Les différentes formes de critiques

Les critiques de cinéma peuvent prendre des formes des plus variées.
Vous trouverez ici des propositions de critiques originales, afin d'inspirer vos élèves ! 

Une critique sous forme de petite annonce

  • Le court métrage : "La leçon de guitare", de Martin Rit                                     
  • La critique de Thierry MérangerLe Court métrage, 2007

La leçon de guitare

 La Leçon de guitare de Martin Rit, fable contemporaine produite par Sunday Morning en 2005, est l’un des plus grands succès publics et critiques du court métrage français. A la base de ce chef d’œuvre d’humour et de sensibilité, l’impeccable maîtrise du scénario cosigné par Mariette Désert. S’y ajoute l’interprétation décisive de Serge Riaboukine dans le rôle de Michel, quarantenaire neurasthénique qui souhaite sur un coup de tête ajouter six cordes à son arc. Sans pour autant appliquer de recette, Martin Rit réunit ce qui fait la force du court : concentration de l’action, personnages en quête d’eux-mêmes et recours ingénieux à la musique.  

  • La critique d'un élève de 2de 

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REALISATEUR TALENTUEUX cherche deux guitares pas cher pour réalisation courant 2005 court métrage La Leçon de guitare avec excellents comédiens : Serge Riaboukine, Sébastien Morin, Pauline Morand. Joindre Martin Rit par pigeon voyageur ou signaux de fumée.

  • La critique de  Diane Arnaud, Lycéens et apprentis au cinéma en région Centre, 2007 

La Leçon de guitare de Martin Rit présente un homme, apparemment au chômage, qui va grâce à une petite annonce occuper les temps morts de sa vie. La mise en chaîne des images et des sons, des poses et des mouvements, des gestes délicats et des dialogues anodins conduit à comprendre les sous-entendus de la fiction. Tout l’art du film consiste à jouer sur les modulations et les variations dans la répétition des situations. Le minimalisme stylistique (cadrages fixes, montage elliptique, plans vidés, réserve du jeu des acteurs) ne va pas dans le sens d’une austérité contre-nature mais plutôt d’un naturalisme nuancé. Du coup, le ton du film est assez insaisissable, du grave au léger, du mineur au majeur, du social au sentimental. Car la mise en scène privilégie toujours un attachement avec le personnage principal : sa solitude, sa maladresse, son émotion. Les cheveux décoiffés, les costumes, les mouvements du regard discrets expriment une réhabilitation de soi. C’est donc un peu une leçon de vie et l’accès à une indicible humanité que propose, l’air de rien, l’œuvre de Martin Rit.

Une critique sous forme de recette de cuisine

  • Le film : "Le bouton de nacre", de Patricio Guzman, film sélectionné pour le Prix Jean Renoir des lycéens 2016 
  • La critique de Florian, Marie, Camille, Adeline, Marion, Kelly, Clélia et Laly, du lycée Professionnel André Malraux de Béthune (académie de Lille)    (2ème Prix de la meilleure critique Prix Jean Renoir des lycéens 2016)

           Recette du bouton de nacreLe-Bouton-De-Nacre-Affiche-120x160_4-141x200.jpg
Ingrédients :

- Une cuillère à soupe d’eau

- Une pincée de paysages

- 350g d’amérindiens

- Un zeste d’histoire (150 g de colons anglais)

- 150 g de dictateurs

- Nappage de culture espagnole

Mélangez une cuillère à soupe d’eau et une pincée de paysages et vous obtiendrez un décor majestueux.

Ajoutez une tribu d’amérindiens (350g), mélangez encore, et l’harmonie naît.

Aromatisez d’un zeste d’histoire : 150 grammes de colons anglais. Une réduction regrettable des amérindiens aura lieu.

Laissez reposer quelques temps.

Saupoudrez de 150 grammes de dictateurs. Une nouvelle réduction aussi désarmante se produira.

Enfournez le tout pour une durée de 82 minutes.

Après ces réductions, seuls 50g de survivants amérindiens pourront être dégustés !

Un nappage de culture espagnole est conseillé.

Suggestion de présentation : un bouton de nacre.

