Accueil Consultation d'une fiche
fiche consultée 1795 fois

 

Je sais, je partage : création de capsules vidéo POUR et PAR les élèves

(Expérimentation terminée)
 

Collège du Val de Cère

, 15150 LAROQUEBROU
Site : http://padlet.com/naima_horchani/JSJPexemplesCapsules
Auteur : HORCHANI-CARTON Naïma
Mél : nhorchani-carton@ac-clermont.fr
  Comment aider les élèves à maîtriser et consolider des micro-compétences et micro-connaissances ? Cette question est au centre de la réflexion et de la pédagogie de projet mises en oeuvre au travers de « #Je sais, Je partage ». Liens inter-établissement et inter-cycle, interdisciplinarité, créativité, FabLab, collaboration (équipe éducative, élèves), tutorat sont quelques-uns des mots-clés d'un projet qui transforme les pratiques pédagogiques avec pour levier les outils nomades. Près de 190 écoliers, collégiens et lycéens réinvestissent leurs compétences et connaissances afin de créer des tutoriels vidéo pour leurs pairs. Le dispositif apporte distanciation, sens et motivation vis-à-vis du savoir en attribuant le rôle d'expert aux élèves. #recherche

  Plus-value de l'action
  Les opportunités offertes par ce type de projet en terme de fédération d’équipe autour d’un objet commun, du changement de posture (des intervenants comme des élèves), du développement de la collaboration entre élèves, de la motivation et de la consolidation de compétences.
  Nombre d'élèves et niveau(x) concernés
  190 élèves environ : -Collège du Val de Cère (Laroquebrou/Cantal) : tous les niveaux -Lycée général Emile Duclaux (Aurillac/ Cantal) : 2de et 1ère -Lycée agricole Georges Pompidou (Aurillac/Cantal) : 1ère -Ecole Jean Moulin (Clermont-Ferrand/Puy de Dôme) : CM2 (enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs)
  A l'origine
  Le collège de Laroquebrou (15- Cantal) qui coordonne ce projet est situé dans une zone rurale éloignée des pôles culturels. L’une des priorités du collège est de développer l’acquisition de repères culturels et citoyens (ouverture culturelle ; éducation aux médias et à l’information dont notamment la citoyenneté numérique). La nécessité d’améliorer la maîtrise de la langue et des compétences info-documentaires est une autre des priorités. Pour pallier l’isolement géographique des élèves et des enseignants qui rend difficile les échanges avec l’environnement local et régional, le collège s’appuie sur le développement des usages pédagogiques du numérique et l’existence d’un réseau dynamique de partenaires locaux et régionaux.
  Objectifs poursuivis
  Comment les aider à la maîtrise, à la consolidation de micro-compétences et micro-connaissances ? C’est cette question qui est au centre de notre réflexion et de la pédagogie de projet que nous tentons de mettre en œuvre au travers de « #Je sais, Je partage ». Ce projet fédérateur a pour objet de proposer aux élèves un parcours favorisant l’acquisition de compétences et de repères culturels et citoyens par : -l’expérimentation d’un projet collectif et créatif reposant sur l’usage pédagogique du numérique ; -l’éducation aux médias et à l’information (dont la citoyenneté numérique) ; -l’acquisition de compétences du socle et d’une culture numérique. Il s’agit de sortir de la dimension « classe » pour inscrire l’apprentissage de l’élève dans une dimension socioculturelle. La réalisation est valorisée immédiatement par une mise en ligne sur un espace collaboratif et une réutilisation des productions auprès d’autres élèves.
  Description
  L’idée est de proposer aux élèves un parcours favorisant l’acquisition de compétences et de repères culturels et citoyens. Même si le contexte de travail (intervenants, élèves, cadre d’enseignement, lieux) varie beaucoup, il y a des constantes dans le déroulement. A l’issue d’une séquence pédagogique, par exemple sur la recherche biographique, les élèves conçoivent un scénario à partir de ce qu’ils viennent d’apprendre. Ils s’entraînent ensuite à manipuler les tablettes et les applications AdobeVoice et Tellagami. Après avoir découvert les possibilités offertes par les applications, et à partir des traces de la séquence pédagogique et du scénario, les élèves créent un storyboard. L’étape suivante est la réalisation de la vidéo avec AdobeVoice et Tellagami. Au collège, le montage est réalisé par les élèves eux -mêmes (en 3ème et 4ème) ou par le professeur documentaliste (en attendant d’avoir le temps de former les élèves de 6ème et 5ème au montage).
