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2014 - Clg I. Joliot Curie - Mehun/Yèvre ( 18 ) - Lecture, écriture avec leTBI pour des élèves dyslexiques

(Expérimentation terminée)
 

Collège Irène Joliot-Curie

6 boulevard DE LA LIBERTE , 18500 MEHUN SUR YEVRE
Site : http://www.college-mehun.com/
Auteur : Anne Burel
Mél : anne.burel@ac-orleans-tours.fr
  Comment utiliser le TBI comme outil de contournement et de résolution de la difficulté pour des élèves atteints de troubles spécifiques de l’apprentissage (TSA : dysphasie, dyslexie, dysgraphie, dyspraxies), que l’on accueille au sein de nos classes hétérogènes au collège?

  Plus-value de l'action
  Présentation de l’action dans le cadre de la demi-journée d’échanges de pratiques sur l’apport de l’usage des TICE en pédagogie, organisée par le Conseil Général du Cher.
  Nombre d'élèves et niveau(x) concernés
  Une quarantaine d’élèves, répartie sur les quatre niveaux, et dans toutes les classes.
  A l'origine
  Depuis plusieurs années au collège, nous menons une réflexion sur l’aide que l’on peut apporter aux élèves en difficultés et notamment sur la prise en compte de ceux qui souffrent de Troubles Spécifiques de l’Apprentissage (dys- : dyslexie, dysgraphie, dyspraxies, dysphasique,). On sait que les élèves atteints de troubles de l’apprentissage ont souvent des problèmes de concentration, des difficultés de lecture, une plus grande fatigabilité, mais aussi des difficultés à mémoriser des données présentées seulement visuellement, sous forme de texte, à accomplir des doubles tâches (écouter une consigne et prendre en note en même temps) et des tâches complexes (un élève dyspraxique aura, par exemple, du mal à exécuter une tâche complexe et il faut la décortiquer petites actions multiples.) c’est un très bon outil pédagogique, facilitateur pour les élèves en difficultés, sans stigmatiser les difficultés puisque les supports présentés le sont à tous, dans le cadre d’une classe hétérogène : tout le monde profite des ressources. C’est un outil attrayant qui permet aux élèves dys d’aller au tableau sans crainte du regard des autres. Il ne substitue pas aux autres outils proposés aux élèves (ordinateur portable, par exemple) mais les complète. C’est un outil au service d’une pédagogie, qui amène à réfléchir sur l’utilisation de ressources (fichiers audio, images, logiciels, manuels numériques enrichis) et de logiciels particuliers (logiciels de synthèse vocale, par exemple). Pour que son utilisation soit efficace, il faut l’associer à d’autres outils : pouvoir mettre à disposition des élèves les documents et fichiers sons ou video chez eux, pour qu’ils puissent être repris, réécoutés : c’est tout l’intérêt du cahier de texte en ligne et de la clé usb, quand l’élève possède un ordinateur personnel.
  Objectifs poursuivis
  Aider les élèves en difficultés, et notamment les dys- au sein des classes hétérogènes au collège, grâce au TBI. Le TBI nous est apparu comme un outil pertinent, parce qu’il propose des fonctionnalités qui permettent de mettre en place la plupart des dispositifs préconisés dans le cadre des PAI (projet d’accueil individualisé) et PPS (projet personnalisés de scolarisation) des élèves souffrant de ces troubles.
  Description
  1. Le premier avantage du TBI, par rapport à un dispositif : ordinateur relié à un vidéoprojecteur, pour des élèves dyspraxiques, ayant des problèmes de motricité ou de repérage dans l’espace, c’est que le stylet est plus simple à utiliser que la souris ; c’est le cas, également pour les élèves de 6ème. 2. Autre avantage par rapport à une association ordinateur/ vidéoprojecteur pour les élèves dys- (et plus largement les élèves en difficulté) c’est en terme de concentration : les élèves "dys" ont des problèmes de concentration ; par exemple, lorsque j’étais à mon ordinateur et que l’information était projetée au tableau, le son ne venant pas du même endroit que le texte, certains élèves en difficultés ne savaient plus vraiment où ils devaient concentrer leur attention : sur le professeur qui parle ou sur ce qui est projeté au tableau ? Le fait d’avoir accès au contenu de l’ordinateur à partir du tableau évite les mouvements de déplacements parasites du tableau à l’ordinateur. Et on est à nouveau à côté du contenu dont on parle. 3. Le TBI peut favoriser le travail de mémorisation : Pour les élèves "dys", il faut autant que possible privilégier les schémas, les repères visuels avec couleurs, le mouvement ; tout en étant près du tableau, on peut activer la fonction plier/déplier des cartes heuristiques, pour aider, par le mouvement, le travail de la mémoire, l’accompagnement du geste et de la parole pour l’élève dysphasique. 4. Mais le TBI n’est pas qu’un vidéoprojecteur amélioré –son principal atout, c’est le logiciel associé qui permet une plus-value pédagogique- ; ce logiciel garde la trace écrite et toute son évolution : on peut donc l’imprimer (le texte support et les annotations manuscrites) et résoudre le problème de la double tâche pour les élèves atteints de TSA. On peut également le convertir en pdf : il est possible de le publier sur le cahier de texte en ligne ou bien l’élève peut l’emmener chez lui sur clé USB. Il favorise également la mémorisation, on peut ouvrir cette trace écrite au cours suivant, ou plusieurs séances plus tard et spiraler, les élèves dys et en difficulté ayant besoin de rituels et de répétition. Ce logiciel peut favoriser la lecture : Pour un enfant dyslexique, la charge cognitive pour la lecture est telle que l’enfant ne peut plus accéder à une compréhension du texte ou