique par la langue sifflée ancestrale de sa région. Elle habite avec son père et sa sœur cadette, isolée dans un village de montagnes. Là-bas, elle est rejetée par les habitants du village à cause de sa différence. La jeune femme est totalement à l'écart et ne connait que la maigre compagnie de son père. Celui-ci l'aime profondément mais a du mal à accepter la transition de Sibel d'adolescente à véritable femme, pourtant âgée de 25 ans.

Sibel, dont on peut assimiler le prénom à la divinité phrygienne de la nature sauvage « Cybèle », tente de se faire accepter en chassant le loup qui terrorise ses congénères dans la forêt qui longe le village. Grands yeux verts alertes, moue concentrée et pièges bien pensés, elle ne tombera jamais sur la bête malgré ses nombreux stratagèmes mais y fera une rencontre des plus surprenantes.
Ali, un fugitif, croise sa route lorsqu'elle s'y attend le moins. Pour la première fois, elle rencontre quelqu'un qui la comprend, quelqu'un qui vit la même situation qu'elle en tant que pestiférée. Mais Ali représente aussi le danger et l'interdit. Il sera le premier pas de Sibel vers sa liberté.
La jeune femme osera s'élever contre la société patriarcale dans laquelle elle vit, société qui est pourtant majoritairement représentée par des femmes. Celles-ci sont implacables, désireuses de respecter les traditions même si cela signifie sacrifier leur liberté et/ou l'une des leurs. La petite sœur de Sibel en est le parfait exemple, elle veut briller en société à tout prix même au détriment de sa propre sœur et n'hésitera pas à la trahir.
Mais Sibel ne se laisse pas abattre. On continue de la suivre, elle et sa volonté de fer sur le chemin de la liberté. On la voit baisser les bras lorsqu'Ali l'abandonne pour mieux se relever. On se révolte lorsqu'elle est battue par ses homologues féminins. On sourit de victoire ou de tristesse ? lorsqu'elle fait enfin face à son père, dépassé par les évènements et agité de l'inquiétude d'avoir perdu tout honneur. Elle nous transmet ses émotions, son courage ; Sibel est un personnage véritablement attachant.
De plus, le portrait de sa famille l'est tout autant. On suit aussi les aventures d'un père veuf, partagé entre son devoir de chef du village et son amour pour ses filles ; celle d'une soeur cadette qui est finalement assez jalouse de Sibel et de sa liberté, influencée par ses amies et ce qu'elle croit être bon pour elle (un mariage à la place d'une éducation).

Finalement, Sibel est peut-être muette mais elle aura su élever la voix plus que n'importe qui afin de faire évoluer la condition féminine dans ce village aux coutumes désuètes. Elle est, en effet, la seule femme indépendante de son village. Néanmoins, elle aura peut-être réussi à en convaincre d'autres de faire de même comme nous le suggère le sourire complice d'une femme qui la détestait auparavant.

Confirmé par ses 8 prix, Sibel est un film puissant, féministe qui marquera encore les esprits pour les années à venir.

Léa Telusson
2019/04/21 14:42 #2018-sibel-35
Lycée Maine de Biran, Bergerac, académie de Bordeaux
Sibel,

Le film commence par la radiographie d'une gorge qui parle et siffle, qui parle et siffle des mots !
Nous sommes directement dans le monde de Sibel : celui de la voix. Quand le générique fin se déroulera, on se demande si son monde n'est pas aussi celui de la voie.

Sibel est une belle jeune fille qui vit dans un monde rustique, plein de traditions machistes et religieuses : seules les femmes travaillent ; elles doivent sortir voilées ; les mariages sont arrangés... Sibel est à part. Les autres l'acceptent à peine, à condition qu'elle ne les approche pas trop. Elle est handicapée, muette, mais elle siffle pour communiquer. On dirait un oiseau.
Au début du film, l'image la cadre en gros plan, haletant comme un animal chassé. La forêt est dense. De quels dangers doit-elle se protéger ? A la séquence suivante, on comprend que c'est elle qui chasse un loup qui terrorise les villageois. On comprend aussi bien vite que cette bête représente bien plus pour Sibel : le respect des autres.
Un jour, elle entend un grognement. Comme elle, nous ne voyons rien. Soudain, elle est attaquée par une forme toujours grognante qui l'emmène dans un corps à corps qui dure. C'est un homme sale, barbu, hirsute, fou, enragé comme Jack Nicholson à la fin de Shining. Sibel réussit à le maîtriser et commence à le soigner. Très vite, ils communiquent et elle cache cet homme que la police recherche comme terroriste.
Sibel vit avec sa jeune sœur et son père, le maire du village. C'est elle qui fait tourner la maison. C'est aussi elle qui s'interpose lorsqu'elle apprend que sa sœur va se marier. Pour elle, les études doivent primer. La jeune sœur ne comprend pas. Elle ne supporte plus que Sibel puisse vivre à sa manières, sans être obligée, par exemple, de porter le foulard. Cette jalousie et sa rancoeur la pousseront à dénoncer sa sœur et la présence de l'Etranger.
Sibel s'est mise à aimer cet homme. Elle rentre plus tard de ses chasses, ne prépare plus le repas du soir, ne repasse plus les chemises de son père. Celui-ci s'interroge. On le voit de plus en plus inquiet, puis, comme écrasé par on ne sait quelle nouvelle. C'est celle des commérages sur l'immoralité de sa propre fille. Il lui impose de porter le foulard, il l'empêche de sortir. Rien n'y fait. Sibel s'échappe toujours. Les femmes la frappent. Elle repart dans la forêt retrouver une vieille folle qui attend depuis plus de trente ans le retour de l'homme qu'elle aimait. Quand Sibel apprend de la bouche même de son père que l'amoureux de la vieille folle a été battu à mort devant elle, parce qu'il était étranger au village, elle comprend que le village est paralysé dans un monde archaïque. Même si la télévision apporte des images de l'évolution de la société, rien ne bouge. Même son père quand il l'accuse d'avoir fait le malheur de sa jeune sœur, répudiée avant son mariage.
La fin du film est superbe. La jeune sœur ne supporte pas la honte de l'infamie de Sibel. Sibel l'emmène au bus scolaire, supportant avec fierté le regard des autres et les propos infamants. Sibel siffle sa colère aux villageois et c'est son père qui les fait taire. Sibel n'a pas de voix, mais elle ouvre la voie de sa jeune sœur et de cette autre qui l'avait pourtant, au début du film, violemment rejetée.
Finalement, ne faut-il pas voir le loup de Sibel comme sa propre image ?

Allez voir ce film. Vous sortirez forcément marqués par cette femme. Vous verrez combien la différence, quand elle est acceptée, permet de donner de la force. Combien, parfois, il suffit d'une voix -même primitive- pour changer la vie !
Pauline et Elodie
2019/04/21 15:32 #2018-sibel-36
Lycée PRO Jacques Brel, Saint-Pons de Thomières, académie de Montpellier
Alexis PERRET, première ASSP du lycée Jacques Brel, Saint-Pons-de-Thomières, académie de Montpellier
Sibel est un film turc sorti en 2018. Ce film dramatique nous fait suivre la vie d’une fille, Sibel, qui habite avec son père et sa sœur, dans un petit village de Turquie. À l’âge de 5, elle a été victime d’une fièvre foudroyante qui l’a rendu muette, elle ne communique donc qu’avec des sifflements. Ce handicap la fragilise, et en plus elle est dénigrée par toute sa communauté. Elle se réfugie dans la forêt. Le réalisateur a réussi à nous faire ressentir la détresse de Sibel, sa tristesse comme lorsqu’elle crie et qu’elle n’entend rien, dans un moment tellement bouleversant. L’utilisation du sifflet comme langage permet un beau jeu d’acteur, le comportement corporel de Sibel nous transporte avec plus de force que la parole.
Armée d’un fusil et sa détermination, elle espère trouver un loup dans la forêt voisine du village, un loup menaçant le village pour prouver sa valeur et être reconnue. Mais, durant une de ses parties de chasse, elle tombe nez à nez avec un homme, Ali, blessé, elle le soignera et lui apprendra sa langue. Elle apprendra à le connaître et à l’aimer.
Le film fait vivre deux thèmes. Celui de l’acceptation des différences, et celui de l’amour impossible. La plupart des scènes se déroulent dans une forêt magnifique, et les paysages sont d’une beauté bouleversante. On pourrait croire que dans ce cadre les gens sont heureux parce qu’ils n’ont aucune règle, et pourtant les femmes n’y ont aucune liberté.
Sibel reste une femme forte, fière, téméraire, pleine de gentillesse et de courage. Elle doit être une combattante. Sinon, elle finira comme Narin, la « folle » du village, dont la communauté a tué le fiancé, mais nous ne voulons pas trop dévoiler de l’intrigue.
La fin du film laisse le spectateur perplexe et avec de nombreuses questions. Peut-on vivre toute sa vie dans le défi et l’isolement ?
2019/04/21 15:34 #2018-sibel-38
Lycée PRO Jacques Brel, Saint-Pons de Thomières, académie de Montpellier
Aude BANO, première ASSP du lycée Jacques Brel, Saint-Pons-de-Thomières, académie de Montpellier
Sibel est une jeune femme qui vit avec son père et sa sœur dans un village isolé dans les montagnes de la mer noire, en Turquie.
Sibel est une fille muette. Malgré ça, elle communique grâce à des sifflements. Sa communauté la rejette à cause ce handicap. Sibel est une guerrière, malgré son handicap elle se bat et se fiche de ce que les autres pensent.
Elle traque sans relâche un loup, dont on dit qu’il rôde dans la forêt. Et c’est au cours de cette traque qu’elle croise un homme, un fugitif, qui a été blessé et ne semble pas très aimable. Il regarde Sibel avec un regard intimidant. Le début du film est ainsi assez fort et mystérieux.
Le film montre les rapports entre les hommes et les femmes. Son univers est un univers dur, oppressant, où les hommes décident pour les femmes, et où les femmes se surveillent mutuellement par jalousie.
Le père entretient avec ses deux filles des rapports très différents. L’une d’elle est un enfant, qui veut faire comme les autres, se marier, s’afficher comme une femme. L’autre, Sibel, a soif de liberté. Le père est chef de village, on pourrait croire qu’il est libre. Mais on s’aperçoit qu’il n’en est rien lorsqu’une entremetteuse vient lui demander de se remarier. Chacun est surveillé, et doit faire ce que la communauté lui dit de faire.
Ali, l’homme mystérieux que Sibel rencontre va lui permettre de grandir, de trouver le courage pour s’opposer à la loi commune.
Il s’agit d’un bon film. Il nous fait réfléchir au poids du regard des autres sur nos vies. Ce poids est terrible dans les sociétés isolées.
2019/04/21 16:03 #2018-sibel-38-1
Lycée Maine de Biran, Bergerac, académie de Bordeaux
“Sibel”
de Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti, avec Damla Sönmez, sorti en Mars 2019

Ce film est vraiment superbe notamment grâce à la beauté de son actrice principale.

“Sibel” commence par la radiographie d'une gorge qui parle et siffle, qui parle et siffle des mots !
Nous sommes directement dans le monde de Sibel : celui de la voix. Quand le générique fin se déroulera, on se demande si son monde n'est pas aussi celui de la voie.

Sibel est une belle jeune fille qui vit dans un monde rustique, plein de traditions machistes et religieuses : seules les femmes travaillent ; elles doivent sortir voilées ; les mariages sont arrangés... Sibel est à part. Les autres l'acceptent à peine, à condition qu'elle ne les approche pas trop. Elle est handicapée, muette, mais elle siffle pour communiquer. On dirait un oiseau.
Au début du film, l'image la cadre en gros plan, haletant comme un animal chassé. La forêt est dense. De quels dangers doit-elle se protéger ? A la séquence suivante, on comprend que c'est elle qui chasse un loup qui terrorise les villageois. On comprend aussi bien vite que cette bête représente bien plus pour Sibel : le respect des autres.
Un jour, elle entend un grognement. Comme elle, nous ne voyons rien. Soudain, elle est attaquée par une forme toujours grognante qui l'emmène dans un corps à corps qui dure. C'est un homme sale, barbu, hirsute, fou, enragé comme Jack Nicholson à la fin de Shining. Sibel réussit à le maîtriser et commence à le soigner. Très vite, ils communiquent et elle soigne cet homme que la police recherche comme terroriste.
Sibel vit avec sa jeune sœur et son père, le maire du village. C'est elle qui fait tourner la maison. C'est aussi elle qui s'interpose lorsqu'elle apprend que sa sœur va se marier. Pour elle, les études doivent primer. La jeune sœur ne comprend pas. Elle ne supporte plus que Sibel puisse vivre à sa manières, sans être obligée, par exemple, de porter le foulard. Cette jalousie et sa rancoeur la pousseront à dénoncer sa sœur et la présence de l'Etranger.
Sibel s'est mise à aimer cet homme. Elle rentre plus tard de ses chasses, ne prépare plus le repas du soir, ne repasse plus les chemises de son père. Celui-ci s'interroge. On le voit de plus en plus inquiet, puis, comme écrasé par on ne sait quelle nouvelle. C'est celle des commérages sur l'immoralité de sa propre fille. Il lui impose de porter le foulard, il l'empêche de sortir. Rien n'y fait. Sibel s'échappe toujours. Les femmes la frappent. Elle repart dans la forêt retrouver une vieille folle qui attend depuis plus de trente ans le retour de l'homme qu'elle aimait. Quand Sibel apprend de la bouche même de son père que l'amoureux de la vieille folle a été battu à mort devant elle, parce qu'il était étranger au village, elle comprend que le village est paralysé dans un monde archaïque. Même si la télévision apporte des images de l'évolution de la société, rien ne bouge. Même son père quand il l'accuse d'avoir fait le malheur de sa jeune sœur, répudiée avant son mariage.
La fin du film est superbe. La jeune sœur ne supporte pas la honte de l'infamie de Sibel. Sibel l'emmène au bus scolaire, supportant avec fierté le regard des autres et les propos infamants. Sibel siffle sa colère aux villageois et c'est son père qui les fait taire. Sibel n'a pas de voix, mais elle ouvre la voie de sa jeune sœur et de cette autre qui l'avait pourtant, au début du film, violemment rejetée.
Finalement, ne faut-il pas voir le loup de Sibel comme sa propre image ?

"Sibel" est un film captivant, émouvant et enrichissant car le personnage principal, Sibel, est rejetée par le village entier à cause d’un handicap qu’elle n’a pas choisi. Elle se rebelle contre le système car par son handicap, aucun homme ne veut la marier. Elle se rebelle aussi contre son père lorsqu'il se conduit comme les autres hommes, à vouloir l'enfermer au sens strict et figuré dans son statut de femme dépendante des autres.
Dans ce film, le rôle de la femme est omniprésent, elles travaillent dans les champs, font la vaisselle, le linge, le ménage, la nourriture et on ne sait pas ce que les hommes font à part boire du café.
Les paysages reflètent énormément la Turquie, et de beaux décors sont mis en valeur.

Nous nous sommes accrochées au film mais la fin ne nous a pas trop plu. D’une part nous ne comprenons pas pourquoi Sibel est mise à l’écart. D’autre part, pourquoi le fugitif n’est pas revenu alors que Sibel était convaincue qu’elle allait le revoir. C’est peut-être une façon de refléter la réalité et de la mettre en avant. On voit que Sibel est une bonne personne. Elle aide Narin, une pauvre vieille qui vit seule dans la haute montagne, dévastée par la disparition de son Mari. Finalement, Narin, c'est le futur de Sibel si elle ne se rebelle pas contre les traditions du village.

Lucy et Salma




2019/04/21 19:39 #2018-sibel-39
Lycée Maine de Biran, Bergerac, académie de Bordeaux
"Sibel",

J'ai beaucoup aimé ce film. Je vais essayer de vous dire pourquoi. En effet, voici ce qui m'a le plus plu :

1) Le combat de Sibel contre tous ceux qui la rejettent à cause de son handicap et de sa liberté de vivre :
C'est un combat sans aigreur car elle n'en veut pas aux femmes qui la frappent quand elle est accusée d'avoir un comportement indigne ; elle n'en veut pas non plus à cette jeune femme à qui elle offre, au début du film, un peu d'eau fraiche. Cette jeune femme craint que Sibel ne transmette son handicap à son bébé. Sibel s'éloigne sans rien dire. A la fin du film, cette même jeune femme semble avoir compris que Sibel montrait une autre voie aux femmes de son village. Elle lui sourit timidement. Sibel ne la refoule pas et lui sourit à son tour.


2) La rancoeur, la jalousie et la trahison de Fatma, la jeune sœur de Sibel :
Fatma est une jeune fille de 15 ans qui va à l'école. C'est une adolescente comme on en trouve partout : elle regarde la télé, paresse, n'aide jamais sa soeur dans le ménage. Elle hésite entre les traditions et la modernité, comme porter le foulard à la manière des filles qu'elle voit à la télé. Lorsqu'un bon parti la demande en mariage, elle est très heureuse et même fière. Mais elle ne comprend pas la réaction de Sibel qui pense qu'il faut continuer ses études avant le mariage. Elle exprime toute sa colère contre sa soeur, allant jusqu'à l'espionner et raconter au village ce qu'elle fait dans la forêt. Cette dénonciation lui portera tort. La "faute" de Sibel rejaillira sur elle et le bon parti qui voulait l'épouser annule sa demande. Elle s'enferme alors dans la honte : celle d'avoir parlé et celle d'être rejetée et refuse de sortir, même pour prendre le bus et retourner à l'école. Au final, c'est Sibel qui l'aidera à traverser le village sous les insultes. On peut espérer que Fatma, par l'éducation et l'amour de sa soeur, pourra sortir du schéma archaïque de la place des femmes dans le village.


3) L'humanité d'Ali :
Cet homme apparaît brutalement dans la forêt, tout près de la cabane où Sibel s'installe habituellement pour traquer un loup. Il est blessé. Elle va le soigner même si elle ne sait pas qui il est. Des soldats le recherchent en disant que c'est un terroriste. Sibel ne dit rien (c'est Fatma qui va le dénoncer en trahissant sa soeur). La proximité de cet homme trouble Sibel au point qu'elle s'offre à lui. Ali avait bien-sûr besoin de son aide, mais il n'a jamais eu à son égard une attitude agressive ou de rejet. Il l'a tout de suite considérée comme une femme comme une autre.


4) Le courage et la détermination de Sibel :
Cette jeune femme visite régulièrement une vieille folle qui vit dans les hauteurs du village. Narin attend le retour de son fiancé depuis plus de trente ans. Elle l'attend pour l'emmener au rocher de la Mariée. Lorsqu'Ali dont Sibel est tombée amoureuse disparaît, son père lui fait comprendre qu'elle n'aurait jamais pu l'épouser et que s'il n'avait pas fui, c'est la communauté des hommes du village qui l'aurait tué (lui y compris), comme cela s'était passé pour l'étranger amoureux de Narin. Sibel reçoit ainsi une autre preuve que le village est enfermé dans la peur de l'étranger et de la différence. Une nuit, elle brûle le rocher de la mariée, ultime geste pour montrer que le vie doit changer et dépasser les traditions et toutes les dominations.


5) L'idée d'une fin ouverte :
Pour Sibel : elle est et reste libre, ouvrant la voie aux autres femmes ;
Pour Fatma, qui devrait tirer les leçons de ses actes et apprécier le courage et la fierté de Sibel ;
Pour le père de Sibel, Emin. C'est le maire du village. C'est un homme progressiste qui regarde la télévision avec ses filles, qui n'enferme pas Sibel malgré son handicap. Et pourtant, il va écouter les ragots des villageois sur son déshonneur et vouloir la remettre à sa place de femme qu'il faut dominer. Mais les propos de Sibel qui le méprise et le range dans le camps de ces villageois archaïques, le bouleversent et lui font comprendre qu'il doit reprendre la voie de la modernité. Il la protège au final des insultes en admirant la force de résistance de sa fille.

Je suis heureux d'avoir découvert un film que je n'aurais jamais pu voir s'il n'y avait pas eu le dispositif du prix Jean Renoir des lycéens. J'espère que vous l'avez aimé -ou l'aimerez- autant que moi.

