Mesure de la température : rayonnement thermique des corps

L'évaluation de température à distance (notamment les mesures effectuées depuis les satellites d'observation de la Terre) repose sur l'utilisation du rayonnement propre émis par les corps. Le plus fréquemment, le corps émetteur est idéalisé et assimilé à un "corps noir" : le rayonnement émis ne dépend que de la température. Son spectre est donné par la loi de Planck, la longueur d'onde correspondant au maximum d'émission par la loi de Wien et l'énergie totale rayonnée par la loi de stefan.

La terre se comporte sensiblement comme un corps noir à 15 °C en moyenne (soit un peu moins de 300 K), alors que la température de surface du soleil est d'environ 6000 K. Le rayonnement propre du soleil et celui de la Terre, modélisés par des corps noirs à 6000 K et 300 K respectivement, sont ainsi situés, selon la loi de Planck, dans des domaines spectraux différents, et il est aisé de séparer le rayonnement provenant de chacun.
Les courbes ci dessous donnent le spectre du rayonnement émis par la Terre (à 300 K environ) et celui du rayonnement solaire réfléchi (le soleil se comporte sensiblement comme un corps noir à 6000 K)

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selon le cédérom "Images satellitales"

Pour des longueurs d'onde voisines de 10 micromètres, la Terre est ainsi pratiquement le seul corps qui émet le rayonnement. L'énergie rayonnée par une zone terrestre est ainsi directement liée à sa température.

Plusieurs problèmes se posent toutefois :

  • En toute rigueur, la Terre n'est pas un corps noir. Une zone au sol émet un peu moins d'énergie que le corps noir à la même température. Cet écart, plus ou moins grand selon le matériau, est caractérisé par l'émissivité.
    Les écarts très importants d'émissivité peuvent être mis en évidence en plaçant de l'eau chaude dans un cube présentant 4 faces différentes : le rayonnement émis par une face peinte en noir donne pratiquement la température de l'eau contenue dans le cube, une face en aluminium poli donne pratiquement la température ambiante (c'est le rayonnement réfléchi qui est alors détecté), une face quelconque donne un résultat intermédiaire...

    Quelques valeurs à 20 °C :

    • eaux marines : 0,98
    • sol mouillé : 0,95
    • nuages : 0,5 à 0,97
    • bois : 0,5 à 0,9
    • sable : 0,5 à 0,9
    • aluminium poli : 0,05

Ces quelques valeurs montrent que si les mesures du rayonnement permettent d'accéder presque directement à la température sur l'eau, il convient d'être plus prudent pour les mesures effectuées sur les zones continentales.

  • Le rayonnement thermique dépend de la surface et de l'orientation de cette surface. La présence de relief marqué fausse les mesures.
  • Lors de l'observation par un satellite, il faut encore s'assurer que le rayonnement reçu par le capteur est effectivement celui émis par la Terre. Il convient ainsi de choisir une bande spectrale ou l'atmosphère est transparent.
    Le choix d'une bande spectrale située vers 10,5 micromètres répond à cet impératif.
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Extrait du cédérom "Images satellitales"
La bande D de Météosat, vers 10,5 mm correspond à "l'infrarouge thermique".

L'utilisation de plusieurs bandes voisines, dans l'infrarouge thermique, permet d'améliorer la précision.
Le capteur AVHRR des satellites NOAA par exemple dispose de deux canaux IR thermiques voisins, vers 10,5 et 12 micromètres qui permettent d'effectuer les corrections liées à l'atmosphère.

Enfin, en cas de couverture nuageuse, c'est pratiquement la température du sommet des nuages qui est restituée. La température au sol est alors inaccessible aux mesures à distance...

 

Quelques exemples d'applications :

 

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