  Modalité de mise en oeuvre
  Les élèves coréalisent ce travail au sein de l’établissement scolaire, sur les temps de cours et d’atelier. Pour la prise de son, il faut disposer de plusieurs espaces : CDI, salle multimédia, etc.). Le travail en classe entière est possible car nous intervenons souvent en co-animation (deux à quatre personnes : infirmière, Assistant d’Education, professeurs documentaliste et de discipline). La réalisation des tutoriels est valorisée par une mise en ligne sur un espace collaboratif interétablissements et une réutilisation des productions auprès d’autres élèves des établissements participants (cependant il n’est pas exclu à terme d’élargir l’accès aux tutoriels). Ces capsules créées par et pour des élèves serviront à introduire une séance pédagogique, conclure une séquence, voire à mettre en œuvre une pédagogie inversée. Par ailleurs, il nous a semblé crucial que les élèves qui participent cette année au projet (environ 190), soient réunis à Laroquebrou au mois de mai 2016 afin de présenter, eux-mêmes, leur production.
  Trois ressources ou points d'appui
  -Le réseau dynamique de partenaires (CANOPé Aurillac et l’association VIDEOFORMES en particulier) et le soutien de l’institution -La politique volontariste conjointe du Conseil Départemental du Cantal et du Rectorat de Clermont-Ferrand dans le domaine du développement des usages pédagogiques du numérique (mise en œuvre depuis 2009). -L’expérience acquise depuis douze ans dans la mise en œuvre de projets fédérateurs par les professeurs documentalistes des trois établissements du secondaire impliqués.
  Difficultés rencontrées
  -Le caractère chronophage du projet compensé -cela dit- par les apports positifs à court et long terme.
  Moyens mobilisés
  Une quinzaine de membres d’équipe éducative (AED, infirmière, professeurs documentalistes, professeurs d’espagnol, d’histoire géographie, de lettres, de physique, de SVT), une formatrice du CASNAV Clermont-Ferrand, le directeur et une médiatrice de CANOPé Aurillac collaborent à ce projet. Les tablettes numériques sont prêtées par le réseau CANOPé qui assure également l’accompagnement pédagogique (formation aux usages pédagogiques des outils nomades et des applications).
  Partenariat et contenu du partenariat
  Différentes structures soutiennent (directement ou indirectement) ce projet : - CANOPé Aurillac, très impliqué, prête aux établissements du Cantal des tablettes numériques et accompagne les équipes (formation, conseil). -L’association VIDEOFORMES, la DAAC et la DRAC permettent au collège d’accueillir un artiste vidéaste. -La Médiathèque Départementale du Cantal, la Médiathèque municipale de Laroquebrou prêtent des documents qui permettent de faciliter la mise en œuvre de séquences pédagogiques en lien avec le projet. -La Maison de retraite Le Floret accueille les élèves de 6e qui échangent avec les personnes âgées.
  Liens éventuels avec la Recherche
  Des chercheurs universitaires nous permettront d’avoir de la distanciation vis-à-vis de l’évolution de nos pratiques et de nos métiers. L'analyse de l'activité développée (l'activité réelle pour reprendre une terminologie utilisée dans la recherche-action) est réalisée par une professeur d'université en charge notamment de la formation des professeurs documentalistes : Nassira Hedjerassi, professeure des Universités (Université de Reims Champagne-Ardenne). Une autre chercheuse tentera d'étudier plus particulièrement le changement induit par ce projet d'équipe, dans les pratiques et surtout dans les représentations du métier d'enseignant qui utilisent -souvent pour la première fois- le numérique dans leur séquence pédagogique : Soumaya Ben Dhaou, PhD (South Mediterranean University, Tunis).
 
