|


| |
Quelques remarques sur :
quelques
mises au point sur les notations en chimie.
|
Bernard David ( professeur en STS
Chimistes à l'ETSCO d'Angers) à
l'attention de Xavier Bataille auteur de Quelques
mises au point sur les notations en chimie. |
Bonjour,
[...] J'ai lu attentivement vos recommandations sur les notations en
chimie et j'envisage de les appliquer dans mon enseignement.
J'avoue toutefois que le
signe = dans les équations chimiques me gêne sensiblement ; la flèche
donnait mieux l'idée d'une transformation.
D'autre part, je déplore
la distinction préconisée entre la chimie organique et la chimie générale
pour l'écriture de l'ion hydroxyde ; selon moi l'écriture HO- doit être
systématique.
[...]
Bernard David
|
| Réponse de Xavier
Bataille |
[...]
A propos de :
>J'avoue toutefois que le signe = dans les équations
chimiques me gêne sensiblement ;
>la flèche donnait mieux l'idée d'une
transformation.
Absolument, la flèche est plus parlante. Néanmoins
utiliser le "=" permet d'éviter de faire la distinction
entre la simple flèche de réaction dite totale et la double flèche de réaction
dite équilibrée.
Pourquoi éviter cette distinction ?
L'utilisation du concept de constante d'équilibre (et de quotient de réaction)
dans le secondaire (nouveaux programmes) habitue les élèves à
associer aux réactions une constante d'équilibre. Ils constatent
ainsi que toutes les réactions sont des équilibres - à de rares
exceptions près - et que ces équilibres sont inversables.
En plaçant à côté de la réaction équilibrée
par un "=" une constante de réaction, on traduit les expressions
totales et équilibrées par quantitative (sens 1 / sens -1) et non
quantitative, ce qui me semble plus parlant.
Il est évident que quand la constante d'équilibre
n'est pas fournie - ou pas calculable, l'utilisation des flèches s'impose.
De plus, l'utilisation du signe "="
est désormais proposée dès la classe de première : "Il
n’existe pas d’accord international IUPAC pour l’écriture de la réaction
chimique ; plusieurs écritures sont acceptées. Dans ce programme, il a été
choisi d’introduire le signe =. Il indique, comme en classe de première,
le bilan de matière et de charge. Il ne présume pas, lorsque toutes les
espèces chimiques du système sont en présence, du sens dans lequel se
fait la transformation.", PROGRAMME DE L’ENSEIGNEMENT DE
PHYSIQUE-CHIMIE EN CLASSE TERMINALE DE LA SÉRIE SCIENTIFIQUE A. du
20-7-2001. JO du 4-8-2001 NOR: MENE0101664A RLR: 524-7 MEN - DESCO A4,
p. 99.
A propos de :
>D'autre part, je déplore la distinction préconisée
entre la chimie organique et la chimie générale pour l'écriture de l'ion
hydroxyde ;
>selon moi l'écriture HO- doit être systématique.
Je la déplore aussi.
Mais la nomenclature HO-
ne permet pas d'écrire convenablement les formules des sels d'hydroxydes,
à moins que vous n'écriviez M(HO)n.
Personnellement, j'écris
toujours M(OH)n, et je n'ai pas encore rencontré de changement dans cette
écriture.
[...]
Xavier Bataille
|
| Réponse de
Bernard David |
Merci pour votre réponse détaillée.
Vos éclaircissements notamment à propos du signe = ou des flèches pour l'écriture
des équations des réactions chimiques m'ont mieux fait comprendre l'intérêt
du changement.
Pour ce qui est de l'écriture
des hydroxydes sous la forme M(HO)n, je pense qu'il faut franchir le pas ; il
va dans le sens de la rationalité.
Le changement dans les habitudes des
chimistes ne doit pas nous arrêter.
J'ai commencé l'étude de la chimie à
une époque où l'on écrivait encore ClNa, aussi suis-je prêt à tous les aménagements
nécessaires.
Bernard David
|
| Réponse de Xavier
Bataille |
[...]
Je partage votre avis mais il faut que la
communauté internationale nous suive : les règles de
nomenclatures sont ainsi.
Mais reformuler l'ion hydroxyde signifie reformuler aussi beaucoup de molécules (ou ions).
En
effet, donner une information d'ordre structural dans la
formule brute (car telle est l'origine de l'écriture HO-, si je
ne me trompe) implique d'appliquer cette logique à d'autres structures, et je
m'interroge sur la façon dont on pourrait généraliser cette idée.
Cela me semble difficile. Il me semble que la nomenclature
des formules brutes et la structure chimique sont deux
secteurs à ne pas mélanger, sous peine de se retrouver confronté rapidement
à de nombreux obstacles.
Je me trompe peut-être de logique,
donnez-moi votre avis.
[...]
Xavier Bataille
|
| Réponse de
Bernard David |
La problématique que vous
soulevez m'a fait réfléchir :
la nomenclature des formules brutes et la
structure chimique sont deux secteurs à ne pas mélanger, sous peine
de se retrouver confronté rapidement à de nombreux obstacles.
Vous avez raison, mais
pourquoi, dans des cas simples, ne pas faire coïncider écriture et
structure ?
Ainsi, on aurait :
H2N- amidure
NC- cyanure
NCO- cyanate
NCS- thiocyanate
ce qui remet en cause des traditions bien établies,
mais sans fondement.
Probablement devrait-on écrire
aussi l'ammonium H4N+.
Evidemment, ceci peut étonner
puisque l'on écrit l'ammoniac NH3.
Il y a donc encore beaucoup
de travail de mise en cohérence à faire.
A ce titre SO4H2 était plus
convenable que H2SO4.
Le sujet semble inépuisable
et il n'est évidemment pas en notre pouvoir de modifier les règles
officielles ou traditionnelles.
[...]
Bernard David
|
| Réponse de Xavier
Bataille |
Je partage complètement vos remarques.
Reste à
faire une communication à l'IUPAC... mais commençons par diffuser
l'information auprès des collègues.
A propos de l'ammoniac, si on conserve la
nomenclature partie électropositive-partie électronégative : on devait l'écrire
H3N.
A propos de :
>A ce titre SO4H2 était plus convenable que
H2SO4.
La remarque peut être étendue à l'ensemble des oxoacides.
[...]
Xavier Bataille
|
|