Gaëtan BORDERIE
2019/04/25 10:52 #2018-sibel-40
Lycée Georges Brassens, Neufchâtel-en-Bray, académie de Rouen
Calypso NOËL
Critique du film : Sibel
Verts sont les yeux et les paysages que nous suivons tout au long du film. Le regard profond de l’actrice turque Damla Sönmez nous hypnotise durant 1h35. Elle incarne le personnage de Sibel, une jeune femme muette, qui communique avec les gens grâce à la langue sifflée, une langue ancestrale parlée dans la Turquie de l’est. Rejetée par les habitants du village, elle trouve réconfort dans la forêt proche de chez elle où elle chasse hardiment le loup. Elle vit avec une sœur capricieuse et vicieuse, et un père aimant mais guidé par une société patriarcale. Occupée dans les bois par sa quête, elle rencontre un terroriste blessé. Grâce à son altruisme et sa connaissance des plantes elle le soigne. Peu à peu, l’homme se demande pourquoi elle ne communique pas avec lui, quand il le découvre, il essaie de la comprendre et s’intéresse à cette langue sifflée. Simultanément et toujours avec cette même bienveillance elle s’occupe d’une vieille femme isolée dans la forêt que les gens considèrent comme folle, Sibel ne comprend pas son histoire qui tourne en boucle où son amant Fuat reviendrait pour l’épouser. Obsédée par la présence du loup, elle reconstitue un squelette retrouvé dans la forêt pour prouver son existence et sa mort auprès des femmes du village, sans se rendre compte de la vérité pourtant devant ses yeux. Tout au long du film on constate que cette jeune femme s’émancipe, ou en tout cas essaie. Son père qui lui laisse des libertés au début de l’histoire, la réprimande par la suite poussé par la vindicte populaire qui juge ses agissements honteux. A cause de cet acte, elle se fait battre par ses semblables. La scène où l’on voit ses bleus et blessures est marquante par les plans choisis par le réalisateur. La caméra fait souvent de gros plans sur son visage où l’on voit toutes les émotions qu’elle ne peut transmettre par sa voix. Notamment la scène où elle hurle à s’en déchirer les poumons alors qu’aucun son ne sort, on constate l’indéniable talent de l’actrice tout au long du film mais précisément ici ou elle livre une scène poignante. Les réalisateurs Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti, en couple dans la vraie vie, nous livrent un film qui nous force à réfléchir sur la relation à l’autre. On peut y voir sous certains aspects une réécriture du petit Chaperon rouge avec le loup, le foulard rouge de Sibel, la nourriture qu’elle apporte à la vieille dame dans la forêt ou encore le fait qu’elle soit victime du loup… réécriture étrange et hypnotisante… Un étrange lien unit la jeune femme à sa « mère-grand» de substitution, comme leur rejet de la part des autres et le destin de leurs amants. La force de ce film est qu’on est touchés et captivés par l’histoire de Sibel, alors qu’elle ne prononce aucun mot. On constate que les actes sont plus forts que les paroles.
2019/04/26 07:35 #2018-sibel-41
Lycée Maine de Biran, Bergerac, académie de Bordeaux
LE FRANC Emma
critique du film "Sibel"



Sibel une fille différente et son histoire aussi.

"SIBEL" est un film réalisé par Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti. Il se déroule dans un petit village de Turquie situé dans les montagnes de la région de la Mer Noire. C'est aussi le nom de la protagoniste, une jeune femme de 25 ans qui vit avec sa petite sœur et son père, le maire du village. A cause d'une forte fièvre subie à l'âge de cinq ans, cette jeune turque a perdu la capacité de parler. Néanmoins, elle et les villageois communiquent également en sifflant, une tradition qui perdure dans cet endroit, appelée la "langue des oiseaux". Mais elle est rejetée par ces habitants, et afin d'avoir leur reconnaissance, elle décide de chasser le loup qui les terrorise dans la forêt.

Ce film évoque un sujet intéressant, mais pas moins courant, il le traite donc de manière originale. La difficulté de vivre d'une personne dite "différente" ou "anormale" et son intégration sont subtilement transmises à travers la force de Sibel, ce qui, je trouve, est un point positif. Le caractère de cette dernière est assez particulier, malgré le fait qu'elle soit exclue, sa sœur allant même jusqu'à la rabaisser devant tout le monde, et qu'elle s'effondre, elle arrive à garder ses objectifs, tout en étant dans une naïveté infantile.

Globalement ce film m'a plu mais je n'ai pas été emballée. J'ai eu l'impression qu'il manquait quelque chose, comme peut-être, se détacher un petit peu du personnage.



2019/04/29 10:33 #2018-sibel-42
Lycée Georges de la Tour, Metz, académie de Nancy-Metz
Vous avez dit « muette » ?

Sibel, un personnage très touchant.

Jeune femme turque privée de la parole, Sibel est en butte à la vindicte de son village qui s’exprime soit par le rejet, car elle n’est pas la bienvenue aux fêtes, contrairement à sa jeune sœur, soit par la violence, parce que les femmes n’hésitent pas à l’agresser et à la battre jusqu’à son évanouissement.
Cependant, courageuse, Sibel ne perd pas l’espoir de gagner l’amitié des villageois, en se rendant seule tous les jours dans la forêt dans l’intention de tuer un loup qui leur en interdit l’accès.

Sibel, une femme libre

Elle entre en conflit avec son père, en langage sifflé, le jour où, influencé par les villageoises, il cherche à enfermer la fille à la maison.
Dans la forêt, elle découvre d’abord l’amour auprès d’un homme en fuite, puis le secret et la méchanceté des villageois.

Sibel, une femme convaincante

Le mariage de sa sœur ayant échoué en représailles à sa manière de vivre, Sibel parvient à sauver Fatma et à l’émanciper à son tour en la sortant du village pour se rendre dans la capitale où l’attend un avenir meilleur.
Sibel défend haut et fort sa liberté et ses choix de vie, et échappe ainsi au sort de Narin, ancienne victime de la cruauté des villageois et recluse dans la forêt.

Un film à voir et à… écouter absolument !

Sibel, de Zencirci et Giovanetti est un film qui dénonce avec force, malgré son héroïne mutique, les mentalités villageoises, régies par le poids des traditions ancestrales, le code de l’honneur, l’obscurantisme et les superstitions et capables de ce fait des pires cruautés à l’encontre de ceux qui ne se conforment pas au dictat d’une société archaïque.

Les élèves de 1ST2SA
2019/04/29 10:57 #2018-sibel-43
Lycée La Saulaie, Saint-Marcellin, académie de Grenoble
Critique du film Sibel

Sûre d'elle
Indépendante
Brave
Engagée
Libre

Sibel est une jeune femme turque qui vit avec son père et sa sœur dans un petit village en Turquie. Celle-ci est muette : elle communique avec les autres en utilisant le langage sifflé local appelé « langue des oiseaux ».Sibel est prête à tout pour se faire accepter dans son village où tout le monde la rejette à cause de son handicap.Elle se lance donc à la poursuite d'un loup qui fait l'objet des plus grandes craintes dans son village. Un jour Sibel va faire la découverte d'un homme, d'un fugitif, qui va poser un regard neuf sur elle.

Les rôles principaux sont tenus par Damla Sönmez dans le rôle de Sibel, Emin Gürsoy dans le rôle de Emin le père de Sibel, Erkan Kolçak Köstendil dans le rôle de Ali le fugitif et enfin Elite Iscan dans le rôle de Fatma la sœur de Sibel.Les personnages sont très bien interprétés par les acteurs, ce qui est d'autant plus surprenant pour l'actrice Damla Sönmez puisque celle-ci a appris le langage sifflé pour le film.

Ce film « Sibel » de Pyramide distribution est le troisième long-métrage qu'ont réalisé Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti en collaboration. C'est en visitant les montagnes de la Mer Noire que leur projet du film Sibel est né. Avant de faire ce film, ils sont allés dans ce village qui se nomme « Kusköy » dont le nom signifie« village des oiseaux ». Ils ont été agréablement surpris de voir que ce n'était pas seulement quelques vieilles personnes qui parlaient ce langage sifflé mais qu'il était aussi enseigné à l'école.
Ce couple de réalisateurs qui, avant de faire de la fiction faisaient des documentaires, s'inspire de la vraie vie des gens pour ensuite la retranscrire à l'écran. Ce qu'ils aiment appeler de la « fiction sincère ».
« Sibel » est un film dramatique qui met en avant une jeune femme essayant de se faire accepter par son peuple, ce qui rend ce film particulièrement touchant.
Sibel va faire de son handicap une force :certes les mères ne veulent pas lui donner leur fils en mariage. Mais d'un autre côté, Sibel est complètement libre d'aller et venir, de chasser dans la forêt alors que les jeunes femmes de son âge sont déjà mariées et vivent sous l'autorité de leur mari.

Ce film est à la fois dépaysant, poignant et émouvant, les paysages sont de toute beauté.
Nous vous le recommandons !


Chaloin Laura et Macedo Pauline
2019/04/29 19:06 #2018-sibel-44
Lycée Georges Brassens, Neufchâtel-en-Bray, académie de Rouen
LEA- Critique du film Sibel

Vous êtes vous déjà imaginé muet ? Sibel , une jeune femme turque vivant dans un petit village montagneux se fait comprendre grâce à la langue sifflée. Ce film réalisé par Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti en 2018 est assez mystérieux au départ.Le long métrage commence avec des plans rapprochés de Sibel encore dans le ventre de sa mère et c’est à ce moment que l’on comprend qu’elle est muette et qu’elle se fait comprendre en sifflant. On remarque qu’elle travaille dans un champ avec des femmes qui la rejettent car elles pensent que Sibel est maudite avec son handicap .
Elle vit avec son père qui est maire du village et sa sœur . Sibel est à la recherche d’un loup dans la forêt où Sibel est filmée avec une caméra portée qui donne du rythme au film puis la caméra est souvent centrée sur le visage de la jeune femme ce qui donne au spectateur toutes les expressions du visage de Sibel et communique ainsi ses ressentis. Des gros plans sur les mains de Sibel, sur ce qu’elle fait nous permettent de plus facilement l’histoire du film. Un jour, Sibel rencontre un fugitif considéré comme terroriste par la Turquie et recherché par la police. Il est blessé et elle va s’occuper de lui, le soigner, le nourrir, le cacher. Les deux personnages sont souvent filmés avec en premier plan le fugitif et en deuxième plan Sibel qui se pose des questions sur l’homme. Le long métrage est passionnant de par ses plans qui confèrent une dimension psychologique au film. L’attention du spectateur est captée par les gros plans de Sibel, les nombreux plans d’ensemble de la forêt très épaisse qui semble à la fois emprisonner et protéger Sibel. On remarque les relations entre les personnages facilement grâce à cette expressivité formelle. Sibel se comporte comme une véritable sauvageonne dans la forêt, dotée d’une force mentale pour supporter le regard et les critiques des femmes qui travaillent avec elle et des hommes du village mais aussi d’une sagesse avec son père et d’une certaine tendresse avec sa sœur et le fugitif. C’est un drame qui va vous captiver …
2019/04/29 19:07 #2018-sibel-45
Lycée Georges Brassens, Neufchâtel-en-Bray, académie de Rouen
MAEVA- Critique de film : Sibel
« Quand la simplicité devient captivante »
Sibel est un long métrage Turc de Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti sorti le 6 mars 2019 qui appartient au genre du drame.
Sibel raconte l’histoire d’une jeune femme muette qui vit avec sa sœur et son père dans un village reculé de la Turquie. Muette, elle communique donc avec la « langue sifflée », langue ancestrale de la région, ce qui crée le rejet des autres femmes du village la qualifiant d’ « handicapée ». Elle est à la recherche d’un loup qui terrorise le village et est complètement obsédée par l’idée de le capturer ; seulement, après une énième chasse, elle se retrouve face à un fugitif aussi menaçant que séduisant qui va semer le trouble dans sa vie qui se résume aux champs, à la forêt et à s’occuper de son père .
Le début laisse perplexe le spectateur, par son aspect un peu « documentaire » qui met en place lentement le personnage de Sibel jouée par l’actrice Damla Sönmez, belle, fragile et dure à la fois, une jeune femme avec un corps frêle mais avec un caractère de femme forte et un regard plein de détermination. La façon qu’a la caméra de cadrer et de suivre Sibel dans ses mouvements rend le film au fil de l’intrigue presque organique, en accord avec une nature verdoyante et oppressante parfois… et l’on finit par s’accrocher à l’histoire de ce personnage épris de liberté mais dont la voix s’est perdue avec une fièvre infantile.
Dans ce film rien de bien nouveau d’un point de vue narratif : le schéma est assez similaire aux histoires de princesses, nous sommes face à une jeune femme rebelle qui décide de se soulever contre les codes qui régissent une société dans laquelle la femme est cantonnée à des taches souvent ingrates. L’intérêt est ailleurs, dans le montage sans doute mais aussi le cadrage, la mise en scène qui fait la part belle à Sibel rarement filmée en plans fixes, même lorsqu’elle est à l’affût du loup, à l’arrêt et aux aguets. Elle fait tous les travaux domestiques de la maison, entourée d’une sœur qui la rejette, d’un père coincé entre des principes machistes et son amour pour ses filles adore, participe aux travaux des champs, s’occupe d’une femme esseulée dans la montagne et d’un fugitif surgi de nulle part que l’on pourrait qualifier de « prince charmant ».
Ce qui fait aussi le charme et l’originalité de Sibel réside dans la simplicité notamment avec la nature qui ici a tous les droits ce qui donne vie à des plans magnifiques ou encore la langue sifflée qui rend les dialogues bien moins présents que dans un film habituel ce qui permet au spectateur de se concentrer pleinement sur l’intrigue et sur ce que les acteurs ont à apporter sur le plan émotionnel. Tout cela nous permet également de découvrir une autre culture et une autre façon de vivre.
Les lumières qui s’ajoutent à l’ambiance créent une atmosphère si prenante que nous vivons les différentes parties de l’histoire avec les personnages comme si nous y étions ce qui donne une impression de changement constant malgré les décors qui reviennent souvent et que, à part Sibel qui bouge beaucoup comme on l’a déjà signalé ( on peut d’ailleurs ici y voir une course constante pour ses droits, sa liberté) les autres personnages changent rarement d’endroit.
Vous pouvez donc foncer voir ce film en famille ou entre amis, il conviendra à tous les publics, parlera à chacun et la beauté des paysages et de Sibel restera longtemps gravée dans votre mémoire.




2019/04/29 19:08 #2018-sibel-46
Lycée Georges Brassens, Neufchâtel-en-Bray, académie de Rouen
CHLOE Critique du film Sibel

Sibel, une femme de tête courageuse muette se met à dos sa communauté patriarcale. Une héroïne qui ne parle pas mais qui siffle de façon très explicite. Le film est tourné dans un village turc où siffler est une langue pratiquée là-bas. Le langage sifflé est en effet un mode de communication consistant à siffler au lieu de parler, nous savons qu’environ 70 populations pratiquent encore le langage sifflé actuellement. Le film aborde donc la thématique de l’exclusion à travers cette jeune muette.
Sibel relate le courage d’une femme qui cherche à s’épanouir malgré ce que les autres jugent comme un « handicap » mais qui se révèle pour le spectateur un véritable atout et une force. Dès le début du film nous constatons que le handicap de la jeune femme lui a fait prendre énormément d’indépendance et d’autonomie. Certains diront peut être même que Sibel est une femme avec un comportement animalier, en effet nous la voyons de nombreuses fois dans la forêt qui paraît même être sa « véritable maison » ou bien un refuge pour elle, son antre en fait. Son comportement se transforme radicalement le même lorsqu’elle est chez elle où elle vit seule avec son père autoritaire mais aimant et sa petite sœur capricieuse. Elle court, chasse, fabrique de nombreuses choses comme par exemple sa cabane où elle passe de longs moments chaque jour. Lors d’une scène, nous voyons Sibel qui court très vite, pour sortir d’elle toute la haine et la colère qui l’envahit ; à ce moment-là, la caméra fait un gros plan sur une vipère dans les bois, à cet instant la caméra se focalise sur l'attitude de Sibel qui a dans sa main un os tranchant de façon à ce que cela fasse un couteau, celle- ci n’hésite pas une seconde à tuer la vipère d’un seul coup de « couteau » en lui sautant dessus. Ceci n’est pas un comportement que les autres habitants du village auraient eu, Sibel sort du lot de ce village qui ne voit en elle que son handicap. Elle est à la fois sauvage et fragile, car oui elle a un cœur, tout au long du film nous partageons les nombreuses émotions que la jeune femme éprouve. Sibel est interprétée par l’actrice Damla Sönmez, une actrice turque très talentueuse qui a dû apprendre la langue sifflée.
Une rumeur dans le village dit qu’il y a un loup qui rôde dans la forêt, celui-ci empêcherait donc les femmes de monter dans la forêt et de faire les cérémonies de mariage comme elles le faisaient avant. Sibel voudrait donc chasser le loup et par conséquent montrer au village qu’elle est utile à celui-ci et que les femmes peuvent remonter au rocher de la mariée. Cependant elle rencontre un étranger qui va révéler une autre façon de communiquer, de s’entendre. Grâce à lui, à son contact, elle va trouver une forme de force qu’elle va pouvoir rediriger vers le village. Malgré la méfiance envers l’étranger de la foret, Sibel se lie de à lui, elle le soigne et s’occupe de ce fugitif. Elle ne le lâchera pas et le protègera même après que le village se sera rendu compte de ce qu’elle a fait pour lui, elle niera tout ce qui pourrait le mettre encore plus en danger. Sibel est malmenée par le village et par sa famille, entre trahison de la sœur, accès d’autorité de son père, coups portés par les femmes âgées du village, mépris des plus jeunes, indifférence…elle doit s’affirmer encore plus et être forte. En effet une scène violente du film reste marquée dans l’esprit des spectateurs : le pistolet du père contre la tête de sa fille. Beaucoup de questions surviennent, va-t-il tirer sur sa propre fille ? Ressent-il une haine aussi forte pour commettre un crime pareil ? Mais Sibel garde son tempérament fort jusqu’au bout, elle le met même au défi de tirer, plusieurs fois elle le lui dit. Première victoire de Sibel qui tient tête à tous ceux qui revendiquent sans cesse sa différence, son handicap.
De nombreux plans serrés sur le visage de Sibel révèlent les émotions de la femme. Mais au-delà des sifflements, ce sont les respirations qui embarquent les spectateurs, en effet la respiration du personnage plus ou moins accélérée suivant ses émotions nous permet d'imaginer ce que dirait cette femme si elle parlait notre langue, tout comme le fait que Sibel soit sur tous les plans de caméra. Tout au long du film, la caméra est focalisée sur notre personnage. Un film naturaliste à la fois social et politique, un plaidoyer en faveur de la liberté et du droit à la différence.





