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Evaluer de manière différenciée en classe de 4e

(Expérimentation terminée)
 

Collège Jean Rostand

9 RUE JEAN FERLOT , 03700 BELLERIVE SUR ALLIER
Site : http://formation.ac-clermont.fr/pasi/
Auteur : GUERIN Laire
Mél : laurette.guerin@free.fr
  Notre problématique repose sur la prise en compte de l’hétérogénéité en implantant dans une classe de 4e un dispositif soutenant les efforts des plus faibles sans baisser le niveau et continuant à stimuler les plus forts sans « négliger » les plus faibles. Cette différenciation s’effectue par l’intermédiaire d’indices donnés lors des contrôles notés. Les élèves choisissent ou non d’utiliser des coups de pouce en « libre service » dans la classe et préparés par les professeurs engagés dans le projet. Ces coups de pouce ne peuvent avoir de résonance chez les élèves que s’ils sont en connexion avec la construction des savoirs de la classe. Lors d’une tâche complexe, les élèves doivent décomposer en plusieurs étapes de raisonnement, faire des liens ou des associations avec d’autres notions. Ces aides permettent de débloquer les plus faibles afin qu’ils puissent s’engager dans les tâches. Un retour sur l’efficacité de l’utilisation du coup de pouce est réalisé en collaboration professeur-élève, ce qui permet d’interroger l’élève sur ce qu’il sait faire ou non, et par suite sur les compétences qu’il a acquises ou non.

  Plus-value de l'action
  100% des élèves de cette classe jugent que les exercices de réflexion sont devenus une part importante du travail de 4e et que méthodes de travail ont changé. De plus 96% de la classe considèrent que cette année a été moyennement difficile voir facile, que cette transition s’est bien passée !
  Nombre d'élèves et niveau(x) concernés
  une classe de 4e de 26 élèves
  A l'origine
  Tous les élèves n’apprennent pas au même rythme. Le collège Jean Rostand accueille une mixité sociale assez importante. Il existe des écarts entre les plus « faibles » et les plus « forts ». La répétition de mauvaises notes finit par couler certains élèves qui se découragent et ne s’engagent plus dans une dynamique d’efforts mais plutôt dans des stratégies d’évitement. Ils entrent alors dans un cercle vicieux qui peut aller jusqu’au décrochage. Notre problématique est la prise en compte de cette hétérogénéité en soutenant les efforts des plus faibles tout en continuant à stimuler les plus forts.
  Objectifs poursuivis
  -Accompagner les élèves en difficulté, leur redonner confiance, leur redonner l’envie de s’engager dans une dynamique d’efforts. -Responsabiliser tous les élèves dans leurs apprentissages et leur permettre un feed- back sur les savoirs construits ou non. -Réguler les apprentissages -Développer des outils de gestion d’une classe hétérogène : maintenir les plus faibles dans les apprentissages tout en continuant à stimuler les plus forts.
  Description
  En vie de classe : Première phase : analyse des difficultés et repérage des méthodes de travail. Jusqu’aux vacances de Toussaint tous les élèves ont participé à la vie de classe par petits groupes. Deuxième phase : De Toussaint à Noël, nous avons ciblé notre action sur certains élèves de manière à affiner les tests. En particulier, certains élèves en difficultés ont passé des tests de mémorisation afin de déterminer leur canal VAKOG sensoriel dominant (visuel, kinesthésique ou auditif). Nous avons créé à l’issue de ces tests des groupes selon les difficultés et les canaux VAKOG dominants repérés. Troisième phase : Travail à partir des canaux sensoriels dominants des élèves et sur les « façons d’apprendre » selon ces canaux sensoriels. Ce travail en petits groupes avec certains élèves en difficulté a été mené sous la forme de projets sur des thèmes transversaux mathématiques-français. Le groupe mixte « auditif » et « kinesthésique » a réalisé en français un exposé sur le slam de Grand Corps Malade, un enfant de la ville, en utilisant les rythmes de cette chanson, et une maquette de ville en mathématiques dans le cadre de la géométrie dans l’espace. Un groupe « visuel » et « kinesthésique » a réalisé une affiche sur la poésie de La Fontaine dont voici un extrait : « Nous allons partager cet agneau » dit le lion en s'adressant au singe et au renard. Puisque nous sommes trois, j'en prends d'abord le tiers ; c'est juste ! Ensuite, comme Roi des animaux, il m'en revient, en plus la moitié. Enfin, je m'attribue encore le sixième parce que tel est mon bon plaisir. Après cela, partagez-vous le reste. » L’objectif en mathématiques était de travailler la notion de fractions à travers cette poésie de manière kinesthésique avec des découpages de bandelettes-couleurs. En classe durant l’année, nous avons mis en place de coups de pouces lors des évaluations notées en lien avec la construction des savoirs. Une trame commune aux matières engagées dans le projet sur le retour utilisation du coup de pouce a été développée afin de créer une unité de fonctionnement du dispositif.
  Modalité de mise en oeuvre
  Voir description
  Trois ressources ou points d'appui
  - La non-stigmatisation des plus faibles dans la classe. Chaque élève est libre de prendre ou non un coup de pouce. Le professeur n’influence pas et ne juge pas. -La pratique de la PNL (Programmation Neuro-Linguisitique ) dans la cadre scolaire a permis de trouver des leviers sur la motivation de l’élève -La démarche commune des matières engagées dans le projet est un point fort qui permet de donner de la cohérence pour les élèves.
  Difficultés rencontrées
  - Il est difficile de créer des coups de pouce qui ne donnent pas la réponse à la question mais qui permettent de débloquer les plus faibles. Il est nécessaire de réfléchir sur une typologie des coups de pouce utiles et ceux qui ne sont pas efficaces. Ils doivent répondre à certains critères pour effectivement servir. - La plupart des élèves ne savent pas s’ils ont besoin ou non du coup de pouce : c’est-à-dire s’auto- évaluer ! Au départ il y a eu une prise en masse du coup de pouce Nous avons dû travailler autour de la prise de confiance et de l’auto-évaluation. Au fur et à mesure de l‘année de moins en moins de coups de pouce sont pris sans avoir réfléchi. Il y a un réel besoin d’accompagnement autour de la prise de conscience des acquisitions. - La responsabilité des savoirs ne doit pas être enlevée à l’élève. Le fait de donner des indices pour démarrer les tâches difficiles ne doit pas suggérer à l’élève qu’il ne doit plus apprendre. Ceci renvoie à la première difficulté : trouver des coups de pouce efficaces.
  Moyens mobilisés
  - deux professeurs principaux -une demi-heure de vie de classe chaque semaine le lundi de 8h30 à 9h - des heures de concertation entre professeurs afin de créer les trames communes et les projets transversaux.
  Partenariat et contenu du partenariat
  Pas de partenariat
  Liens éventuels avec la Recherche
  -Du savoir savant au savoir enseigné, Yves Chevallard -Théorie Anthropologique du Didactique -Evaluation formative, Perrenoud -Programmation Neuro- Lingusitique : PNL appliqué au milieu scolaire
 
