Le circus Maximus, célèbre hippodrome de la Rome antique

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Les origines du Circus Maximus : au centre de l’Urbs

En plein cœur de Rome, non loin du Tibre, du Forum ou encore du Colisée, le Circus Maximus occupe à lui seul la vallée de la Murcia presque entière entre deux collines : le Palatin et l’Aventin. Il s'étend du Forum Boarium au Nord-Ouest à la porte Capène au Sud-Est. Il représente en surface l’équivalent de seize terrains de football. Il est  en plein cœur de Rome, non loin des Palais, et à l’intérieur des murs de la Ville ; l’historien Jean-Paul Thuillier fait la comparaison suivante : « En somme, c’est comme si le Stade de France était sur les Champs-Élysées, à côté du palais de l’Élysée... »

Comme de nombreuses bâtisses à Rome, il a subi des transformations, notamment des agrandissements et des rénovations de sa structure sous la République avec Jules César et sous l’Empire avec Auguste et Néron. Aujourd’hui il faut beaucoup d’imagination pour se représenter le Circus Maximus antique. On y passe ou l’on s’y promène plutôt qu’on ne le visite.

Il a été conçu à l’époque du roi étrusque Tarquin, sur un grand espace naturel, dans une forme très primitive, dénuée de structures : un grand champ autour d’une arête centrale, tel un hippodrome, pour y organiser des courses de chars ou de chevaux, que l’on pouvait observer de chaque côté légèrement surélevé naturellement. Tarquin le Superbe fit dresser plus tard des gradins en bois uniquement pour les personnalités de haut rang qui venaient voir ces courses.

L’architecture du Circus Maximus, en évolution constante

Sous la République, à partir du IVe siècle, le Cirque a été construit avec des structures solides et de plus en plus imposantes. C’est une arène de forme rectangulaire, au côté Nord légèrement incurvée et au côté Sud de forme circulaire. Depuis l’extérieur, le Cirque présente trois étages d’arcades ; à l’intérieur, trois rangs de gradins étaient séparés par des murs ; de nombreux escaliers permettaient aux spectateurs de passer des galeries intérieures aux gradins : des vomitoria, vomitoires, comme dans les amphithéâtres.

La cavea désigne les gradins présents tout autour du cirque ; les gradins en maçonnerie remplacèrent progressivement les sièges de bois, trop souvent l’objet d’incendies. Sous le règne d’Auguste, fut construit sur les gradins, au pied du Palatin, le Pulvinar, la tribune impériale qui permettait d’avoir une vue d'ensemble sur les courses de char et qui pouvait recevoir, en plus de l’Empereur et sa famille, les responsables locaux, ainsi que les généreux commanditaires du spectacle. Cette loge rappelle ainsi l’importance politique des jeux. Elle est reliée directement à la Domus Augustana, demeure d’Auguste sur le Palatin. Comme pour tous les monuments romains, la hiérarchie des gradins reflétait celle de la société : les sénateurs, les magistrats, les patriciens, les chevaliers étaient au plus près de la piste, séparés d’elle par le podium, un mur d’environ 4 m, qui formait l’écart nécessaire entre les coureurs et les spectateurs ; les romains moyennement aisés étaient au rang du dessus ; le peuple occupait l’étage supérieur.

À l’origine, l’arène faisait 370 m de long et 83 m de large. Elle était partagée par une arête centrale : la spina, un mur abondamment décoré de statues, d’autels, et de mécanismes pour compter les tours de piste, comme le suggère la gravure de la reconstitution du Circus Maximus ci-dessus. À chaque extrémité de la spina, on trouvait trois bornes coniques, des metae, autour desquelles s’effectuaient les virages des attelages et qui servaient de points de repère aux équipages de chars. Sous l’empereur Auguste, on érigea sur la spina un obélisque : celui de Ramsès II, d’une hauteur de 23,70 m, provenant d’Héliopolis en Égypte ; il sera déplacé sur la Piazza del Popolo en 1587. En 357 après J.-C., un second obélisque, celui de Thoutmosis III de Thèbes, d’une hauteur de 32,50 m, fut installé par l’empereur Constantin. Il se trouve aujourd’hui sur la place St-Jean-de-Latran.

En 329 avant J.-C., à l’extrémité Nord de l’arène, furent construits dans l’oppidum, bâtiment d’écurie, douze boxes de départ pour les chars, les carceres. Ces remises permettaient aux coureurs d’accéder à la piste et de la quitter une fois le spectacle terminé. Ce sont des petites salles fermées par des portes en bois voûtées, et disposées en courbe pour égaliser les distances à parcourir pour chaque attelage qui doit rejoindre le centre de la piste. Elles sont rangées six par six de chaque côté de la Porta Pompae, porte, par laquelle passait le cortège (pompa) du cirque avant le commencement des courses.

À l’extrémité Sud, il y avait la Porta Triomphalis sur la partie circulaire, remplacée par un arc de triomphe. Le vainqueur de la course passait sous cet arc. Les tués et les blessés étaient, quant à eux, évacués par la porta libiteneusis située du même côté que la tribune d’honneur impériale.

La capacité primitive du Circus Maximus se trouva augmentée par les différentes extensions, rendues nécessaires par le succès croissant remporté par les courses. Agrandi par César, Claude et Néron, le cirque brûla deux fois de manière importante : en 64 après J.-C., pendant l'incendie de Néron, et sous Domitien. Le cirque fut encore agrandi par l’empereur Trajan au début du IIe siècle, puis par Caracalla au début du IIIe siècle. Ainsi au IVe siècle, la piste du cirque mesurait 621 m de long sur 118 m ; un tour de piste équivalait à 1500 m environ, et on estime que plus de 250 000 personnes pouvaient prendre place dans la cavea.

