Sitographie pour George Dandin de Molière
Repères pour aborder
George Dandin de Molière
I George Dandin à la Cour de Versailles
*Le grand divertissement royal de Versailles
http://sitelully.free.fr/cb7.htm
*Documents, études et ressources scientifiques pour la recherche sur la cour de France, de ses origines au 19e siècle sur le site http://cour-de-france.fr/
Cour de France.fr est un espace de publication pour des études scientifiques et documents historiques. Le site accueille des travaux de chercheurs jeunes et confirmés de toutes les disciplines et langues.
*Le texte en ligne
http://www.theatre-classique.fr/pages/programmes/edition_pdf.php?t=../documents/MOLIERE_GEORGEDANDIN.xml
*Parcours Molière. Dossier pédagogique proposé par la Comédie-Française.
http://www.comedie-francaise.fr/dev/images/telechargements/dossier_pedagogique_parcoursmoliere.pdf
II Quelques repères bibliographiques
*George Dandin, par la Compagnie des Minuits Album photographique de la mise en scène de . Avec des articles Le cauchemar de George Dandin par Dominique Barbéris et George Dandin, une pastorale burlesque ? par Patrick Dandrey. Editions Klincksieck
*Ch. Mazouer
Trois comédies de Molière. Etude sur Le Misanthrope, Georges Dandin et Le Bourgeois gentilhomme. Presses Universitaires de Bordeaux
http://akilic.free.fr/concours/molierecom.pdf
*Michel Corvin
Molière et ses metteurs en scène d’aujourd’hui. Pour une analyse de la représentation. A lire, en particulier, le chapitre consacré à la mise en scène de George Dandin par Daniel Benoin à la Comédie de Saint-Étienne en 1977.
On peut trouve en ligne le texte de Michel Corvin : http://demeter.univ-lyon2.fr/sdx/livres/these/pul/2005/corvin-moliere/pdf/corvin-moliere.pdf
*Molière et la farce. Bernadette Rey-Flaud. Droz 1996.
Cet ouvrage est une suite, en quelque sorte de l'ouvrage que Bernadette Rey-Flaud avait consacré à la farce : La farce ou la machine à rire. Théorie d'un genre dramatique. 1450-1550. Droz 1984
*la brochure réalisée par Marion Ferry et Yves Steinmetz offre un très riche et complet parcours comparatiste des mises en scène de cette comédie de Molière depuis la mise en scène d'Antoine en 1909 jusqu'à celle de Catherine Hiégel en 1999.
http://www.cndp.fr/produits/detailsimp.asp?ID=34386
*Poétique de Molière: comédie et répétition Par Jean de Guardia. Droz 2007
*Molière/Trois comédies morales. Patrick Dandrey. Editions Klincksieck
*Pour ce qui concerne la paysannerie, le contexte socio-économique, voir les ouvrages de Pierre Goubert
Les paysans français au XVIIe siècle Hachette 1998
Louis XIV et vingt millions de Français Hachette Pluriels 1994
III MISE EN SCÈNES
*Toutes.
Sur le site, on trouve une liste très complète de 23 mises en scène de cette comédie de Molière. Pour chacune d'elles, on trouve l'année et lieu de création ainsi que la distribution.
http://www.lesarchivesduspectacle.net/?lbRecherche=3&Parametre=George+Dandin&pbRechercher=Rechercher&pbRechercher=Rechercher
*A la Comédie-Française
http://www.comedie-francaise.fr/dev/institution_molieredandin.php
*mise en scène de Maurice Jacquemont 1949-1950 au Théâtre National de Bretagne
http://www.t-n-b.fr/fr/saison/fiche.php?id=216
*la compagnie La Trappe. Mise en scène de Christophe Lesage en 1999
http://www.latrappe-theatre.com/spectacles/george-dandin/index.html
*mise en scène de François Rancillac en 1998
le site de Raymond Sarti, son scénographe
http://www.raymondsarti.com/spip.php?article17
*Mise en scène de Christophe Lidon en 1999
http://www.christophelidon.fr/pagepiecedandin.html
*Mise en scène de Philippe Labonne et la Compagnie Le Théâtre en diagonale en 1999
http://www.theatreendiagonale.com/dandin/presse.php
*mise en scène par la Compagnie belge Lazzi en 2000
http://lazzi.be/index.php?mods=page&page=index&id=51
http://lazzi.be/index.php?mods=galerie_photo&gallery=R2VvcmdlX0RhbmRpbg==
*mise en scène d'Yves Gourmelon en 2001
http://benje.free.fr/Chant/2001-01Prog.pdf
http://benje.free.fr/Chant/2001-01Aff.jpg
http://benje.free.fr/Chant/2001-01Maqui.jpg
*Mise en scène Guy Pierre Couleau en 2003
http://www.lefestin-cdn.com/spip.php?article86
*mise en scène de Marcel Maréchal en 2004
http://www.treteauxdefrance.com/archives/2004/dandin-saison07-08.pdf
http://www.ateliertheatrejeanvilar.be/files/spectacle/12.pdf
*mise en scène d'Anne-Marie Lazarini en 2004
http://www.passion-theatre.org/cgi-bin/pti_lol/spectacle/affiche/fiche.pl?id_planning=10692&annee=2004
http://www.tv5.org/TV5Site/upload_image/app_fp/fiche_complete/ficheactivites_dandin.pdf
http://www.humanite.fr/2004-03-01_Cultures_-Sur-le-Dandin-de-la-farce
