L'esclavage en Grèce et à Rome

musagora

 

stèle funéraire
Stèle funéraire de Satria Epicharis à son esclave Antoninus, mort à l’âge de 12 ans. Rome, IIIe siècle ap. J.-C.

 

ὁ δοῦλος κτῆμά τι ἔμψυχον...
L’esclave est une sorte de propriété vivante...

Aristote, La politique, 1253 b

 

L’esclavage existe aussi bien dans le monde grec que dans le monde romain où des hommes, des femmes et des enfants se trouvent privés de liberté et vivent sous la dépendance absolue d’un maître dont ils sont la propriété.

La condition d’esclave est liée à la naissance de l'individu (l’esclave naît de parents esclaves) ou  aux prises de guerre et à la piraterie (un homme librement peut être ainsi fait prisonnier puis vendu comme esclave). L’esclavage concerne généralement les peuples étrangers excepté dans le cas de l’esclavage pour dettes (un homme insolvable est vendu pour rembourser son créancier). Le maître préfère acquérir des esclaves de diverses nationalités pour qu’ils communiquent plus difficilement entre eux, et ce par mesure de sécurité.

Les esclaves sont assignés à des taches très différentes. Il n’est guère possible de définir un cadre  général. Certains accomplissent le travail des bêtes de somme ou s’épuisent dans les mines ; d’autres servent dans de riches maisons en tant que domestiques ou secrétaires particuliers  quand ils savent lire et écrire. On compte ainsi parmi eux des médecins, des professeurs et des philosophes. Les plus pauvres d’entre eux sont esclaves d’un autre esclave. Les châtiments sont très durs, même si les révoltes, durant l’Antiquité, sont restées peu nombreuses.

L’affranchissement n’est pas un fait rare. L’esclave grec peut ainsi devenir alors un métèque à Athènes, à terme un citoyen à Rome. Le maître affranchit le plus souvent un esclave pour ses bons et loyaux services, par reconnaissance ; l’esclave peut  lui-même parfois racheter sa liberté grâce à ses propres économies.

Les sources qui nous sont parvenues sont littéraires, philosophiques et juridiques. Les traités d’économie abordent également la question de la gestion des biens et de l’esclavage. Les historiens ont rapporté les grandes révoltes d’esclaves de même que les  exemples frappants de dévouement ou de trahison de leur part.

Les sources archéologiques et épigraphiques sont des plus intéressantes : stèles funéraires et actes d’affranchissement, ou également colliers d’esclave où figurent le nom et l’adresse du propriétaire à laquelle ramener le fugitif.

Les témoignages artistiques sont peu nombreux : l’esclave ne fait pas objet de représentation pour lui-même ; il occupe le plus souvent la place de faire-valoir au profit de son maître sur les bas reliefs par exemple.

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