Accueil Consultation d'une fiche
fiche consultée 1111 fois

 

#2018D Création d’une maison d’édition associative par des élèves de 2nde dans un cadre interdisicplinaire : Turfu- Les Editions

 

Lycée pilote innovant International

, 86130 JAUNAY CLAN
Site : http://www.turfuleseditions.com/
Auteur : Hélène Paumier
Mél : helene.paumier@ac-poitiers.fr
  Dans le cadre d’un projet interdisciplinaire français, sciences économiques et sociales et documentation, une classe d’élèves de 2nde a monté une junior association pour créer sa propre maison d’édition numérique : Turfu - Les Editions, une maison d’édition destinée à publier les jeunes auteur.e.s. Cette association, constituée d’un pôle éditorial, d’un pôle juridique et d’un pôle communication fonctionne maintenant indépendamment du cadre scolaire et est liée par une convention à l'établissement où elle est née, le LP2I.

  Plus-value de l'action
  La création d’une association au sein de l’école représente une véritable ouverture sur le monde extérieur : une maison d’édition “pour de vrai” oblige les élèves, les enseignant.e.s, l’administration de l’établissement à valider les informations, les démarches, à communiquer vers l’extérieur de manière extrêmement rigoureuse. L’ambition de Turfu - Les Éditions est véritable : il s’agit bien que cette junior association devienne dans deux ans une association (les membres fondateurs seront alors majeurs) et ait véritablement une activité éditoriale visible chez les jeunes, tant en tant qu’auteur.trice.s que lecteur.trice.s Enfin, les participant.e.s à ce projet, que ce soit les jeunes ou les adultes, éprouvent une véritable fierté et un grand plaisir à travailler, ce qui est on le sait, loin d’être négligeable.
  Nombre d'élèves et niveau(x) concernés
  Au départ 24 élèves de Seconde Cette année (2017-2018) 40 élèves de Seconde, Première et Terminale. Cela représente environ 10 % des élèves du lycée
  A l'origine
  Le LP2I offre une organisation propice au développement des projets interdisciplinaires (Modules interdisciplinaires en seconde : http://eduscol.education.fr/experitheque/consultFicheIndex.php?idFiche=11157) : les sciences économiques et sociales et la littérature étaient jusque là des disciplines qui n’avaient pas travaillé ensemble au lycée alors que la rencontre est propice quand on s’inscrit dans le champ de l’édition. Par ailleurs, malgré les discours ambiants, nous voyons nos élèves lire et écrire beaucoup ; les faire passer de lecteur.trice.s (nous avons commencé l’année en participant au Goncourt lycéen), écrivain.e.s à éditeur.trice.s nous a semblé pertinent puisque nous pouvions ainsi travailler sur les fondamentaux de français, de sciences sociales, d’économie et de droit. Enfin, le fonctionnement adopté au sein du groupe (toute décision est discutée, votée, amendée) permet à nos élèves de travailler leur rôle de citoyen.ne, d’expérimenter une démarche participative, collaborative au sein de la communauté à laquelle ils et elles appartiennent.
  Objectifs poursuivis
  Aider les élèves à construire leur identité de citoyen.ne Développer leur intérêt pour l’écriture et la lecture Leur faire découvrir un monde professionnel dont ils.elles ne connaissent presque rien Travailler sur l’autonomie et la coopération
  Description
  Lors du premier semestre nous avons participé avec cette classe de 2nde au Goncourt Lycéens. Nous avons veillé, nous enseignant.e.s, à éclairer systématiquement la dimension éditoriale (qui étaient les maisons d’édition qui concouraient ? Et les années précédentes ? Combien de prix avaient eu chaque maison d’édition etc.?)
  Modalité de mise en oeuvre
  Lors du 2nd semestre nous avions dans notre emploi du temps (les élèves et les enseignant.e.s de français, documentation et SES), 3 séances consécutives le mercredi matin. Nous avons commencé ces temps de modules interdisciplinaires en disant honnêtement aux élèves qu'on était dans une logique de pédagogie active, qu'on allait leur apporter dans un premier temps du contenu, mais qu'on souhaitait qu'ils.elles s'emparent du projet et que, s'ils.elles le sentaient, on monterait une maison d'édition. Nous leur avons aussi franchement avoué qu'on ne savait pas trop si cela allait fonctionner, qu'on avançait ensemble. On s’inscrivait clairement dans une logique de work in progress, portée par la dynamique du groupe. Les 4 ou 5 premières semaines ont plutôt été consacrées à une exploration du champ de l'édition française (grandes maison d'édition, éditions indépendantes), son économie (phénomènes de holding, rôle du marketing etc.), aux relations écrivain.e.s/éditeur.trice.s (à travers notamment des extraits de correspondances) et à une rencontre qui a été fondatrice pour le groupe avec deux romancières, Frédérique Clémençon (qui publie chez Flammarion) et Gaëlle Bantegnie (chez Gallimard) et deux éditeurs indépendants FLBLB et L'Oeil d'or. Cette première séquence était destinée à transmettre des notions, à rendre intelligible pour les élèves un univers opaque en construisant avec eux une représentation solide du champ de l’édition. Par la suite, le groupe s’est constitué en 3 pôles : Le pôle juridique a joué un rôle essentiel au départ : il était chargé de l’étude des statuts possibles, ensuite du montage du dossier d'habilitation pour être reconnue en tant que junior association, des rédactions des mentions légales du site, de l’élaboration des contrats type avec les auteur.es et les illustrateur.trice.s, des conventions diverses avec le lycée, la radio du lycée Delta FM et une autre association culturelle du