Le résultat n’est pas copieux du fait des réductions, mais il n’en demeure pas moins délicieux, raffiné, digne des grands restaurants

Avis aux fins palais : le goût de la culture amérindienne est intense, saisissant.

Une critique sous forme de discours à la 2ème personne du singulier

  • La critique de Thierry Méranger, Les cahiers du cinéma

Monsieur et MonsieurTu as deux ans – bientôt trois – et tu lis les Cahiers. Quelle chance ! Donne un peu d’argent à tes parents pour qu’ils t’accompagnent voir Monsieur et monsieur. Ils découvriront trois mini films formidables tournés entre 1965 et 1973 par un maître de l’animation tchèque, Bretislav Pojar, et son assistant Miroslav Stepánek. Les courts métrages sont un peu anciens, d’accord ; mais dis-leur qu’ils datent à peu près de la grande époque de Colargol, l’ours qui chante en fa et en sol. A la sortie de la séance, tu pourras leur expliquer que tu as un peu triché, parce que le réalisateur de Colargol, Tadeusz Wilkosz, était polonais… Que les plantigrades de M. Pojar - c’est un truc pour ne pas répéter « ours » - appartiennent à une autre école. Que le réalisateur, même s’il a longtemps utilisé l’animation en volume comme son maître Jiri Trnka, utilise dans ses films de télévision des marionnettes en « semi-relief ». Un côté est plat et l’autre en volume. C’est plutôt malin car, du coup, le réalisateur peut aussi se servir de papiers découpés qu’il déplace d’une image à l’autre. Si tu as encore un peu de temps à accorder à tes parents avant qu’ils aillent se coucher, tu pourras aussi leur apprendre que les trois films qu’ils viennent de voir appartiennent à une série de onze épisodes, d’abord diffusés en deux cycles. Entre 1965 et 1967, d’abord. Entre 1970 et 1973 ensuite, au moment où M. Pojar commence à faire de nombreux aller-retour entre son pays et le Canada. Demande alors à papa s’il se rappelle ce qui s’est passé en Tchécoslovaquie en 1968. Et pourquoi les deux petits ours, vrais mignons et faux jumeaux – l’un est rusé, l’autre naïf - passent leur temps à transformer la réalité ou à se raconter leurs rêves. Mais aussi, dans le tout dernier épisode à avoir été tourné (Blaise, le balaise), à essayer de récupérer les navets et les carottes volés par un bouc menteur et prestidigitateur. Tu pourras même faire remarquer qu’il est tout le temps question de magie dans ces films… Bon, papa te répondra sûrement qu’il a surtout vu les aventures de deux petites peluches très craquantes et que les films de sa jeunesse c’était vraiment mieux que ceux d’aujourd’hui, pleins de violence et de grossièretés. Qu’il a de la chance que tu l’emmènes voir des dessins animés aussi rigolos et qu’il faut que tu le laisses dormir. À toi, alors, de lui murmurer : « pas dessins animés, papa, films d’animation. »

Une critique sous forme de poème

  • Le film : "Tempête", de Samuel Collardey, , film sélectionné pour le Prix Jean Renoir des lycéens 2016
  • La critique de la classe de 2nde Bac Pro Marchandisage Visuel, Lycée Professionnel André Malraux de Béthune (académie de Lille) :

Tempête traite du métier Tempête
Où l’on vit au rythme des marées,
Au rythme de l’hiver ou de l’été.
Il en montre les difficultés.
Quand les flots font tanguer le bateau,
Dangereux devient le couteau.
Quand la mer est trop agitée,
Prudent est de rester à quai.
Si mauvaises sont les prises,
Les revenus s’amenuisent.
Si les sorties en mer s’éternisent,
Les relations familiales s’épuisent.
Bluffant est le jeu des acteurs
Qui dans la vie sont père frère et soeur.
Surnommé le grand métier où l’on ne compte pas ses heures,
Je suis le métier de marin pêcheur.