Evaluation
  Evaluation / indicateurs
  -Validation de compétences du socle commun (compétences C1, C4, C5, C6 et C7 du Socle palier 3) -Nombre de capsules vidéo réalisées -Nombre d’élèves impliqués dans le projet -Degré d’ouverture du projet (nombre et types de structures impliquées dans ce projet) -Nombre de connexions et de publications sur l’ENT (utilisation de l’espace collaboratif inter-établissements dédié au projet, par les élèves et les enseignants)
  Documents
  Aucun
  Modalités du suivi et de l'évaluation de l'action
  Des réunions régulières et des outils numériques de partage et de collaboration (Padlet, ENT, ViaEduc) permettent de coordonner le projet (processus : conception/bilan d’étape/réajustement). Les critères qui permettront d’évaluer le projet sont : -Nombre d’élèves impliqués dans le projet ; -Validation de compétences du socle commun (compétences C1, C4, C5, C6 et C7 du Socle palier 3) ; -Degré d’ouverture du projet (nombre et types de structures impliquées dans ce projet) -Nombre de capsules vidéo réalisées ; -Nombre de réutilisation des capsules par des élèves et/ou des membres de l’équipe éducative pour un usage : en autonomie ; en début ou fin de séance ; et/ou pour la mise en œuvre de pédagogie inversée. Si à la fin de l’année le bilan de « #Je sais, Je partage » est positif, l'idéal serait une appropriation de ce projet par d'autres membres des équipes éducatives dans le cadre des ÉPI (enseignement pratiques interdisciplinaires) par exemple, et ainsi le développement d’une banque de capsules interétablissements. L’indicateur serait alors le nombre de nouveaux participants : utilisation des capsules existantes et/ou création de nouvelles capsules. Un autre indicateur de réussite serait le développement d’un Laboratoire de Fabrication (FABLAB) dans les CDI afin de pousser les élèves (voire les personnels) à partager d'eux-mêmes leurs connaissances et compétences (dessiner des personnages de Manga ou Manhwa ; créer un scénario de BD ; réaliser un diaporama avec PREZI ; comprendre le système de classement des savoirs pour trouver /ranger les livres dans le CDI ; créer une musique avec Audacity pour la chorégraphie en EPS ; etc.).
  Effets constatés
  Sur les acquis des élèves : Les élèves sont mis en situation de créer eux-mêmes des capsules à destination de leurs pairs. L’aide des pairs se conçoit ici à un même niveau et/ou d’un niveau à un autre (et parfois ce sont les 5èmes qui aident les 3èmes). Il s’agit de sortir de la dimension « classe » pour inscrire l’apprentissage de l’élève dans une dimension socioculturelle. Placer les élèves dans une situation d’experts et tuteurs vis-à-vis de leurs pairs apporte de la distanciation, du sens et de la motivation vis-à-vis du savoir. La co-construction d’un tutoriel numérique (capsule vidéo) par les élèves permet le réinvestissement des compétences et connaissances via une production sociale. De plus, la solidarité qui se développe entre les élèves et la responsabilité engagée vis-à-vis d’un matériel coûteux contribuent à construire leurs compétences citoyennes. Produire des tutoriels dynamiques contribue à améliorer la motivation et l'estime de soi puisque, dans ce contexte, l'outil nomade permet d'aboutir à des capsules destinées à former les pairs. Les élèves adoptent aisément une démarche réflexive et une posture de tuteur alors même que le temps de travail sur tablette est minime par rapport au temps de travail en amont : un temps important consacré à la mise à distance par rapport aux compétences qui viennent d'être travaillées, à la conception du scénario, du story-board (ou scénarimage) à l'écriture du texte en voix-off, à l'entraînement à l'oralisation. Par ailleurs travailler avec un outil nomade (tablette numérique) et des applications numériques (carte mentale, etc.) facilite l'acquisition d'une culture numérique et de compétences informationnelles. Les « Digital Natives » ou « Digital Immigrants » (qui -selon Marc Prensky- auraient des compétences TICE supposées innées ou auraient enclenché aisément le processus d'acculturation) acquièrent des compétences informationnelles qui leur permettent de mieux appréhender la culture numérique, de développer une maîtrise des outils et du fonctionnement du Web. Cela leur permet de conscientiser et séparer leurs pratiques informelles des pratiques informationnelles plus pertinentes. Cela leur permet aussi de maîtriser leur attention face à un flux continu d'information au développement exponentiel : c’est l’économie de l'attention (Simon Herbert, 19712) versus l’économie de l'information (changement de modèle économique).