lycée, Broken Wall Label, créée elle aussi par des élèves. Le pôle communication lui s’est occupé du site internet, des réseaux sociaux, du nom (Turfu veut dire Futur en verlan !) de cette maison d’édition, du logo (une tête de Janus “redesignée” -qui regarde à la fois vers le passé et la tradition et vers la jeunesse et le futur-, du slogan (“Des livres à toutes les sauces” faisant référence aux sauces Kebab, élément de référence de la culture jeune), des affiches, de l‘identité graphique en général (police, couleurs etc.). Il y a eu un accompagnement qui s’est avéré essentiel sur ce pôle : l’intervention bénévole sur deux séances d’un ancien élève, âgé de 40 ans et qui a monté sa propre entreprise de communication. Il est l’ami d’un père d’élève et n’a pas hésité à venir dès que cet élève lui a parlé de Turfu- Les Éditions. Le pôle éditorial enfin s’est questionné sur l’identité des auteur.e.s que nous allions éditer (qu'est-ce qu'un.e jeune auteur.e : ce fut l’occasion de réfléchir sociologiquement à ce qu’est la « jeunesse »), sur le genre de textes à publier. Il s’est occupé des premières prises de contact et des premières réceptions de manuscrits. Les temps en pôle alternaient avec les temps en grand groupe qui étaient la plupart du temps des temps de synthèse, de vote. Tout était soumis au groupe classe qui votait (logo, collections, gratuité/non gratuité des oeuvres à télécharger…) et les débats étaient parfois longs et houleux, en tout cas très formateurs car nécessaires pour avancer concrètement. Tous ces moments se déroulaient dans le Centre de Ressources Documentaires du lycée et dans une salle attenante. Les élèves décidaient avec nous des temps de pause et les séances de 3 heures se terminaient toujours par un temps de bilan et de perspectives pour la semaine à venir : ils se donnaient eux-mêmes des « choses » à faire pour la fois suivante.
  Trois ressources ou points d'appui
  Les réseaux, les connaissances (anciens élèves; connaissances, tissu local culturel) Les réseaux professionnels de l’éducation nationale : DNE, écritech La participation en amont au Goncourt lycéen
  Difficultés rencontrées
  La difficulté administrative ( responsabilité de publication, d’images, gestion du compte bancaire et du budget etc.) : levée par la création de la junior association et la signature d’une convention avec le lycée
  Moyens mobilisés
  Lieu : convention avec le lycée Le groupe a travaillé en permanence au CRD (centre de ressources documentaires, équivalent d’un CDI) : tous les élèves au LP2I ont un ordinateur portable et pouvaient aussi utiliser les ordinateurs fixes mais c’est surtout l’organisation de l’espace qui était profitable : chaque groupe avait son “coin”. Les enseignant.e.s circulaient suivant les besoins des élèves et il y avait un espace où l’on pouvait se retrouver en grand groupe et faire des apports théoriques quand cela était nécessaire. La documentaliste aidait énormément les élèves à valider l’information : dans ce cadre, ils n’avaient pas droit à l’erreur puisque les enjeux (juridiques, communicationnels) étaient concrets. Par ailleurs, Le Plan B, un bar associatif et culturel de Poitiers a largement accueilli le projet et les demandes des élèves : d’abord c’est au plan B qu’a eu lieu la première table ronde avec les autrices et les éditeurs et ils étaient ravis aussi que ce soit dans ce lieu qu’ait lieu la soirée inaugurale officielle de Turfu- Les Éditions. Cela a permis aussi aux élèves de sortir du lycée et de commencer à prendre une place dans le paysage associatif et culturel poitevin. Moyens : dons du lycée à l’association, goodies (badges)
  Partenariat et contenu du partenariat
  Les partenariats ont été très nombreux et divers car on ne se lance pas dans l’édition sans en parler avec celles et ceux qui connaissent Tout d’abord nous avons rencontré des écrivaines (Gaëlle Bantegnie qui publie chez Gallimard et Frédérique Clémençon qui publie chez Flammarion) et des éditeurs (Julien Delorme de L’oeil d’Or, Thomas Dupuy de FLBLB (maison d’édition créée à Poitiers il y 15 ans et qui travaille sur le rapport texte/image), Salomé Viaud de chez Fayard donc des indépendants et des éditeurs appartenant à des groupes). Ensuite nous avons sollicité des connaissances (soit des enseignant.e.s soit des élèves) pour la dimension juridique (contrats) et la communication (surtout sur le site internet : charte graphique, communication sur les réseaux sociaux...) Ensuite nous avons été vraiment épaulé.e.s par la Direction du Numérique Educatif (François Bocquet, Catherine Beccheti Bizot, Mireille Lamoureux) qui nous a encouragé.e.s et a souhaité mettre en lumière notre action lors de l’édition d’Ecritech 2017 à Nice. Cela a fortement joué sur la motivation de nos élèves qui ont assuré une visio-conférence devant un amphithéâtre pour présenter leur maison d’édition. Le Café Pédagogique en publiant un article début septembre a aussi valorisé notre action ainsi que la Nouvelle république. Un article va paraître dans Phospore en décembre 2017. Enfin,nous avons bénéficié de nos réseaux d’anciens élèves (l’un d’eux est éditeur a FLBLB, un autre gère le Plan B, café associatif et culturel de Poitiers où a eu lieu le lancement officiel de la maison d’édition le 8 juin 2017) et du réseau poitevin (participation aux Editeuriales à la Médiathèque de Poitiers en mars 2017, collaboration à venir avec le TAP lors des Rencontres Michel Foucault à venir (novembre 2017) avec le label “Jeunes textes en liberté”.
  Liens éventuels avec la Recherche
  Pas de lien établi pour le moment...
 
