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Les métamorphoses du livre et de la lecture à l’heure du numérique
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Troisième journée

Les métamorphoses de l’œuvre et de l’écriture à l’heure du numérique :
vers un renouveau des humanités ?

Date : le mercredi 21 novembre 2012

Lieu : Conservatoire national des arts et métiers
292 rue Saint-Martin - 75003 Paris

  • Troisième journée : matinée

    Compétences scripturales et nouvelles littératies :
    quels apprentissages pour le futur ?

    Comme la lecture, l’écriture « numérique », même s’il s’agit d’une pratique considérée désormais comme ordinaire et banalisée, ne va pas de soi. La mise en œuvre de cette activité requiert des connaissances et des compétences liées aux spécificités des supports et environnements numériques – à leurs contraintes comme à leurs potentialités – qui imposent par eux-mêmes des choix d’écriture, configurent notre expression, prédéterminent nos pratiques scripturales sans que les utilisateurs en aient toujours conscience. Dès lors, les compétences à développer chez les élèves ne sont pas tant d’ordre technique que culturel et intellectuel : il s’agit de mettre en place des usages critiques et conscientisés des dispositifs d’écriture qu’ils utilisent, de leur permettre de se les approprier et de prendre le recul nécessaire à un usage autonome de ces outils afin qu’ils deviennent des instruments structurants, au service de leur liberté d’expression et d’invention, de pensée et d’action, d’échange et de création.

    Président de séance : Catherine Becchetti-Bizot, inspecteur général, groupe des Lettres

    08h45 : Table ronde

    La table ronde est animée par Etienne Candel, maître de conférences, CELSA (Paris-Sorbonne)

    Isabelle Cailleau, enseignant-chercheur à l’UTC : « Les écritures numériques ordinaires »

    Valérie Jeanne-Perrier, maître de conférences, GRIPIC, CELSA
    Pratiques d’écriture-lecture en réseau : « Le dispositif comme partenaire d’écriture ».

    Rémi Mathis, président de Wikimedia France, Conservateur au cabinet des estampes, BnF : « L’encyclopédie collaborative »

    Gustavo Gomez-Mejia, maître de conférences, Université François Rabelais (IUT de Tours) et chercheur au GRIPIC (CELSA Paris-Sorbonne) : « Citation, plagiat et copier-coller : histoire, mythes et réalités »

    10h30 Présentation de Data.bnf.fr

    • par Romain Wenz, chef du projet, conservateur au département de l’information bibliographique et numérique, expert en métadonnées : « la question du rassemblement des données autour de l’œuvre et de sa visibilité »

    11h-12h30 et 13h-14h30 Ateliers pédagogiques :
    « La joie par l’écriture »

    • deux séries de présentations d’expériences menées dans les classes (voir le programme détaillé ici).

    -  Enseigner l’écriture collaborative dans le secondaire
    -  Écrire dans l’œuvre : pour une appropriation active, créative et sensible des textes
    -  La tavoletta tactile
    -  Établir l’édition critique d’un récit contemporain, Les Onze de Michon
    -  Ateliers de création littéraire menés avec les étudiants de Sciences Po (Pierre Ménard)
    -  Écrire et lire par les réseaux sociaux
    -  ENT et histoire des arts en cours de français
    -  De Georges Perec à la littérature numérique contemporaine… Formes du récit aux 20e et 21e siècles en classe de troisième.
    -  Une Odyssée spatiale, entre rêve et réalité
    -  L’œuvre littéraire dans la profondeur du temps, entre dépôt légal de l’imprimé et dépôt légal du Web
    -  Le diaporama : une manière de raconter l’ultime aventure de Sindbad le marin. Introduction des nouvelles modalités d’écriture et de lecture en classe du sixième.

    En savoir plus

    « Lire, c’est écrire sa lecture, s’inscrire soi-même en un texte »
    Bernard Stiegler (1994)

    • La réalisation de Sophie Calle, Vingt ans après, sur son site Panoplie, est ce qu’Isabelle Cailleau nomme l’écriture esthétique.
    • Intervention de Valérie Jeanne-Perrier au colloque Ecritech’ : Sites, applications, cadres, tags, nuages… La litanie des petites formes comme abécédaire numérique. La vidéo est disponible sur le site.
    • Article de Stéphane Crozat, Éléments pour une théorie opérationnelle de l’écriture numérique consultable en ligne : « Le passage à l’écriture numérique est une reconfiguration qui agit sur la nature de la connaissance. Il y a un enjeu scientifique et opérationnel à étudier cette écriture renouvelée, en particulier pour la conception de systèmes, l’analyse de pratiques et l’enseignement de l’écriture numérique. »

    Le projet data.bnf.fr

    • Le site data.bnf.fr et sa présentation du projet sur le site de la BnF

    À propos des ateliers : « la joie par l’écriture »