Une critique sous forme d'interview fictive avec le réalisateur

  • Le film : "Le bouton de nacre", de Patricio Guzman, film sélectionné pour le Prix Jean Renoir des lycéens 2016 
  • La critique d' Arthur Bausson, Lycée Turgot, Paris

Le-Bouton-De-Nacre-Affiche-120x160_4-141x200.jpg                A LA RENCONTRE DE PATRICIO GUZMAN

Arthur Bausson, élève de 2nde 2, s'est glissé dans la peau d'un apprenti journaliste et nous livre ici un entretien fictif avec un critique cinéma, au sujet d'un Bouton de nacre, film documentaire réalisé par Patricio Guzmàn, en compétition pour le Renoir des lycéens 2016.
« Quelle joie ! Quel honneur !, songeais-je tout bas, Aujourd'hui est venu le jour de mon premier entretien avec un critique de film. En tant que journaliste expérimenté, je me dois d'avoir une conversation sensée, et qui intéressera nos lecteurs, de plus en plus croissants. »
Après avoir emprunté une minuscule allée puis traversé un couloir sombre comme les ténèbres, je me retrouvais face à la salle de notre entretien. Je poussais alors délicatement la double porte qui me tendait les bras... Dans un fauteuil orange, patientait le critique, qui, me voyant, se leva aussitôt et vint me saluer. Je fis de même. Sans attendre un moment de plus, nous nous installâmes et je commençais par lui poser cette question :
- "Bonjour monsieur. Aujourd'hui vous nous avez accordé cet entretien pour nous parler d'un film que vous qualifiez de « touchant et magnifique ». Pouvez-vous nous en dire davantage sur ce ressenti ?.

Il me répondit alors, avec, notais-je, un léger accent espagnol :
- Bonjour à vous. Effectivement, je suis aujourd'hui présent pour vous parler du film Le Bouton de Nacre . Pour répondre à votre question, je trouve ce film magnifique car les images sont de toute beauté. Vous ressentez le froid quand apparaissent les glaciers de Patagonie et la tristesse s'empare de vous quand vous voyez le sort des habitants du Chili sous le régime d'Augusto Pinochet. Ce film, je le qualifierais de « récit-documentaire », car il raconte une histoire oubliée tout en se déroulant comme un véritable documentaire, ce qui le rend particulièrement poignant. De plus, je le trouve émouvant : vous n'êtes pas sans savoir que je suis moi-même d'origine chilienne, du côté de Santiago, ce qui, explique mon accent espagnol que vous avez sans doute remarqué. Quand je vois ce que sont devenus les opposants au système politique dictatorial d'Augusto Pinochet, cela m'attriste énormément et s'accentue encore plus quand je songe à la colonisation, et aux colons qui massacrèrent mes ancêtres. Je pense que ce film leur rend hommage. Je suis persuadé qu'ils m'entendront depuis le firmament où ils reposent en paix, sous forme d'étoiles. (...)
- Je vous remercie de m'avoir écouté. Ce fut un délicieux moment passé en votre compagnie. Je vous conseille donc d'aller voir ce film. Prenez le temps d'écouter le témoignage des descendants des Amérindiens, prenez le temps d'y réfléchir, de vous mettre à leur place. Merci et au revoir.
- Merci pour cet entretien. Ce fut un excellent moment d'échange et de partage, pour une première fois", lui dévoilais-je.  
Je m'en retournais au siège du journal puis commençais à rédiger mon article. Celui-ci achevé, je le lus, le relus : tout me semblait parfait. J'étais certain que mon article allait en émouvoir plus d'un, que les gens iraient voir ce film et alors comprendraient le message délivré par Patricio Guzmàn.

Une critique sous forme de dialogue filmé en ch'ti

  • Le film : "Mia madre", de Nanni Moretti, film sélectionné pour le Prix Jean Renoir des lycéens 2016 
  • La critique de Noémie Gouillard et Maurine Petit, Lycée Anatole France, Lillers, académie de Lille
     (1er Prix de la meilleure critique vidéo Prix Jean Renoir des lycéens 2016)

 (Vous pouvez visionner la vidéo en cliquant sur l'image ci-contre)Mia madre ch'ti

 

 

 

Une critique sous forme d'objet en 3D

  • Le film : "Orange mécanique", de Stanley Kubrick
  • La critique d'Anna

critique orange mécanique

   critique orange mécanique 2