2019/04/29 19:10 #2018-sibel-47
Lycée Georges Brassens, Neufchâtel-en-Bray, académie de Rouen
GABIN Critique de SIBEL
En quoi la différence d'un langage peut nous imposer des barrières dans la société ?
C'est une question qui se pose dans le film Sibel,un film éponyme sorti en 2018. Sibel est un drame réalisé par Guillaume Giovanetti et Çağla Zencirci qui nous offrent un mélange de cultures puisque l'un est Français et l'autre est Turque. La Turquie est le décor de ce film, au cœur de montagnes verdoyantes chez un peuple siffleur où coutumes et traditions se mêlent. Les réalisateurs nous montrent dans ce film, un aspect de la vie Turque jusqu'à présent méconnu par moi-même.
Sibel est une jeune adulte qui vit avec son père, maire du village, et une sœur plus jeune qu'elle et qui ne cesse les crises « d'enfant gâté », comme le souligne très justement le père des jeunes filles. Elle est épaulée par son père, car malheureusement Sibel est muette, ce qui la réduit à utiliser le langage du siffleur, bien que ce soit une chance pour elle de pouvoir communiquer grâce à cette langue elle est tout de même méprisée et rejetée par sa société. « Elle porte malheur», et cela donne une jeune femme plutôt fragile qui ne peut que parler à son père de ce qu'elle ressent vraiment . Dans son malheur, celle-ci se réfugie dans une cabane en pleine forêt qui devient le centre de l'attention du film, car nous découvrons sa personnalité à cet endroit qu'elle s'est appropriée.
Cette forêt n'est pas que le centre d'attention de Sibel, mais aussi du peuple qui vit en bas de la montagne, puisque apparemment un loup y serait et empêcherait d'accomplir certains rituels et bien au-delà de cela le loup est considéré comme dangereux par la communauté. C'est donc la seule chance pour Sibel de se démarquer et d'enfin se faire entendre, car en tuant le loup elle remporterait peut-être enfin le droit d'être écoutée, et d'être appréciée. Sur un plan précis une web-came semble posée sur son torse afin que nous épousions ses mouvements et éprouvions ses sensations. Nous sommes comme embarqués avec elle dans cette forêt dense, qui dans la salle de cinéma nous offre des sons à différents endroits qui nous font tourner la tête car nous nous demandons constamment d’où vient le bruit, ce qui est intrigant, réaliste en même temps que fantastique, nous avons la sensation de découvrir l'endroit en même temps qu'elle.
Dans cette forêt elle rencontre un homme. Leur rencontre est assez dure puisqu’elle prend peur en découvrant un homme qu'elle ne connaît pas, ils se battent et lui finit dans un fossé. Elle cache cette nouvelle rencontre à tous ses proches. Après de longs jours passés à ses côtés pour le panser et le soigner tous deux vont commencer à s'apprivoiser et ils vont pouvoir apprendre à se connaître. Ali apprend quelques rudiments de son langage sifflé et une complicité naît entre les deux, ce qui prouve que la différence de langue entre deux personnes n'est pas un problème.
Malheureusement ce jeune couple est vite mis en péril, puisque apparemment le jeune homme est un fugitif recherché ardemment par la police. Il disparaît purement et simplement du film et de la vie de Sibel c'est un coup dur pour Sibel qui perd sans soute la seule personne qui la comprend et qui la considère enfin pour ce qu'elle est : une belle jeune femme intelligente et digne d’être aimée. Dénoncée par sa propre sœur, ellle doit affronter encore une fois le regard des gens, et encaisser le fait que son père se plie à la vindicte populaire. Grâce à un plan pris en plongée nous voyons Sibel au centre de la forêt en train de pleurer, nous n'entendons que les sanglots, nous ne l'entendons pas crier car elle est muette de toute façon.
La seule personne avec qui elle peut partager sa tristesse, c'est nous. Alors écoutez son doux sifflement et vous comprendrez qu’on n’a pas forcément besoin de parler pour se faire comprendre. Son regard est plus éloquent que toutes les phrases imaginables.
2019/04/29 19:11 #2018-sibel-48
Lycée Georges Brassens, Neufchâtel-en-Bray, académie de Rouen
ELISE –

Sibel est un film turc réalisé par la cinéaste Çagla Zencirci et le réalisateur Guillaume Giovanetti. Ce drame romantique se passe dans un village isolé de Turquie où l’on suit l’histoire d’une jeune femme Sibel, rejetée par sa communauté car muette et rebelle. Sibel, interprétée par la talentueuse Damla Sönmez, cherche l'émancipation et l'intégration dans la société par tous les moyens notamment en se rendant dans la forêt chaque jour dans le but de chasser le mystérieux loup qui effraie le village. Dans la forêt, elle fait la rencontre d'un fugitif dont elle va s'occuper et avec lequel elle va se lier. Celui-ci l'éloigne encore plus de sa communauté et même de son père, le maire du village. Elle se battra jusqu'au bout pour se faire accepter.
La nature est mise en avant dans ce film notamment avec les plans larges adoptés quand Sibel se trouve dans la forêt. On est aussi bercé par le son de la nature puisqu'il n'y a aucune musique durant tout le film.
Çagla Zencirci a egalement décidé de faire communiquer Sibel en sifflant ce qui, durant tout le film, rappelle le chant des oiseaux.Le langage sifflé est très populaire en Turquie notamment dans la région de la mer noire où vit Sibel.
Ce qui nous permet de comprendre les émotions de la jeune femme ce sont les gros plans sur le visage de celle-ci mais aussi le talent d'actrice de Damla Sönmez qui lui a déjà valu 11 prix d'interprétation dans divers festivals.

Ce film qui traite de la différence et de la tolérance est également dénonciateur et pointe le doigt sur des sujets importants et actuels comme le sexisme en Turquie puisque Sibel est à la merci de son père et effectue toutes les tâches ménagères.
De plus, on nous parle des mariages forcés encore pratiqués puisque Sibel s'oppose au mariage de sa petite sœur.

Le film se termine un peu brusquement mais sa fin nous donne un espoir d'émancipation pour Sibel. C'est un beau film qui présente la société turque et la difficulté d'être acceptée quand on a un handicap.


2019/04/29 19:27 #2018-sibel-49
Lycée Georges Brassens, Neufchâtel-en-Bray, académie de Rouen
Théo- Critique du film Sibel

Sibel est un film dramatique et film d'amour turc réalisé en 2018 par Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti.
Cette histoire est Sibel ! Suivez le parcours d'une jeune femme muette turque, fille du maire du village, qui se balade dans une forêt humide comme à son habitude avec son fusil pour chasser le loup. Elle chasse dans la forêt en alternant avec son travail dans les champs, où elle n’est pas très bien acceptée. Muette, elle ne communique que par le sifflement mais un jour son quotidien va être totalement bouleversé lorsqu'elle rencontre un homme nommé Ali dans la forêt, un fugitif qui essaie d'échapper au service militaire obligatoire...

Cette histoire est Sibel ! Cette fille est « maudite », rejetée et parfois violentée par les femmes du village, Sibel passe beaucoup de temps à traquer un loup mystérieux et légendaire que personne ne trouve. À travers ce film, nous pouvons découvrir des paysages magnifiques auxquels on ne pense pas forcément lorsque l'on pense à la Turquie, le désert est le principal stéréotype sur ce pays alors que dans le film nous découvrons une Turquie sauvage et humide en plein milieu d'une forêt. Par ailleurs, dans cette forêt, la jeune Sibel découvre des ossements, elle pense en effet que ce sont les os du loup alors que la vérité est toute autre...
Les personnages ont également un rôle primordial dans ce film, même ceux qui n'apparaissent que très peu : mis à part Sibel qui est le personnage éponyme du film, vulnérable et sensible de par son handicap et sa nature, sa sœur Fatma qui va bientôt se marier symbolise dans le film la jalousie car elle se sent rejetée de son père qui préfère manifestement Sibel pour notamment les parties de chasse qu'ils s'organisent de temps en temps. Ce père, maire du village, passe énormément de temps avec Sibel et la défend tout le temps, même s’ il est sévère, il symbolise très clairement la figure paternelle. Ali, le fugitif que la jeune femme rencontre dans les bois, l'aide à comprendre le mystère du loup ainsi que celui de la vieille folle Narin qui parle tout le temps de Fuat, son amour de jeunesse. Deux policiers recherchent Ali, la personne qu'ils recherchent est l'homme que Sibel protège mais elle ne dit rien à personne jusqu'à ce que Fatma raconte tout à tout le village.

Au niveau du tournage en lui-même, il y a une immense répétition les scènes : dans la forêt, puis dans la maison, l'abri de chasse, la forêt, la maison, l'abri de chasse, les champs, l'abri de chasse. Mais finalement, il y a également une répétition dans les scènes où Sibel prend son fusil, range son fusil, trouve des os dans la forêt, met et enlève ses bottes ou ses petites chaussures, les discussions entre Ali et elle, les aventures de la jeune femme ou encore la beauté du paysage. Le film cherche à illustrer la liberté par ses images et ses décors naturels, en extérieur...bien que les personnages soient entravés par des traditions patriarcales ancestrales. Ainsi Fatma, la très jeune sœur de Sibel est déjà promise à un homme plus âgé, ce qui soulage le père agacé par les caprices de sa cadettes et impatient de rester seul avec son aînée, mais révolte Sibel qui a compris que l’éducation, l’école prévalent sur le mariage. Les manières de tourner sont également signifiantes : les plans larges de paysage donnent ce sentiment de liberté, les nombreuses scènes non coupées avec un travelling suivent ce que font les personnages dans la maison, et surtout Sibel dans la forêt.

Ce film met en évidence d'énormes inégalités : un pays autoritaire, où l'homme est roi et les femmes sont censées être soumises. Les deux policiers recherchent Ali le « terroriste » alors qu'en réalité il refuse juste de faire son service militaire. Pour revenir sur la place des femmes, la Turquie est un pays où elles possèdent le droit de vote, mais sont tout de même dépendantes des hommes car ces derniers ont une responsabilité quasi-totale.

Ce long-métrage permet également de découvrir une nouvelle culture, une culture que l'on ne voit presque jamais. On découvre aussi une sorte de langage extrêmement répandu dans cette région de Turquie qui vient d'une tradition ancienne. Sibel utilise ce moyen de communication pour parler avec les autres, et par ailleurs, les gens du village le comprennent. Lorsqu'elle était dans l'abri de chasse, elle l'apprenait aussi à Ali. Moralité : ce n’est pas parce que l’on ne peut par « parler » que l’on ne peut rien dire… à méditer !
2019/04/29 19:34 #2018-sibel-50
Lycée Georges Brassens, Neufchâtel-en-Bray, académie de Rouen
Clémentine - Critique de Sibel

Pour ce dernier film de la sélection j'avoue que j'attendais vraiment quelque chose qui marque. Et bien...je n'ai vraiment pas été déçue !

Sibel est un film qui se déroule en Turquie, nous y suivons l'histoire d'une jeune femme : Sibel. Cette dernière vit avec son père Emin et sa sœur cadette Fatma. Ayant perdu leur mère c'est normalement aux filles de s'occuper de la maison et principalement à l'aînée, mais nous rencontrons ici une situation bien particulière : Sibel est muette. De ce fait elle communique par langue sifflée que de nombreuses personnes connaissent dans son village, mais ils ne l'acceptent pas pour autant. Elle se réfugie donc en passant le plus clair de son temps dans la forêt à chasser un loup qui terrorise les femmes du village, afin de leur prouver qu'elle peut aussi être bénéfique à la vie de la communauté et de ce fait être intégrée. Malheureusement, rien ne se passera comme prévu…

Ce film est un témoignage bouleversant de la condition des femmes en Turquie (ou tout autres pays similaires), mais aussi de la façon dont est traité le handicap. Au fil de ce long métrage nous découvrons que rien n'est facile pour cette jeune femme si atypique : la jalousie de sa sœur ; le tiraillement de son père entre son amour pour elle et sa place d'homme ainsi que de maire au sein du village ; mais aussi le jugement et l'hypocrisie de tous les habitants. Demandez-vous un peu ce que vous auriez fait à sa place, moi j'ai déjà ma petite idée.
Remarquons que ce film est réalisé par Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti, deux artistes qui ont déjà travaillé ensemble mais qui pour la première fois engageaient une actrice professionnelle, Damla Sönmez (Sibel) pour le rôle principal, au lieu de leurs habituels acteurs « non-professionnels ». Il faut reconnaître que ce travail a payé car avec ce film ils ont remporté le Grand Prix, le Prix Cineuropa et le Prix du jeune jury au dernier Festival de cinéma méditerranéen de Bruxelles. Cela les enchante d'autant plus que la réalisation a mélangé 7 nationalités avant d'atteindre ce résultat (quatre pays coproducteurs, un technicien britannique, une monteuse belge et un étalonneur hollandais) ainsi le long métrage peut avoir une portée universelle.

Dès les premiers plans nous découvrons l’héroïne dans son espace d 'épanouissement : la forêt. Nous sommes face à de nombreux gros plans et plans rapprochés qui m'ont mise mal à l'aise car on ne connaît pas encore le personnage, que déjà son image nous est imposée sous toutes les coutures. J'ai eu l'impression qu'au fur et à mesure du film les plans s'éloignaient d'elle pour devenir plus globaux, afin d'y inclure les autres personnages gravitant autour d'elle. Peut-être une façon de montrer que malgré leur refus de la voir parmi eux, elle reste présente et son originalité les touche tous d'une manière ou d'une autre, comme si elle s'ouvrait au monde.
Deux scènes très symboliques sont les suivantes : à l'ouverture Sibel est dans un champ avec les autres villageoises, à un moment elles s'arrêtent pour boire mais l'une des plus jeunes n'a pas d'eau. Alors Sibel lui en donne puis s'assoit à côté d'elle ce qui ne plaît pas à cette dernière qui lui crie de se tenir loin d'elle car elle ne veut pas que Sibel lui « porte la poisse » avec son handicap. En revanche, à la fin, cette jeune femme est la toute première à lui sourire et montre alors qu'une évolution est possible. Ces deux scènes se font joliment écho.
Pour s'éloigner un peu des humains nous découvrons vers le milieu du film un plan aérien sur la forêt juste magnifique ! Il pleut, les nuages et la brume la recouvrent partiellement, il fait sombre et la pluie tombe amenant avec elle son doux bruit réconfortant. S'offre à nous le spectacle étonnant d'une Turquie jusqu'alors inconnue, car ce n'est pas vraiment le premier paysage qui me vient à l'esprit quand je pense à ce pays.
Ensuite je dirai que pour voir ce film, il faut supporter la vision de certaines choses comme une large blessure ensanglantée ou des viscères étalées qui, sur grand écran, a fait tourner de l’œil plusieurs de mes camarades. De mon côté je pense qu'il est nécessaire que certains films soient transparents afin d'avoir un impact plus fort sur le spectateur.
En conclusion, Sibel est un vrai film naturaliste mettant au centre le corps et tous les problèmes qui l'accompagnent sans rien embellir. J'apprécie également ce témoignage sur la Turquie, m'estime heureuse de ne pas avoir à y vivre et ainsi de pouvoir mener ma vie comme je l'entends. C'est comme ça que s'achève cette sélection et si vous allez voir ce film peut-être qu'après vous accorderez moins d'importance à l'opinion des autres.

2019/04/29 19:42 #2018-sibel-51
Lycée Georges Brassens, Neufchâtel-en-Bray, académie de Rouen
ALICE- Critique de Sibel
Sibel est un drame Turc réalisé en 2018 par Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti qui a également été nommé dans la catégorie Cinéma du Monde contemporain afin de concourir à l’édition 2018 du festival international du film de Toronto.
A 25 ans, Sibel, une jeune paysanne muette des montagnes turques qui s’exprime par la langue sifflée locale vit avec son père, chef de son village et sa jeune sœur, Fatma, qui s’apprête à se marier. Eprise de liberté et rejetée par les habitants de son village, Sibel passe de longues journées à chasser un loup pour lequel elle nourrit une réelle obsession. Elle va alors faire la rencontre d’un homme qui comme elle, flirte avec la liberté, une rencontre, une histoire nouvelle dans laquelle elle va se perdre mais grâce à laquelle sa capacité à s’affirmer auprès des siens va changer à jamais.
Le personnage de Sibel incarné par la charismatique Danmla Somnez à été inspiré par une femme rencontrée par les deux réalisateurs lors d’un voyage en Turquie dans le même village de Kuskoi, un village situé sur les rives de la mer noire et dans lequel cette langue sifflée continue de se perpétuer. Ce film est donc inspiré de traditions et est basé sur le souvenir de personnages réels des deux réalisateurs ; et en particulier l’héroïne principale, celui-ci aborde différents aspects, il traite notamment de sociologie puisqu’il évoque l’émancipation de la femme dans une région du monde ou les valeurs patriarcales et les traditions sont toujours de mise mais aborde aussi la politique puisque l’un des personnages est associé faussement à des histoires terroristes.
Un film où se mêlent ainsi plusieurs forces : la force humaine, celle de la douleur physique grâce à des gros plans sur l’héroïne, victime à plusieurs reprises de la cruauté des autres et en particulier de celle des femmes ; la force mentale, celle du caractère et de la volonté de s’affirmer grâce au charisme de Danmla Somnez qui apparaît belle, forte et déterminée ; la force de la nature, évoquée par le paysage montagneux et verdoyant dans lequel se rencontrent paisiblement chant des oiseaux et langage sifflé, un paysage dépaysant et époustouflant qui montre un côté de la Turquie qu’on ne connaît pas, loin des paysages habituels associés à ce pays.
En bref, avec une bonne mise en scène, un beau jeu d’acteurs et un message constructif qui pose un nouveau regard sur certaines mœurs, ce film est une bonne découverte qui mérite l’intérêt du plus grand nombre.
2019/04/29 21:24 #2018-sibel-52
Lycée Paul Eluard, Saint-Junien, académie de Limoges
Pour ma part, j'ai plutôt un avis positif sur le film Sibel. J'ai bien aimé la manière dont le film aborde la question du handicap et de l'intolérance, par exemple dans la scène, très forte, où Sibel est bousculée par les femmes du village. Sibel n'a pas une vie facile, elle est ignorée de tous, sauf de sa famille et surtout de son père avec qui elle entretient une relation forte et émouvante. Le film montre bien la difficulté de Sibel à être acceptée dans sa différence, même sa sœur a honte d'elle. Son caractère volontaire et obstiné se retrouve notamment dans sa recherche du loup qui effraye les habitants du village pour se faire une place parmi les femmes du village.
Au final, le film dessine le portrait d'une jeune femme forte et libre dans une société traditionnelle.
Valentin Vandaele, Lycée Paul Eluard 87
2019/04/30 13:09 #2018-sibel-53
Lycée PRO Michelet, Nantes, académie de Nantes
J'ai beaucoup apprécié ce film, dans un premier temps, pour le côté artistique. Les images et les décors sont superbes. Les acteurs jouent très bien et l'histoire est très touchante.
Cette œuvre évoque beaucoup de sujets : le handicap, les traditions, la servitude, la liberté par rapport aux parents, l'injustice...
Tout au long du film, on passe par plusieurs sentiments, ce qui nous tient en haleine.
Sibel est touchante, elle veut se faire accepter du village qui la rejette à cause de son handicap.
Les acteurs sont vraiment extraordinaires, les décors sublimes ; ils imprègnent l’esprit du film. L'actrice jouant Sibel rentre totalement dans son rôle : ses émotions, ses volontés, sa peine nous touchent vraiment. Le père a aussi un rôle primordial, déjà, il est maire du village, il est le protecteur de sa fille, elle se repose sur lui. La scène où une femme du village vient pour l’inciter à se remarier est pour Sibel un moment où la confiance vacille.
La bande son est elle aussi importante, en particulier celle à la fin du film qui rompt avec le reste.
Ce film m’a beaucoup touchée, même si c’est difficile de s’identifier au personnage car il est loin de notre vie, ses émotions m’ont habitée.
Elsa Faniel Term TEB AA
2019/04/30 13:12 #2018-sibel-54
Lycée PRO Michelet, Nantes, académie de Nantes
Le film est un drame qui se passe dans un village de montagne en Turquie.
Sibel est une jeune femme de 25 ans qui vit avec son père et sa sœur. Sibel est muette, elle utilise le sifflement pour communiquer. De part cette différence, le village lui fait subir de nombreuses difficultés.

Ce film m’a particulièrement plu car les décors sont splendides, durant tout le film on a un cadre naturel et sauvage. Les musiques sont en accord avec ce cadre, ce qui nous plonge fortement dans le film. Au fil de l’histoire, la place des effets sonores naturels sont omniprésents.

Les acteurs sont excellents, ils incarnent complètement leur personnage difficile à jouer. Ce qui est très intéressant dans ce film, ce sont les différents thèmes abordés : il y a la répression des personnes handicapées et surtout l’inégalité homme-femme. Malgré les différentes agressions que subit Sibel, elle sait relever la tête et défier ses peurs. Pour finir, j’ai beaucoup aimé le rôle du père maire et protecteur, ce qui nous rappelle parfois notre vie de jeunes adultes sous la protection de nos parents. Il y a une grande variété de sentiments dans ce film : la tristesse, la joie, l’amour, la panique, le courage….