Des compétitions furent encore organisées au Ve siècle et le dernier spectacle eut lieu en 549. Faute d’entretien, le Circus Maximus était déjà à l’abandon et la récupération des matériaux pour d’autres constructions contribua à l’effondrement de ses structures.

Autour du Circus Maximus, un quartier animé et sonore

Tout autour du Circus Maximus, le quartier est particulièrement animé les jours de courses. Le public converge vers le Cirque, et ce dès le milieu de la nuit précédente puisque certaines places étaient gratuites et donc très convoitées. Certains auteurs rapportent également des problèmes de circulation dans la Ville entière. Juvénal confirme que Rome tout entière, tota Roma, est au cirque : « Dans le cirque aujourd’hui Rome entière est assise. / D’où viennent ces transports ? et que veulent ces cris ? » (Juvénal, Satires, trad. J.V. Raoul, 1812). De nombreux marchands installaient leur échoppe près du cirque, et l’activité commerciale était  forte. La rumeur de la Ville est grossie par les clameurs qui viennent des gradins. « Voici qu’éclatent les cris du cirque. Une soudaine, une universelle acclamation frappe mes oreilles, sans toutefois m’arracher à mes réflexions, sans même les interrompre [...]. Le grondement confus d’une foule est pour moi comme le flot, comme le vent qui fouette la forêt, comme tout ce qui ne rend que d’inintelligibles sons. » écrit ainsi Ammien Marcellin, au IVe siècle (Res gestae, 28, 4, 31, traduction M.-A. Marié). Le véritable spectacle de l’hippodrome était sur la piste, mais de nombreux témoignages d’auteurs attestent que les tribunes étaient elles aussi très animées : les spectateurs qui assistaient à ces courses, dans un climat plutôt violent, se comportaient avant la lettre comme de  véritables « hooligans »,  supportant leur équipe et ne se gênant pas pour malmener tous ceux qui étaient du camp opposé.

Les autres cirques romains

Malgré la présence de cet immense cirque, Rome fut dotée d’autres lieux de loisirs plus ou moins centraux. Ils ne furent pas aussi grands que le Circus Maximus, mais furent aussi très fréquentés.

Ainsi, le Circus Flaminius, construit au Champ de Mars en 220 avant J.-C. par le censeur C. Flaminius, comprenait la majeure partie du Champ de Mars. D’abord espace destiné aux jeux du cirque, il devient progressivement une place publique, puis un marché.

Puis, le Circus Vaticanus, sur la rive droite du Tibre, là où est aujourd’hui la sacristie de Saint-Pierre, a été construit sous le règne de Caligula dans ses jardins du Vatican. L'obélisque de la place de Saint-Pierre provient de ce cirque.

Le Circus Romuli ou cirque de Maxence (Romulus était le fils de Maxence) est le dernier en date des édifices de ce genre à Rome, bâti au début du IVe siècle ; ses ruines, très bien conservées, se voient sur la gauche de la voie Appia, tout près de Rome.

Il y avait dans les provinces romaines également de nombreux cirques.

Ce qu'écrit Aulu-Gelle :

 

In Circo Maximo, inquit, venationis amplissimae pugna populo dabatur. Eius rei, Romae cum forte essem, spectator, inquit, fui. Multae ibi saevientes ferae, magnitudine bestiarum excellentes, omniumque invisitata aut forma erat aut ferocia.

Aulu-Gelle, Noctes atticae, V, 14

 

Au Grand Cirque on offrait au peuple une chasse grandiose. J'étais justement à Rome et j'ai assisté au spectacle. Il y avait beaucoup de bêtes sauvages, les spécimens les plus grands, les plus beaux, les plus féroces.

 

Traduction de M. Nisard

  • Le Circus Maximus, « Le très Grand Cirque », est le plus vieux cirque de la Rome antique. C’est le premier de la douzaine de cirques qui ont été construits à Rome dans l’Antiquité. C’est un édifice de forme rectangulaire dans lequel se déroulent des courses de chars mais aussi diverses compétitions sportives qui sont l’objet de nombreux paris.
  • Les dimensions du Circus Maximus sont extraordinaires : il porte bien son nom, qui insiste à la fois sur sa grandeur et sur sa beauté. Il faut imaginer, dans sa forme définitive, une enceinte ovale d’environ 600 m de long sur plus de 100 m de large, qui a pu accueillir près de 250 000 spectateurs.
  • L’histoire du Circus Maximus commence avec le roi étrusque Tarquin l’Ancien au VIe siècle avant J.-C. qui l’aménagea pour des événements divertissants, et se poursuit aujourd’hui encore, puisque le Circus Maximus est encore un lieu susceptible d’accueillir des  loisirs, des événements culturels ainsi que des rassemblements populaires.
  • Dans l’Antiquité, on va au cirque pour voir principalement des courses de chars mais de nombreux témoignages attestent aussi de divers loisirs, comme le dit Aulu-Gelle, qui raconte ici par exemple la venatio (spectacle de chasse) à laquelle il a assisté au IIe siècle de notre ère.
  • Les vestiges du Circus Maximus encore visibles aujourd’hui comprennent seulement une petite partie de la tribune sud-est, et quelques arcades. Deux obélisques, appartenant au cirque, ont été déplacées sur deux places romaines.

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Pistes pour aller plus loin :

  • L’architecture romaine
  • Les loisirs chez les Romains
  • Les jeux du cirque
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