*Compagnie Akté en 2004
http://forumfalaise.mabulle.com/index.php/2006/08/10/28554-cie-akte-george-dandin-de-moliere
http://www.akte.fr/
*Mise en scène de Marcel Maréchal en 2005
http://www.ateliertheatrejeanvilar.be/files/spectacle/12.pdf
*Mise en scène de Mario Gonzales en 2007
http://www.theatrorama.com/2009/03/george-dandin/
http://www.theatre95.fr/George-Dandin
http://www.univarts.com/mag/article/2187_george-dandin-de-moliere-au-theatre-13-jusqu-au-12-avril-.html
-analyses plus ou moins approfondies
http://www.univ-paris4.fr/fr/spip.php?article9233
sur le site de Mario Gonzales
http://www.mariogonzalez.org/article-27610523.html
http://www.theatre13.com/2008_george_dandin.php
http://www.collectifmasque.com/page17/files/block_1/Dossier%20Dandin.pdf
*Compagnie Coeur et Jardin en 2007
http://www.coeuretjardin.com/dandin.html
*Mise en scène : Alain Gautré en 2007
http://www.comdepic.com/20072008/spectacle09.html
http://mutualise.artishoc.com/arras/media/5/dossier_george_dandin_site.pdf
http://www.top-bb.fr/index2.php?page=Spectacle&page2=S_presentation&id=7
*mise en scène de Pascale Siméon en 2009
http://www.ecart-theatre.fr/george_dandin___creation_2009_069.htm
*mise en scène de Jean Hervé Appéré la Compagnie Casa Orfea et la compagnie Comédiens et Compagnie en 2009
http://theatredubourgneuf.free.fr/2009OGeorgeDandin.html
http://frederic.barthoumeyrou.perso.sfr.fr/SPECTACLE%20GEORGE%20DANDIN.html
http://frederic.barthoumeyrou.perso.sfr.fr/Dossier%20Dandin%202009.pdf
*mise en scène par la Compagnie Théâtre des Minuits en 2009
http://www.theatredesminuits.com/SPECTACLES/index_dandin.html
avec un extrait du reportage que Chloé Micour leur a consacré
http://www.chloemicout.fr/html/film.php?num=dandin
*Théâtre des Rochers
http://www.theatredesrochers.org/dandin.htm
IV SEQUENCES
http://lettres-histoire.ac-rouen.fr/francais/activites/S%e9quences/sequence_Dandinnon_corrigee.htm
Cette séquence, correspondant à l’objet d’étude le théâtre, texte et représentation, a été élaborée par Mme Magali MOUREAU
http://www.lettres.ac-aix-marseille.fr/lycee/moliere/dandin3.html
Pourquoi pas Georges Dandin de Molière
http://www.lettres.ac-aix-marseille.fr/lycee/dandin2.html
V ARTICLES
Le social en représentation. Article de Roger Chartier
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1994_num_49_2_279262
George Dandin ou les Plaisirs du désenchantement
http://se17.bowdoin.edu/system/files/BonteaCahiersXI2_2007.pdf
La joie des dénouements chez Molière
http://web17.free.fr/RD03/2100.htm
L’émergence d’un genre : la comédie-ballet moliéresque
http://revel.unice.fr/loxias/document.html?id=89
Le tambour du petit Colin » : les noms propres dans Dom Juan
http://www.cairn.info/revue-dix-septieme-siecle-2001-1-page-35.htm
Lieu et comportement dans le texte dramatique
http://www.tidsskrift.dk/visning.jsp?markup=&print=no&id=94473
http://img.kb.dk/tidsskriftdk/pdf/rro/rro_0017-PDF/rro_0017_94473.pdf
Espaces et comédie au XVIIe siècle
http://www.erudit.org/revue/etudlitt/2002/v34/n1-2/007563ar.pdf
George Dandin ou les Plaisirs du désenchantement
http://se17.bowdoin.edu/system/files/BonteaCahiersXI2_2007.pdf
Molière et la farce
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/caief_0571-5865_1964_num_16_1_2470
La permanence de la farce dans les divertissements de cour au XVIIe siècle
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/caief_0571-5865_1957_num_9_1_2103
Molière, comédie et philosophie : la communication en question : « Une part essentielle du comique de Molière met en jeu l’incommunicabilité sous tous ses aspects. Cette thématique répond à la problématique de la communication inscrite dans la philosophie cartésienne sous la forme de la communication entre les idées et les vérités, entre les corps et les mouvements, entre le corps et l’esprit, problématique qui donne lieu dans les années de la production de Molière à la naissance des doctrines occasionalistes, dont on trouve la trace dans ses comédies : cette philosophie et ce théâtre-là manifestent une même crise de la communication, typique du passage d’une société et d’une civilisation à une autre. »
http://www.erudit.org/revue/tce/2006/v/n81/014962ar.pdf
Prises de bec, prises de langue : le cas de la femme au pouvoir dans la farce conjugale de la Renaissance
http://www.revue-analyses.org/document.php?id=230
VI VIDEO
*sur tv5monde, les spectacles de théâtre diffusés par la chaîne
http://www.tv5.org/TV5Site/publication/publi-192-George_Dandin__de_Moliere.htm
*Dans le commerce
George Dandin mise en scène d'Anne-Marie Lazzarini à la Copat.