Gabin Facquet Term TEB AA

2019/04/30 13:16 #2018-sibel-55
Lycée PRO Michelet, Nantes, académie de Nantes
Le film se passe dans un village de Turquie. Le personnage principal est la grande fille du maire, elle est muette et communique via des sifflements. Dans le film, on découvre plusieurs choses comme
- la discrimination que subit Sibel (le personnage principal) par les habitants du village
-les sentiments des différents personnages, comme la peur lors de la rencontre entre Sibel et le déserteur puis l’amour entre eux suite à l’aide qu’elle lui apporte en venant le nourrir et le soigner.
Les décors du film s’adaptent bien à l’histoire avec le village, les champs et la grande forêt isolée.
La musique et les sons ambiants nous aident à nous plonger dans l’atmosphère du film.
Sibel est une histoire touchante dans laquelle on suit cette jeune femme muette qui est très courageuse et forte mentalement.
Maxime Chereau Term TEB AA
2019/04/30 15:51 #2018-sibel-56
Lycée Jean Giraudoux , Bellac, académie de Limoges
Sibel est un film dramatique turc réalisé par Çagla Zencirci
et Guillaume Giovanetti et sorti en 2018.
Sibel ( interprété par Damla Sönmez) est une jeune turque de 25 ans qui vit avec son père ( rôle joué par Emin Gürsoy) , le maire du village et Fatma (Elit Iscan), sa soeur cadette dans les montagnes de la région de la mer Noire. Suite à une fièvre quand elle avait 5 ans, Sibel est devenue muette et elle ne s'exprime désormais qu'avec le langue sifflée, langue traditionnelle de sa région.
La jeune femme est rejetée par les habitants du village, elle est constamment dans la forêt et chasse le prétendu loup en ayant pour but de se faire intégrer dans les traditions du village. C’est dans la forêt qu’elle va faire la rencontre de Ali, ( interprété par Erkan Kolçak Köstendil) un fugitif blessé qui va être la première personne qui va la voir telle qu’elle est vraiment.
Le courage et la détermination de Sibel vont lui permettre de se découvrir et de s’accepter elle-même. La réelle émancipation de la jeune femme est un symbole de liberté et de refoulement des traditions turques.
Cette société patriarcale rend les femmes dépendantes des hommes, prêtes à tout pour se marier dès le plus jeune âge (comme avec l’exemple de la soeur de Sibel, Fatma). Ce film est une critique sociale de la condition des femmes de la Turquie actuelle et il met en avant le soulèvement et le désir de liberté de la nouvelle génération des jeunes turques.
Romane Pierson, TL au lycée Jean Giraudoux, Bellac
2019/04/30 16:00 #2018-sibel-57
Lycée Jean Giraudoux , Bellac, académie de Limoges
Sibel est un film dramatique qui nous raconte l’histoire d’une jeune femme turque et muette vivant recluse dans un village très attaché aux traditions. Elle cherche, dans un premier temps, à se faire accepter auprès des femmes du village en chassant un “Loup” qui sévirait dans la forêt. Cependant, elle vivra à la place une histoire d’amour avec un homme, recherché par la police, qui changera sa vision de la vie, et qui l’aidera à s’émanciper au sein du village.

Ce film, son histoire et sa réalisation ont réussi à me faire voyager en Turquie. La langue sifflée, qui est utilisée principalement dans le métrage notamment par son héroïne, fait sens et ne donne pas l’impression d’être un “ajout”. La plupart des acteurs, dont Damla Sönmez, ont mis des mois à l’apprendre, et ça s’entend. C’est réel et ne donne pas l’impression d’effets de montage.
Les acteurs sont très justes dans leurs interprétations, les émotions sont crédibles et nous n’avons pas la sensation de voir des comédiens jouer leur rôle, mais bien de vraies personnes, ce qui accentue notre investissement dans l'histoire. On est facilement touché par le personnage de Sibel, incarnant cette femme “différente” des autres, en partie car elle n'est pas mariée, ne porte pas de voile, et possède un fusil…
C'est une femme qui cherche sa place tout au long du film, ce n'est cependant pas auprès d'Ali, son amant, qu'elle va la trouver. Je pense plutôt que son aventure avec lui est une étape de son émancipation, une étape dans laquelle elle apprend qu’elle n’a rien à prouver à ceux qui l'ont toujours rejeté sans essayer de la comprendre.
L'évolution de Sibel ressemble à un passage à l'âge adulte, dans lequel on la voit devenir une femme mature, un exemple pour sa soeur et toute sa génération.
Les relations entre les protagonistes sont parfaitement gérées par les réalisateurs, en effet, chaque relation est différente et intéressante. Celle entre Sibel et son père est touchante, mais pas de la même manière que celle qu’elle partage avec sa soeur. Il y a d’ailleurs un parallèle entre les deux relations : Au début du film la relation père-fille se déroule sans encombres, contrairement à la relation entre les deux soeurs qui est catastrophique, toutefois les faits finissent par s’inverser à la fin du film. Ces détails sont intéressants, et nous montrent exactement l’évolution de Sibel qui se répercute presque fatalement sur sa famille.

Sibel est mon film préféré de la sélection, en fait j’ai beaucoup de difficultés à lui trouver de réels défauts. Les seuls que je trouve sont techniques et donc non-pertinents. Je pense qu’il fait partie de ces rares films à ne pas seulement nous montrer la mauvaise condition de la femme dans les pays étrangers (et le nôtre), mais aussi nous en présenter une vision optimiste, et un possible changement pour l’avenir.
Ambre Maubois, TL lycée Jean Giraudoux, Bellac
2019/04/30 16:04 #2018-sibel-58
Lycée Jean Giraudoux , Bellac, académie de Limoges
Sibel est un drame à la réalisation franco-turc avec une véritable sensibilité dans le propos. Les décors sont grandioses et sont exploités à leur juste valeur, ce qui rend une connivence avec le spectateur qui finit par avoir la sensation de connaître la région aussi bien que l’héroïne. Ce sentiment de promiscuité s’étend d’ailleurs sur tout le long du métrage, ce que voit Sibel nous le voyons, ce qu’elle ressent on le ressent. L’histoire de cette chasse au loup, cette quête d’acceptation, est très touchante quand on observe comment les autres femmes la traitent (l’accusant de les contaminer avec son handicap si elle reste trop près d’elles). Ce qui ressort du personnage de Sibel c’est un profond altruisme et un amour pour son prochain qui s’exprime par le personnage d’Ali, un opposant au régime, qu’elle va cacher et soigner dans le plus grand secret malgré leur première rencontre plutôt mouvementée, et sa soeur Fatma qu’elle va soutenir et protéger malgré sa jalousie et les langues de vipère.
Un autre aspect du rôle de Sibel est dans sa façon de s’occuper de sa famille, elle a un rôle de mère. Non seulement elle accomplit toutes les tâches ménagères, mais en plus elle s’occupe de gérer le chagrin de sa soeur.
Sibel incarne le rôle d’une femme et d’une mère, elle est la somme de ces vies difficiles dans une société patriarcale arriérée desquelles elle s’affranchit.
Joséphine Urrutia, TL, lycée Jean Giraudoux, Bellac
2019/05/02 09:35 #2018-sibel-59
Lycée Fresnel, Caen, académie de Caen
SIBEL
Sibel est un film dramatique allemand, français, turc et luxembourgeois, d'une heure trente-cinq, sorti le 6 mars 2016 en France, avec comme acteurs principaux Damla Sönmez, Emin Gürsoy et Erkan Kolçak Köstendil puis comme réalisateurs Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti .
Sibel, jouée par Damla Sönmez, est une jeune femme d'une vingtaine d'années vivant avec son père, interprété par Emin Gürsoy, et sa soeur âgée de 16 ans environ. Eux trois habitent dans un village isolé de montagne en Turquie dont le maire est leur père. Sibel est muette mais parvient à se faire comprendre en sifflant, chaque sifflement est une phrase précise. Son occupation principale est de chasser de loup dans les montagnes, armée d'un fusil que lui a donné son père. Un jour, lorsqu'elle pense être au plus près de son but, ce n'est pas le loup qui lui saute dessus mais un homme.
Sibel a soif d'indépendance et se moque des commérages de son village. Mais Sibel est une femme, une femme turque d'un petit village, elle travaille donc aux champs et effectue toutes les tâches ménagères chez elle. Sa soeur est son contraire ; pourtant plus jeune, elle accorde de l'importance aux traditions et aux regards des villageois. Leur père, qui est le maire, est, quant à lui, un personnage mitigé, accordant plus de liberté à son aînée "protégée" par le fusil qu'il lui a offert mais cantonnant sa cadette au mariage. Lorsque le bruit court que Sibel voit un homme dans les montagnes, la honte s’abat sur sa famille et son père change radicalement d'attitude avec elle, lui interdisant toute sortie. Les nombreux gros plans sur le visage de Sibel témoignent de ses émotions intérieures, qu'elle ne peut exprimer. Dans les situations difficiles, ce mutisme l'opprime ; le spectateur a alors face à lui une Sibel désemparée. Les paysages de ce film, les montagnes verdoyantes où s'isole Sibel pour chasser le loup, renforcent la distance qu'elle a avec ce monde dans lequel elle n'est pas comprise.
J'ai aimé ce film pour la cause qu'il défend : il nous montre une jeune femme qui n'a pas peur de dire ce qu'elle pense, dans un milieu où tous les faits et gestes de chacun sont analysés et jugés. Sibel aime son père et le respecte mais a elle aussi du caractère. Une scène m'a plus marquée que les autres: le père de Sibel lui ordonne d'aller travailler aux champs, elle y va et se rend compte qu'elle est inutile et quitte donc son poste. Sur le chemin du retour, son père la croise et l'oblige à y retourner, Sibel riposte et ose dire à son père d'y aller lui même. A ce moment, le père sort son arme et est prêt à tirer sur sa fille, Sibel n'ayant aucune peur prend l'arme, la pointe sur son front et demande à son père de tirer. Son père possédé par la colère et la stupeur baisse alors son arme et crie à sa fille de partir. Il faut préciser que cette scène se passe devant des personnes en voiture qui a aucun moment n'agissent pour défendre la jeune femme. On peut dire que Sibel est féministe et qu'elle résiste face aux traditions turques qui oppressent les femmes.
Sibel est un film optimiste, à voir pour l'audace et l'originalité de son personnage principal ainsi que pour nous insuffler un élan de courage et de rébellion.
Mathilde Poisnel

2019/05/02 14:21 #2018-sibel-60
Lycée PRO R. Wlérick, Mont de Marsan, académie de Bordeaux
Roméo et Juliette, le Petit Chaperon Rouge, le vilain petit canard, tant d’histoires font penser à Sibel. Dans ce conte moderne, Sibel est une jeune femme mise à l’écart des autres femmes du village à cause de son handicap. Elle est muette et communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région appelée « Langage des oiseaux ». Les paysages filmés sont magnifiques et incroyables. Elle vit dans un village turc avec des traditions très encrée ou les mariages sont arrangés. Sibel est un film dramatique sur le thème des traditions et de l’amour impossible.

Son père, veuf est le maire du village, et il est très protecteur envers ses filles. Une relation complice existe entre Sibel et son père qui respecte sa liberté. Sibel est la seule femme à ne pas porter de voile. Est-elle considérée d’ailleurs comme une femme à part entière dans le village ? Son handicap l’exclut (heureusement) de cette considération. Sa sœur Fatma est une très jolie fille superficielle qui rêve d’un beau mariage. Sibel est très solitaire, elle passe ses journées dans la forêt chaussée de ses bottes rouges à essayer de chasser le loup, pour se faire accepter dans le village. Elle y va aussi pour rendre visite à une vieille dame folle : Narin.
Cette histoire reprend celle du « petit chaperon rouge » dans ses grandes lignes. Sibel incarne le personnage du petit chaperon rouge qui va voir sa grand-mère dans la forêt (incarnée par Narin). Elle a également les bottes rouges qui vont avec le personnage. Le loup, au début du film, est Ali qui durant leur première rencontre grogne, bave et apparaît terrifiant.
Ce film est très touchant, en effet, même si Sibel est muette, nous voyons et ressentons sa douleur, même mieux qu’avec des mots grâce aux plans centrés sur le magnifique visage de la jeune femme. Sibel représente avant tout une femme libre, ce qui dérange énormément les femmes du village.
Les apparences sont trompeuses et les traditions sont un frein à la liberté.
Sibel est très courageuse déjà parce qu’elle surmonte toutes les moqueries mais aussi parce qu’elle chasse seule « Le Loup » qui est une légende. Elle a été créée pour qu’aucune femme sorte et se promène dans la forêt. Mais Sibel elle y va et veut prouver a tout le monde qu’elle peut y arriver mais malheureusement elle trouve des os en croyant que c’est ceux du loup alors que pas du tout. Les os sont la preuve de la loi du silence et de l’honneur qui enferme et sclérose le village.
Ce film utilise généralement des gros plans qui mettent en lumière les sentiments et les émotions des personnages et nous les font ainsi partager. De plus, lors de certaines scènes, la caméra suit le mouvement des personnages permettant au spectateur de mieux « rentrer » dans le film. Ce drame est un témoignage de la vie des femmes dans ce pays qui depuis des centaines d’années, sont obligées de suivre les règles et les codes si elles veulent s’intégrer à la société. Cependant elles sont privées de liberté et le personnage principal de ce film est là pour redonner espoirs à ces femmes, pour relancer une chose importante dans cette société : la solidarité féminine. La fin du film est très symbolique, notamment la scène où elle relève le menton de sa sœur en lui faisant comprendre qu’elle doit rester fière. La plus jeune des femmes mariées lui sourit. Il y a tout de même de l’espoir.

Critique collective, 1 Com, lycée professionnel R.Wlerick, Mont de Marsan

2019/05/02 14:22 #2018-sibel-61
Lycée PRO R. Wlérick, Mont de Marsan, académie de Bordeaux
Ce film est pour moi l’histoire du petit chaperon rouge de nos jours, en Turquie, dans une région qui pratique encore les anciennes traditions. Sibel étant muette, ne communique que par la langue sifflée de la région. Elle est rejetée par les habitants de son village. Les femmes superstitieuses pensent qu’elle porte malheur. Pour se faire accepter par les villageois elle va donc traquer un loup se cachant dans les bois qui empêchent les jeunes filles et leurs amoureux de suivre les anciennes traditions du rocher de la mariée.
En traquant la bête Sibel va tomber sur un tout autre loup. Portant veste à capuche en fourrure et grognant de faim et de peur, Sibel jette dans son piège un homme qui se cache dans les bois, Ali. Ils s’apprivoiseront au fil de leur rencontre.
Cet homme va lui ouvrir les yeux et lui faire comprendre qu’il n’y a jamais eu de loup. Les hommes du village voulaient juste que les femmes restent à la maison, et restent inférieures et surtout sous les ordres de leurs maris.
Ali est l’évènement déclencheur, grâce à lui Sibel va ouvrir les yeux sur certaines choses, elle va allumer le feu au rocher de la mariée pour dire qui n’y a pas de loup, elle va redresser la tête de sa sœur pour lui prouver que même en étant rejeter par le village il faut continuer à vivre et à montrer qu’elles n’ont plus à respecter chacune des traditions comme celle de porter un foulard. Sibel va être l’espoir des femmes qui veulent devenir libres mais qui ne pourront pas l’être car elles sont déjà enfermées dans ce cercle qu’est la tradition de ce village.


Manon De Castro, 1COM, Lycée Robert Wlérick.


2019/05/02 14:22 #2018-sibel-62
Lycée PRO R. Wlérick, Mont de Marsan, académie de Bordeaux
Sibel est un film réalisé par Guillaume Giovanetti & Çağla Zencirc. De son genre « dramatique », ce long-métrage raconte l'histoire d'une jeune fille, nommée Sibel, muette, qui communique par des sifflements. Rejetée par les habitants de son village, elle est indépendante et mène sa vie comme elle le peut. A travers ce film, j'ai ressenti beaucoup de peine dans le regard de l'actrice principale.
Les villageois la traite comme une moins que rien, même sa sœur la rejette, lui manque de respect, car elle n'est pas comme les autres en quelque sorte. On peut apercevoir de la solitude mais une motivation à prouver aux gens qu'elle n'est pas différente. Quotidiennement, elle se rend à une cabane dans la forêt. Elle chasse, elle traque une proie... Le fameux loup. Jusqu'à ce qu'elle tombe face à un fugitif, un dangereux prédateur, enragé, prêt à l'attaquer.
Sibel est aussi une jeune fille très courageuse. Elle n'hésite pas à se pointer une arme à feu sur son front. Elle est rebelle face à son propre père, elle n'a peur de rien et rien ne peut l’arrêter.
J'ai bien aimé ce film car je trouvais que le jeu des acteurs était vraiment bien. Les plans rapprochés sur le visage de Sibel permettent de ressentir les sentiments de l'actrice principale :de la joie jusqu'à la tristesse, en passant par la peur et la plus farouche détermination
Un film émouvant et exaltant.
Mathilde Laharanne, 1 Com, lycée professionnel R. Wlerick, Mont de Marsan
2019/05/02 14:23 #2018-sibel-63
Lycée PRO R. Wlérick, Mont de Marsan, académie de Bordeaux
L'histoire de Sibel est des plus captivantes. La femme de 25 ans démunis de parole communique avec ses proches et les villageois grâce à la langue sifflée, la langue ancestrale de la région. Vivant avec son père et ce handicap, elle est rejetée par les autres habitants contrairement à sa sœur, qui est très belle et possède un cercle d'amis important. Elle souhaite de tout on cœur de pouvoir un jour s'intégrer au sein du village conservateur où les traditions et l'honneur sont sacrés. C'est pour cela quelle traque sans relâche et avec une obstination incroyable, un loup qui rôderait dans la forêt non loin du village. Elle alterne la chasse, les travaux dans les champs et le rôle de « mère » qu'elle essaye de maintenir depuis la mort de cette dernière.
Lors de la recherche du canidé, elle tombe sur un fugitif blessé, menaçant mais des plus vulnérables. Elle le soigne et passe du temps avec lui. Pour elle ce n'est plus une simple rencontre mais c'est une rencontre qui marquera sa vie.
C'est une production riche en émotions qui prend dont la violence va crescendo. Avec quelques accents politiques, ce long métrage porte sur le courage obstiné d’une jeune femme, et son émancipation sociale dans une société patriarcale. C'est un récit envoûtant qui a su me transporter du début jusqu'à la fin à travers le personnage principal interprété par DAMLA SÖNMEZ. Cette histoire comme un conte moderne semblable au « Petit chaperon Rouge » ou à « Cendrillon » ou « le vilain petit canard » met aussi en avant des paysages époustouflants. La forêt est à la fois un refuge et une terre hostile comme la magnifique vallée prise dans la brume.
Sofia Gomes, 1 Com, Lycée professionnel R. Wlerick, Mont de Marsan


2019/05/02 18:54 #2018-sibel-64
Lycée Anatole France, Lillers, académie de Lille
Sibel, de Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti

Une merveille de conte de fées

Une jeune fille muette depuis l’âge de cinq ans est regardée dans son village agricole perdu dans les montagnes turques comme un être étrange, malvenu et porte-malheur. Son nom : Sibel.

