Épisode 2 : Le périple des Argonautes Les aventures de Jason racontées par Nathaniel Hawthorne, lues par Lucas Wolfersberger

Sans perdre de temps, Jason envoya des messagers dans chaque ville de Grèce, ce glorieux pays, pour publier que le fils et héritier d’Éson allait s’embarquer afin de se rendre maître de la Toison d’or et qu’il désirait l’assistance de quarante-neuf des plus braves et des plus forts pour ramer sur son navire et partager ses dangers. Jason lui-même ferait le cinquantième.

À cette nouvelle, les plus aventureux du pays commencèrent à s’émouvoir. Quelques-uns d’entre eux avaient livré bataille à des géants et abattu des dragons. Les plus jeunes, moins avancés dans cette noble carrière, sentirent qu’ils avaient déjà vécu trop longtemps sans chevaucher sur un serpent volant, ou déchirer de leurs éperons les flancs d’une chimère, ou au moins enfoncer leur bras droit dans la gorge de quelque lion monstrueux. En profitant de l’offre généreuse qui leur était faite, mille occasions de se distinguer dans de semblables aventures ne manqueraient pas de se présenter. Séduits par cette flatteuse perspective, ils se hâtèrent de fourbir leurs casques et leurs boucliers ; et ceints de leurs glaives, ils arrivèrent par bandes à Iolcos et montèrent sur le nouveau vaisseau. Après avoir pressé affectueusement les mains de Jason, ils l’assurèrent qu’ils ne faisaient pas le moindre cas de leur vie ; qu’ils l’aideraient dans les travaux de la navigation jusqu’aux limites les plus reculées du monde, et beaucoup plus loin encore qu’il ne s’attendait peut-être à aller.

Bon nombre de ces braves devaient leur première éducation à Chiron, le savant à quatre pieds, et par conséquent se trouvaient camarades d’études de notre héros, qu’ils connaissaient comme un garçon de brillantes dispositions. Le puissant Héraclès, dont les épaules supportèrent plus tard la voûte des cieux, faisait partie de.la valeureuse cohorte ; Castor et Pollux, les deux frères jumeaux, qu’on n’accusa jamais d’avoir des cœurs de poule, bien que éclos tous deux d’un œuf ; Thésée, célèbre pour la destruction du Minotaure ; Lyncée, au coup d’œil si perçant, qu’il pouvait voir à travers une meule de moulin, ou découvrir les trésors ensevelis au plus profond de la terre ; puis Orphée, le plus habile musicien que l’on connut jamais, dont la lyre résonnait si harmonieusement sous ses doigts que les animaux sauvages s’arrêtaient sur leurs jambes de derrière et sautaient aux sons de sa musique : bien plus, à quelques-unes de ses plus touchantes mélodies, les rochers s’élançaient de leur prison de terre et de mousse, les forêts se déracinaient, et les arbres, en balançant leurs têtes les uns vers les autres, exécutaient une contredanse.

Parmi les rameurs se trouvait une belle jeune fille nommée Atalante, nourrie par une ourse dans les montagnes. Elle avait une telle légèreté qu’elle posait le pied de la crête d’une vague sur l’autre sans mouiller autre chose que la semelle de ses sandales. Élevée en pleine liberté, elle parlait beaucoup des droits de la femme, et préférait la chasse et la guerre aux travaux de son sexe. Mais, dans mon opinion, les plus remarquables de cette illustre légion étaient deux fils d’Aquilon, jeunes gens légers comme l’air et d’un caractère orageux, dont les épaules étaient munies d’une paire d’ailes. En cas de temps trop calme, ils se gonflaient les joues, et pouvaient, aussi bien que leur père, souffler un vent d’une force proportionnée aux besoins de la navigation. Je ne dois pas oublier les prophètes et les sorciers, qui se trouvaient en assez grand nombre parmi l’équipage. Ceux-là avaient la faculté de prédire les événements du lendemain, ou du jour suivant, même jusqu’à une centaine d’années dans l’avenir ; seulement ils ignoraient généralement ce qui se passait dans le présent.

