- LEXIQUE des termes grecs pour lire le mythe et la tragédie en classe

Agôn (ἀγών)

Lutte, combat ; toute forme de situation qui met “face à face” des forces agissantes (agein, agir), des “ant/agon/istes” (ainsi la dernière “lutte” de la vie est-elle une agon/ie).
Pour les Grecs, le mot agôn désigne donc aussi bien la compétition sportive (les jeux) que l’affrontement à l’assemblée (les débats politiques), au tribunal (les procès) ou à la guerre (les batailles). Au théâtre, il constitue l’enjeu fondamental : le conflit entre une volonté personnelle et des forces qu’elle doit braver.

Anankè (ἀνάγκη)

Comme nom commun, l’obligation, la nécessité ; avec une majuscule, c’est la personnification de la Destinée à laquelle nul n’échappe, ni homme ni dieu (le Fatum des Romains, d’où vient notre fatalité).
Ainsi Zeus, le maître de l’Olympe en personne, a beau manifester sa préférence pour Troie et retarder le désastre, il ne peut empêcher “sa balance d’or” de faire plonger le “sort” d’Hector dans l’Hadès infernal (Iliade, chant XXII, vers 208-214).
Pour exprimer la loi incontournable de l’Anankè, “ce qui a été, est et sera”, les mythes tragiques mettent en scène divers “interprètes-traducteurs”, divins et humains, concrets ou symboliques. Évidemment, le public connaît l’histoire d’avance, mais il attend les “signes” qui vont susciter terreur et pitié (voir catharsis).

Bien entendu, le public sait aussi que tous ces “interprètes” parlent par énigmes car il n’est pas donné aux humains de connaître directement les voies/voix de la Providence :

• Les dieux sont les premiers gardiens-exécuteurs de la Destinée. Zeus et ses enfants (Apollon, Athéna) veillent directement à son application.
La parole de l’oracle est le principal moyen pour l’homme de connaître son destin : ainsi on peut écouter la voix de Zeus dans son sanctuaire de Dodone où les prêtres interprètent le bruissement du vent dans la forêt des chênes sacrés. Mais c’est surtout Apollon dit Phoebus (le Brillant) ou Loxias (l’Oblique) qui fait connaître "ce qui doit être" et ordonne la purification à ceux qui portent la souillure du crime (comme Oreste). Il dispose d’un lieu privilégié pour dispenser sa “parole” : Delphes, le plus grand centre religieux de l’Antiquité, où affluent les pèlerins de tous les pays pour consulter la Pythie, la prêtresse chargée de dévoiler les sentences du dieu dans son temple.
• Certains mortels peuvent aussi avoir reçu le don de “lire” le destin :
- Les devins Tirésias et Calchas “traduisent” les événements, le premier à Thèbes, l’autre pendant l’expédition contre Troie (souvent les devins sont aveugles, comme Tirésias, car leur cécité est la contre-partie symbolique de leur don de vue intérieure).
- Cassandre, la fille de Priam, a reçu d’Apollon le don de prophétie, sans pour autant pouvoir se faire entendre.

Mais il peut aussi arriver que la prophétie (littéralement "parole en avant" en grec) se manifeste par d’autres moyens proprement “énigmatiques”, dont seuls certains “élus” sont capables de décoder les signes :
• Le rêve, dont les auteurs tragiques ont montré la capacité prophétique, bien avant les interprétations de la psychanalyse. Ainsi Hécube, enceinte de Pâris, rêve qu’elle met au monde une torche qui met le feu à Troie ; Clytemnestre, elle, rêve qu’elle accouche d’un serpent à qui elle offre son sein alors qu’elle attend Oreste.
• Les ombres des morts apparaissent aux vivants comme des fantômes pour évoquer leur destin (ainsi Ulysse aux Enfers rencontre Agamemnon qui lui raconte sa mort).
• L’énigme du Sphinx permet à Œdipe de réaliser son destin et de trouver sa vérité.