*** Un film qui emprunte au genre du conte de fées***

La beauté de l’actrice nous captive dès les premières images. Sibel est un animal sauvage, une princesse – puisqu’elle est la fille du Maire, du Chef du village, en quelque sorte du Roi – atypique, qui se lance à la poursuite d’un loup que l’on dit errant dans la forêt. Son mutisme pathologique fait d’elle un être à part dans le village, à la fois soumise à tous et indépendante – les autres veulent bien qu’elle soit ouvrière des champs mais pas qu’elle soit à proximité. Elle a une sœur cadette, lumineuse, gâtée par un père veuf depuis quelques années (comme souvent dans les contes, tels que Cendrillon ou La Petite Sirène), et cette sœur est tentée par une vie traditionnelle (le mariage à l’adolescence, la vie de famille très tôt, etc.). Sibel, en raison de son handicap, ne semble guère destinée à suivre cette voie, même si, comme Cendrillon, elle veut aller « au bal », toute maquillée et dans une robe sublime…

La belle muette s’enfonce tous les jours dans la montagne verte, aide une vieille dame un peu démente, et traque le loup. Jusqu’au jour où elle tombe sur Ali, un fugitif refusant de se plier aux règles et fuyant le service militaire. Un révolté, dont la première apparition lui donne des airs de…loup – il porte un manteau dans la capuche est cerclée d’une fourrure. C’est La Belle et la Bête qui s’offre à nous, sauf que la Belle a l’air aussi farouche que la Bête cette fois-ci. Les deux marginaux s’apprivoisent, finissent par s’apprécier et même s’aimer au coin d’une chaude lanterne. Mais, les réalisateurs choisissent de laisser l’histoire d’amour naissante de côté pour mettre en avant l’émancipation dans la douleur de Sibel. L’homme qu’elle vient de rencontrer et qu’elle commence à aimer lui est enlevé – a-t-il été arrêté ? est-il mort ? – et elle recentre son attention sur sa petite sœur, que le village finit aussi par mettre à l’écart. Là, on pense à La Reine des neiges, film d’animation des studios Disney, où l’amour conjugal est relégué au second plan pour mettre en valeur l’amour entre les sœurs, d’une force inégalable. La fin du film valorise cette relation entre Sibel et Fatma, puisque la grande sœur prend sous son aile sa cadette, lui fait vaillamment traverser le village sous les quolibets et l’amène jusqu’au bus qui la conduira à l’école et…finalement, à l’éducation émancipatrice. Le message est évident mais très beau.

*** Sibel, une héroïne captivante***

Le travail de la couleur et le choix de la photographie sont admirables. Le vert de la forêt turque est sublime, cette nature parfois enveloppée de nuages fait rêver et même la boue et la terre dont Sibel est bien souvent recouverte deviennent émouvantes. On film souvent de très près l’actrice mais il émane d’elle une telle puissance et une telle grâce que nous ne pouvons pas le regretter.
Sibel est une héroïne sauvage, fière, qui n’a pas peur des hommes, qui se révolte et qui est prête à affronter les dangers que la forêt lui réserve. Elle prend des coups, souvent, en donne, sous l’effet de la colère mais relève toujours la tête. Nous nous sommes tous dits que cette année, le prix Jean Renoir, avait sélectionné des films avec en tête un fil rouge « la femme forte » (si l’on pense à Yvonne dans En Liberté !, à Elle-Marja dans Sami, à Amal dans le documentaire égyptien, à Apolline dans L’Heure de la sortie ou encore à Amanda dans le film de Mikhaël Hers).

En effet, en dépit de son handicap – mot qu’elle peine à accepter et qui la fait toujours réagir – Sibel est un personnage débrouillard, robuste et toujours dans l’action : elle travaille dans les champs, elle s’occupe des tâches ménagères à la maison, elle soigne avec des plantes mâchées le fugitif blessé, elle traque sans relâche le loup, elle coupe du bois pour la vieille dame isolée, rejetée par le village, et lui apporte de quoi se nourrir. Elle semble presque incassable et ne renonce jamais. C’est la raison pour laquelle Sibel nous a parfois fait penser à Lazzaro dans le film d’Alice Rohrwacher, par sa capacité à toujours continuer, à toujours aider les autres. Bien sûr, Sibel n’est pas une sainte comme Lazzaro et sa révolte la fait évoluer.

Et que dire de cette langue sifflée, énigmatique et poétique ? Nous sommes plusieurs à avoir réellement apprécié le traitement sonore du film, qui donne une grande place à ce langage si original. Elle est la langue de la différence, de l’archaïsme mais aussi du partage et de la révolte. Un passage qui nous a vraiment marqué est celui où Sibel, en pleurs et dans une rage immense, tente d’hurler le nom d’Ali au cœur de la forêt ou tout simplement d’exprimer sa colère, sans pouvoir y parvenir. Le silence de la nature est accablant. Les réalisateurs ont choisi pour une plongée sur le visage de Sibel, marqué par la souffrance, et nous avons été bouleversés.

***L’amour, une option que l’on reporte à plus tard ?***

Plusieurs d’entre nous ont été déçus par la fin. On entendait dans le bus qui nous ramenait au lycée : « Pourquoi ils ne font pas revenir Ali ? Ils auraient peut-être pu poursuivre leur histoire ? » « Pourquoi on ne le voit plus après la scène d’amour ? » « Elle n’a même pas pu lui donner la carte d’identité ? » Dans notre groupe, beaucoup aiment les « happy ends », les histoires d’amour qui finissent bien et celle-ci semblait tellement compromise et impossible que la voir se réaliser nous aurait fait du bien. Bref. D’autres ont apprécié ce recentrement sur la famille et la réconciliation du trio « Père veuf – Sibel – sœur cadette ». La scène finale est intéressante à cet égard : Fatma ne connaîtra pas l’amour avec l’homme auquel elle était promise, le père veuf ne semble plus penser à la jeune veuve dont l’entremetteuse lui a parlé et défend ses filles face aux insultes proférés par les idiots du village et Sibel se donne un nouveau but qui est celui de soutenir sa petite sœur. Chacun d’entre reporte à plus tard l’éventualité d’une histoire d’amour.

Mais, l’échange de regards entre Sibel et son père, la caresse amenant Fatma à relever la tête et à être fière d’elle et la fermeté du personnage de Sibel, qui jamais ne se soumet à une quelconque autorité, étaient une belle façon de clôturer ce merveilleux long-métrage.

Avis de l’équipe de rédaction : à voir, à revoir, à apprécier, à aimer.

Critique réalisée par Flavie Racine, Flavie Andrzejewski, Clara Pouchain, Abigail Lecigne, Darina Dupont et Kévin Gervois.

2019/05/03 18:26 #2018-sibel-65
Lycée Marcel Rudloff, Strasbourg, académie de Strasbourg
"Sibel" est un film qui raconte l’histoire de Sibel, une jeune femme de 25 ans qui vit avec son père et sa sœur. L’action se passe dans un village turc qui semble très éloigné du reste du monde. Un jour, lors de la chasse au loup, Sibel croise un fugitif et le blesse accidentellement. Elle va le cacher pour le soigner. Sa vie va alors se transformer.
Le film est introduit par des images d’un jeune enfant qui ne peut pas bien prononcer des mots. Cette introduction permet de présenter le personnage de Sibel. Elle utilise seulement la langue sifflée, une langue ancienne, pour communiquer avec son père et les autres habitants du village.
Très vite, les réalisateurs nous montrent que Sibel est rejetée par les autres habitants. Par exemple, on ne l’autorise pas à s’asseoir près du groupe lors du temps de repos après le travail difficile dans les champs. Elle est également rejetée par sa propre sœur lors de la fête de mariage d’une fille du village. Ces faits expliquent pourquoi Sibel est toujours dans la forêt avec son fusil à la recherche du loup.
Aussi, le film veut nous montrer que la vie de Sibel est bouleversée quand elle rencontre ce fugitif. Elle commence à changer ses habitudes évoquées au début du film : elle rentre de plus en plus tard à la maison, elle ne prépare plus les repas de la famille et ment à son père pour expliquer ce comportement. La relation avec son père commence donc à se compliquer sérieusement : elle s’émancipe de plus en plus et cela déplaît à son père.
Le film s’intéresse à Sibel, sa famille et à son village que la photographie magnifie (les couleurs explosent à l’écran). Il pose cependant de nombreuses questions auxquelles le spectateur peut essayer de répondre par lui-même : pourquoi la sœur de Sibel est-elle maintenant aussi rejetée ? Et comment et pourquoi le fugitif a-t-il quitté Sibel sans la prévenir ?
La fin du long-métrage illustre ces questions, c’est une fin ouverte qui m’a un peu déconcerté. Entre conte et chronique ordinaire d’un village isolé, je crois que "Sibel" m’a plu.

Denis K., 2GT10
2019/05/04 15:54 #2018-sibel-66
Lycée Georges Colomb, Lure, académie de
Sibel est un film touchant, réalisé par un couple franco-turc, qui se concentre sur une jeune femme muette, rejetée de la société à cause de son handicap. De fait, elle parle une langue sifflée que seuls les habitants de son village, par ailleurs égaré, parlent et comprennent. Ce film tourne tout le long autour du désir omniprésent de Sibel de s’intégrer et d'être vue comme une femme. L'histoire en elle-même est extrêmement intéressante. Cela semble un peu un conte d'ailleurs : Sibel est souvent dans la forêt, elle cherche un loup et rencontre un homme, qui, si l'on s'était trouvé dans une fable, eut été le prince.
Il y a une relation forte entre le père et la fille, mais on comprend vite que le père de Sibel lui-même ne la considère pas comme une femme à part entière. En effet, au lieu de l'envoyer toujours aux champs ou s'occuper de tâches ménagères, comme il le ferait pour toute autre femme, il lui donne un fusil, comme si elle était l'égal d'un homme et lui accorde la permission d'aller seule dans la forêt. Elle n'est pas obligée de porter le voile, contrairement à sa petite sœur et aux autres femmes du village. Le père de Sibel ne la pense pas femme de la communauté, ce qui influe également sur le regard que les autres ont sur elle. Petit à petit, toutefois, cette relation père et fille se distend, n'est plus aussi fusionnelle qu'auparavant, et Sibel est privée de plus en plus de libertés, mais elle dispose de son caractère bien à elle, sauvage, libre, et elle s'oppose à son père. Ces moments-là sont très forts, parce qu'il y a de un amour puissant entre ces deux personnes, mais qui sont pourtant forts divergents.
Le personnage d'Ali - jeune homme qui refuse de faire son service militaire - est aussi très important. Il pose un regard nouveau sur Sibel, un regard qui ne lui avait jamais été donné, celui qu'un homme pose sur une femme. Et cet homme permie à Sibel de se sentir une femme à part entière et de s'accepter telle qu'elle est, quoiqu'en disent les autres, parce qu'elle a été aimée, ce qui est vraiment important dans le développement de la vie personnelle.
La fin de Sibel est mitigée, pas négativement. J'entends plutôt par là que se présentent à elle deux options, celle de partir : elle y gagnerait plus de liberté, mais ce serait vite un problème à cause de son handicap et elle le verrait comme une fuite, si l'on s'en tient à ce que l'on connaît du personnage. La deuxième option est de rester, ce qu'elle fait, et l'on peut y voir une véritable évolution personnelle.
Par ailleurs, le film est très bien tourné ; on se sent avec le personnage, on se croirait même à sa place. Le fait que la caméra soit très rapprochée joue beaucoup, on entend les acteurs respirer, siffler... Il n'y a pas de musique, ce qui ajoute une touche de réalisme, les seules sons musicaux sont les sifflements de communication entre Sibel et les autres villageois.
Ce film était donc excellent à tous points de vue et je ne regrette pas de l'avoir vu.

Jeanne Febvay, Littérature et Société (Secondes), Lycée Georges Colomb, Lure
2019/05/04 16:10 #2018-sibel-67
Lycée Georges Colomb, Lure, académie de
Sibel est un film de Çağla Zencirci et de Guillaume Giovanetti. Dans ce film, nous retrouvons dans le rôle du personnage principal, Damla Sönmez. L’acteur qui interprète le rôle d’Emin est Emin Gürsoy, le rôle d’Ali : Erkan Kolçak Köstendil, dans le rôle de Fatma : Elit İşcan et dans le rôle de Narin : Meral Çetinkaya.
Ce film raconte l’histoire d’une jeune femme qui est atteinte d’un handicap, celui d’être muette. Heureusement, si je puis dire, cette histoire se déroule à Kusköy, un village en Turquie, qui signifie d’ailleurs village des oiseaux, où il existe un autre type de langue, une langue sifflée. Sibel s’est donc adaptée à sa façon. En sifflant, elle peut se faire comprendre par le reste de la population du village, mais cet avantage est restreint au village en lui-même. Elle ne peut donc pas se déplacer à l’extérieur ou voyager sans être rattrappé par son handicap.
Grâce à son handicap, si je puis le dire également, Sibel a noué des liens très forts avec son père qui la protége, qui la considére comme à part. Elle aussi se considére à part, puisqu’elle est en quelques sortes considérée comme un homme mais reste une femme. Comme exemple, nous pouvons citer qu’elle ne porte pas le voile, ce qui la démarque énormément du reste des femmes et de la société. Cependant, Sibel n’a pas besoin de ça pour être exclue de la société, puisque la société la rejette à cause de son handicap. On se rappelle bien évidemment de la scène où la jeune fille qui va se marier rejette Sibel par peur qu’elle ne la contamine ou contamine ses futurs enfants. Sibel est donc considérée comme un porte-malheur. Je trouve ceci très affligeant, peut être parce que nous vivons dans une société qui a évolué même si elle n’a pas assez évolué. En effet, pour nous, ces discriminations sont très désobligeantes mais dans notre société, nous vivons des discriminations comme celles-ci quand on voit que le « mariage pour tous »’a été adopté qu’en 2013 sous la présidence de François HOLLANDE, et que, malgré l’évolution de la société précédemment citée, des personnes s’opposaient à ce projet de loi. Je sais bien que l’homosexualité n’a rien à voir avec le handicap, puisque ce n’est pas un handicap, mais comme certains handicaps nous naissons avec, comme Sibel qui est née avec ce mutisme.
Ensuite, son handicap, en plus d’être négatif pour elle , est un problème pour son père, qui je le rappelle, est le maire du village. Effectivement, son statut est menacé, surtout à la fin du film quand il apprend, en même temps que les forces de l’ordre, que Sibel a côtoyé un terroriste. D’ailleurs, terroriste, n’est-ce pas un bien grand mot pour nommer un homme qui refusait de se soumettre au régime autoritaire de la Turquie ? Je sais bien que cette question est très axée mais c’est la réalité : le terme terroriste est ici clairement une hyperbole.
Dans ce film j’ai trouvé certains plans très intéressants. Effectivement, le film est sans musique, ce qui est déjà un choix très audacieux, puisque nous savons tous que la musique participe grandement à notre absorption dans le film. Mais malgré ce manque, nous sommes happés par le film, par ces plans rapprochés et très rapprochés, par le son de sa respiration et tous les sons anodins qui prennent tout leur sens dans cette situation. D’ailleurs la respiration est une bonne manière d’absorber le spectateur ; si sa respiration est plutôt dynamique, nous serons amenés à prendre une respiration semblable à la sienne et la même chose si elle a une respiration plutôt lente.
En somme, ce film propose une réflexion sur notre société actuelle en France alors qu’il traite de la société actuelle turque, car ces problèmes dans la société turque se retrouvent quelques fois dans notre société. C’est très intéressant car ces sociétés n’ont pas évolué de la même manière et pas à la même vitesse. Et nous sommes absorbés par le film, grâce à ses choix cinématographiques. Mon avis sur ce film est donc positif.
Henri Sarre, Littérature et Société (Secondes), Lycée Georges Colomb, Lure

2019/05/04 16:19 #2018-sibel-68
Lycée Georges Colomb, Lure, académie de
Amal est un documentaire réalisé par Mohamed Siam, qui traite de plusieurs sujets intéressants et n’est pas uniquement concentré sur le printemps arabe. C’est ce qui en fait sa première originalité. Ce film documentaire montre une réalité, un fait réel et marque sa différence par rapport aux autres documentaires par le fait que personne, scientifique, historien, ne commente le sujet comme c'est, en général le cas. Mohamed Siam a donc réalisé une prouesse en faisant confiance au hasard durant plusieurs années, ce qui est en soi assez contraignant puisqu'il ne savait nullement ce qui puvait se passer . C’est assez impressionnant de savoir cela et l’on en apprécie d’autant plus le film.
Ainsi, ce documentaire parle du printemps arabe et des difficultés des révolutionnaires et se concentre sur une jeune fille, Amal, que l’on suit de ses quinze ans jusqu’à ses vingt ans. On la voit changer, s’améliorer, elle est un peu bloquée dans ses idées au début, mais au fil du temps, elle discute et argumente et ses idées finales divergent des premières. C’est assez intéressant, et nous, qui sommes finalement européano centrés, découvrons un nouvel horizon et des événements qui nous sont extérieurs, parce que trop lointains ou peu abordés dans nos discussions. Egalement, ce documentaire aborde le sujet des femmes dans la société, et notamment en Egypte. Les femmes ont des places peu avantageuses, il est inhabituel de voir des femmes dans les révoltes. Amal est une jeune fille rebelle, qui se refuse à porter le voile, elle est présente dans les manifestations mais est vues par ses camarades comme un garçon manqué, ses cheveux sont courts, du fait de violences subies, elle ne s’accepte pas telle qu’elle est. On peut considérer qu’elle a réfléchi sur les événements, elle a muri, d’ailleurs. Au fil des années de tournage, on le sent nettement, elle se pense plus femme. Elle a été changée par les événements et la société. Elle prend conscience que la révolution d’une seule personne n’est pas utile, la révolte est plus complexe.
Amal évolue tout de même dans une certaine liberté, on le devine. Sa mère est juge, et son père lui a dit, peu de temps avant de mourir, « un jour, il y aura une révolution en Egypte, fais ce qu’il te plaît et n’ai pas peur ». On sent ainsi qu’elle est autorisée à faire cette révolution. Un autre foyer, plus démuni, moins ouvert, ne lui aurait pas forcément permis ses actes.
Ce film est d’autant plus différent des autres documentaires qu’il présente des vidéos d' Amal enfant, et présente sa famille, la relation qu’elle a avec ses parents et notamment avec son père, avec lequel elle entretient des liens très fort, jusqu’à sa mort, et elle est ensuite en manque de présence maternelle ; ses idées divergent en effet de celles de sa mère, elle est un peu tendue face à cette dernière mais se rapproche d'elle vers la fin du film.
Le cadrage est correct, il est mouvant parfois, il reprend par ses mouvements l’action. On a tout de même quelques discussions entre Amal et sa mère, ou une personne complètement extérieure.
On s’attache facilement au personnage d’Amal, et le film est fait de telle sorte que l’on réfléchit nous aussi aux options qui s’offrent à Amal, à ses idées politiques, avec lesquelles on n’est pas forcément d’accord. Elle a profondément muri entre le début du film et la fin. En effet, au départ, elle haïssait les forces de l’ordre, qui lui avaient fait subir bien des choses, lors des révoltes populaires, mais elle finit par vouloir les intégrer puisque, elle nous le dit, elle veut « changer les choses de l’intérieur ».
Ce film est donc passionnant, si tant est que l’on apprécie les documentaires et offre une ouverture hors de notre monde européen. C’est assez exaltant de penser que Mohamed Siam est parvenu à créer un film basé sur le hasard le plus complet. Je pense que c’est un véritable tour de force. Ce film permet de nous documenter, c’est le cas de le dire, sur la situation égyptienne, ceux qui se battent pour changer la situation. On comprend encore mieux, que quoique dans nos pays, nous soyons relativement en temps calme, avec une liberté assez conséquente, il y a encore, à nos jours, grand nombre de pays qui sont dirigés par la corruption, où les idées du peuple ne sont pas représentées au pouvoir. Ce n’est pas forcément un film à voir si l’on n’apprécie pas les documentaires, mais il extrêmement instructif et passionnant. Je l’ai beaucoup aimé et le conseillerai sans doute.

Jeanne Febvay, Littérature et Société (secondes), Lycée Georges Colomb, Lure
2019/05/05 17:38 #2018-sibel-69
Lycée Victor Hugo, Marseille, académie de Aix Marseille
Sibel est un film dramatique turc de 2018 réalisé par Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti. Il a été projetté dans la section cinéma du monde contemporain du Festival Internationnal du film de Toronto 2018.

Sibel est un film aux multiples nominations. Et Sibel est le film que nous avons aussi envie de nommer.
En voici les raisons, ensuite voyez le ou à vous de voir.
! Mais surtout allez y....
Sibel a 25 ans, elle vit avec son père et sa soeur dans un village isolé des montagnes de la Mer Noire en Turquie.
La beauté du film tient déjà lieu de la beauté des paysages, et de l'approche documentaire voulue par les cinéastes.
Sibel est belle, gracieuse et émouvante. Elle siffle.... Et est mise à l'écart car ce sifflement marque son handicap : Sibel .... - tiens? Si belle- est muette.
Ce langage primitif nous transporte tout aux longs des scènes. Avec elle, nous sommes et aux aguets, et prêts à bondir, déchirés, et révoltés, bouleversés... Nous sommes suspendus littéralement à ses lèvres...
Et puis, un jour : aucun son.
Et puis, un jour : une rencontre.
Et puis, un jour : Sibel dira NON.

