Quas habuit sic hausit aquas vultumque virilem Perfudit spargensque comas ultricibus undis Addidit haec cladis praenuntia verba futurae : " Nunc tibi me posito visam velamine narres,
Si poteris narrare, licet. "(Diane) prit ce qu'elle avait, de l'eau, la jeta à la figure du jeune homme, et, répandant sur sa chevelure cette onde vengeresse, elle ajouta ces paroles, annonciatrices de sa perte prochaine : " Maintenant, va raconter que tu m'as vue sans voile, si tu le peux, j'y consens. " Le tableau choisi

Cavalier d'Arpin (1568-1640):
Diane et Actéon
Huile
sur panneau - 47,5 cm x 66 cm - © [Louvre.edu]
- Photo Erich
Lessing
Raisons du choix
Le thème
Il relate le terrible face à face d'Actéon et de Diane. A la toute puissance de la déesse s'oppose la vulnérabilité du chasseur. Les nymphes pudiques ou médusées servent de faire-valoir à Diane. La déesse que l'on reconnaît à son croissant de lune asperge le jeune homme et semble prête à proférer les menaces rapportées par le poète : " Maintenant, va raconter que tu m'as vue sans voile ; si tu le peux, j'y consens. "
Le rendu du tableau
Le tableau s'organise autour d'une diagonale qui part de la gauche du tableau et remonte vers la droite. L'axe isole les deux protagonistes et guide le regard vers la métamorphose en action d'Actéon ; les bois immenses qui se dressent sur la tête du jeune homme signent le drame. Actéon quitte le monde des humains et est le seul à ne pas le savoir.
Dénouement de la légende
Actéon s'enfuit et s'étonne de sa rapidité à la course ; il aperçoit dans l'eau sa figure et ses cornes. Il veut crier son malheur mais ne peut plus parler. Pire encore, ses compagnons de chasse, partis à sa recherche avec ses chiens, ne peuvent le reconnaître. Les chiens lancés sans le savoir contre leur ancien maître lacèrent son corps, le font mourir sous leurs crocs. Seule, cette fin horrible, dit Ovide, pouvait assouvir la colère de la déesse au carquois.
Un cratère attique à figures rouges, conservé au Musée du Louvre, donne une image saisissante de la mort d'Actéon. Le jeune prince tombe à la renverse, attaqué par ses chiens alors que sa métamorphose n'est pas encore visible. Artémis assiste à la scène, impassible, debout sur son char.
On pourrait associer la fin tragique d'Actéon à l'émouvante sculpture de la maison des cerfs à Herculanum, intitulée " Cerf attaqué par des chiens " . Même lutte inégale entre le cerf et les chiens comme entre Actéon et Diane, même destin qui conduit à sa perte homme et animal. Les deux victimes ont la même innocence et leur fragilité est également attachante.