Jason confia le timon du navire à Tiphys, parce qu’il connaissait la marche des astres et les calculs du compas maritime. Lyncée, en raison de ses yeux perçants, reçut la garde de la vigie et se plaça à la proue, d’où il signalait une voile à la distance d’une journée. Quant aux objets plus rapprochés, il ne distinguait pas plus loin que son nez. Quand l’on manœuvrait sur une mer d’une profondeur suffisante, cet homme extraordinaire vous décrivait exactement la nature des rochers et des bancs de sable gisant au fond des abîmes. Souvent il criait à ses compagnons qu’ils voguaient sur des montagnes de trésors engloutis sous les flots. Malheureusement sa longue vue ne l’enrichissait point. Il faut avouer la vérité : peu de gens croyaient à des assertions tirées de si loin.

Eh bien ! quand les Argonautes - ainsi appela-t-on ces braves aventuriers - eurent accompli tous les préparatifs du voyage, une difficulté imprévue menaça d’en marquer le terme avant le début même. Le navire, vous le comprendrez facilement, était si long, si large et si pesant, que la force réunie des cinquante hommes fut impuissante pour le pousser à l’eau. Héraclès, je suppose, n’avait pas encore atteint toute sa vigueur ; autrement il l’aurait mis à flot aussi aisément qu’un petit garçon lance son bateau sur une mare. Ils étaient là, ces héros fameux, poussant, se roidissant à faire éclater leurs muscles, et leurs efforts n’aboutissaient pas à faire avancer d’un pouce le navire Argo.

Enfin, tombant presque d’épuisement, ils s’assirent sur la plage, en proie au désespoir le plus violent. Ils se voyaient obligés de laisser pourrir et tomber en ruine leur vaisseau : il leur fallait tenter de traverser la mer à la nage, ou bien renoncer à leur conquête.

Soudain Jason se souvint de la statue attachée à la proue.
- Fille du Chêne parlant, s’écria-t-il, comment devons-nous nous y prendre pour mettre notre navire à flot ?
- Tenez-vous assis, répondit l’image (car elle savait parfaitement ce qu’il y avait à faire dès le commencement, mais elle attendait qu’on la questionnât), tenez-vous assis, vos rames à la main, et qu’Orphée fasse résonner sa lyre.

À l’instant même, les cinquante héros montèrent sur le pont et, saisissant leurs rames, les tinrent perpendiculairement, tandis qu’Orphée, à qui cette tâche plaisait mieux que de manier un aviron, promenait ses doigts sur les cordes de son instrument. Lorsque vibrèrent les premiers préludes, le navire commença à se mouvoir. Le musicien poursuivit son improvisation avec de brillants accords et le navire franchit l’espace qui le séparait de la mer, enfonçant sa proue si profondément, que les vagues vinrent mouiller les lèvres de la merveilleuse statue ; puis l’Argo se releva avec la légèreté et la grâce d’un cygne. Les rameurs se mirent aussitôt à l’œuvre, l’écume bouillonnante jaillit de tous côtés ; les flots agités se soulevaient et s’abaissaient alternativement. Orphée, s’abandonnant aux élans de son génie, fut si heureusement inspiré, que l’embarcation se balança en cadence sur les brisants, comme pour marquer la mesure.

L’Argo sortit triomphalement du port, saluée par mille hourras et accompagnée des vœux de tous ; mais le vieux et cruel Pélias n’y joignit pas les siens. Assis sur un promontoire, il assistait, lui aussi, à cet émouvant spectacle, mais le regard sombre et l’âme dévorée d’amertume. Que ne pouvait-il en soufflant déchaîner la tempête de haine et de rage renfermée dans son cœur ? Quand les voyageurs furent parvenus à une cinquantaine de milles du point de départ, Lyncée dirigea sa vue vers la terre, et rapporta que le méchant roi se tenait toujours au sommet du promontoire. Son maintien était si menaçant et son visage si courroucé, que l’horizon semblait de ce côté chargé de nuages orageux.