Atè (ἄτη)

Le mot est traduit le plus souvent par “erreur” ou “égarement” ; personnifiée, c’est une puissance redoutable, “l’Égareuse”, qui incarne la force du malheur s’abattant sur les êtres.
Si à l’origine, l’erreur engendrée par l’Atè ne suscite aucun sentiment de culpabilité morale, par la suite elle sera sentie comme une faute entraînant une punition. Soufflée par une volonté proprement surnaturelle, elle se concrétise par un terrifiant moment de folie, plus ou moins bref, dont la conséquence est une “erreur” lourdement préjudiciable. Dans l’Iliade, c’est l’Atè d’Agamemnon qui l’a poussé à déposséder Achille de sa captive, provoquant ainsi sa fameuse colère. C’est l’explication qu’avance lui-même “le roi des rois” :
"Ce n’est pas moi qui suis coupable […] que pouvais-je faire ?  C’est une déesse qui mène tout à bout : Atè, la vénérable fille de Zeus, c’est elle, la maudite, qui égare tous les hommes ! Ses pieds délicats ne touchent pas terre ; ils ne font qu’effleurer les têtes des humains qu’elle prend tous dans ses filets et accable de maux. Et un jour elle a égaré Zeus lui-même, le roi des dieux et des mortels.” (Iliade, chant XIX, vers 86-96)
L’homme frappé par l’Égareuse, littéralement “aliéné” par sa force irrationnelle, manifeste une conduite imprudente, dangereuse, inexplicable : folie, meurtre, suicide. “Quand donc s’achèvera, où donc s’arrêtera, rendormie, l’ardeur de l’Égareuse ?” interroge avec angoisse le coryphée en conclusion des Choéphores (Eschyle, vers 1074-1076).
Voir l'article "Atè, l’Égareuse".

Catharsis (κάθαρσις)

Ce terme qui a suscité tant de commentaires est emprunté au vocabulaire médical ; il désigne littéralement l’action d’administrer un médicament “purgatif” pour “soulager” un estomac trop chargé.
C’est Aristote (384-322 avant J.-C.) qui en a fixé l’utilisation comme métaphore littéraire, dans sa Poétique, pour expliquer le mécanisme de la tragédie sur son public :
"Il convient de parler de la tragédie en reprenant la définition de sa nature propre, qui résulte de ce qui a déjà été dit. La tragédie est donc l’imitation d’une action noble, menée jusqu’à son terme avec une certaine étendue, dans un discours relevé d’assaisonnements agréables utilisés séparément, par espèces différentes, selon les parties de l’œuvre tragique. Il s’agit d’une imitation accomplie par des personnages en train d’agir, non par l’intermédiaire d’une narration ; par le moyen de la pitié et de la crainte, elle réalise la purgation (catharsis) des émotions de cette nature. Par “discours relevé d’assaisonnements agréables”, je veux dire celui qui est formé par le rythme, la mélodie et le chant, et par “espèces différentes” le fait que certaines parties ne sont composées qu’en vers déclamés, tandis que d’autres sont accompagnées du chant."  (Poétique, VI, 1449 b, 20-31, traduction A. C.)
On voit qu’Aristote considère la crainte et la pitié comme des émotions pénibles ; la catharsis a donc le pouvoir paradoxal de transformer le désagrément en soulagement, sinon en plaisir, ce qui n’a pas manqué de susciter des interprétations variées. D’un côté la peur de subir les maux, de l’autre le traitement qui consiste à les ressentir pour mieux les combattre. Pour les humanistes “classiques”, la métaphore de la purge est la preuve de la moralité essentielle du théâtre : le spectacle tragique guérirait le spectateur de la tentation des passions mauvaises en lui montrant leurs conséquences terrifiantes et fatales. À partir du XIXe siècle, on a surtout retenu son application médicale concrète : la tragédie est assimilée à une sorte de traitement homéopathique qui nous protège des passions en nous les faisant éprouver sous une forme “épurée” grâce au filtre de la mimésis  (la “faculté d’imiter” le monde, propre au genre théâtral).

