L'antre de Diane

 

Hic dea silvarum venatu fessa solebat
Virgineos artus liquido perfundere rore.
Quo postquam subiit, nympharum tradidit uni
Armigerae iaculum pharetramque arcusque retentos;
Altera depositae subiecit bracchia pallae ;
Vincla duae pedibus demunt; (...)

 

C'est là que la déesse des forêts, fatiguée de la chasse, avait coutume de répandre une rosée limpide sur son corps virginal. Dès qu'elle est entrée dans la grotte, elle confie à la nymphe qui a soin de ses armes, son javelot, son carquois et son arc détendu; une autre reçoit sur ses bras la robe que la déesse a posée; deux autres détachent les chaussures de ses pieds ;
L 3, 163-168

 

Le tableau choisi

François Boucher, Diane sortant du bain (1742)
Huile sur toile - 57cm x 73cm -
© [Louvre.edu] - Photo Erich Lessing

Raisons du choix

Le thème

Il correspond à la scène intime évoquée par Ovide : Diane à sa toilette. A la différence du poète latin, Boucher ne représente qu'une nymphe, renforçant ainsi le côté privé de l'instant pris sur le vif.

Le rendu du tableau

Les attributs de la déesse sont auprès d'elle : son carquois est devant elle, l'arc est posé près du gibier qu'elle vient de tuer. Rentrée de la chasse, Diane repose ses pieds. Un des chiens s'abreuve à la source tandis qu'un autre flaire une présence.
La peinture pourrait évoquer les grâces exquises des boudoirs si l'on se réfère au gracieux abandon des gestes, au teint de porcelaine des deux femmes, aux soieries moirées rayées de rose et de bleu très 18ème. Des rubans roses s'échappent de la chevelure de Diane, un collier de perles négligemment tenu contribue à l'élégance un peu affectée de la scène mais le croissant de lune rappelle la divine puissance. La nudité de la déesse, mise au premier plan, va déclencher le drame.