Jules César

ἣν δὲ τῷ βίῳ παντὶ δυναστείαν καὶ ἀρχὴν διὰ κινδύνων τοσούτων διώκων μόλις κατειργάσατο, ταύτης οὐδὲν ὅτι μὴ τοὔνομα μόνον καὶ τὴν ἐπίφθονον καρπωσάμενος δόξαν παρὰ τῶν πολιτῶν.

Cette domination, ce pouvoir qu'il avait poursuivi de toute son énergie et à travers d'innombrables dangers, et qu'il obtint à grand peine, ne lui procura qu'un vain titre,
qu'une gloire fragile, qui le rendirent odieux à ses concitoyens.


Plutarque, Vies parallèles des hommes illustres, "Vie de César", 69

Plutarque rapporte que César "en Espagne alors qu'il lisait un ouvrage sur Alexandre, resta longtemps à réfléchir, absorbé en lui-même, puis se mit à pleurer. Ses amis étonnés, lui demandèrent la cause de ses larmes. Ne vous semble -t-il pas, dit-il , qu’il est triste de penser qu’à l’âge où je suis Alexandre avait déjà un si vaste empire et que moi je n’ai encore rien fait de grand ”. C'est à cela qu'il emploiera son talent et son ambition.

Né le 12 (ou 13) juillet 100 (ou 102) avant J.-C., Caius Julius César est issu d'une très ancienne famille patricienne, la gens Julia, descendant selon ses dires et ceux de ses admirateurs du prince troyen Anchise et de la déesse Vénus. Mais, dès sa jeunesse, César est contraint à l'exil face aux menaces de Sylla, qui le suspecte d'être un opposant. À l'occasion d'une campagne militaire en Asie, il demeure en Bithynie aux côtés du roi Nicomède. Enlevé ensuite par des pirates, auxquels il échappe par la ruse, il revient se venger d'eux, les capture puis  les fait pendre.

De retour à Rome après la mort de Sylla, il gagne progressivement en influence par ses talents d'orateur et le faste qui caractérise son train de vie.Tribun militaire, questeur, édile, puis préteur, il gravit un à un les échelons du cursus honorum, avant de devenir souverain pontife, et d'être enfin nommé consul en 59 avant J.-C.

Ayant formé secrètement  avec Crassus (le plus riche romain de cette époque) et Pompée le premier triumvirat en 60 av.J.C, il s'oppose violemment au Sénat et aux optimates, et  promulgue deux lois agraires favorables aux populares dont il est le champion et met une limite aux privilèges des gouverneurs de province. Grâce à l'appui de ses nombreux partisans, il obtient à l'issue de son consulat d'être nommé proconsul des Gaules Cisalpine et Transalpine  ainsi que de l'Ilyrie. Pour ce remarquable stratège, c'est  l'occasion de s'illustrer, en menant des expéditions militaires souvent contestées, mais couronnées de succès. Il soumet toute la Gaule « entre les Pyrénées, les Alpes et les Cévennes, le Rhône et le Rhin », et, le premier, il combat les Germains au delà du Rhin, ainsi que les Bretons.

Depuis la Gaule, César multiplie les manœuvres politiques pour obtenir un second consulat. Face aux résistances du Sénat, il argue de l'acharnement de ses détracteurs à son égard pour entrer avec ses légions en armes en Italie, franchissant ainsi le Rubicon, frontière entre la Gaule et l'Italie que le sénat lui avait interdit de traverser, pour mener ses hommes jusqu'à Rome.

Il repart ensuite immédiatement en campagne contre Pompée, devenu son rival, qu'il défait à la bataille de Pharsale en 48 avant J.-C., puis le poursuit jusqu'à Alexandrie où Pompée sera assassiné par Ptolémée  XIII frère et époux de Cléopâtre à qui il demandait l'hospitalité. César à la suite de sa guerre contre les Alexandrins fait mettre à mort Ptolémée XIII et  rétablit Cléopâtre sur le trône d'Egypte. Il aura plus tard un fils d'elle, Césarion. Il revient ensuite  à Rome puis repart en Afrique et ensuite en Espagne où il achève  de défaire les armées républicaines. Il  prononce alors en 47 av. J.C.  les fameux mots "Veni, vidi vici", Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu, par lesquels il annonce au sénat sa victoire sur Pharnace, roi du Pont.  À son retour en 46 av. J.-C., ses triomphes somptueux  et sa générosité tant à l'égard de ses soldats que du reste de la population lui assurent une popularité sans borne. La paix est de retour, et il mène une politique  de réforme, de réorganisation de l'État et de la justice. Notamment, il accorde le droit de cité romaine aux Gaulois cisalpins, rétablit l'autonomie municipale dans les villes des provinces, établit des colonies hors de l'Italie pour la plèbe.  

Nommé dictateur à vie, il est acclamé par la foule du nom de « Roi ». Progressivement le peuple lui confie tous les pouvoirs, de peur aussi de retomber à nouveau dans les désordres de la guerre civile. C'est cet excès d'honneurs qui cause sa perte : perçu comme un danger pour la République, victime d'une conjuration menée  par un petit groupe d'aristocrates, il est assassiné aux Ides de mars (15 mars) en 44 av. J. C, dans la Curie, au pied de la statue de son rival Pompée.

 

Historien de sa propre histoire

César a forgé par l'écriture aussi les épisodes de sa propre geste. Soucieux de son image et de préparer son retour, inquiet également des réactions des Romains pendant qu'il guerroie au loin, il entreprend de rendre compte de ses expéditions militaires dans des commentaires, le de Bello Gallico et le de Bello  Civili, qui légitiment ses menées en Gaule et contre Pompée. Même si leur exactitude est parfois discutable, leur valeur historique et littéraire est immense, puisqu'ils proviennent de la source nécessairement la mieux  renseignée et d'un auteur talentueux.

Buste présumé de Jules César

 

“Le mari de toutes les femmes, la femme de tous les maris“:

La vie privée de César est multiple, et l'historien romain Suétone n'est pas avare en anecdotes à ce sujet. Ses aventures de jeunesse avec le roi Nicomède l'ont fait railler par l'aristocratie romaine et ont inspiré quelques beaux vers satyriques.  César le Conquérant est aussi connu pour ses nombreuses conquêtes féminines.

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