Sibel est une lutte contre le patriarcat, Sibel est un film féministe.
Sibel nous parle.

2019/05/05 18:47 #2018-sibel-70
Lycée de l'Arc, Orange, académie de Aix Marseille

Elle est si belle Sibel. Mais qui est-elle ? Sibel est le personnage principal d'un film dramatique turc réalisé par Cagla ZENCIRCI et Guillaume GIOVANETTI. Il a été projeté dans la section « Cinéma du monde contemporain » du Festival international de films de Toronto en 2018. La remarquable actrice Damla SÖNMEZ joue le rôle titre de Sibel.

Ses yeux clairs, son côté sauvage et mysterieux nous font tomber sous son charme. Muette, elle communique grâce à la langue sifflée. Elle est alors maudite et rejetée par les villageoises à cause de sa différence. De ce fait, Sibel passe beaucoup de temps dans la forêt à traquer un mystérieux loup qui reste introuvable. Car, en fait, elle est convaincue que si elle réussit à le tuer, elle sera acceptée par les gens du village. L'arrivée dans la forêt d'un nouveau personnage intriguant, va lui prouver que sa différence fait son charme.

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, c'est un film de son temps. Les cinéastes nous présentent un village qui semble pouvoir appartenir au début de notre siècle. En effet, c'est un village avec des traditions anciennes : par exemple les travaux dans les champs de thé sont réalisés par les femmes, à la main. Mais on y retrouve des objets de la vie moderne, de la société de consommation, comme la télévision ou les téléphones portables. C'est un film qui raconte la vie en société aujourd'hui dans un village turc. Dans la communauté villageoise, on retrouve la difficulté des relations humaines et notamment la difficulté à accepter la différence.

Sibel est discriminée par les femmes de son village y compris par sa soeur, Fatma, car elle est muette. Lorsque sa soeur s'aperçoit que Sibel s'occupe d'un déserteur fugitif, elle la trahit en le disant à son père et aux femmes du village. Sibel se fait alors frapper par les villageoises et se fait punir par son père. Á ce moment là du film, le spectateur ressent toute l'injustice dont Sibel est victime. De plus, il prend conscience du poids des traditions qui conduit les femmes à la violence dans ce village. Sibel a une relation difficile avec sa soeur. Elles ne s'entendent pas car elles sont complétement différentes. Fatma suit les normes des femmes du village. Elle admet d'être déjà promise à un homme et que son mariage soit déjà organisé. Á la différence de sa soeur, Sibel est représentée comme une femme dans le besoin d'avoir de la liberté. Mais malheureusement, à cause de ces disciminations, elle a du mal à assumer le fait d'être différente. Sibel va alors finir par rentrer dans un rôle de grande soeur et faire preuve de maturité en se réconciliant avec Fatma. Cela surprend le spectateur et le conforte dans l'idée que le lien de sororité est plus fort que tout. C'est tout de même Sibel qui trouve la force de cette réconciliation. Elle est très complice avec son père qui, lui, contrairement aux gens du village, est très ouvert. Il est le seul à l'accepter. L'amour qu'il a pour elle est remarquable dans le film. Il permet à sa fille de bénéficier d'une grande liberté. Par exemple, il ne l'oblige pas à faire comme toutes les jeunes filles de son âge : se marier et construire une famille. Mais au fil du film on va se rendre compte qu'il la trahit aussi. Notamment lorsqu'il apprend que Sibel fréquente un jeune homme dans la forêt. Il va alors l'enfermer et la priver de sortie. C'est tout ce que Sibel déteste : ne pas avoir de liberté.

La rencontre avec, Ali, l'homme qu'elle trouve dans la forêt, ne va pas améliorer le statut de Sibel auprès des villageoises. Leur rencontre très étrange met le spectateur mal à l'aise. On a l'impression d'assister à une bagarre de deux animaux. Le fait que Sibel soit muette lui donne un côté animal et sauvage. Elle trouve du réconfort dans la nature. De la même manière, la nature met Ali à l'abri des hommes. Ces deux personnages sont donc comparés à deux animaux. Leurs modes de vie est presque similaire à celui des loups.

Le personnage de Sibel a un don. Elle dégage énormément d'émotions, de sentiments et d'énergie sans prononcer un seul mot. Cela s'explique par le talent de l'actrice mais aussi des réalisateurs. Elle est remarquablement bien filmée. Avec de nombreux gros plans, les cinéastes ont réussi à accentuer son regard et sa respiration. Cette actrice joue et siffle extrêmement bien. Elle incarne son personnage avec beaucoup d'expression, à tel point qu'on en oublie son handicap. Dans une interview, pour le festival, les deux réalisateurs ont fait part du travail de l'actrice. Damla SÖNMEZ ne savait absolument pas siffler. Malgrè cette contrainte, elle était très motivée pour jouer dans ce film. Elle a donc pris des cours pour pouvoir parler cette langue. Ce rôle a été un véritable challenge pour elle.


« Sibel » est un magnifique film sur l'indépendance de cette jeune femme face à son village où les traditions sont sacrées. Il dénonce l'exclusion dont sont victimes les hommes et surtout les femmes qui ne rentrent pas dans les normes. C'est un film sur le handicap, mais il met aussi en évidence la place de la femme dans une société où les hommes dominent. Dans ce film Sibel est un symbole de liberté auquel la femme du XXI ème siècle s'identifie.
2019/05/05 20:36 #2018-sibel-71
Lycée Rostand, Caen, académie de Caen
« Sibel » : La force du handicap

« Sibel » de Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti est un film turc sorti en 2018. Ce film évoque le quotidien d’une jeune femme turque de 25 ans nommé Sibel, qui vit dans les montagnes et qui depuis ses 5 ans est muette. Sibel s’exprime avec le sifflement un langage ancestral de sa région. Elle vit avec sa petite sœur Fatma et son père Emin qui est épicier et également le maire de son village. Rejetée de la société patriarcale de son village , Sibel déterminée compte bien prouver aux femmes du village que malgré son handicap elle peut être utile et enfin intégrée.Déterminée elle décide de partir à la chasse au loup jusqu’au moment où elle tombe nez à nez avec un marginal qui rode dans la forêt. Cette rencontre va chambouler sa vie et révéler à ses yeux et aux yeux de ses proches la femme qu’elle est réellement.

Dans ce film, nous ressentons une pression de la société dans laquelle Sibel essaie d’évoluer en tant que femme indépendante. Dès le début nous ressentons que le film va se passer dans un endroit écarté de la ville avec la présence d’une forêt très dense. Nous sommes donc dans un milieu rural, dans un village traditionnel où nous voyons de nombreuses femmes mais peu d’hommes. Malgré leur supériorité numérique, nous comprenons très vite que les femmes sont sous l’autorité masculine, que ce sont elles qui effectuent les tâches plus difficiles comme la culture des champs. Nous sommes donc dans une société patriarcale où la seule préoccupation est de faire marier les filles du villages à des hommes parfois plus âgés. Sibel écarté par son handicap n’est pas vue comme une femme aux yeux du village qui pourtant exerce une certaine éducation des filles avec le port du voile. Sibel n’est pas contrainte à cette règle contrairement à sa sœur Fatma. Aussi Sibel n’est pas apte aux yeux du village et aux yeux de son père à se marier. Malgré qu’elle ait une certaines liberté , Sibel est quand même contrainte à l’autorité de son père à la maison. On le voit particulièrement dans les scènes de repas où Sibel sert la nourriture, va ouvrir la porte quand quelqu’un frappe et même fait les lessives de son père. Ces scènes sont filmées généralement avec un plan moyen où l’on voit le père de Sibel assis et elle en mouvement. Tout au long du film on verra que cette société est très sévère et n’hésitera pas à tourner le dos à Fatma qui elle était pourtant intégrée et prête à se marier.

Nous remarquons ensuite que plus le film se déroule plus Sibel à des relations très compliquées avec ses proches et particulièrement avec son père et sa sœur. Son père entretient une certaine relation père fille très fusionnelle, il a éduqué Sibel comme un garçon ce qui nous renvoie cette image de garçon manqué. Il l’a initié à la chasse, à la survie dans la nature et il ne s’imagine pas qu’elle peut être intéressée par autre chose.Tandis que entre Sibel et sa sœur c’est tout l’inverse, Fatma suit le village et exclu davantage Sibel en la rejetant devant les autres femmes. Nous avons l’exemple avec la scène de la célébration de la mariée où Fatma ordonne à Sibel de rentrée car elle lui fait honte. Dans cette scène la caméra est braquée sur le regard et les expressions du visage de Fatma qui à la fin fixe sa sœur s’en aller en pleurant. Au fur et à mesure les relations entre les personnages vont se dégrader tandis que Sibel se rapproche du marginal nommé Ali et se sent regardée comme une femme. Fatma découvre la relation amoureuse qu’entretiennent Sibel et Ali et va la dénoncer aux autres femmes du village. Sibel à ce moment-là perd la confiance de son père qui va l’enfermer chez elle et l’obliger à porter le voile. Pour son père et sa sœur Sibel a déshonoré la famille. Elle est à ce moment-là plus seule que jamais puisque Ali a disparu de la forêt et est recherché par les autorités turques. On voit donc à partir de là de plus en plus de scène où Sibel est seule et avec peu de bruits autour d’elle ce qui accentue sa solitude. On découvre aussi une facette romantique du film avec la relation Ali-Sibel qui est en fait un écho de la relation Fuat-Narim. C’est une relation destructrice qui va encore davantage isoler Sibel du reste du village et qui va même causer la perte de sa famille.



Le personnage de Sibel est aussi un personnage de caractère. Elle représente dans ce film l’esprit d’une femme combative, indépendante et déterminée malgréson handicap. Malgré son côté garçon manqué, le réalisateur parvient à nous faire montrer sa féminité au travers de plusieurs scènes où la jeune femme est mise en lumière. On peut aussi la voir comme une femme au travers des yeux d’Ali, on découvre qu'elle aussi veulentconnaître l’amour. On le voit au travers d’une scène où elle observe une mère et son enfant, cette scène et d'ailleurs filmée en caméra subjective afin qu’on puisse en tant que spectateur éprouvait de la compassion pour le personnage. Le personnage de Sibel reste quand même très solitaire mais effronté. C’est une jeune femme déterminée à prouver que son handicap n’est pas une faiblesse mais une force. On le voit avec les scènes où elle est à la recherche du Loup. La caméra est de temps en temps placée de manière subjective notamment au travers des scènes où elle court dans les bois après qu’elle se soit disputé au sujet du loup avec Ali. Cette relation permet de la révéler en tant que femme est de montrer au village qu’elle n’est pas seulement muette mais que c’est une femme qui peut être désirée par un homme. D’autre part Sibel n’hésite pas à faire part de son caractère. Dans une scène où son père lui annonce que sa sœur Fatma est destinée à se marier dans très peu de temps, Sibel s’oppose et n’hésite pas à donner son avis en désapprouvant cette décision et en privilégiant l’éducation de sa sœur. Tout au long du film elle a souvent ce rôle de mère pour sa sœur, elle vient la réconforter quand elle est triste et va même jusqu’à l’accompagner au bus scolaire afin qu’elle ne se sente pas seule et dévisagée dans le village suite à l’annulation de son mariage. Sibel aide donc sa sœur à devenir aussi forte qu’elle est trouve le moyen de faire avancer l’émancipation de Fatma par l’école.


Sibel est un film à recommander le personnage de Sibel est un exemple pour de nombreuses femmes partout dans le monde. Elle fait de son handicap une force et montre l’image d’une femme forte, déterminée et indépendante. C’est un film émouvant avec la relation entre les personnages mais c’est aussi un film qui nous donne une idée de la vie dans les villages ruraux turcs. Le personnage de Sibel nous fait réfléchir et nous amène à penser que rien n’est impossible et que le regard et l’avis des autres n’est pas important tant que nous-mêmes savons ce qu’il est bien de faire. Cela nous amène également à penser qu’il faudrait davantage de personnage comme Sibel au cinéma, des personnages comme elle qui nous donnes de véritable leçon de vie.

Maëva Mancel, classe de 2nde 6 du lycée Jean Rostand de Caen.
2019/05/05 20:37 #2018-sibel-72
Lycée Rostand, Caen, académie de Caen
Sibel où le sifflement de la forêt

Sibel est un film de Çagla Zencirci et de Guillaume Giovanetti, sorti en 2019. Qui raconte l’histoire d’une jeune femme (Sibel interprété par Damla Sönmez ) muette utilisant la langue sifflée en Turquie ; elle vit avec Emin son père (interprété par Emin Gürsoy) et Fatma sa sœur (interprétée par Elit İşcan), qui en cherchant un loup va trouver un homme blessé (Ali interprété par Erkan Kolçak Köstendil) en fuite. Elle va s’occuper de lui, le soigner, . . . Et s’attirer les foudres des femmes du village.

Sibel est le personnage principal de ce film qui met en lumière la langue sifflée « langue des oiseaux » originaire du village de Kuşköy. Cette langue permet à Sibel de communiquer avec son père, sa sœur et les autres personnes de ce village. Cependant à cause de son handicap les femmes du village la discriminent et la rejettent, on nous le montre dès le début du film lorsque après le travail dans les champs les femmes mangent, Sibel essaie de se rapprocher d’une jeune femme. Mais elle la rejette immédiatement en lui disant de ne pas s’approcher d’elle car elle ne veut pas que ses enfants soient muets comme elle, comme si le handicap de Sibel était contagieux. De plus, à l’image Sibel est en contrebas seule face à elle, la jeune femme est filmée en contre plongée avec derrière elle les autres femmes du village qui la soutiennent et sont à ce moment fières de ses paroles. Cela nous rappelle que l’ignorance sur une différence peut nous conduire à discriminer injustement.
Mais Sibel est soutenue par son père qui est le maire du village. Lui ne la voit pas comme une femme qui se mariera. Il lui accorde donc beaucoup plus de libertés et partage avec elle des comportements ‘‘d’homme’’. Il la laisse chasser, conduire, fumer, sortir dehors quand elle veut et jusque tard. Et il la laisse sortir dehors sans porter de voile, un signe fort qui montre que son père ne la considère pas comme une femme. Cependant à la maison c’est elle qui cuisine, qui met la table, qui lave le linge ; c’est elle qui a repris le rôle de sa défunte mère à la maison. On voit que Sibel a un coté sauvage car dès la première scène on l’a voit à l’affût dans la forêt puis s’asseyant dans la terre et déposer des boyaux. Mais ce coté sauvage n’empêche pas qu’avec la lumière du jour et des gros plan une recherche d’esthétique mets en lumière la beauté de Sibel.

Dans ce film on voit évoluer Sibel avec Ali mais on voit aussi la chute de cette histoire. Dans ce film Sibel va rencontrer Ali un fugitif dans les bois qui veut sa liberté, elle l’a déja. Elle va le soigner, le nourrir, et il vont se rapprocher. Il va l’aider et la consoler quand elle se fait rejeter par sa sœur, lui offrir un regard nouveau sur elle. Elle découvre avec lui qu’elle peut plaire, elle va se découvrir sexuellement avec lui, et avoir peut être une romance comme les autres filles du village. Il va aussi la faire évoluer, au début du film, pour se faire accepter de la communauté, elle cherche à tuer un loup qui empêcherait les femmes de pouvoir allumer un feu au rocher de la mariée. L’image du loup qui est rejeté par sa meute rappelle Sibel. Il lui fait comprendre qu’il n’y a pas de loup et elle ne va plus vouloir se faire accepter mais va assumer fièrement sa différence et ses libertés. Cependant la sœur de Sibel voit les deux ensembles elle le raconte à leur père il ne la croit pas, puis elle le raconte au autres femmes qui vont rouer de coup Sibel. Elle va chercher Ali pour le prévenir mais elle ne le retrouve pas. Il y a alors une sublime scène en contre-plongée où l’on voit Sibel hurler face à la chute de cette histoire ; crier sans un son qui s’échappe au millieu des feuilles mortes ; il en ressort une détresse. Dans le film il y a un parallèle entre Sibel et Narrin (la vielle folle qu’aide Sibel) et leur histoire avec Ali et Fuat. Lorsqu’elle était jeune, Narrin a rencontré un jeune homme et ils ont voulu s’enfuir, mais les frères de Narrin les ont retrouvé et ont tué Fuat devant Narrin ; depuis elle attend toujours qu’il revienne la chercher. Mais pour Sibel on peut supposer qu’Ali s’est enfui. Et Sibel se relève à la fin du film, comme avertie par Narrin pour ne pas finir comme elle.

Ce film dénonce le patriarcat soutenu par les femmes du village auquel Sibel échappe d’une certaine manière mais dont elle veut protéger sa sœur. En effet Sibel ne vas pas se marier et jouit donc de plus de liberté. Mais lorsque sa sœur va se marier elle s’offusque car elle voudrait qu’elle continue l’école, ce qu’elle n’a pas pu faire à cause de son handicap. Sa sœur ne le comprend pas car elle veut se marier. La relation entre les deux filles n’est pas fusionelle, car Fatma est jalouse des libertés de sa sœur. C’est d’ailleurs elle qui va raconter au femmes du village ce que sa sœur a fait. Cela va lui revenir comme un boomerang car ça jette le déshonneur sur la famille et la famille de son fiancé ne veut plus unir les deux familles. On voit alors Sibel venir prendre sa sœur dans ses bras, comme pour s’excuser, la scène dure un certain temps comme dans beaucoup de scènes de ce film. Cela n’en fait pas un film lent mais ça laisse au spectateur le temps de se poser et d’admirer le paysage, les visages ou les rapprochements. Les deux sœurs se retrouvent et Sibel accompagne Fatma affronter les regards des gens du village pour prendre le bus et aller à l’école. Finalement Fatma pourra s’épanouir comme Sibel l’aurait voulu et elle continuera sa vie avec son père. Pour revenir au patriarcat on le retrouve dans les traditions : les femmes sont mariées par leur famille qui choisissent l’époux, elle doivent avoir des garçons comme on le voit lorsque une dame âgée dit à une jeune fille qui va se marier d’avoir un enfants mâle ; les femmes doivent se couvrir la tête d’un voile pour sortir dehors, voile qui a servi à compresser la plaie de Ali pour Sibel. Cette dénonciation du patriarcat par les femmes en Turquie nous rappelle le film Mustang où l’on retrouve ses scènes d’enterrement de vie de jeunes filles, de mariages. Ce film va dans la continuité de Mustang tout en se démarquant et en apportant une nouveauté, un rapport au doux sifflement de la langue des oiseaux.

Pour conclure, ce film qui avec son personnage principal qui exploite ses libertés nous dénonce le patriarcat mais apporte une autre couleur avec la romance entre Ali et Sibel, qui vont évoluer ensemble même si la fin les sépare. Je recommande ce film qui tout en vous emmenant dans une pause en pleine forêt, vous montre une belle histoire avec son personnage fort.

Lucie Brotelande, classe de 2nde 6 du lycée Jean Rostand de Caen.
2019/05/05 20:38 #2018-sibel-73
Lycée Jean Calvin, Noyon, académie de Amiens
Critique du film Sibel

Sibel, un si beau film !

