Gargilius Martialis Medicinae ex holeribus et pomis, Les remèdes tirés des légumes et des fruits : textes et traductions (éd. et trad. B. Maire, CUF, 2002)

XV. De pepone

Melonis usus est quidem gratior, verum difficile concoquitur propter naturalem rigorem. Et ideo nonnulli cum aceto sumunt, puleium ei et cepas admiscent, quo nocitura vis frigoris temperetur.

Pepo in cibo levior. Nam detracta cute ac semine abjecto esui datus stomachi compescit ardores, aluum leniter mollit. Coctus ex aqua cum oleo, aceto, melle, jocundissime sumitur. Caro ejus imposita fronti glareantes oculorum epiforas miro modo mitigat. Ulcera in modum favi concreta, quae ceria Graeci vocant, trita radice pelluntur. Assignatum cortici ejus ut maculas ex facie sine signi vestigio detrahat. Semen in pulverem versum lomentoque permixtum nitidiorem feminis cutem praestat.

 

XVI. De cucumere

Cucumis et ipse naturae frigidae reperitur, ventrem resoluit, stomacho accommodatus est, quibus anima linquitur odore succurrit. Folia ejus ex vino trita vulneribus medentur quae caninus morsus impresserit. Semen ex dulci vino datum vesicae laboranti facilem praestat urinam. Dysentiricis ex lacte muliebri acetabuli mensura datum prodest, tritum pari pondere cum cymino etiam purulenta excreantibus, vitia jocineris expurgat.

 

XV. La pastèque

L’usage du melon est certes assez agréable, mais on le digère difficilement à cause de sa nature froide. Aussi d’aucuns le prennent-ils avec du vinaigre et le mélangent à du pouliot et à des oignons, afin d’atténuer l’effet nocif qu’aura le froid.

La pastèque est un aliment assez léger. En effet, si on la donne à manger, après en avoir ôté l’écorce et les pépins, elle calme les brûlures d’estomac, elle relâche doucement le ventre. Cuite dans de l’eau avec de l’huile, du vinaigre, du miel, elle est très agréable à manger. Sa chair, posée sur le front, calme de façon étonnante les écoulements des yeux chassieux. Les ulcères compacts, en forme de gâteau de ruche, que les Grecs appellent kéria, sont combattus par sa racine broyée. On attribue à son écorce le pouvoir de faire disparaître sans laisser de trace les taches du visage. La graine, réduite en poudre et mélangée à de la farine de fève et de riz, rend la peau des femmes plus éclatante.

 

XVI. Le concombre

 

On découvre que le concombre est lui aussi de nature froide, relâche le ventre, convient à l’estomac et vient en aide par son odeur à ceux qui perdent connaissance. Ses feuilles, broyées dans du vin, guérissent les blessures infligées par une morsure de chien. La graine, donnée avec du vin doux, fait uriner facilement une vessie malade. Donnée à la dose d’un acétabule avec du lait de femme, elle est bénéfique aux dysentériques. Broyée à poids égal avec du cumin, elle est bénéfique à ceux qui ont des expectorations purulentes, elle fait disparaître aussi les affections du foie.

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