    Une tablette pour écrire :

    • La tavoletta tactile  : présentation sur le site de l’Académie de Nice : « Le colloque EcriTech3 (avril 2012) a mis à l’honneur une démarche interdisciplinaire arts plastiques / français menée par Dominique Khaldi, professeur de lettres, et Jérôme Sadler, professeur d’arts plastiques, tous deux exerçant au collège Niki de Saint-Phalle de Valbonne. Les élèves ont été amenés à réfléchir sur l’art, sa représentation et son intégration dans un univers numérique, tout en redécouvrant le patrimoine local. »
    • Plusieurs expériences sont menées dans les académies pour étudier les atouts pédagogiques des tablettes numériques. Dans Expérithèque sont rassemblées un certain nombre d’expérimentations avec les tablettes, notamment celle pluridisciplinaire de l’académie de Besançon : "Les tablettes numériques au lycée". Une professeure de français en collège dans l’académie de Bordeaux a fait écrire à des élèves de 5ème un bestiaire imaginaire autour du Livre des Merveilles de Marco Polo, un autre a proposé le projet « Po’asis, Ecriture poétique collaborative avec iPad et FramaPad ». Enfin, un professeur de l’académie de Nice a expérimenté les tablettes en latin.

    Écrire ensemble

    • Sylvie Barrier et Christelle Sospedra-Tessier, deux enseignantes de français, ont présenté lors du colloque PRECIP (avril 2012) une expérience d’écriture collaborative. Les vidéos sont à voir sur le site skholè qui a publié les actes du colloque.

    Écrire avec les réseaux et médias sociaux :

    • Le blog i-voix publie les œuvres d’élèves de 1ère L de Jean-Michel Le Baut, professeur de Lettres au lycée de L’Iroise de Brest : parmi ses trésors, un lien vers la page Facebook du héros de Musset, Lorenzo et les tweets de Meursault.
    • Le premier festival de Twittérature a eu lieu le 16 octobre 2012 à Québec : les captations des tables rondes sont en ligne sur artv.
    • Pierre Ménard a animé des ateliers d’écriture avec des étudiants de Sciences Po et en a publié un "récit collaboratif" (disponible sur son site Liminaire). Une partie des textes était "twitté" : « Twitter est un livre. Sur Twitter on est à la fois le lecteur du livre (les personnes qu’on y suit, dont on lit les textes) et l’auteur de ce livre (le choix des personnes qu’on y suit, dont on lit les textes, détermine le texte qui s’écrit. Chaque personne est un personnage. À mesure qu’on le suit, l’histoire qu’il raconte entre en interaction avec les autres personnages que l’on suit (et ceux que l’on ne suit pas) prend forme, avance, se construit progressivement. » La vidéo "Pecha Kucha des ateliers Sciences Po" est disponible en ligne.
    • Comptes rendus d’expériences d’écriture menées avec le réseau numérique Twitter en classes de 2nde et de Tle par Delphine Regnard : Au plaisir des mots : lire, écrire et publier avec Twitter et Écrire ensemble par-delà l’océan (écritures entre trois classes, une en France, les deux autres au Québec, lors de la Semaine de la Francophonie).
    • L’académie de Grenoble, très investie dans l’éducation aux médias, présente sur son site plusieurs expériences d’utilisation des réseaux sociaux pour faire écrire les élèves : Utiliser Facebook pour rédiger des portraits (en classe de 4ème), expérience menée par Delphine Barbirati ; le Festival du Premier Roman, expérience menée sur une plateforme d’écriture collaborative, par Dominique Bombled ; Eugène de Rastignac est votre ami : un roman sur Facebook, expérience menée par Caroline Duret(classe de 2nde).
  • Troisième journée : après-midi

    Études humanistes et culture numérique

    « Je suis le regardeur formidable du puits ;

    Je suis celui qui veut savoir pourquoi »

    Hugo pourrait aujourd’hui qualifier notre regard devant l’immensité numérique qui nous défie, et qui nous rapproche de cet humanisme de la Renaissance fondé sur le goût et la diffusion d’un savoir illimité issu de l’exploration systématique du monde et de la relecture des textes de l’antiquité. Cet humanisme, aujourd’hui bousculé par de nouveaux modes d’accès aux savoirs et de nouvelles curiosités, a résolument pris le chemin du numérique et s’y est développé, que ce soit dans le monde scolaire où les langues et cultures anciennes sont de plus en plus enseignées avec l’aide de nouveaux outils et ressources, inaccessibles directement il y a dix ans, ou dans le monde de la recherche, avec l’émergence des « digital humanities » qui posent la question de la production, du partage et de diffusion des connaissances à l’heure du numérique, et celle de l’émergence d’un « nouvel humanisme » fondé sur le croisement des disciplines traditionnelles (Arts, Lettres, Sciences humaines et sociales…) et des nouvelles pratiques induites par la révolution technologique.