Dans le but de passer le temps du voyage le plus agréablement possible, les héros s’entretinrent de la célèbre Toison. Dans le principe, dit l’histoire, elle appartenait à un bélier de Béotie qui avait enlevé sur son dos deux enfants en danger de perdre la vie et avait fui avec eux à travers les terres et les mers jusqu’en Colchide. L’un des enfants, c’était une fille nommée Hellé, tomba dans les flots et s’y noya. Le second, un petit garçon, nommé Phrixos, fut transporté sain et sauf jusqu’au rivage. Mais le fidèle bélier, épuisé de fatigue, tomba immédiatement sur le sable et expira. En mémoire de cette belle action, et comme pour le récompenser de la bonté de son cœur, la toison du pauvre bélier qui s’était ainsi si généreusement sacrifié, fut miraculeusement changée en or. On la considérait généralement comme la merveille la plus grande qui existât sur la terre. Suspendue à un arbre dans un bois sacré, il y avait à cette époque je ne sais combien d’années qu’on l’y gardait soigneusement et qu’elle excitait l’envie des plus puissants princes et rois ; car il ne se trouvait dans leur palais aucun objet qui en égalât la magnificence.

Si je voulais vous raconter toutes les aventures des Argonautes, mon récit durerait jusqu’à la nuit, et peut-être beaucoup plus longtemps encore. Les événements extraordinaires ne manquèrent point, si vous en jugez par ce que vous avez déjà appris. En abordant à une certaine île, ils furent reçus avec hospitalité par le roi Cyzicos, qui leur offrit une fête et les traita en frères. Cependant les Argonautes s’aperçurent que ce généreux monarque était abattu et troublé par de vives inquiétudes. Ils lui demandèrent le motif de son anxiété apparente. Cyzicos leur apprit que lui et ses sujets souffraient continuellement des attaques et des pillages des habitants d’une montagne voisine, qui ne rêvaient que carnage et destruction. Un grand nombre de ses sujets avaient déjà succombé dans ces luttes renouvelées sans cesse. Tandis que la conversation roulait sur ce chapitre, Cyzicos montra du doigt la montagne et demanda à Jason et à ses compagnons s’ils n’y distinguaient pas quelque chose.
- Je vois des objets d’une énorme dimension, répondit son hôte respectueux ; mais ils sont à une telle distance que je ne peux pas les discerner convenablement. J’oserai dire à votre Majesté que je crois que ce sont des nuages, dont l’aspect singulier rappelle celui de formes humaines.
- Je les vois comme je vous vois, observa Lyncée, dont la vue, vous le savez, franchissait les distances aussi bien qu’un télescope. C’est une bande d’immenses géants. Tous ont six bras, et chacune de leurs mains est armée d’un glaive, d’une massue et d’un autre instrument de guerre.
- Vous avez là d’excellents yeux, dit le roi Cyzicos. Eh bien, oui, c’est la vérité. Ce sont six géants armés comme vous l’annoncez, et voilà les terribles ennemis que moi et mes sujets nous avons à combattre.

Le lendemain, comme les navigateurs se préparaient à mettre à la voile, ces terribles géants descendirent dans la mer, avec des pas de cent mètres de long, brandissant leurs six bras et prenant des airs de menace proportionnés à leur taille énorme. Chacun de ces êtres monstrueux était capable à lui seul de soutenir une guerre formidable, car avec un de ses bras il pouvait lancer des blocs de rocher d’une grosseur considérable, avec un autre frapper des coups de massue, avec un troisième manier un glaive, avec un quatrième charger l’ennemi à l’aide d’une longue lance. Quant au cinquième et au sixième, les géants s’en servaient pour bander un arc et décocher des traits. Heureusement, avec leur stature colossale et avec tous leurs bras, ils n’avaient chacun qu’un seul cœur, à peu près égal pour la grosseur et la bravoure à celui d’un homme ordinaire. Encore, s’ils avaient ressemblé à Briarée aux cent bras, les Argonautes auraient eu à soutenir un combat digne d’eux. Jason et ses compagnons allèrent hardiment à leur rencontre, tuèrent la majeure partie d’entre eux et mirent les autres en fuite ; de façon que, si ces monstres eussent été pourvus de six jambes au lieu de six bras, cet avantage leur eût été favorable pour opérer leur retraite.