Dans un petit village au nord-est de la Turquie, Sibel, âgée de vingt cinq ans, muette depuis son enfance, s’assoit à proximité d’une femme qui travaille avec elle dans les champs ; celle-ci lui demande de s’écarter par peur que son enfant soit victime lui-aussi de la « malédiction » du mutisme. Comment s’intégrer à une collectivité qui vous rejette ? Voilà, une des questions auxquelles le troisième film de Zencirci et Giovanetti tente de répondre à travers la destinée d’une héroïne hors du commun interprétée par la touchante et fascinante Damla Sönmez. Fille du maire du village, Sibel témoigne d’un esprit d’indépendance à toute épreuve. Marginalisée par son handicap qui ne lui permet de communiquer avec les autres que par une langue sifflée, elle est déterminée à se faire accepter par eux en allant chasser dans la forêt le loup qui semble effrayer tout le village. Elle doit aussi mener de front les tâches ménagères car son père est veuf et élève ses deux filles seules : elle assume donc très jeune un rôle de mère et de femme au foyer. L’obstacle le plus terrible auquel elle doit faire face est la mentalité de cette société patriarcale qui exclut la femme de toute décision personnelle concernant son avenir. Sibel cherche à s’affirmer dans un univers où la femme est entièrement soumise à l’homme : contrairement à sa sœur Fatma et au sort de toutes les villageoises, elle n’est pas destinée à être mariée et ne porte d’ailleurs pas le voile ; son mutisme en fait, aux yeux du village intolérant, une femme à l’écart. Sibel faisant de cette solitude une forme de liberté et de fierté va même jusqu’à pousser sa sœur à aller à l’école plutôt que d’accepter un mariage arrangé.

Un événement va alors brutalement changer le cours de l’existence de notre héroïne ; lors d’une partie de chasse en forêt, un inconnu surgit violemment d’un buisson et se jette sur elle. Débute alors une bataille acharnée entre les deux personnages mais c’est finalement Sibel qui prend le dessus et fait tomber « la bête humaine » dans son piège à loup en le blessant. En dépit de cette rencontre sous le signe du conflit, leur relation va étrangement se transformer en histoire d’amour passionnée. Touchée par cet inconnu qui se nomme en réalité Ali, elle va le soigner, le cacher aux yeux de tous car il semble être un fugitif qui cherche à fuir la police. Pour la première fois Sibel rencontre un homme sensible qui ne porte aucun jugement négatif sur elle et sur son handicap. Ali va même essayer d’apprendre la langue sifflée pour se rapprocher d’elle. Cet amour interdit va métamorphoser Sibel qui va désormais transgresser toutes les lois et se rebeller contre les traditions et les préjugés de son village : elle défie l’autorité paternelle en restant de plus en plus longtemps dans la forêt, elle fait obstacle à la justice en refusant de livrer Ali à la police et elle affronte les regards malveillants des habitants de son village qui condamnent l’immoralité de la jeune femme. Et surtout elle retrouve une joie de vivre au contact de cet amour comme nous le montre, à l’écran, le visage souriant et lumineux de l’actrice principale.

Le film est donc aussi la merveilleuse histoire d’une transformation morale : un parcours initiatique et amoureux qui permet à l’héroïne d’accéder progressivement à une indépendance absolue vis-à-vis du regard des autres et à une affirmation de son identité. L’optimisme des cinéastes est visible dans la dernière scène où Sibel conduit sa sœur au car qui doit l’emmener à l’école. Alors que Fatma baisse la tête par peur des regards méchants, notre héroïne adopte l’attitude fière d’une femme qui a enfin conquis sa liberté. Le sourire que lui adresse une des villageoises semble lui confirmer qu’elle peut incarner un modèle de rébellion féminine.

Il faut ajouter que l’originalité même du style des cinéastes est dans ce mélange qu’ils opèrent entre un univers très réaliste et un univers de conte poétique. Les traditions de ce village rural turc replié sur lui-même nous sont montrées dans le détail sans rien cacher de l’attitude discriminatoire des habitants; et parallèlement la forêt est filmée comme un espace de liberté absolue où Sibel est en harmonie avec la nature : les réalisateurs ont d’ailleurs voulu que les spectateurs participent à l’émerveillement devant cet espace végétal en délaissant la musique pour nous laisser entendre les sons naturels.

A vous de vous laisser entraîner avec Sibel sur les chemins forestiers dans ce film envoûtant qui ne vous laissera pas indifférent !
La classe de 27 du lycée Jean Calvin à Noyon.







































2019/05/06 09:06 #2018-sibel-74
Lycée Bonaparte, Autun, académie de Dijon
Muette et sublime


Sibel est un film dramatique réalisé par Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti en Turquie, en France, en Allemagne et au Luxembourg, en 2018.



Sibel, jouée par Damla Sönmez, a 25 ans et vit avec son père, interprété par Emin Gürsoy, et sa sœur, par Elit Iscan, dans un village isolé, dans les montagnes proches de la Mer Noire en Turquie. Elle est muette depuis qu’elle a 5 ans mais communique grâce à la langue sifflée, ancienne langue parlée dans la région. Les habitants du village, notamment les femmes, la rejettent à cause de ce handicap. Pour prouver aux femmes du village qu’elle n’est pas handicapée, elle cherche un loup qui rôderait dans la forêt et qui est l’objet de leurs craintes. Mais ceci n’est qu’une fable pour tenir Sibel à l’écart du village. Un jour, alors qu’elle croyait avoir trouvé le dangereux animal, c’est un fugitif blessé prénommé Ali, joué par Erkan Kolçak Köstendil, qu’elle rencontre. Elle le soigne et le cache dans la forêt apprenant qu’il a fuit pour ne pas faire son service militaire. Ils commencent une histoire d’amour secrète.



Un soir, Sibel, ayant repris confiance en elle grâce à Ali, se rend à une fête en l’honneur de Ciçek, une jeune fille qui va se marier. Cette scène est très marquante. Quand Sibel, habillée élégamment et maquillée pour la première fois, entre dans la pièce où a lieu la fête, sa sœur la reconnait mais lui ordonne de partir. En effet, son maquillage n’est pas très bien mis, toutes les femmes du village sont présentes, et elle ose quand même venir. Sa sœur a peur pour son honneur et elle prononce cette phrase poignante : « Vas t’en, tu me fais honte ! ». Cette rivalité entre les deux sœurs est omniprésente. Finalement, Sibel part, pleure et se réfugie dans les bras d’Ali.



Aucune musique n’est présente dans ce film mais elle est compensée par la langue sifflée que "parle" Sibel. Le langage rythme donc le film. La caméra est en permanence derrière Sibel et la filme en gros plan ce qui nous permet de découvrir l’environnement en même temps qu’elle et ce qui crée une ambiance de suspense.



Un film magnifique qui défend les personnes différentes et rejetées et qui prouve qu’il ne faut pas se fier aux apparences.



Blandine de Contensson. 2nd. Lycée Bonaparte Autun
2019/05/06 09:54 #2018-sibel-75
Lycée Lacassagne, Lyon, académie de Lyon
Le chaperon des temps modernes


La jeune fille vêtue de rouge laissait ses pas la guider dans la dense forêt. Elle pouvait paraitre adulte, mais son cœur, lui, était bel est bien celui d’une jeune fille à qui il reste encore tant de choses à découvrir. Elle s’enfonçait peu à peu vers l’inconnu fascinant, laissant derrière elle cette civilisation réticente. Elle voyait bien qu’ils avaient peur. Du loup, pensait-elle. De l’inconnu, dira-t-on.
Elle avait maintes et maintes fois été avertie du danger qui rôdait, pourtant cette jeune fille répondant au doux nom de Sibel était persuadée qu’il était de son devoir de chasser la peur des habitants du village, de tuer le loup. Chaque jour elle venait dans cette cabane vérifier le piège, changer l’appât. Narin était la seule qui vivait dans la forêt sans craintes. On la surnommait la vieille folle, car elle vivait sans cesse dans l’illusion du retour prochain de son mari, attendant fermement le jour où il reviendrait à elle. Elle avait sans cesse des histoires à conter, et elle les récitait joyeusement à la jeune Sibel, qui n’était au courant de rien. La réalité vue par Narin était bien la plus belle, pensait Sibel en écoutant ses histoires merveilleuses. Mais la réalité se révèle parfois n’être qu’une illusion façonnée par l’homme dans le but d’échapper à ses démons les plus malfaisants. Le monde change selon la façon dont on le regarde. Sibel le regardait avec curiosité, les villageois avec méfiance, rejet parfois. Sibel sifflait car elle était muette, ou alors jugeait-elle les mots inutiles.
Comme à son habitude, elle vérifia le piège à loup, un trou profond creusé par ses petites mains. Elle ne fut pas surprise en découvrant ce piège vide. Sans se désarmer face à la situation, elle partit chercher d’autres boyaux d’animaux. Elle déposa la chair encore chaude au fond du piège et remonta à la surface. Un bruit retentit dans les buissons. Elle s’arma de son fusil, pointant vers la source du bruit. Le loup, pensa-t-elle. Sa respiration était haletante, fiévreuse, presque animale. Elle avait peur. Elle était terrorisée même. Ses yeux vitreux balayaient la végétation. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. A cet instant elle ne ressemblait plus en rien à la jeune fille vêtue de rouge.
Un corps surgit d’un buisson, entrainant la chasseuse par terre. Des coups de feu retentirent, ceux que Sibel tirait effrayée par la bête qui la maintenait au sol. Elle se débattit en tentant d’hurler mais n’y parvint pas. Pourtant ce n’était pas un loup à qui elle tentait d’échapper, mais bien un homme. Elle planta un couteau dans la chair de l’homme qui poussa un cri bestial. Effrayée, elle s’éloigna.
Voici comment la jeune fille vêtue de rouge avait rencontré le grand méchant loup à l’apparence humaine.
Elle le cacha aux yeux du monde, sans savoir exactement qui il était. D’un autre côté, les villageois recherchaient un terroriste. L’homme-loup du nom d’AIi affirmait qu’il n’avait fait que fuir le service militaire.
Qui fallait-il croire ? Et qui croirait la parole d’une jeune fille qui ne parlait pas, passant ses journées dans la forêt à chasser un loup qui n’existait pas et à converser avec la vieille folle ?
Son père, maire du village, lui faisait confiance. Il aurait aimé qu’elle fasse de même avec lui. Sa sœur, prête à se marier, en avait honte.
La jeune fille était presque primitive aux yeux des civilisés. Et alors qu’un soir elle voulut enfin intégrer ce monde civilisé, elle fut rejetée et vint se réfugier auprès du grand méchant loup : elle s’abandonna au désir charnel qui lui était interdit, et découvrit en elle de nouvelles sensations.
Le lendemain, elle apprit que Narin vivait dans une illusion, que les gens du village avaient tué le mari de la vieille folle pleine d’humanité et qu’elle attendait en vain quelqu’un qui n’arriverait jamais pour s’empêcher inconsciemment d’avoir la tentation de le rejoindre. Il y a des choix que l’on fait sans en prendre conscience.
Plus tard elle comprit qu’aucun des mondes, réaliste ou merveilleux n’était fait pour elle, puisqu’Ali était parti sans un mot d’adieu à l’égard de celle avec qui il avait partagé de longs moments qui resteraient indélébiles. La jeune fille vêtue de rouge avait grandi, le savoir l’avait fait grandir. En cachant Ali, elle avait perdu son innocence. Elle prit conscience de ce monde qui l’entourait, et levait la tête à présent fièrement. Elle s’affirmait enfin aux yeux des autres. La peur l’avait quitté. Le courage la définirait désormais.

Léa Lalo, PES2.
2019/05/06 10:28 #2018-sibel-76
Lycée Lacassagne, Lyon, académie de Lyon
Sibel, réalisé par le couple franco-turc Guillaume Giovanetti et Çağla Zencirci, est un véritable conte moderne qui raconte l’histoire de Sibel, jeune fille muette et solitaire s'écartant de son entourage, de la pression d'un mariage arrangé ou d'un voile à porter. Elle vit dans un village isolé des montagnes de la mer noire en Turquie. Elle communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région et est rejetée par les autres habitants. Elle siffle tout haut ce que les autres n’osent pas dire. Avec son fusil en bandoulière sur le dos, elle traque le loup dans la forêt, en proie à des fantasmes et des craintes de la part des femmes du village. C’est là qu’elle se retrouve nez à nez avec Ali, un fugitif, un objecteur de conscience blessé qui va lui siffler des maux au cœur. C’est dans ce cadre que le film construit un portrait féminin éblouissant qui navigue entre une soumission extrême et une liberté incroyable.
Ainsi, Sibel, par son infirmité, reste en dehors de la communauté des femmes de son village. Elle ne partage que très peu, voire jamais, un plan avec le groupe. Dans la communauté, Sibel jouit d'un statut assez paradoxal : son père, le maire de la communauté, qui l'a élevée seul après la mort de sa femme, lui laisse le champ libre tandis qu'il surveille attentivement sa cadette, Fatma. Personne ne songe à marier Sibel. C'est elle qui a la responsabilité de Narin, une vielle recluse dont on apprendra l’horrible traumatisme qui l'a rendue folle. Le handicap de Sibel l’autorise à arpenter les collines verdoyantes pour chasser le loup. Elle est un personnage rebelle à l’ordre établi qui brouille la distinction entre les sexes. Elle ne porte pas le voile, oblige sa sœur à faire des études et possède des qualités prétendument « masculines ». En effet, elle est courageuse, et s’aventure à toutes heures du jour et de la nuit dans la forêt. Elle a un côté assez primitif, prédateur, animal, comme en témoigne sa respiration qui résonne au cœur de la forêt : elle entretient un rapport à la terre, à la nature très particulier. Elle travaille hargneusement aux champs, étale des boyaux qu’elle frotte sans vergogne sur le sol humide, fait un cataplasme avec des feuilles de thé, donne un médicament à Ali comme on nourrit un oisillon. Son animalité se ressent également dans son éveil aux sentiments, au désir qu’elle éprouve pour ce dernier. En effet, lors de leur première rencontre, ils se jettent dessus, grognent, se mordent. La parole étant quasiment absente entre ces deux personnages celle-ci accentue davantage l’animosité de ces derniers. Au fur et à mesure, l’humain reprend le dessus mais leur lien reste sauvage : c’est en mordant que Sibel embrasse Ali et c’est dans un corps à corps, peau contre peau, que Sibel va trouver un peu de chaleur auprès du loup.
En effet, ce film a des allures de conte. En témoigne d’abord l’héroïne qui, avec ses airs de Petit Chaperon rouge, bottes en caoutchouc rouge, voile autour du cou, rend visite à Narin, la grand-mère du village. Ensuite, on retrouve la figure du roi chez le père maire, celle du loup avec Ali et sa capuche emplie de poils qui rappelle la fourrure du prédateur et, enfin, la forêt, qui renvoie à un univers symbolique très précis (même si la forêt n’est pas, ici, présentée comme sombre et dangereuse mais plutôt comme un lieu protecteur et enveloppant). Par ailleurs, le village est empreint de légendes encore très vivaces ou tues : le Rocher de la Mariée, l’histoire de Narin. La musique est quasiment absente dans ce film, ainsi, les sifflements constants des oiseaux ou des personnages peignent en fond sonore l’imaginaire du conte. De plus, Sibel oppose deux mondes, confronte le réalisme au merveilleux. D’un côté, elle joue Cendrillon dans son village. Son père est rétrograde mais il aime profondément ses filles et ne tombe pas dans le stéréotype du « pater familias » autoritaire turc (à l’instar de la figure paternelle dans Mustang de Deniz Gamze Ergüven. Ces deux films ne sont d’ailleurs pas sans lien selon moi). Sibel, à la parole émancipatrice, est également le témoin de la difficulté à communiquer de nos jours, entre l’arrivée envahissante du téléphone avec Fatma, le silence complice au sein des membres d’une famille ou au sein de la communauté, les sifflements insultants des hommes du village … autant d’obstacles à la communication qui caractérisent aussi nos sociétés occidentales. D’un autre côté, situé en hauteur par rapport au village, le bois et tout l’imagerie qui en découle, offre à Sibel un horizon fantasmatique qu’elle ne retrouve pas dans le paysage très terre à terre des champs. Telle La Petite sirène, elle navigue entre ces deux mondes opposés qui viendront à se rencontrer, ce qui vaudra un cri muet déchirant de la part de Sibel.
Ce qui m’a frappée lors de la bande d’annonce de Sibel, c’est le jeu stupéfiant et vibrant de l’actrice principale, Damla Sönmez. En effet, celle-ci réussit à mettre du ton dans ses sifflements et véhicule des émotions très vives à travers son souffle, à travers son regard fascinant. Ce film est important également dans la mesure où il dénonce l’exclusion dont est victime cette jeune femme qui refuse d’agir en fonction de ce qu’on attend d’elle, qui se présente davantage comme prédatrice plutôt que proie, et met en lumière la solidarité féminine, trop souvent absente face au poids des traditions et de la domination masculine.

Camille CORAZZOL PES2
2019/05/06 10:45 #2018-sibel-77
Lycée Lacassagne, Lyon, académie de Lyon
Sibel est un film dramatique turc réalisé en 2018 par Çagla Zenciri et Guillaume Giovanetti.
Ce que j’ai vraiment apprécié dans la réalisation de ce film, c’est que l’équipe s’est vraiment investie dans l’apprentissage et la découverte de cette langue si méconnue et qui est une tradition encore pratiquée de manière vivace aujourd’hui en Turquie.
Un professeur vivant au village de Kuskoi a été engagé pour apprendre la langue des sifflements à l’actrice principale Damla Somnez qui ne savait alors pas siffler.
Ce qui fait que les dialogues sont réels et véridiques alors que les réalisateurs auraient pu se contenter de faire simplement siffler l’actrice sans véritable signification: tout cela est un point vraiment positif pour le film car j’apprécie le fait qu’il montre au monde entier cette langue si spéciale classée au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Dorian Goulefert, PES2
2019/05/06 11:41 #2018-sibel-78
Lycée Lacassagne, Lyon, académie de Lyon
Le film Sibel nous apprend l’existence d’une façon de communiquer assez originale : la langue sifflée. En effet, les habitants du village de « Kuşköy » peuvent aussi bien parler le turc que leur langue de tradition, et la protagoniste de ce film, Sibel, n’utilise que cette dernière puisqu’elle est muette. Sibel est une jeune femme turque de 25 ans, vivant avec son père veuf Emin et sa sœur cadette Fatma. Le fait qu’elle soit muette l’exclut de la communauté de son village, et elle va alors chercher à ce que ceux qui la rejettent l’acceptent enfin. C’est à cette fin qu’elle porte toujours un fusil de chasse offert par son père avec un seul but en tête, tuer le loup qui terrorise les femmes du village. Durant la chasse, Sibel va faire la rencontre d’un homme blessé dans la forêt et va le soigner, mais ce qu’elle ne sait pas, c’est que la présence de cet homme va avoir des répercussions sur elle et sa famille.
Dans un premier temps, on ne voit qu’une femme, Sibel, en pleine forêt. Son apparence et ses actions sont assez primitives : cheveux en batailles, cernes très marqués, forte respiration, sueur sur le front, sursauts répétés… On apprend par la suite qu’elle chassait un loup. Elle retourne ensuite à une petite cabane dans la forêt, et y pose ses bottes rouges pour mettre ses chaussures de ville. A première vue, elle n’a pas l’air très riche. Elle va travailler aux champs et elle ne soigne pas son apparence. Cependant, elle se trouve être la fille du maire du village, et leur logement s’avère finalement plus moderne (avec télévision, machine à laver, four…) que ce à quoi on pouvait s’attendre dans ce village reculé et isolé dans les montagnes... Sa sœur cadette, elle, est toujours apprêtée : pourquoi Sibel reste-t-elle alors vêtue comme une fille des bois ? Eh bien, du fait de son handicap, elle ne pourra jamais avoir de mari, car elle est vue comme maudite, une personne dont il ne faut pas s’approcher. Il n’y a donc pour elle rien à gagner à se faire belle comme les femmes bonnes à marier ! Lorsqu’elle s’habille néanmoins en tenue de soirée pour se rendre à une fête avec toutes les femmes du village, c’est la catastrophe : sa sœur la rejette et la rabaisse complètement.
Le film passe régulièrement du monde réel à une sorte de conte de fée. On remarque des références frappantes au Petit Chaperon Rouge, avec les bottes rouges, le loup, la vieille Narin à qui elle apporte toujours les courses… Le rocher de la mariée a aussi quelque chose de magique, on est sensé y allumer un feu et danser avec son amant en profitant de la vue qu’offrent les hauteurs où domine le rocher. Cependant, ce lieu va devenir un lieu de drame à la fin du film, quand on apprend que l’amant de Narin, Fuat, y a été exécuté devant les yeux de cette dernière. On comprend aussi qu’il n’y a pas de loup, et que les os trouvés au cours du film par Sibel sont en réalité ceux d’un Homme, et plus précisément ceux de Fuat. La magie est donc morte, et le conte de fée n’est au final qu’une illusion.