    Président de séance : Paul Mathias, inspecteur général, doyen du groupe de philosophie

    14h30 Table ronde

    modérée par Guy Cherqui, IA IPR de Lettres, Délégué à l’action artistique et culturelle, académie de Grenoble

    • Aurélien Berra, maître de conférences à l’université Paris-Ouest : « Philologie à venir ? »
    • Patrick Voisin, professeur de classe préparatoire, Pau : « Le numérique et l’enseignement des langues et cultures de l’antiquité »
    • Michel Bernard, professeur à l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 : « Les études littéraires et le numérique : émergence d’une nouvelle discipline ? »
    • Delphine Regnard, professeure de Lettres classiques : « Enseignement du latin et réseaux sociaux »

    16h30 Conférence de clôture : Edgar Morin, philosophe et sociologue

    17h30 Fin des travaux

    En savoir plus

    Les Humanités numériques : du côté de la recherche

    • Que sont les Digital humanities ? Leur manifeste sur le carnet THATcamp
    • Le carnet d’Aurélien Berra, Philologie à venir, « Le carnet de recherche Philologie à venir a pour objet le renouvellement que suscitent les technologies informatiques dans l’étude des textes, notamment des textes grecs et latins.Il accompagne des séminaires de recherche organisés à l’École des hautes études en sciences sociales. »
    • Patrick Voisin a publié un article « Nunc est *clicandumhttp://www.sel.asso.fr/article.php?id=79 » qui fournit des liens en abondance pour travailler avec et sur les textes latins et grecs. La seule vue de cette liste montre comme ces langues anciennes font l’objet de recherches et d’appareillages « modernes ».
    • Michel Bernard a publié sur son site personnel son Dossier d’habilitation, portant sur les Études Littéraires Assistées par Ordinateur (2003), c’est-à-dire « sur l’utilisation de l’informatique dans les études littéraires ». Son article Informatique et littérature (2000), quoique déjà ancien, montre avec clarté quel travail fructueux constitue l’édition informatisée d’un texte (ici Saint-John Perse). On peut ainsi constater comme est ancienne l’implication des Lettres dans l’utilisation des outils informatiques.
    • Les réseaux sociaux numériques de recherches en Sciences Humaines et Sociales, article d’Olivier Le Deuff et Nicolas de Lavergne (THATCamp, Paris 2012). L’ensemble des non-actes de ce non-colloque est disponible en ligne.
    • Anthony Grafton a prononcé en novembre 2010 une conférence dont le titre est éloquent : "Life on the Burning Deck : Defending the Humanities in the 21st Century" (L’humaniste devrait être le chef d’orchestre d’une conversation entre étudiants et grands penseurs et artistes). La vidéo est consultable en ligne. A. Grafton est Historien de la culture de la Renaissance et des Temps modernes, il a publié récemment La page et son lecteur : de l’ère numérique à l’Antiquité, à l’occasion d’un cycle de conférences au Louvre en juin 2012. Un compte-rendu est disponible sur ce carnet d’Hypothèses.
    • Un exemple de travail collaboratif sur les textes de Rabelais et de Ronsard, publié sur Les Bibliothèques Virtuelles Humanistes, carnet d’Hypothèses : le projet ReNom (« Le projet ReNom porte sur la reconnaissance d’entités nommées dans les ouvrages de Rabelais et de Ronsard. Il est particulièrement ambitieux puisque différentes équipes provenant de disciplines différentes sont associées. »)

    Les Humanités numériques : du côté de l’école

    • La plateforme collaborative Sillages (ressources libres et gratuites pour l’ouverture Sociale et InternationaLe de L’Accès aux Grandes EcoleS) présentée par Patrick Voisin lors du séminaire international thématique ePrep 2011 - Rencontre SILLAGES 2011
    • Un réseau social sur le Web en classe de Latin pour entrer dans les « Humanités numériques » ? article rendant compte de l’expérience menée par Delphine Regnard en lycée.
    • Sur Eduscol, les vidéos des Rencontres Langues et Cultures de l’Antiquité 2012 : voir notamment le témoignage de Marie-Anne Bernolle, professeure de Lettres classiques en Classes Préparatoires, qui enseigne avec le numérique.

    La lecture "sociale", une chance pour l’école ?

    • Essai de définition et de rangement par Marc Jahjah, doctorant à l’EHESS, dans un article (« À la recherche de la lecture (a)sociale (V) : catégorisation et cartographie ») publié sur son site SobookOnLine.
    • Hubert Guillaud explique ce qu’est la "lecture sociale" dans une vidéo publiée sur le carnet d’Hypothèses, L’édition électronique ouverte.
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