
Théodore Chassériau,
Apollon et Daphné, avant 1846
huile sur toile 53 cm x 35,5 cm ©
Louvre.edu - 2000, Photo Erich Lessing
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La légende Daphné est
une nymphe,
fille du fleuve Ladon
et de la Terre. Poursuivie
par les ardeurs d'Apollon,
elle s'enfuit. Au moment d'être rejointe par le dieu, elle invoque
son père
qui la métamorphose
en laurier.
Apollon en
fera son arbre sacré. |
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La littérature , source d'inspiration de la peinture * Les Métamorphoses
d'Ovide : Livre I , vers 490 ... |
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| Phoebus amat visaeque cupit conubia Daphnes (...) | Phébus aime ; à Daphné qu'il a vue, il désire s'unir (...) |
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Spectat inornatos
collo pendere capillos |
Il contemple les cheveux de Daphné qui, sans ornements, tombent sur son cou : "Que serait-ce si elle les parait ? dit-il. Il voit ses yeux étincelants comme des astres, il voit sa petite bouche, qu'il ne lui suffit pas de voir ; il vante ses doigts, ses mains, ses poignets, ses bras nus plus qu'à moitié ; ce qu'il ne voit pas, il le suppose plus beau encore. Elle, elle fuit plus rapide que la brise légère (...) |
| Qui
tamen insequitur, pennis adiutus Amoris, Ocior est requiemque negat tergoque fugacis Imminet et crinem sparsum cervicibus afflat . (...) "Fer ,pater" inquit "opem, (...) Qua nimium placui, mutando perde figuram." |
Mais le poursuivant, aidé par les ailes de l'Amour, est plus rapide, pour lui le repos est inutile ; il se penche sur la nuque de la fugitive et effleure de son souffle la chevelure éparse sur son cou."A l'aide !, mon père, dit-elle (...) Métamorphose-moi pour me délivrer d'une beauté trop aimable." |
| (...)
torpor gravis occupat artus, Mollia cinguntur tenui praecordia libro, In frondem crines, in ramos bracchia crescunt ; Pes modo tam velox pigris radicibus haeret, Ora cacumen habent ; remanet nitor unus in illa. |
(...) une lourde torpeur envahit ses membres, une mince écorce ceint sa délicate poitrine, ses cheveux poussent en feuillage, ses bras s'allongent en rameaux ; ses pieds, il y a un instant, si rapides sont fixés au sol par de solides racines, la cime d'un arbre occupe sa tête ; de sa beauté, ne demeure que l'éclat. |
| Hanc
quoque Phoebus amat positaque in stipite dextra Sentit adhuc trepidare novo sub cortice pectus Complexusque suis ramos, ut membra, lacertis Oscula dat ligno ; refugit tamen oscula lignum. Cui deus : " At quoniam coniunx mea non potes esse, Arbor eris certe " dixit " mea ; semper habebunt Te coma, te citharae, te nostrae, laure, pharetrae ; (...) Finierat Paean ; factis modo laurea ramis Annuit utque caput visa est agitasse cacumen. |
Phébus, cependant, brûle de la même passion, la main droite posée sur le tronc, il sent encore, sous la nouvelle écorce, battre le cur ; entourant de ses bras les rameaux - qui étaient les membres de Daphné - il étouffe le bois de baisers ; mais les baisers du dieu, le bois les refuse. Alors le dieu lui dit : " Puisque tu ne peux être ma femme, tu seras, du moins, mon arbre " ; laurier, tu pareras toujours ma chevelure, ma cithare, mon carquois ; (...) Péan avait fini de parler ; alors le laurier inclina ses jeunes rameaux et on le vit agiter sa cime comme une tête. |
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Le tableau est centré sur Daphné : la nymphe est représentée de face, debout ; agenouillé devant elle se trouve Apollon, reconnaissable à sa lyre. Daphné est altière, inaccessible : Apollon a enlacé sa taille et semble l'invoquer mais il est trop tard ; la métamorphose opère puisque la nymphe n'a déjà plus de pieds ; à la place apparaissent des racines, l'écorce de l'arbre se forme et a envahi jusqu'au genou droit. Dans un décor boisé assez sombre, se détache le corps-liane de la nymphe. Le tableau est intéressant par sa mise en scène dramatique et par l'inversion des rôles des personnages : le dieu est suppliant, la nymphe hautaine et sourde aux sentiments. |
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