mise en scène de Catherine Hiégel en 1999. Pour la télévision par Bernard Stora.
Bruno Putzulu (George Dandin), Anne Kessler (Angélique), Alain Lenglet (Monsieur de Sotenville), Martine Chevalier (Madame de Sotenville), Jérôme Pouly (Lubin), Olivier Parenty (Colin) et Claudie Guillot (Claudine) Sociétés de production de "George Dandin" Comédie-Française [fr]
*à propos du film de Roger Planchon
http://cinema.encyclopedie.films.bifi.fr/index.php?pk=50689
VII ECHOS
*images du XVIIe siècle
http://www.ac-grenoble.fr/lycee/diois/Latin/Francais/Image/Iconographie/XVIIe-XVIIIe%20Iconographie%20de%20Louis%20XIV/Web/thumb.html
*De Molière à Molière
-George Dandin et la jalousie du Barbouillé : la « jalousie » étant en quelque sorte le « brouillon » de du « Dandin »
-George Dandin et Monsieur de Pourceaugnac : sur les modes sociaux de l'exclusion.
-George Dandin et Le Bourgeois gentilhomme : pour comparer deux désirs d'ascension sociale, deux désirs d'un vouloir-paraître
-George Dandin et Dom Juan : où l'on constate qu'Angélique « parle » -presque comme Dom Juan
GEORGE DANDIN: Je veux que vous y fassiez ce que fait une femme qui ne veut plaire qu'à son mari. Quoi qu'on en puisse dire, les galants n'obsèdent jamais que quand on le Veut bien. Il y a un certain air doucereux qui les attire, ainsi que le miel fait les mouches; et les honnêtes femmes ont des manières qui les savent chasser d'abord.
ANGÉLIQUE: Moi, les chasser? et par quelle raison? Je ne me scandalise point qu'on me trouve bien faite, et cela me fait du plaisir.
GEORGE DANDIN: Oui. Mais quel personnage voulez-vous que joue un mari pendant cette galanterie?
ANGÉLIQUE: Le personnage d'un honnête homme qui est bien aise de voir sa femme considérée.
GEORGE DANDIN: Je suis votre valet. Ce n'est pas là mon compte, et les Dandins ne sont point accoutumés à cette mode-là.
ANGÉLIQUE: Oh! les Dandins s'y accoutumeront s'ils veulent. Car pour moi, je vous déclare que mon dessein n'est pas de renoncer au monde, et de m'enterrer toute vive dans un mari. Comment? parce qu'un homme s'avise de nous épouser, il faut d'abord que toutes choses soient finies pour nous, et que nous rompions tout commerce avec les vivants? C'est une chose merveilleuse que cette tyrannie de Messieurs les maris, et je les trouve bons de vouloir qu'on soit morte à tous les divertissements, et qu'on ne vive que pour eux. Je me moque de cela, et ne veux point mourir si jeune.
GEORGE DANDIN: C'est ainsi que vous satisfaites aux engagements de la foi que vous m'avez donnée publiquement?