Dikè (δίκη)

Règle, droit, justice ; d’abord émanation de l’autorité divine, elle devient l’expression de l’ensemble des lois qui régissent la cité (voir nomos et polis).
Hésiode annonçait ainsi le règne de la Justice : “ La justice (dikè) triomphe de la démesure (voir hubris) quand son heure est venue ” (Les Travaux et les Jours, vers 217-218). Pour les Grecs, toujours très attentifs à un ordre du monde (le cosmos) fondé sur une “ juste ” répartition de tous ses éléments, la justice est définie par la distribution du lot assigné à chacun (voir Némésis). C’est dans une perspective éducative que Platon, dans son dialogue Protagoras, prête au grand sophiste lui-même le mythe resté célèbre où la justice, qui permet la vie en société, apparaît comme le don suprême des dieux à l’ensemble de l’espèce humaine.
Avec le développement “politique” des cités grecques, la notion de justice sort du cadre mythique et religieux pour s’incarner dans le monde des hommes. À ce titre, la leçon de la trilogie d’Eschyle, l'Orestie, est particulièrement symbolique d’un changement radical des mentalités : elle accorde à Oreste l’occasion d’être jugé et acquitté par le premier tribunal humain, l’Aréopage athénien, avec la protection des “jeunes dieux”, Apollon et Athéna, interprètes de la volonté du Père Zeus. Ainsi échappe-t-il au “talion sans merci” (Les Choéphores, vers 274), représenté par les terrifiantes Érinyes (voir ci-après).
Avec Antigone, on voit s’affronter deux dikè, selon la fameuse expression “lois écrites” / “lois non écrites”. Dans l’affrontement qui l’oppose à Créon, la fille d’Œdipe représente le poids d’une justice ancestrale, exercée par les forces archaïques du monde “d’en bas” (celui des morts, mais aussi des Moires et des Érinyes, filles des Ténèbres), où elle s’apprête à descendre.

Eirônéia (εἰρωνεία)

Le mot "ironie" (eirôneia) désigne en grec ancien l’action d’interroger en feignant l’ignorance ; c’est la méthode favorite du philosophe Socrate dans ses dialogues (d’où l’expression "ironie socratique") : tout en affirmant son ignorance, il fait avancer la conversation par une série de questions en apparence naïves qui amènent ses interlocuteurs à confirmer ou à infirmer des assertions successives pour reconnaître en fin de compte leur propre ignorance.
Au théâtre, les ressorts de l’ironie reposent également sur une répartition dramatique entre ignorance et information. En effet, les spectateurs en savent plus que les héros : ils connaissent leur histoire ; ils éprouvent terreur et pitié - les ressorts de la catharsis - pour ceux qui luttent en vain contre la marche inexorable du destin (anankè) dont ils sont les jouets ; ils n’en perçoivent que mieux le principe même de l’ironie tragique. L’exemple le plus frappant est celui de la pièce Œdipe Roi de Sophocle, une tragédie totalement "ironique" : pour mettre un terme à la malédiction qui s’est abattue sur la cité de Thèbes, Œdipe promet de châtier le meurtrier inconnu du roi Laïos, tout en ignorant qu’il est lui-même ce meurtrier qu’il recherche et que Laïos était son père. L’oracle est ici le pivot de l’ironie tragique ; il est rapporté par la reine Jocaste, mère d’Œdipe et épouse de son fils (sans le savoir) : « Autrefois, un oracle fut révélé à Laïos, non par Phoibos Apollon lui-même, mais par ses serviteurs ; il disait que sa destinée était d’être tué par un fils qui serait né de lui et de moi. Cependant des voleurs étrangers l’ont tué à la rencontre de trois chemins. À peine l’enfant nouveau-né eut-il vécu trois jours qu’il chargea des mains étrangères de le jeter, les pieds liés, sur une montagne déserte. Ainsi Apollon n’a point fait que le fils fût le meurtrier du père, ni que Laïos souffrît de son fils ce qu’il en redoutait. » (Sophocle, Œdipe Roi, vers 711-722).
L’ironie réside précisément dans le décalage entre la conduite du héros qui espère échapper à son destin et la perception du spectateur qui sait par avance la vanité de ses efforts. Elle nourrit la tension dramatique et sa dimension pathétique : quand le héros découvrira-t-il ce qu’il ignore ? Comment réagira-t-il ?
Quand Œdipe prend conscience de ses crimes, il se crève les yeux et part en exil.