Il arriva une autre aventure aux voyageurs à leur arrivée en Thrace. Ils trouvèrent dans ce pays un pauvre roi aveugle nommé Phinée, abandonné de ses sujets et vivant solitaire, d’une manière tout à fait misérable. Jason lui ayant demandé s’ils pouvaient lui rendre quelque service, le roi répondit qu’il subissait des tourments horribles de la part de trois abominables créatures, des Harpyes, les appelait-il, qui avaient des visages de femmes, avec des ailes, des corps et des serres de vautours. Ces monstrueuses productions de la nature lui arrachaient ordinairement son repas et ne lui laissaient aucune tranquillité.

Ce récit inspira aux Argonautes l’idée de dresser sur le bord de la mer un abondant festin, persuadés, d’après ce que racontait le malheureux prince sur leur voracité, que les Harpyes, alléchées par l’odeur des mets, ne manqueraient pas de s’y abattre pour en faire leur proie.

Cette prévision se réalisa. À peine la table fut-elle dressée, que les trois hideuses femmes-vautours fondirent sur ce point, saisirent les viandes dans leurs griffes, et reprirent leur vol de toute leur vitesse. Mais les deux fils d’Aquilon dégainèrent leurs épées et s’élancèrent à tire-d’aile à la poursuite des coupables, qu’ils finirent par surprendre entre quelques îles, après une chasse de plusieurs centaines de milles. Les deux héros aériens, formés à l’école de leur père, dirigèrent contre elles un souffle si violent et les effrayèrent tellement avec leurs glaives nus qu’elles promirent solennellement de ne plus tourmenter désormais le roi Phinée.

Les Argonautes continuèrent leur route et rencontrèrent beaucoup d’autres incidents extraordinaires, qui, pris isolément, fourniraient chacun amplement matière à une histoire. Un jour, ils abordèrent dans une île et ils se reposaient sur l’herbe, quand ils se virent tout à coup assaillis par une grêle de traits à pointes d’acier, dont quelques-uns se fixèrent dans le sol, d’autres pénétrèrent dans leurs boucliers et même dans leur chair. Les cinquante héros se levèrent comme un seul homme, et cherchèrent autour d’eux leurs ennemis ; ils ne virent aucune bande armée et parcoururent l’île entière sans trouver des traces de leur présence. Cependant les flèches continuaient à siffler à leurs oreilles. À la fin, ayant par hasard levé les yeux, ils aperçurent en l’air une nuée d’oiseaux planant au-dessus de la plage, qui décochaient sur eux leurs plumes aiguës. Ces plumes n’étaient autres que les flèches à pointes d’acier qui leur avaient causé tant d’ennui. Toute résistance paraissait impossible ; et les cinquante braves allaient tous succomber sous les coups d’une misérable bande d’oiseaux, sans même entrevoir la Toison d’or. Mais leur chef eut l’idée de demander l’avis de l’image de chêne.

Il courut à la galère aussi vite que ses jambes le lui permirent.
- Fille du Chêne parlant, s’écria-t-il hors d’haleine, nous avons recours à ta sagesse, dont nous avons plus que jamais besoin ! Une troupe d’oiseaux nous fait courir les plus grands dangers, en nous lançant des plumes à pointes d’acier. Que faut-il faire pour les chasser ?
- Faites un grand fracas en frappant sur vos boucliers, répondit la statue.

Muni de cet avis salutaire, Jason retourna promptement vers ses compagnons, bien plus atterrés que le jour de la bataille livrée aux géants à six bras. Il leur commanda de faire retentir l’air le plus bruyamment possible, en frappant sur leurs boucliers d’airain avec leurs épées.
Cet ordre fut exécuté à la lettre et avec ardeur, et le bruit fut si éclatant que les oiseaux commencèrent à se dissiper ; car, malgré une consommation considérable de plumes, il leur en restait encore assez pour les aider à se transporter au milieu des nuages, où ils disparurent comme une volée d’oies sauvages.
Orphée célébra cette victoire en entonnant un hymne triomphal avec accompagnement de harpe. Son chant modulait des mélodies si ravissantes que Jason crut prudent de le prier de cesser. En effet, les oiseaux aux plumes d’acier, qui avaient été chassés par un bruit désagréable, auraient bien pu être attirés de nouveau par une musique si harmonieuse.

