Isis, déesse égyptienne, sœur et épouse d'Osiris

Isis et Horus, Période Ptolémaïque, 332-30 avant J.-C. Égypte. © The Metropolitan Museum of Art

 

"Je viens à toi, Lucius, émue par tes prières, moi qui suis  mère de la nature entière, maîtresse des éléments, principe originel des siècles, divinité suprême, reine des Mânes, la première entre les habitants du ciel, type unique des dieux et des déesses. Les voûtes lumineuses du ciel, la mer et ses brises salutaires, l'enfer et ses silences affligés obéissent à mes lois : puissance unique adorée sous autant d'aspects, de formes, de cultes et de noms qu'il y a de peuples sur la terre. (...) Les uns m'invoquent sous celui de Junon, les autres sous celui de Bellone. Je suis Hécate ici, là je suis Rhamnusie. Mais les peuples des deux Éthiopies, et les Egyptiens puissants par leur antique savoir, pays que le soleil favorise de ses rayons naissants, seuls me rendent mon culte propre, et m'appellent de mon vrai nom : la reine Isis.

 

Apulée, Métamorphoses, XI, 5, 1-3.

Durant l’Ancien Empire égyptien, entre 2 700 et 2 200 avant notre ère, sont gravés les Textes des pyramides. Ces écrits religieux sont les plus anciens à mentionner Isis, dont le premier temple connu est celui de Netjerou, à l’est d’Alexandrie. La déesse est alors « maîtresse de la pyramide » et son culte principalement mortuaire. Pour cet office, elle peut adopter les traits du milan. Mais ses origines précises restent obscures. Certains y voient au départ une divinité du trône royal, dans la mesure où son nom pourrait signifier "siège". 

Les principaux mythes d’Isis mentionnent la manière dont elle gagne en puissance en s’emparant du nom secret de Râ, créateur de l’univers, ce qui lui donne un pouvoir sans limite. Ils relatent aussi la résurrection d’Osiris, à qui elle réussit à  rendre le souffle vital par le battement de ses ailes, mais il ne pourra revivre que dans l'au delà. Elle sera pour ses fidèles la Mère des Douleurs, celle qui a éprouvé la souffrance de voir mourir celui qu'elle aime. Ces différents épisodes expliquent notamment ses fonctions de mère guérisseuse et  de magicienne rusée. Son succès grandissant lui fait assimiler d’autres figures comme Hathor et sa couronne solaire à cornes de vache.

Dès le VIIe siècle av. J.C. les grecs de la  Basse Égypte identifient Isis à Déméter qui est comme elle déesse mère. Dans ses Histoires, Hérodote assimile Isis à la déesse mère Déméter. Les souverains ptolémaïques voient également tout l'intérêt qu'il ya pour eux d'associer le culte d'Isis à leur politique. La mention d’un temple d’Isis en Grèce remonte, elle, à un décret athénien de 333 av. J.C., un an avant l’annexion de l’Égypte par Alexandre le Grand.

Isis est  ensuite introduite à Rome à l'époque de Sylla (Ie siècle avant J.C.), et se constitue dès lors une communauté isiaque. Dès cette époque, elle est assimilée à la déesse Fortuna de Praeneste. Elles ont en commun d'être des déesses de l'amour et de la fécondité. C'est ainsi qu'elle devient Isis Victrix celle qui l'emporte sur le sort et la Fortune aveugle, en offrant un nouveau destin à ses initiés. En effet, en s'initiant aux mystères isiaques, le néophyte acquiert le salut et une nouvelle vie. Malgré des mesures prises contre son culte, Isis est à l'époque d'Auguste définitivement installée à Rome. Ses prêtres vêtus de lin, au crâne rasé, que l'on disait végétariens, chastes, et détenteurs des secrets de l'univers, ont aussi  pour une bonne part assuré l'extension du culte d'Isis.  

Le Sud-Est de la France a concentré, quant à lui, la plupart des traces du culte isiaque en Gaule. Comme dans le reste de l’Empire romain, ces traces disparaissent au cours du IVe siècle, avec le triomphe du christianisme sur les autres religions.

 

isis gauloise

Félix Voulot, La lisse - Roche sculptée de l’Isis vosgienne, 1872.

 

  • Fille du dieu de la terre, Geb, et de la déesse du ciel, Nout, Isis épouse son frère, Osiris. De cette union naît le dieu des pharaons, Horus.
  • La légende osirienne a fait d'Isis la déesse la plus populaire parmi les  Egyptiens et les Anciens, le symbole de l'épouse  fidèle, même après la mort de son époux, celui aussi de la mère dévouée et  protectrice de l'enfance.
  • L’île sanctuaire de Philæ, en Égypte, fut entièrement dédiée à Isis. Son unique temple attesté en France est celui, disparu, de Nîmes.
  • Les représentations d'Isis allaitant Horus placé sur ses genoux auraient inspiré l’image des premières Vierges à l’enfant.
  • Isis  a continué d'être représentée en Europe du Moyen Âge jusqu’à nos jours.
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