Evaluation
  Evaluation / indicateurs
  Le nombre d’ouvrages publiés numériquement (et donc de contrats signés) Le nombre d’élèves, de jeunes, engagé.e.s dans l’association La durée d’existence de cette association La réussite en terme d’orientation des jeunes impliqué.e.s La quantité et la diversité des partenariats et des contacts pris (éditeurs, structures associatives de diffusion, de correction orthographique…) La quantité d’articles et de communications extérieurs sur l’association Création de liens avec une autre structure scolaire pour la production de livres papier Nombre et qualité d’événementiels
  Documents
 
Titre Présentation du le site du café pédagogique
Condensé
URL http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2017/09/04092017Article636401069926462587.aspx
Type non précisé

Titre Présentation dans la presse locale
Condensé
URL https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/une-maison-d-edition-creee-au-lp2i
Type document

  Modalités du suivi et de l'évaluation de l'action
  Un des premiers éléments d’évaluation a été la poursuite du projet et sa vitalité : qu’allait devenir cette maison d’édition une fois l’année scolaire terminée ? A la rentrée 2017, un groupe d’élève en a repris la responsabilité et l’a inscrit dans le temps des ACF (voir fiche experithèque). Les anciens élèves de la classe de 2nde E sont resté.e.s membre de l’association et le groupe s’est étoffé de nouveaux et de nouvelles venu.e.s qui sont devenu.e.s membres de l’acf et membres de l’association. Les élèves ont senti qu’ils étaient pris en compte et que leurs décisions devenaient concrètement des actes posés : choix de faire une junior association, décision de la gratuité des téléchargements, choix du logo, du titre. Nous les enseignant.e.s n’avions plus droit au chapitre (nous participions aux débats mais pas aux votes). L’engagement citoyen des élèves concerné.e.s s’en ressent déjà en cette année suivante parce qu’ils/elles savent que leur position a un poids dans la vie de l’établissement (engagement au CVL, au CA, dans la MDL) Le regard sur la production livresque a été modifié : ces élèves sont cette année en 1ère, année des épreuves anticipées du baccalauréat. Ce regard qui a été construit sur l’industrie du livre, sur le livre comme objet de consommation et “lieu” de travail en amont entre un.e écrivain.e et son éditeur.trice change leur appréhension de la littérature sans doute en la désacralisant en partie. Nous verrons sur leurs résultats à l’examen s’en ressentira mais la dimension multifactorielle de la note nous amène à rester prudent.e.s. Les enseignant.e.s qui ont participé à ce module interdisciplinaire ont tiré comme “leçon” principale que l’on peut faire avec des élèves ce que l’on en sait pas faire soi-même et construire des savoirs en même temps qu’eux. Ni les un.e.s ni les autres ne nous sentions armé.e.s par exemple dans le domaine juridique et nous avons vraiment avancé avec les élèves. De la même manière personne parmi nous, adultes, n’avait créé une association ou rédigé de contrats : ce sont les élèves qui nous ont expliqué. Paradoxalement, cela donne confiance pour la suite et les autres projets à venir.
  Effets constatés
  Sur les acquis des élèves : Travail sur la réécriture de textes : il est souvent difficile dans un cadre purement scolaire de travailler cette compétence avec les élèves alors que dans le cadre d’une maison d’éditions c’est le coeur même du travail. Apprentissage de l’autonomie et du travail collaboratif Compétences de communication réellement mises en oeuvre pour l’organisation d’événementiels