Mathias Jarmasson, PES2, lycée Lacassagne.
2019/05/06 19:13 #2018-sibel-79
Lycée Lacassagne, Lyon, académie de Lyon
Sibel est un film franco-turc réalisé par Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti. Il raconte l’histoire de Sibel, jeune femme muette, qui ne s’exprime qu’en langue sifflée. Elle est rejetée par son village et passe la plupart de son temps dans la forêt, à chasser un loup mystérieux.
Dans Sibel, vous trouverez le portrait dune femme exclue. Elle est muette, dans un village toujours bruyant. Le seul endroit qui semble être aussi muet est la forêt ou elle se réfugie et où elle est à l’aise. Elle est en dehors de la communauté des femmes, car elle ne peut pas être mariée et elle ne correspond pas à ce qui est attendu comme caractère. Les femmes sont contre elle, et vont jusqu’à dire qu’elle est maudite. Sibel est rejetée par le village tout entier car c’est une femme rebelle, elle chasse, court dans la forêt, annule presque la frontière traditionnelle entre les sexes et a un coté sauvage dans ses gestes.
Dans Sibel, vous retrouverez le portrait complexe d’un père de famille, Emin. Il est père et maire de son village. Il est perdu entre les traditions du village dont il est le représentant, et l’amour qu’il leur porte. On voit tout au long du film qu’il les aime, mais qu’à cause de sa position d’autorité du village, il se doit d’avoir des filles qui seront irréprochables aux yeux des autres. C’est une position qui semble le peiner, puisque lorsqu’il empêche Sibel de sortir, il a l’air triste.
Dans Sibel, vous rencontrerez aussi Ali, qui fuit l’armée car il est pacifiste, mais qui sera accusé d’être un terroriste. Ali est recherché par l’armée pour qu’il fasse son service militaire. Il va rencontrer Sibel dans la forêt, et il est le seul homme à accéder à la Sibel sauvage, la seule et la vraie.
Dans Sibel, vous retrouverez deux espaces qui cohabitent. Le village, qui est un espace réaliste, filmé comme dans un documentaire. Le village représente la société des hommes qui est brutale, codifiée, avec des normes et des lois. Mais aussi, la forêt, qui appartient à l’univers du conte, avec le loup et Narin, la vieille folle. La forêt semble hors de la réalité et hors du temps.
Sibel est un très beau film entre conte et réalité, qui raconte l’histoire d’une femme exclue, qui devient femme et s’éveille au désir.

Zoé GRONFIER, Lycée Lacassagne, PES2.
2019/05/08 15:45 #2018-sibel-80
Lycée La Saulaie, Saint-Marcellin, académie de Grenoble
« Sibel » est un film réalisé par Cagla Zencirci et Guillaume Giovanneti. Il est sorti le 6 mars 2019 en France. Ce film dramatique a été tourné dans les montagnes de la région de la mer Noire.
Ce film raconte l’histoire de Sibel, une jeune femme, vivant avec sa sœur et son père dans les montagnes. Elle a un handicap, elle est muette, cependant elle communique en sifflant (la langue sifflée de la région). Cette filles, adore la nature et se rend chaque jour dans une petite cabane, là où elle chasse. Un jour, en se rendant dans sa cabane après avoir travaillé aux champs, Sibel, va faire une rencontre, qu’elle n’est pas prête d’oublier…
Loin d’être le film le plus attendu de l’année, « Sibel » surprend par sa qualité et démontre tout de même par sa simplicité une puissance égale à un film Hollywoodien. Son message féministe assumé permet au film de faire écho à l’actualité, et n importe quel spectateur de se retrouver dans la situation présentée. Toujours en lien avec cette lutte anti-paternaliste, le jeu d’acteur de Damla Sonmez est très bien adapté au scénario. On personnage de Sibel est très bien développé et appelle à l’empathie dès les premières minutes. Sibel évolue tout au long du film, jusqu’à devenir cette femme forte qu’elle aspirait depuis le début. Le message féministe se perd éventuellement dans le fait que la vie du personnage féminin s’améliore grâce à l’appartion d’un homme dans sa vie. Mais Sibel s’émancipe tout de même au fur et à mesure des figures masculines, jusqu’à provoquer l’admiration auprès des femmes de son village. Et c’est bien ce message qui fait toute la force et la grandeur du film.
D’un point de vue technique, la qualité du film est toujours là. Le scénario est bien écrit, malgrè des divagations qui risque de perdre quelques spectateurs en cours de route. En effet, il y a dans cette œuvre, de multiples arcs narratifs, qui s’additionnent avec les évolutions de chaque personnage. Du côté de la réalisation, le film peine à captiver au long de ses 95 minutes, mais est sauvé par ses personnages attachant qui donnent envie d’en voir plus. Les réalisateurs s’attardent parfois sur quelques plans inutiles, mais tous ces défauts sont vite oubliés dès lors que le scénario commence à décoller. La musique de fond absente du film souligne l’aspect reclus du village. Les seuls bruits entendus sont les sifflements des oiseaux (peut être un clin d’œil à la langue que parle Sibel). Une petite remarque peut quand même être faite quant à la musique du générique de fin, qui est totalement sans rapport avec le film avec son genre « électro » qui conclut donc plutôt mal le film.
Finalement, « Sibel » est un film réussi aussi bien techniquement qu’au niveau de son message. Un bel exemple de film moderne, inéluctable à l’époque actuelle.

SERAYET Louis
PHILIBERT Malo
DELAYE Nathan
JANY Simon
2019/05/08 16:34 #2018-sibel-81
Lycée Ambroise Croizat, Moûtiers, académie de Grenoble

Une héroïne qui bouge les lignes !

Le long métrage, Sibel, réalisé par Çagla ZENCIRCI et Guillaume Giovanetti est l’histoire d’une jeune femme de 25 ans. Elle vit dans un petit village de Turquie avec son père et sa sœur. Sibel est muette mais peut communiquer avec ses proches grâce au langage sifflé, une langue ancestrale de sa région. La jeune femme est mise à l’écart du fait de son handicap et est victime de discrimination. Néanmoins, elle vit une existence plutôt paisible jusqu’au jour où elle rencontre dans les bois le « fugitif ». Ce jeune homme nommé Ali va permettre à Sibel d’affirmer son handicap et ses droits.

Tout d’abord, nous voudrions applaudir la jeune Damla Sönmez, qui joue Sibel. Etant muette, les expressions du visage sont très importantes et l’actrice s’est pliée à l’exercice avec succès, si on peut dire, elle crève l’écran ! Nous avons été transportés par les émotions et les sentiments que ressentait Sibel. Par exemple, lorsqu’elle traversait la forêt en courant et s’effondrait sur le sol en essayant de crier, nous éprouvions beaucoup d’empathie pour cette dernière. De plus, dans le film, nous apprenons que Sibel n’est pas muette de naissance et cela nous a bouleversés, car nous avons ressenti la rage qu’elle devait éprouver. Ce doit être extrêmement frustrant pour elle de savoir qu’elle avait pu parler durant son enfance, qu’elle vivait alors comme tout le monde et que, sans sa maladie, jamais elle n’aurait eu à faire face à ces insultes, ces remarques violentes…
De plus, Sibel devrait être le modèle de beaucoup de femmes dans le monde. Effectivement, c’est un personnage qui évolue : au début du film, il est assez introverti et effacé du fait de son handicap. Au fur et à mesure que le scénario se déroule, on découvre une jeune femme avec des passions, un travail, des sentiments mais surtout une rage de vivre étonnamment forte. Enfin, à la fin du film, Sibel envoie valser les stéréotypes de genre et de son handicap pour s’épanouir et s’affirmer en tant que femme handicapée. En effet, suite aux insultes dont elle a été la cible, elle décide de se reprendre en main en gardant la tête haute face aux femmes du village et d’intervenir dans la destinée de sa sœur, en la renvoyant à l’école alors que cette dernière avait arrêté pour se marier.
Cependant, son handicap lui donne certains avantages. Par exemple, Sibel possède un fusil de chasse alors que normalement les femmes n’en possèdent pas. De plus, Sibel a le loisir de se balader en forêt quand elle ne travaille pas. En fait, nous avons constaté qu’il y avait une certaine opposition entre son quotidien et celui de sa sœur. En effet cette dernière est plutôt libre à la maison puisque c’est son ainée, Sibel, qui s’occupe des tâches ménagères, a contrario, à l’extérieur, c’est Sibel qui jouit de ces libertés alors que sa sœur doit rentrer directement à la maison après le travail des champs. De plus, elle doit constamment demander à leur père la permission de sortir le soir contrairement à Sibel.

Deuxièmement, nous avons apprécié le fait qu’il n’y ait pas de musique, ce qui nous permettait de nous focaliser sur le jeu des acteurs et sur les sons environnants. Effectivement, même si Sibel est muette, elle fait du bruit, il n’y a donc jamais de blanc durant le film. De plus, le fait d’entendre sa respiration qui s’accélère quand elle a peur ou ses tentatives de cris quand elle est en colère, permet de nous la rendre plus vivante encore. Cela nous montre qu’elle essaye de se faire entendre de tous sans, malheureusement, y parvenir !

Pour finir, la fin du long métrage nous a laissé septique. En effet nous ne nous attendions pas à une fin aussi ouverte, mais les dernières scènes sont tellement pleine d’espoir pour l’avenir de Sibel et sa sœur que l’on a du mal à imaginer une suite tragique : la traversée du village la tête haute pour emmener sa sœur à l’école et le sourire échangé avec la jeune mariée. Néanmoins, nous aurions aimé que le dialogue se rétablisse entre Sibel et son père et que l’on sache ce qu’est devenu Ali.
De plus, la musique du générique nous a beaucoup surpris puisque c’est un rap turc très joyeux et dansant. Après réflexion, cette musique n’est pas en total désaccord avec la scène finale puisque nous restons sur un sentiment heureux, plein d’espoir.

En conclusion, Sibel est un film optimiste pour la condition des femmes dans le monde mais il fait aussi bouger les lignes du handicap. Nous vous conseillons aussi ce film pour le magnifique jeu d’actrice dont fait preuve Damla Sönmez !
ROULIER Manon, 2 DEM
2019/05/08 16:41 #2018-sibel-82
Lycée Ambroise Croizat, Moûtiers, académie de Grenoble
Ton histoire étonnante, racontée par Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti
Ton handicap, faisant de toi une enfant bannie
Nous ont permis de découvrir ton langage
Ta culture et ton pays, ce fut un beau voyage.
Nous découvrîmes le rejet et la haine
Des villageois envers toi
Certains passages ne furent pas affrontés sans peine
Rejetée, tu cherchais le loup depuis des mois
Afin de te faire respecter
Quand un jour tu tombas sur cet étranger
Tu avais plus de liberté que les autres filles
Grâce à ton handicap, mais ta soeur, par jalousie
Te trahit, Ali disparut et de tout le monde tu attiras le mépris.
Certaines scènes furent dures à effacer de nos pupilles
Notamment celle où les femmes te battent
On comprend alors leurs mentalités
Et on vit par substitution ta calamité

Les réalisateurs nous ont montré
De superbes plans, et la morale
A travers leur film est distillée
Cependant le rythme était lent
Et certains passages redondants donc ennuyants
Tu connais ta région par coeur
Tu fais tout pour ton père, c'est effrayant
Nous trouvons ton pays inégalitaire
Hommes supérieurs et femmes à terre

La fin ouverte est décevante mais ce sourire de la jeune mariée
Nous laisse penser à ton bonheur qui pourrait enfin arriver

Eliott Robin-Saje 2DEM
2019/05/08 18:53 #2018-sibel-83
Lycée Fresnel, Caen, académie de Caen
Le film Sibel est un drame réalisé par Çaǧla Zencirci et Guillaume Giovanetti sur la vie d’une jeune femme vivant en Turquie remplie de traditions qui peuvent être étouffantes lorsque l’on ne rentre pas dans le code des ces coutumes. Le film est sorti le 6 mars 2019 (en France) et à pour tête d’affiche Damla Sönmez qui incarne le personnage de Sibel. Durant le film Sibel va se retrouver confrontée à des éléments la faisant sortir de sa routine entre le champ de thé, la maison où elle vit avec son père et sa soeur, et enfin la forêt où elle veut traquer le loup qui effraie les villageoises.

L’intrigue du film est très actuelle du point de vue des traditions trop occupantes dans la vie des habitants des pays les appliquant encore. Par exemple dans Sibel la tradition que nous retrouvons dès le début du film est le fait que toute les femmes portent le voile (même Fatma, la soeur de Sibel) sauf la jeune femme, nous pouvons supposer dès le début qu’elle ne veut pas appliquer ces coutumes. Elle ne respecte pas non plus les “codes” car elle s’aventure tout le temps seule dans la forêt, là où elle retrouve sa cahute, elle y enterre des restes d’animaux pour amener le loup. La volonté qu’a Sibel de tuer le loup est présente dans une grande partie du film et nous apprenons la raison de cette obsession que tard dans le film, Sibel veut prouver que, malgré son handicap, elle peut accomplir de grandes choses que seul un homme peut faire. Ce film reconstitue un passage de la vie du personnage avec des défaites mais aussi des nouvelles rencontres. Grâce au fugitif Anil (incarné par Erkan kolçak köstendil) nous allons découvrir une nouvelle facette de Sibel qui va alors tomber amoureuse de lui. La réalisation des plans nous permet de nous mettre à la place du personnage car c’est une caméra sur l’épaule ce qui entraîne le spectateur avec Sibel. Nous pouvons aussi dire que le film est séparé en deux parties plutôt distinctes avec des éléments qui les lient, la première partie est consacrée principalement à la chasse du loup et aux champs de thé tandis que la deuxième au fugitif considéré comme terroriste. Sibel est devenue muette à la suite d’une grosse fièvre à l’âge de 5 ans, nous apprenons ce détail durant le film ce qui nous fait apprécier le film du fait que tous les détails ne sont pas dévoilés dès le début du long-métrage. De plus, la relation entre Sibel et son père est touchante car ils sont très fusionnels et ce dernier défend sa fille devant les critiques des villageois comme nous pouvons le voir à la fin du film lorsque Sibel et sa sœur Fatma traversent le village. Une grande partie des plans du film sont tournés vers le visage de l’héroïne ce qui se trouve être un point positif et à la fois négatif: cela nous permet de comprendre les émotions de Sibel à travers son visage mais le spectateur ne profite pas des paysages ce qui pourrait être un point fort pour le film. Sibel est une personne attachante car malgré son mutisme elle ne se laisse pas abattre et continue de côtoyer des gens comme Narin( considérée comme folle par les femmes du village).
Pour finir, j’ai apprécié le personnage de Sibel car c’est un personnage fort et le film n'était pas ennuyeux. J’ai aussi apprécié le fait que le film n’ait pas de fin concrète ou une résolution totale. Malgré cela le manque de plans sur le paysage est dommage. Le film est une grande découverte et est malheureusement trop peu mis en avant.
Ema Sommier
2019/05/08 19:46 #2018-sibel-84
Lycée Fresnel, Caen, académie de Caen
Sibel, un souffle frais

Sibel est une jeune fille,vivant seule avec sa sœur et son père, le maire du petit village turc de Kuşköy. C’est dans ce village, entre mer et montagne, que Sibel travaille pour aider son père mais celle-ci est dénigrée par le reste du village : elle est muette. Heureusement elle arrive à communiquer grâce à la langue sifflée, la langue des oiseaux. Mais cette langue locale ne change pas les regards qu‘on lui porte, elle préfère donc s’isoler dans les bois à la recherche d’un loup légendaire pour prouver sa valeur. C’est lors d’une de ces recherches qu’ elle va tomber sur un étranger blessé, Amir. Sibel troublée va apporter ses soins à cet étranger qui va l’aider à découvrir qui elle est réellement en l’accompagnant dans l’élucidation des mystères autour de ce loup.

Ainsi ce film dramatique turc sorti en 2018, nous plonge, grâce aux réalisateurs Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti, dans une société marquée par la culture traditionnelle qui y règne mais aussi l’univers de Sibel interprétée par la fantastique Damla Sönmez, un univers naturel et silencieux. En effet le film s’ouvre sur une scène de Sibel en forêt qui se promène de manière habile et sûre d’elle : elle nous est présentée telle la gardienne de cette forêt. Certains plans, certaines actions ne peuvent que nous faire penser à l'héroïne du film d’animation japonaise « Princesse Mononoké » de Hayao Miyazaki, qui a sûrement dû inspirer les deux réalisateurs lors de leurs nombreux voyages en Asie. Mais cette nature est silencieuse, comme Sibel on n'entend que le chant des oiseaux qui sont comme la voix de Sibel n’utilisant que la langue sifflée de Kuşköy.

Ce village est aussi un lieu important dans ce film, on y retrouve une société patriarcale, marquée par les mœurs culturelles et les jugements. Les discussions des femmes ne tournent qu‘autour du mariage et les jeunes filles sont mariées tôt. Cette envie de dénonciation de ce milieu est sûrement due aux origines turques de la réalisatrice Çagla Zencirci, mais celle-ci n’est pas formulée clairement : elle est implicite et laisse donc juger le spectateur du bien de ces pratiques. C’est donc ce village traditionnel qui a été choisi comme lieu de tout ce film. Cependant c’est en regardant le nom du village que son choix devient évident : il signifie « village de l’oiseau » qui est en réalité Sibel, gardienne de ce village par ces sifflements.
Ainsi ce film récompensé dans de nombreux festivals comme celui de Toronto en 2018 est donc un chant d’espoir à aller voir mais surtout à écouter.
Renan Clément
2019/06/17 23:02 #2018-sibel-85
Lycée PRO Magenta, Villeurbanne, académie de Lyon
Sibel, 25 ans, est muette. Elle vit dans un village rural au bord de la Mer Noire en Turquie avec sa sœur et son père. Elle utilise pour communiquer une langue sifflée locale, nommée “langue des oiseaux”. Elle est ostracisée par les villageois du fait de son handicap qui lui donne finalement plus de liberté. Coureuse des bois, elle parcoure la forêt à la recherche d’un loup hypothétique qui terrifie la région, elle rencontrera un homme en rupture de ban qui fuit le service militaire qui bouleversera sa vie. Une fois le film fini, on ne peut oublier le regard vert et déterminé de Sibel et de ses déambulations énergiques, le fusil en bandoulière dans cette nature luxuriante. Ce film coréalisé par la turque Cagla Zencirci et le français Guillaume Giovanetti est une fable féministe, un éveil à la sensualité, un récit d’émancipation contre les mauvaises traditions. Les deux réalisateurs se sont immergés dans cette société villageoise patriarcale pour mieux saisir à la manière ethnographique de Jean Rouch, l’identité culturelle de cette communauté. Et le film se fait peu à peu musical avec le kus dili, cette langue sifflée utilisée par les habitants de Kusköy, le « village des oiseaux ». Ces sifflements bouleversent notre perception du monde autant que Sibel bouscule l’ordre établi de cette société patriarcale ancestrale. Ce qui est fascinant dans ce film c’est bien sûr sa portée documentaire mais où la fiction, le jeu, la mise en scène, le climax demeurent. C’est un conte moderne quasi fantastique avec son loup, sa forêt, son rocher de la mariée ou sa « sorcière », une pauvre femme en quête d’un amour perdu entre poésie et réalité abjecte et tragique. Sibel vagabonde infatigablement, elle robinsonne inlassablement et au final fait évoluer imperceptiblement les mentalités. Le film se clôt sur un échange de regard complice avec la même jeune villageoise qui la rejetait précédemment et un père devenu compréhensif et plus ouvert à l’émancipation. On se souviendra longtemps de ce regard émeraude scrutant, cachée par un arbre l’anatomie masculine mais plus encore de ces sifflements voltigeurs, signes d’une langue, vecteurs d’une émotion stridulante et libératrice.

La TGA1 du Lycée Professionnel MAGENTA (69)