La Malédiction paternelle
Le Fils ingrat
1777

 

Jean-Baptiste Greuze, Le Fils ingrat, 1777 - © [Louvre.edu] - 1999

Le Fils ingrat est le premier élément du diptyque : La malédiction paternelle. Greuze reprend le thème biblique du Fils prodigue.

Un fils, seul soutien d’une famille paysanne sans ressources, s’est enrôlé dans l’armée, abandonnant les siens.

Dans un dernier effort, son père, à gauche du tableau, le maudit devant la famille terrorisée.


 

Théâtralisation des gestes

On peut observer les bras tendus du père qui chasse son fils.
Le bras levé du fils symbolise la décision irréversible du départ.

Le rôle médiateur des femmes

La mère, dans un mouvement de bras pathétique, prend à témoin le père de la gravité de son geste et entoure de son autre bras le cou de son fils.


© [Louvre.edu] - 1999
 


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Une jeune femme, les mains jointes, semble supplier le fils de ne pas partir, tandis qu'un jeune enfant s'accroche à sa tunique de soldat.


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A gauche du tableau, une jeune fille essaie d'arrêter le geste du père.


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Jeux de lumière sur les visages

Les attitudes figées des personnages et la lumière théâtrale, qui vient du haut du tableau, renforcent l’impression d’une image instantanée, arrêtée au plus fort de la querelle. La sévérité du regard du père, la détermination du fils, la souffrance muette de la jeune femme au centre du tableau, le mimétisme spontané de l'enfant qui s'accroche à la tunique du soldat, tout participe à la violence de la scène.

Le sergent-recruteur, à droite du tableau, est dans l'ombre et se cache le visage.


© [Louvre.edu] - 1999

 

Conclusion

Ce tableau est " un parfait exemple des intentions moralisantes de Greuze dans la peinture de genre, qu’il essaya de rendre égale à la peinture d’histoire par une construction rigoureuse néoclassique et une élévation dans le traitement du choix des sujets ". (Notice de Vincent Pomarède)