de l’énoncé. Avec le paperboard, il est possible de présenter le texte écrit plus gros, avec peu de mots par lignes. Les pages du paperboard servent alors à créer des unités de sens réduites dans lesquels les élèves en difficultés de lecture peuvent se repérer plus facilement. Comme sur un traitement de texte, on peut surligner ou souligner des éléments du texte avec un code couleur, mais là où le TBI apporte un plus, c’est qu’il permet d’extraire des mots du texte, les placer à droite du texte ; on travaille alors sur les champs lexicaux, les connotations à l’aide de mots isolés plus facilement repérables qu’insérés dans un long texte. (De plus l’élève dyspraxique qui était dans ma classe trouvait cette forme de « lecture verticale » plus simple, pour construire le sens). Ces outils permettent également de travailler les faits de langue : on peut, par le même principe travailler en dynamique les faits de langue (déplacer des mots, les classer, donner des repères visuels) pour en améliorer l’appropriation. Un autre atout pour favoriser la lecture : l'insertion dans le paperboard de fichiers-sons reproduisant les textes étudiés et projetés au tableau. Ils peuvent être écoutés plusieurs fois, le professeur se trouvant au TBI et non à l’ordinateur peut être plus attentif et réactif, et stopper l'écoute au moment où la concentration des élèves dys, mais également d'autres élèves en difficultés, s'amenuise. L’attention est plus importante que lorsque le professeur fait la lecture. Les élèves relèvent quelques mots clés à l’oreille, comprennent mieux le sens global du texte, prennent appui sur les intonations du lecteur. Il est alors possible de travailler ensuite plus facilement sur le vocabulaire, les champs lexicaux, les mots qui se répondent, afin de construire avec les élèves une interprétation du texte. Les fichiers-sons intégrés peuvent aussi servir pour la mémorisation des leçons : il s’agit de faire apprendre par mémorisation orale et visuelle conjointes. Cet outil peut être utile pour la mémorisation des déclinaisons, des conjugaisons, etc… Ils permettent aussi, pour les élèves en difficulté de travailler sur l’amélioration de l’expression écrite : on donne à entendre les fautes de syntaxe qui ne sont pas perçues à l’écrit. Il peut également favoriser l’écriture : On peut aussi insérer des vidéos : en grec pour l’élève dysgraphique, qui n’arrivait pas à graphier certaines lettres, j’ai utilisé l’enregistreur présent dans le logiciel Active, qui permet de créer rapidement une vidéo pour montrer et répéter la démarche. On peut également insérer un fond, imitant le quadrillage d’un cahier, Cela aide les élèves en difficultés (mais également les élèves de 6ème) à présenter et à mettre en page correctement sa feuille de cours. Cela aide également l’élève, lorsqu’il vient au tableau, à écrire plus lisiblement en suivant les lignes autant que possible.
  Modalité de mise en oeuvre
  La mise en œuvre du matériel : Pour répondre aux attentes, il a fallu penser : - Au choix du TBI et à la technologie proposée (tactile ou stylet ?). Le TNI que nous avons choisi d'utiliser est un modèle avec un stylet, plutôt qu’un TNI tactile, qui se commande avec le doigt. Peut-être moins intuitif, mais il nous a semblé que c’est maintenir le lien avec le stylo que les élèves ont à utiliser, surtout pour ces élèves, même dysgraphiques, ou dyspraxiques : les PAI demande de faciliter la tâche, mais l’élève ne doit pas perdre le contact avec le geste et désapprendre à écrire. - A la disposition de la salle : L’utilisation du TBI s’s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place des outils TICE, dans la différenciation pédagogique. Le TBI a entraîné des modifications dans l’organisation spatiale de la classe : l’espace entre le TBI et les tables des élèves est libéré : le bureau du professeur est placé sur le côté, afin de favoriser les déplacements des élèves vers le tableau et l’interactivité. L’utilisation du TBI s’inscrivant dans une réflexion plus large sur la différenciation pédagogique, j’ai demandé l’installation d’un deuxième ordinateur dans ma salle de classe ce qui permet de faire faire des activités décrochées ou des évaluations différenciées sur traitement de texte à un élève « dys- » pendant que les autres font une autre activité autour du TBI (cela permet également de tenir compte de leur fatigabilité).
  Trois ressources ou points d'appui
  Les aides de financement du Conseil Général, dans le cadre des appels à projets. Un administrateur réseau, également correspondant TICE départemental, qui a apporté son expertise lors du choix du matériel, et qui a facilité l’installation des logiciels. L’équipe de direction, facilitatrice.
  Difficultés rencontrées
  Cela demande une scénarisation plus précise de la séance, l’anticipation des problèmes, la préparation de fichiers sons, vidéos, de ressources. La faiblesse des contrastes dans une pièce qui n’est pas assombrie par des rideaux : au collège, les salles sont équipées de grandes fenêtres côté cour, mais également côté couloir. Cette grande luminosité rend parfois les documents peu lisibles et peu exploitables (or, les élèves dyslexiques ont besoin d’un fort contraste.). Les stores ne suffisent pas. Il faudrait un investissement en rideaux opaques important. La qualité du vidéoprojecteur a donc une grande importante. Cela veut dire aussi, faire certaines séances dans la pénombre.
  Moyens mobilisés
  ...
  Partenariat et contenu du partenariat
  Conseil Général du Cher, pour le financement du matériel.
  Liens éventuels avec la Recherche
  ...
 
