Les gladiateurs : combats et spectacles Gladiatores

Pour aller plus loin

  • La société ACTA produit des spectacles et des animations historiques. Elle pratique notamment l’archéologie expérimentale, c’est-à-dire l’analyse de sources par l’expérimentation par la mise en pratique des combats. Leur site comprend notamment des ressources sur les gladiateurs.
  • Le Colisée
  • Spartacus
  • Les courses de chars
  • Otium / negotium

« Gladiatores, aut perditi homines aut barbari, quas plagas perferunt ! Quo modo illi, qui bene instituti sunt, accipere plagam malunt quam turpiter vitare ! »

Les gladiateurs, des hommes déchus ou barbares, quels coups ne supportent-ils pas ! Ceux qui sont bien dressés, vois-tu comme ils aiment mieux recevoir un coup que s’y dérober lâchement !

 

Cicéron, Tusculanes, II, 17, traduction de C. Appuhn

Les combats de gladiateurs sont assurément un point de civilisation très connu et commenté. Ils ont suscité et suscitent encore la curiosité, l’admiration ou le mépris. Les documents qui témoignent de ces combats et de leurs protagonistes sont nombreux : textes, inscriptions et iconographies, de toutes époques à partir du IIIe siècle avant J.-C. C’est l’ensemble de ces documents qui nous permettent d’avoir une idée assez précise de ce que furent les combats de gladiateurs pour les Romains. 

Qui sont les gladiateurs ?

Comme Cicéron le rappelle dans les Tusculanes, les gladiateurs sont des hommes déchus de leur citoyenneté romaine, des prisonniers de guerre, des condamnés à mort, ou encore des esclaves. Les traces des premiers combats remontent au IIIe siècle avant notre ère. Les gladiateurs étaient alors souvent contraints lors de combats organisés. Puis, progressivement, ils deviennent des combattants entraînés dans des casernes, des sortes de sportifs recrutés pour leurs qualités physiques par des lanistes, c’est-à-dire, des propriétaires d’écoles de gladiateurs. Outre ces qualités physiques nécessaires, les combattants doivent aussi faire preuve d’une haute résistance morale pour faire face aux coups dans la durée.

Il existe de nombreux types de gladiateurs avec des équipements plus ou moins lourds. Les combats sont soumis à des règles précises puisque certains gladiateurs ne peuvent pas se battre avec tous les types de combattants.

Lorsque les gladiateurs se distinguent, les combats peuvent rapporter beaucoup d’argent au combattant et à celui qui l’a formé. Le gladiateur le plus célèbre se nomme Spartacus, prisonnier de guerre, qui a été à l’origine d’un soulèvement d’esclaves et qui a défié les armées de Crassus et de Pompée. Il a existé quelques rares gladiatrices. Des graffitis retrouvés à Pompéi témoignent de l’admiration suscitée par certains gladiateurs, que l’on pourrait comparer à l’admiration portée à un sportif de haut niveau ou à une star aujourd’hui.

Il convient de différencier les combats de gladiateurs d’autres types de spectacles : dans l’arène, des venationes pouvaient être organisées, c’est-à-dire des combats entre animaux ou entre hommes et animaux, des simulacres de chasse d’animaux sauvages dans des décors reproduisant la nature. Dans ce cas, ce ne sont pas des gladiateurs qui interviennent, mais des venatores. Ces spectacles étaient traditionnellement organisés le matin des journées de jeux, comme une introduction aux combats de gladiateurs. De même, il faut distinguer le combat de gladiateurs de la damnatio ad bestias, qui se déroule sur la pause déjeuner de midi, qui n’est pas exécutée par des gladiateurs et qui n’est autre qu’une condamnation à mort déguisée en spectacle pour attirer les foules.

Les combats : un plaisir pour le peuple, une démonstration de puissance pour les hommes politiques

Les combats de gladiateurs passionnaient les Romains, qui avaient un comportement assez proche de supporters de compétitions sportives aujourd’hui. Ils se rendaient dans l’arène, prenaient place sur les gradins, encourageaient leur vedette, pariaient, se battaient avec d’autres supporters s’il le fallait. Le peuple regardait les prouesses des combats avec délectation, et avait un goût prononcé pour la cruauté et la violence de ces manifestations. Cela faisait partie des mœurs de l’époque. Saint-Augustin dans ses Confessions raconte comment un de ses amis, hostile dans un premier temps à regarder ces combats, s’est laissé emporter par la ferveur du public !