  Sur les pratiques des enseignants : L’une des conditions sine qua none à la réussite de ce projet est d’amener les enseignants à dépasser leur crainte, lever les freins vis-à-vis des outils nomades. La tablette, les applications ne sont que des outils. Ils sont utiles tant qu’ils servent la pédagogie. Les temps de réunion, formation, co-conception, observation de séquences mise en œuvre par un collègue, co-animation s’alternent et contribuent à : -rassurer les enseignants les moins à l’aise avec l’outil informatique et les amener à développer leurs compétences dans le domaine l’usage pédagogique du numérique et de la pédagogie de projet ; -développer le travail en équipe et l’interdisciplinarité ; -tisser et surtout formaliser un réseau local de professionnels de l’éducation et de l’enseignement dans un environnement rural.
  Sur le leadership et les relations professionnelles : La mise en place de formation et les outils numériques utilisés ont permis de faciliter le travail collaboratif entre membres de différentes équipes éducatives. Et par ricochet, cela a permis le développement de compétences par l’échange de pratique entre professionnels aux profils et parcours différents
  Sur l'école / l'établissement : C’est en particulier au collège –où un pourcentage important de l’équipe éducative est impliqué et où l’ensemble des élèves participe au projet- que l’effet sera le plus prégnant. La synergie créée par ce projet collectif est d’ores et déjà visible au niveau des intervenants. Les élèves construisent des capsules vidéo qui seront agrégées sur un même espace numérique. Lors de la rencontre physique de tous les participants prévus en fin d’année, les élèves présenteront leurs créations : leur travail collaboratif terminera de prendre tout son sens.
  Plus généralement, sur l'environnement Fédérer diverses professions (infirmière, Assistant d’Education, professeur documentaliste, professeur de discipline, formateur, artiste vidéaste, chercheur universitaire, etc.), diverses types de structure (établissement scolaire, CANOPE, association, CARDIE, DAAC, université) autour d’un même projet est un travail de longue haleine. Ce travail de co-construction de projet, qui se développe au collège du Val de Cère et qui a mené cette année à « #Je sais, Je partage », est inscrit dans une démarche d’équipe et de partenariat qui a mûri au fil des ans. Les liens entre établissements et la pluridisciplinarité se construisent plus aisément sur le terrain et au travers d’un « prétexte » commun : un objet d’étude, une manifestation culturelle et/ou une production. Ceci est d’autant plus vrai lorsque les établissements sont éloignés géographiquement et qu’ils relèvent d’environnements différents (établissements ruraux et urbains).




Recherche multicritères
Recherche plein texte

Les expérimentations d'une académie
Les 5 dernières fiches
PARIS
CLG Couperin - Les classes chantantes : faire réussir les élèves grâce à un projet de création artistique
BESANCON
La LV2 Arabe au service des allophones et réciproquement
ORLEANS-TOURS
MACHine à INVenter l'Absurde
ORLEANS-TOURS
Création d’un film d’animation
ORLEANS-TOURS
45-attention et concentration
Les fiches les plus consultées
BORDEAUX
Travaux en sciences assistés par des tablettes numériques 2012
ORLEANS-TOURS
2016B - 37 - Ecole de Druye - Azay Augmenté : pour une visite enrichie du château d’Azay-le-Rideau
NICE
#2018AC-Learn-O : La première tablette tactile géante, kinesthésique, collaborative et sociale.
LILLE
# 2018 C - F - Badges Numériques de Compétences et auto-évaluation par formulaire en ligne
NANCY-METZ
Une démarche innovante « L’école des savoirs essentiels »
Contexte