Evaluation
  Evaluation / indicateurs
  La validation des paliers 2 puis 3 du livret de compétences, des élèves en difficultés. Leur réussite en fin de troisième au DNB.
  Documents
 
Titre Site académique : approches du handicap
Condensé
URL http://lettres.ac-orleans-tours.fr/approches_du_handicap/
Type document

  Modalités du suivi et de l'évaluation de l'action
  Projet suivi par le conseil pédagogique. L'enseignante est membre du groupe académique TICE lettres
  Effets constatés
  Sur les acquis des élèves : Que le TNI facilite la lecture et la compréhension des textes. Qu’il favorise l’appropriation des faits de langue (compréhension du fait de langue, en facilitant la mémorisation, application pérenne), en français et langues anciennes. Qu’il s’articule avec d’autres outils mis à la disposition de ces élèves pour permettre un suivi collège-maison.
  Sur les pratiques des enseignants : Une utilisation plus accrue des TICE dans les pratiques de classe.
  Sur le leadership et les relations professionnelles : Une meilleure prise en compte des élèves en difficultés.
  Sur l'école / l'établissement : Les collègues qui dans un premier temps étaient réfractaires commencent à l’utiliser, en mathématiques notamment. L’établissement a décidé de continuer l’équipement sur fond propres, avec l’acquisition de trois VPI, notamment en langues vivantes. Modifie aussi le rapport aux ressources numériques (manuels numériques enrichis interactifs) : réflexion plus grande sur l’acquisition et l’utilisation de ressources numériques au collège, notamment en lettres, pour l’équipe complète.
  Plus généralement, sur l'environnement ...




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