  Sur les pratiques des enseignants : Un des effets principaux sur l’équipe enseignante c’est cette notion même de “risque à prendre” : le carcan proposé par l’éducation nationale n’est pas si étroit que cela et l’on peut expérimenter dans un cadre bienveillant, parfois contraignant certes mais qui finalement autorise des aventures communes entre les différents acteur.trice.s du système : les enseignant.e.s, les élèves, l’administration (très encourageante) et les parents qui sont venus nombreux à l’inauguration et ont suivi de près la naissance de la maison d’édition.
  Sur le leadership et les relations professionnelles : La création de la maison d’édition a évidemment renforcé le sentiment d’appartenance à la classe et au lycée. Le climat scolaire, déjà de grande qualité dans l’établissement a été encore amélioré puisque Turfu a fait en fin d’année des événements collectifs (une heure de lecture pour tous, des temps de présentations aux autres élèves, des ventes de badges etc.) L’importance de la démarche de projet et de la dimension collaborative a été ressentie nettement par les élèves -qui pourront ainsi mettre en valeur ce projet dans leur webfolio (voir fiche expérithèque “Webfolio de l’élève : http://eduscol.education.fr/experitheque/consultFicheIndex.php?idFiche=7627)- mais aussi par les enseignants qui ont eu par ailleurs des retours très positifs et encourageants de la part de la collectivité de l’établissement.
  Sur l'école / l'établissement : Une dynamique de lecture a été très nettement mise en oeuvre l’année dernière : la participation de la classe au Goncourt lycéen a été l’occasion de nombreux temps d'échanges avec d’autres élèves et les enseignant.e.s proposent très souvent (exactement deux fois 1h10 tous les 15 jours, pendant les temps de soutien et d’approfondissement qui ont lieu le jeudi après-midi ) des temps de lecture au CRD pour ceux qui veulent, étudiant.e.s en BTS compris. Le lycée participe par ailleurs à de nombreux prix littéraires proposés par l’académie (le prix Sony Labou Tansi, Fabriquez un poème etc.)
  Plus généralement, sur l'environnement Le LP2I est connu et reconnu pour ses innovations ...Cette action, dans l’esprit de l’établissement, est une suite aux actions menées. Les élèves échangent de pairs à pairs avec des professionnels du monde du livre et cette relation horizontale nous semble très intéressante et valorisante pour des adolescents.




Recherche multicritères
Recherche plein texte

Les expérimentations d'une académie
Les 5 dernières fiches
PARIS
CLG Couperin - Les classes chantantes : faire réussir les élèves grâce à un projet de création artistique
BESANCON
La LV2 Arabe au service des allophones et réciproquement
ORLEANS-TOURS
MACHine à INVenter l'Absurde
ORLEANS-TOURS
Création d’un film d’animation
ORLEANS-TOURS
45-attention et concentration
Les fiches les plus consultées
BORDEAUX
Travaux en sciences assistés par des tablettes numériques 2012
ORLEANS-TOURS
2016B - 37 - Ecole de Druye - Azay Augmenté : pour une visite enrichie du château d’Azay-le-Rideau
NICE
#2018AC-Learn-O : La première tablette tactile géante, kinesthésique, collaborative et sociale.
LILLE
# 2018 C - F - Badges Numériques de Compétences et auto-évaluation par formulaire en ligne
NANCY-METZ
Une démarche innovante « L’école des savoirs essentiels »
Contexte