Érinus (Ἐρινύς)

Puissance primitive terrifiante, appartenant à la génération qui a précédé les dieux de l’Olympe, c’est “le fléau vengeur” chargé de punir les crimes de sang, et plus particulièrement ceux qui sont commis dans la famille (le parricide d’Oedipe, le matricide d’Oreste).
Hésiode en fait trois monstres femelles, les Érinyes, nées de Gaia, la Terre, fécondée par le sang et le sperme d’Ouranos, le Ciel, émasculé par son fils Cronos. La plus célèbre d’entre elles se nomme Mégère. Souvent comparées à des "chiennes", représentées avec des ailes, les cheveux hérissés de serpents, brandissant des torches, elles persécutent les coupables en les rendant fous (les Romains les appellent Furies).
Cassandre “flaire” leur présence dans le palais d’Agamemnon rentrant de Troie : “Ayant bu du sang humain pour mieux s’exciter, cette troupe d’Érinyes familiales reste à demeure, on ne la reconduit point.” (Eschyle, Agamemnon, vers 1188-1190). Elles persécutent Oreste après le meurtre de Clytemnestre : “Nous l’étouffons sous le sang frais du crime”, se délectent-elles en chœur dans Les Euménides (vers 355) ; et le meurtrier, pris de folie, supplie lui-même sa mère de l’épargner : “Mère, je t’en supplie, ne déchaîne pas contre moi ces filles aux yeux sanglants, à l’aspect de serpents ! […] elles vont me tuer, faces de chiennes, yeux fascinants, ces prêtresses d’Enfer, les déesses terribles !” (Euripide, Oreste, vers 256-257 et 260-261).
Cependant Oreste a conscience que ces monstres sont le produit de son imagination malade : “Ce sont des accès de démence, vengeurs du matricide” (ibid. vers 400), confie-t-il à son oncle Ménélas, arrivé à Argos quelques jours après le meurtre. On voit comment Euripide intériorise les puissances démoniques par cet effet de “psychologisation” rationalisante propre à son univers tragique.
Oreste ne sera délivré de sa folie que par la décision du tribunal de l’Aréopage. Ainsi est mis un terme à la “vendetta”, cette malédiction héréditaire qui exige “sang pour sang” : après l’acquittement, refoulées symboliquement sous terre par Athéna, les redoutables Érinyes deviennent les Euménides, c'est-à-dire les "Bienveillantes" par cet euphémisme qui consiste à les flatter pour apaiser leur colère.

Hubris (ὕβρις)

Toute forme de démesure, en paroles, en actes ou même seulement en pensée. Chez l’homme, la démesure suscite l’arrogance (au sens étymologique du verbe s’arroger, c’est-à-dire s’attribuer un privilège sans y avoir droit), un comportement et un état d’esprit marqué par l’orgueil et l’excès de confiance en soi.
Hésiode l’oppose à la justice (voir Dikè) et met en garde contre ses conséquences : “La démesure est chose mauvaise pour les pauvres gens ; les grands eux-mêmes ont peine à la porter, et son poids les écrase, le jour où ils se heurtent aux désastres.” (Les Travaux et les Jours, vers 214-216)
Fondamentale dans la pensée grecque, l’hubris est un risque permanent de catastrophe : en effet, un succès ou un bonheur trop manifestes entraînent un danger littéralement surnaturel, surtout si l’on a l’orgueil de s’en vanter, car ils attirent l’attention, sinon la jalousie des dieux, comme les maisons et les arbres les plus élevés attirent la foudre. À la suite des récits mythiques racontant le châtiment exemplaire de ceux qui ont voulu défier la puissance divine, tel Tantale, les tragédies font de  l’hubris le mal foncier, le “péché” dont le salaire est la ruine et la mort.
On voit donc comment se dessine les étapes de la chaîne fatale pour les héros tragiques : excès (trop de bonheur, de réussite, de richesse) >>> orgueil >>> punition par l’autorité supérieure >>> ruine. Le seul moyen d’y échapper est dans ce mèden agan  (“rien de trop”), inscrit au temple d’Apollon à Delphes avec le “connais-toi toi-même” (gnôthi seauton) : des formules qui devaient apprendre aux hommes la sagesse avec la conscience essentielle de leurs limites.