ANGÉLIQUE: Moi? je ne vous l'ai point donnée de bon cœur, et vous me l'avez arrachée. M'avez-vous, avant le mariage, demandé mon consentement, et si je voulais bien de vous? Vous n'avez consulté, pour cela, que mon père et ma mère; ce sont eux proprement qui vous ont épousé, et c'est pourquoi vous ferez bien de vous plaindre toujours à eux des torts que l'on pourra vous faire. Pour moi, qui ne vous ai point dit de vous marier avec moi, et que vous avez prise sans consulter mes sentiments, je prétends n'être point obligée à me soumettre en esclave à vos volontés; et je veux jouir, s'il vous plaît, de quelque nombre de beaux jours que m'offre la jeunesse, prendre les douces libertés que l'âge me permet, voir un peu le beau monde, et goûter le plaisir de ouïr dire des douceurs. Préparez-vous-y, pour votre punition, et rendez grâces au Ciel de ce que je ne suis pas capable de quelque chose de pis.
GEORGE DANDIN: Oui! c'est ainsi que vous le prenez? Je suis votre mari, et je vous dis que je n'entends pas cela.
ANGÉLIQUE: Moi je suis votre femme, et je vous dis que je l'entends.
GEORGE DANDIN: Il me prend des tentations d'accommoder tout son visage à la compote, et le mettre en état de ne plaire de sa vie aux diseurs de fleurettes. Ah! allons, George Dandin; je ne pourrais me retenir, et il vaut mieux quitter la place.
Dom Juan Acte I scène
DOM JUAN, SGANARELLE.
DOM JUAN: Quel homme te parlait là? Il a bien de l'air, ce me semble, du bon Gusman de Done Elvire.
SGANARELLE: C'est quelque chose aussi à peu près de cela.
DOM JUAN: Quoi? c'est lui?
SGANARELLE: Lui-même.
DOM JUAN: Et depuis quand est-il en cette ville?
SGANARELLE: D'hier au soir.
DOM JUAN: Et quel sujet l'amène?
SGANARELLE: Je crois que vous jugez assez ce qui le peut inquiéter.
DOM JUAN: Notre départ sans doute?
SGANARELLE: Le bonhomme en est tout mortifié, et m'en demandait le sujet.
DOM JUAN: Et quelle réponse as-tu faite?
SGANARELLE: Que vous ne m'en aviez rien dit.
DOM JUAN: Mais encore, quelle est ta pensée là-dessus? Que t'imagines-tu de cette affaire?
SGANARELLE: Moi, je crois, sans vous faire tort, que vous avez quelque nouvel amour en tête.
DOM JUAN: Tu le crois?
SGANARELLE: Oui.
DOM JUAN: Ma foi! tu ne te trompes pas, et je dois t'avouer qu'un autre objet a chassé Elvire de ma pensée.
SGANARELLE: Eh mon Dieu! je sais mon Dom Juan sur le bout du doigt, et connais votre cœur pour le plus grand coureur du monde: il se plaît à se promener de liens en liens, et n'aime guère à demeurer en place.
DOM JUAN: Et ne trouves-tu pas, dis-moi, que j'ai raison d'en user de la sorte?
SGANARELLE: Eh! Monsieur.
DOM JUAN: Quoi? Parle.
SGANARELLE: Assurément que vous avez raison, si vous le voulez; on ne peut pas aller là contre. Mais si vous ne le vouliez pas, ce serait peut-être une autre affaire.
DOM JUAN: Eh bien! je te donne la liberté de parler et de me dire tes sentiments.
SGANARELLE: En ce cas, Monsieur, je vous dirai franchement que je n'approuve point votre méthode, et que je trouve fort vilain d'aimer de tous côtés comme vous faites.
DOM JUAN: Quoi? tu veux qu'on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu'on renonce au monde pour lui, et qu'on n'ait plus d'yeux pour personne? La belle chose de vouloir se piquer d'un faux honneur d'être fidèle, de s'ensevelir pour toujours dans une passion, et d'être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux! Non, non: la constance n'est bonne que pour des ridicules; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l'avantage d'être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu'elles ont toutes sur nos cours. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J'ai beau être engagé, l'amour que j'ai pour une belle n'engage point mon âme à faire injustice aux autres; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu'il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d'aimable; et dès qu'un beau visage me le demande, si j'en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d'une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l'innocente pudeur d'une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu'elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire ni rien à souhaiter; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d'un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d'une conquête à faire. Enfin il n'est rien de si doux que de triompher de la résistance d'une belle personne, et j'ai sur ce sujet l'ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs: je me sens un cœur à aimer toute la terre; et comme Alexandre, je souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.
*la fable de La Fontaine : La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf
*Le conte Les Précautions inutiles de Perrault dont le quintil final souligne cette loi sociologique de son temps
« Bien est donc vrai qu'aux hommes misérables,
Aveugles, imprudents, inquiets, variables,
Pas n'appartient de faire des souhaits,
Et que peu d'entre eux sont capables
De bien user des dons que le Ciel leur a faits. »
VIII MOLIERE AU CINEMA
http://www.cineclubdecaen.com/analyse/moliereaucinema.htm