Pendant le séjour passager des Argonautes sur cette île, ils virent un petit vaisseau cingler vers le rivage. Dans ce petit bâtiment se trouvaient deux jeunes hommes à la démarche princière et doués de cette beauté qui caractérisait généralement, à cette époque, les enfants issus de sang royal. Or, vous imaginez-vous ce que pouvaient être ces deux voyageurs ? Eh bien ! si vous voulez me croire, c’étaient les fils de ce même Phrixos, qui, dans son enfance, avait été transporté en Colchide sur le dos du bélier à la toison d’or. Depuis cette époque, Phrixos s’était marié à la fille du roi ; et les deux jeunes princes nés de cette union, élevés à Colchos, avaient passé les premières années de leur enfance sous les ombrages bu bois sacré au centre duquel se trouvait conservée, attachée à un arbre, la grande merveille du monde. Ils se rendaient alors en Grèce, dans l’espérance de reconquérir un royaume enlevé à leur père par trahison.

Aussitôt que les princes furent informés du dessein des Argonautes, ils leur offrirent de retourner et de les guider vers Colchos. Mais en même temps ils exprimèrent à Jason leurs doutes sur le succès de son entreprise. À les entendre, l’arbre auquel demeurait suspendue la précieuse toison était gardé par un terrible dragon, qui ne manquait jamais de dévorer d’une seule bouchée tous ceux qui s’aventuraient à sa portée.

- Il y a encore d’autres difficultés, poursuivirent les princes. Mais la première n’est-elle pas un obstacle suffisant ? Brave Jason, croyez-nous, retournez sur vos pas. Bientôt il sera trop tard. Notre cœur saigne à l’idée que vous et vos quarante-neuf compagnons vous soyez condamnés à être dévorés par cet exécrable dragon.
- Mes amis, reprit tranquillement Jason, je ne m’étonne point que vous trouviez ce monstre aussi épouvantable. Depuis votre plus tendre enfance vous avez reçu cette impression ; et aujourd’hui vous en êtes encore frappés de terreur, comme le sont les enfants que leur nourrice a bercés dans la crainte des loups-garous et des fantômes errants. Mais, à mon point de vue, le dragon est simplement un reptile de proportions assez développées, qui a moins de chance de m’avaler d’un seul morceau que je n’en ai d’abattre sa tête hideuse et de le dépouiller ensuite. Quoi qu’il arrive, recule qui voudra ; quant à moi je ne reverrai jamais le beau ciel de la Grèce ou je rapporterai avec moi la Toison d’or.
- Nous te suivrons tous ! s’écrièrent d’une voix unanime ses quarante-neuf camarades. Remontons à l’instant sur le bateau ; et, si le dragon nous attend pour son déjeuner, grand bien lui fasse !

Et Orphée, dont l’habitude était de mettre en musique toutes les émotions et tous les récits, fit sur ce sujet une sublime composition. Son chant fut si harmonieux et si éloquent, qu’il n’y avait pas un de ces enfants de la Grèce qui, au souvenir de sa tendre mère, ne regardât comme un bonheur sans bornes de combattre les dragons et ne mît au-dessus de tous les honneurs possibles celui d’être, au pis-aller, dévoré d’une seule bouchée.

Lorsque les Argonautes eurent entendu cette œuvre lyrique dont la puissance avait pénétré leurs âmes, se confiant à la direction des deux princes familiarisés avec la route, ils firent route vers la Colchide.

À suivre...

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Quiz sur l'épisode 2 : Le périple des Argonautes

Nathaniel Hawthorne, Le Livre des merveilles, contes pour les enfants tirés de la mythologie, volume 2, traduit de l'anglais par Léonce Rabillon (1858), histoire 6, « La Toison d’or »

Nathaniel Hawthorne (1804 - 1864) est un célèbre écrivain américain, auteur de nouvelles et de romans. En 1851, il publie A Wonder-Book for Girls and Boys (« Un livre-merveille pour filles et garçons ») : une collection de six courtes histoires inspirées de grands mythes grecs. Un nouveau livre, paru en 1853 sous le titre Tanglewood Tales for Boys and Girls, another wonder-book, comporte six nouveaux récits mythologiques. L’ensemble est traduit en français sous le titre de « premier » et « second » Livres des Merveilles.

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