Pausanias Παυσανίας dit le Périégète

Καθέζεται  μὲν  δὴ    θεὸς  ἐν  θρόνῳ  χρυσοῦ  πεποιημένος  καὶ ἐλέφαντοςστέφανος  δὲ  ἐπίκειταί  οἱ  τῇ  κεφαλῇ  μεμιμημένος  ἐλαίας κλῶνας. [...]   δὲ  ὄρνις    ἐπὶ  τῷ  σκήπτρῳ  καθήμενός  ἐστιν    ἀετός

Le dieu est représenté sur un trône : il est d’or et d’ivoire, et il a sur la tête une couronne qui imite la feuille d’olivier. [...] L’oiseau qui repose sur le bout de son sceptre est un aigle.

Pausanias, Le Tour de la Grèce, Livre V, 11

Né à Magnésie du Sipyle en Lydie (aujourd’hui en Turquie) vers 115 après J.-C., Pausanias est un voyageur infatigable, un témoin précieux qui décrit la Grèce à l’époque romaine, sous le règne des Antonins (96 - 192).

On peut recueillir quelques indices de sa vie, qui reste mal connue, dans son œuvre, la Description de la Grèce. Avant sa rédaction, il a visité les côtes d’Asie Mineure, les ruines de Troie, Antioche, Jérusalem et les rives du Jourdain, puis l’Égypte et la Macédoine. Il manifeste son enthousiasme pour les trésors de la ville de Rome, où il s’établit et meurt vers 180.

Son ouvrage en dix volumes est une « périégèse » (du grec περιήγησις, périègèsis, description, un mot dans lequel on retrouve le préfixe péri-, « tout autour ») : une sorte de « guide de voyage » dans lequel Pausanias « le Périégète », comme on le surnomme précisément, entreprend de décrire les merveilles de la Grèce continentale, d’après ses nombreuses lectures et son propre parcours pour vérifier les informations.

Dans un style simple et précis, il évoque l’Attique et ses somptueux monuments ; sa déambulation, de cités en cités, d’œuvres d’art en œuvres d’art illustres, le conduit à Corinthe et à Olympie, dans le Péloponnèse ; il sillonne la mythique Arcadie avant de rejoindre les contrées de la Béotie, plus au Nord, en Grèce continentale, pour boucler à Delphes son circuit, son « tour » de Grèce.

Ce globe-trotter avant la lettre s’attarde parfois sur la faune ou la flore des paysages pittoresques, comme les grandes tortues d’Arcadie, le miel de l’Hymette ou les merles blancs du mont Cyllène, dans le Péloponnèse. Mais il manifeste surtout un vif intérêt pour l’architecture des monuments qu’il visite en esquissant tout d’abord leur histoire, leur topographie, puis en retraçant les cultes et les légendes. Ses écrits ont ainsi permis de conserver l’histoire et les caractéristiques d’œuvres uniques de la Grèce antique, aujourd’hui disparues, comme, par exemple, la fameuse statue de Zeus à Olympie, en or et en ivoire, la troisième des Sept merveilles du monde.

Pausanias est considéré comme l’un des premiers « géographes », même s’il n’a pas la rigueur des spécialistes modernes. À sa façon, il pratique aussi une forme de démarche archéologique : « Pausanias est l’égal d’un philologue ou d’un archéologue allemand de la grande époque ; pour décrire les monuments et raconter l’histoire des différentes contrées de la Grèce, il a fouillé les bibliothèques, a beaucoup voyagé, a tout vu de ses yeux. […] La précision des indications et l’ampleur de l’information surprennent, ainsi que la sûreté du coup d’œil. » (Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, 1983)

• Les informations données par Pausanias sont des sources précieuses pour les savants : sa description détaillée de Delphes a ainsi aidé à la reconstitution du sanctuaire et a facilité le déchiffrage du site. Mais les découvertes de certaines fouilles sont en contradiction avec les indications qu’il a laissées, au point que d’aucuns voient en lui un simple compilateur de récits d’autres voyageurs sans s’être soucié de vérifier par lui-même.

• Pausanias a aussi permis de reconnaître le talent artistique de grands génies de l'Antiquité. Sa description minutieuse de la statue chryséléphantine de Zeus à Olympie et celle de l'Athéna Parthénos à Athènes confèrent ainsi à leur créateur, le sculpteur athénien Phidias, son exceptionnelle notoriété.

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