Mars, dieu de la guerre

Neve lue rue Marmar sins incurrere in pleores ! (...)

Satur fu, fere Mars ! Limen sali, sta berber !

 

Mars, ne laisse pas dissolution et destruction fondre sur le peuple. (...)

Sois rassasié, sauvage Mars ! Saute la frontière, prends position !

 

Chant des frères arvales

Dans la religion archaïque, Mars est un des dieux les plus importants. Il fait partie de la triade pré-capitoline romaine aux côtés de Jupiter et Quirinus. Il est le dieu des combats et de la protection du sol. Il correspond à Arès dans le Panthéon grec mais ses origines sont propablement italiques. Il y serait associé au cycle végétatif et au renouvellement de la nature. C’est pourquoi les fonctions guerrières de Mars conservent une dimension agraire que renforce la nécessité, pour l’armée, de suivre le rythme des saisons : arrêt des campagnes militaires en automne, reprise au printemps. Le mois qui lui était consacré ouvrait l’année.

Dieu en armes, Mars n’a pas sa place à l’intérieur des limites de la ville (pomerium). À Rome, il est honoré sur le Champ de Mars (Campus Martius). Il faut attendre la fin du premier siècle av. J.-C. pour que Octave Auguste lui consacre un temple sur son forum sous le nom de Mars vengeur (Mars Ultor) en mémoire de l’assassinat de César et des guerres qui s’en suivirent.

Sur le champ de Mars, deux fêtes majeures célèbrent le dieu Mars : au printemps, en Mars précisément, les Equiria à l’occasion desquelles les chevaux sont purifiés, et l’October Equus, à l’automne pour mettre un terme à la saison de la guerre.

La pratique du printemps sacré (ver sacrum) allie les deux aspects de Mars, agraire et guerrier : les peuples accablés par un désastre naturel ou une défaite militaire pouvaient choisir de sacrifier à la divinité les fruits de l’année suivante parmi lesquels, leurs enfants. À l’âge requis, les jeunes gens étaient expulsés pour conquérir d’autres terres. Ainsi, en vertu d’un ver sacrum, les Sabins donnèrent naissance aux Samnites.

Les aventures du dieu Mars reprennent les récits mythologiques liés à Arès : fils de Junon (Héra), amant de Vénus (Aphrodite). Dans un contexte romain, Mars est le père de Rémus et Romulus. Il se serait uni en secret à la vestale Rhéa Silvia, fille du roi d’Albe, dans un bois sacré. Lorsque l’oncle de Rhéa Silvia s’aperçut qu’elle était enceinte, il l’emprisonna et exposa les deux jumeaux à leur naissance sur les rives du Tibre. Ils furent recueillis et nourris par une louve, animal consacré au dieu Mars.

  • Parmi les animaux consacrés à Mars, on compte le pic-vert, le loup, le taureau. Ses attributs sont le casque, la lance et le bouclier.

  • L’antique confrérie des frères arvales honore la déesse agraire Dea Dia. Au cours d’une cérémonie célébrée au mois de Mai, les prêtres prononcent le carmen arvale, le chant des Arvales. Ils y demandent la protection de Mars, dieu du territoire romain, pour que les Lares, dieux du sol, et les Semones, dieux des semences, puissent assurer la prospérité de Rome.

  • Mars reste le premier mois de l’année jusqu’en 153 av. J.-C. Voilà pourquoi les quatre derniers mois de notre année september, october, november, december signifient toujours étymologiquement le septième, le huitième, le neuvième, le dixième.

  • Le pomerium est la limite sacrée de Rome (Urbs) dessinée par l’enceinte du Palatin tracée par Romulus. Des bornes en indiquent le pourtour. Mars fait partie des dieux dont le séjour est jugé dangereux à l’intérieur de la cité comme Vulcain pour son feu, Vénus pour sa luxure. La consécration d’un temple dédié à Mars Ultor à l’intérieur du pomerium est l’expression d’une volonté politique forte de la part d’Auguste de remodeler l’espace civique à l’image des nouvelles valeurs qu’il porte.

  • Lors du rite de l’October Equus, un cheval est sacrifié à Mars, tué d’un jet de lance après une course de char. Les Romains choisissent le cheval attelé à droite de l’attelage gagnant, celui qui, de par sa position, a accompli le plus d’efforts. C’est donc l’animal le plus valeureux. Il est seul digne d’être consacré au dieu. Son sang répandu sur le sol et l’autel de la Regia est censé contribuer à la force de Rome.

  • La déesse Bellona dont le nom est issu de bellum, la guerre, incarne comme Mars la fonction guerrière. Son champ d’action est néanmoins plus vaste : elle est sollicitée dans les tractations diplomatiques avant et après le déchaînement des combats.

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