Evaluation
  Evaluation / indicateurs
  -Questionnaire élève : le rapport de l’élève à sa scolarité a-t -il évolué ? Si oui, comment ? -Evolutions des acquisitions par élève par rapport à la situation initiale : nombre, régularité. -Courbes de répartition des résultats aux évaluations « standards ».
  Documents
  Aucun
  Modalités du suivi et de l'évaluation de l'action
  a)Premier indicateur : Le ressenti des élèves – questionnaire donné aux élèves. Les coups de pouces les ont-ils aidés, motivés ? -Pour certains bons et très bons élèves, cela ne les a pas toujours aidés mais ils n’ont pas été défavorables ! Ceci nous permet de vérifier que les élèves les plus forts n’ont été défavorisés dans ce dispositif. Sur 26 élèves, 16 élèves utilisent régulièrement les coups de pouce dont 14 considèrent qu’ils sont d’une grande utilité. Pour d’autres plus faibles ils les ont bien aidés. Nous n’avons pas eu de retour négatif de la part des élèves. b) Deuxième indicateur : répartition des élèves La répartition classique des élèves lors d’un contrôle a généralement la forme d’une cloche (Gaussienne) c'est-à-dire qu’une grande partie des élèves obtient des résultats centrés autour de la moyenne. Ici l’utilisation des coups de pouce permet de changer la répartition et donne une répartition en forme de J c'est-à-dire avec beaucoup plus d’élèves en situation de réussite. Notons que les coups de pouce sont construits de manière à ne pas donner les réponses et les contrôles ne sont pas plus faciles. Pour des moyennes similaires, on observe un changement dans la répartition des notes. c) Troisième indicateur : les acquisitions Si on analyse les résultats scolaires de certains élèves en difficultés, ils restent faibles. Cependant des progrès sont observables si on prend en compte le nombre d’acquisitions. Les acquisitions sont enregistrées dans un logiciel de suivi de compétences.
  Effets constatés
  Sur les acquis des élèves : Si on analyse les résultats scolaires notés de certains élèves en difficultés mais pas en décrochage, les résultats ont progressé. On est passé de 48% de la classe en dessous de 10 /20 en fin de 5e à 20% en fin de quatrième. Deux élèves déjà en décrochage en 5e restent faibles au niveau de leurs résultats chiffrés. Cependant des progrès sont observables si on prend en compte le nombre d’acquisitions. Pour ces élèves en difficultés on compte jusqu’à 7 acquisitions d’items de compétences par trimestre (contre 20 pour un très bon élève pour comparaison). La visibilité et la communication des progrès est un point à travailler pour l’année prochaine.
  Sur les pratiques des enseignants : Cela a permis de générer des projets pluridisciplinaires et de voir les élèves différemment. Développer un regard positif qui soit plus dans l’analyse que dans le jugement sur l’élève est un point important du projet.
  Sur le leadership et les relations professionnelles : Le projet a permis des concertations entre professeurs et donc des échanges et réflexions sur les pratiques de chacun.
  Sur l'école / l'établissement : En cette fin d’année certains professeurs de l’établissement commencent à poser des questions et à s’intéresser à ces nouvelles façons de travailler, alors qu’au départ un bloc « résistant » s’était créé autour du projet.
  Plus généralement, sur l'environnement Les élèves et les parents ont ressenti que les professeurs s’investissaient et donnaient de leur temps pour leurs enfants, ce qui a créé un climat serein dans les relations parents- collège de la classe. Ceci a permis globalement de créer des liens et un dialogue renforcé.




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