Les spectacles étaient souvent offerts par de riches Romains. Pendant la République, un candidat à des élections pouvait s’attirer les faveurs du peuple en lui payant des spectacles onéreux et luxueux. Sous l’Empire, les spectacles offerts étaient le témoignage de la richesse et de la puissance de Rome. Ils organisaient d’immenses fêtes populaires en recrutant les meilleurs gladiateurs. Un spectateur comblé par des jeux est un spectateur qui oublie ses tracas ou ceux de l’Empire. C’est ce que veut dire la fameuse expression « panem et circenses », « du pain et des jeux » prononcée par les empereurs : organiser des jeux est un moyen pour les hommes politiques de s’attirer les faveurs d’un peuple qui se satisfait de plaisirs qui les éloignent de la politique.

Des sentiments ambivalents

Les gladiateurs suscitaient des sentiments ambivalents. Le fait que la foule s’amassait dans les amphithéâtres prouvait que les combats de gladiateurs étaient appréciés du peuple. Cela faisait partie de l’otium — cette partie de vie que les Romains consacraient aux loisirs. Les gladiateurs étaient perçus comme des vedettes qu’on admirait et un type humain qui horrifiait. Cicéron dans les Tusculanes reconnaît la cruauté et la violence de ces hommes. Mais il est aussi admiratif de ceux-ci qui savaient mépriser la douleur et la mort. Un peu plus tard, Sénèque écrit à son ami Lucilius que certains combats organisés le midi sont des homicides et qu’il ne comprend pas l’engouement de l’assistance pour tout ce sang versé.

Fin des spectacles de gladiateurs et postérité

À l’initiative de l’empereur Constantin, converti au christianisme, au IVe siècle de notre ère, les combats furent interdits ; mais cette interdiction mit longtemps à être effective. Progressivement, les écoles de gladiateurs durent fermer, mais les combats ne cessèrent qu’au début du Ve siècle.  

Les gladiateurs ont continué d’exister dans les représentations que l’on avait de l’Antiquité romaine et avaient une bonne place dans ce que l’on aimait retenir et raconter. Si l’on a de nombreuses sources sûres relatant des combats de gladiateurs, des représentations erronées ou imprécises sont tout de même arrivées jusqu’à notre époque.

Ainsi, le fameux « Ave Caesar, morituri te salutant », « Salut César, ceux qui vont mourir te saluent », n’était pas prononcé par les gladiateurs avant chaque combat devant l’empereur ou le magistrat. Cette phrase n’aurait été dite qu’une seule fois, et dans le contexte bien particulier d’une naumachie (bataille navale organisée dans une arène inondée pour l’occasion) au Ier siècle.

Enfin, certains rapportent que l’empereur avait droit de vie ou de mort sur le gladiateur dans l’arène et pouvait de son pouce levé ou tourné vers le bas, gracier ou au contraire condamner à mort les combattants. C’est ce que montre ainsi le tableau de Jean-Léon Gérôme ci-dessus. Mais cette tradition est contestée.

 

  • Gladiator, le gladiateur vient de gladius, l’épée. Le gladiateur est donc étymologiquement celui qui porte une épée.
  • Les combats de gladiateurs ont pour origine les jeux funéraires, organisés chez les Étrusques, en l’honneur des morts. Plus tard, l’aspect spectaculaire l’emporte sur l’aspect religieux.
  • Un combat de gladiateurs est avant tout un divertissement pour les Romains, dans lequel cruauté et violence ont une part importante.
  • Les spectacles se déroulaient dans des amphithéâtres, comme le Colisée à Rome ; on les appelle aussi aujourd’hui « arènes ».
  • Les candidats aux nombreuses élections pouvaient organiser ce type de combat pour impressionner les foules et gagner en popularité.
  • Il y avait de nombreux types de gladiateurs, qui se distinguaient par leurs équipements, par exemple : le rétiaire (filet et trident), le mirmillon (grand bouclier et épée), le thrace (dague, petit bouclier et casque à rebords)

Voir aussi sur Odysseum la vidéo "spectacle"

Pour aller plus loin

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