Moira (μοῖρα)

Au sens propre, la portion, le lot qui est assigné à chacun (vie, territoire, honneur, etc.), au sens figuré, la Destinée personnifiée, qu’Hésiode représente sous la forme de trois divinités, les Moires, filles de Zeus et de Thémis (Justice), installées aux Enfers et chargées de fabriquer le fil de chaque vie humaine.
La croyance dans la “portion” de vie qu’incarne la Moire témoigne de ce souci permanent des Anciens d’ordonner le monde selon des principes de répartition et de distribution : à chacun son lot.
Sous la forme du célèbre trio des vieilles fileuses, les Moires tissent l’écheveau des existences mortelles sans que nul ne puisse en déjouer le cours. Aussi désignées par l'expression abstraite "les destins", elles sont par antiphrase "celles qui épargnent" (les Parques, du verbe latin parcere, "épargner") parce que, précisément, elles n'épargnent personne.
Elles sont représentées comme trois sœurs qui tissent la vie des hommes : Clotho, "la Fileuse", Lachésis, "le Sort", et Atropos, "l'Inflexible", mesurent la vie de chacun de la naissance à la mort à l'aide d'un brin de laine symboliquement filé par la première, dévidé par la seconde et coupé par la troisième.

Némésis (Νέμεσις)

La justice est d’abord l’expression religieuse de la moira, une “juste” distribution du lot assigné à chacun, personnifiée par la Némésis (au sens littéral “Justice distributive”). Son nom appartient à la famille du verbe némein (distribuer, partager), d’où est également issu le terme de nomos (ce qui est attribué en partage), qui précisément sert à désigner “la loi”, celle des hommes dans la Cité, distincte de celle des dieux représentée par le terme thémis.

Nomos (νομός)

La loi humaine qui assure à chacun une juste répartition (du verbe némein, distribuer, partager).
C’est avec la loi, que va se fonder la notion de droit civique pour des individus “semblables” et responsables, réunis par les mêmes règles (l’isonomia, littéralement “lois égales”, c’est-à-dire la législation des droits, base de la démocratie), et non plus pour de simples sujets soumis aux devoirs imposés par d’obscures forces transcendantes. Nomô kaï dikè, “par la loi et par le droit”, devient le principe démocratique par excellence.

Polis (πόλις)

La cité au sens d’une communauté “politique” d’individus (citoyens) partageant les mêmes lois. Pour les tragiques grecs (Eschyle, Sophocle, Euripide), tous nés sur le sol attique, c’est Athènes qui représente la Cité par excellence, celle qui passe pour le berceau de la démocratie (démos  désigne le peuple des citoyens et cratos le pouvoir). Son roi mythique Thésée représente les “vertus” du chef par excellence : générosité, équité, courage et sagesse.

Thémis (Θέμις)

La loi divine et morale. Personnifiée, Thémis est fille d’Ouranos (Ciel) et Gaia (Terre) ; elle passe pour la deuxième épouse de Zeus et la mère des Moires (voir Moira ci-dessus).

Tuchè (τύχη)

Indissociable de la Nécessité, c’est le Hasard (la Fortuna des Latins) qui préside aux rencontres fortuites ; c’est pourquoi l’homme les voudrait toujours heureuses (Agathè tuchè, “bonne chance” est une formule rituelle de salut en Grèce).
Mais le hasard peut aussi produire les accidents les plus imprévisibles : par exemple, pourquoi Oedipe et Laïos se sont-ils trouvés sur le même chemin ? Anankè et Tuchè ont fait que “c’était écrit”, selon une croyance populaire très largement répandue.

Sommaire du dossier

Étudier la tragédie en classe

Les termes grecs ici présentés sont transcrits en caractères latins avec une orthographe phonétique.

Remarques :

1) -ch- (issu de la lettre chi ) se prononce comme dans “ ar-ch- aïque ”.

2) -u- (issu de la lettre upsilon ) a donné y en alphabet latin :

hubris  >  hybris.

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