La faute d'Actéon

Le chasseur Actéon égaré, pénètre sans le savoir dans l'antre de Diane et aperçoit la déesse dévêtue.

Qui simul intravit rorantia fontibus antra,
Sicut erant , viso nudae sua pectora nymphae
Percussere viro subitisque ululatibus omne
Implevere nemus circumfusaeque Dianam
Corporibus texere suis ; tamen altior illis (...)

A peine (Actéon) est-il entré dans l'antre où la source épanchait sa rosée que les nymphes, dans l'état de nudité où elles se trouvaient, se mirent soudain, en apercevant un homme, à se frapper la poitrine et à emplir toute la forêt de leurs cris perçants ; pressées autour de Diane, elles lui firent un abri de leur corps ; mais la déesse est plus grande qu'elles (...)

Le tableau choisi

Francesco Albane, Actéon métamorphosé en cerf (vers 1617)
huile sur cuivre - 52cm x 61cm
© [Louvre.edu] - Photo Erich Lessing

Raisons du choix

Le thème

Le sujet retenu est la panique des nymphes provoquée par l'arrivée d'Actéon. Le côté incongru de la présence du chasseur est matérialisé par le cercle des nymphes dénudées. Les gestes traduisent la pudeur effarouchée : les bras cherchent les voiles ou cachent les parties intimes. Seule la déesse " plus grande que les nymphes " dirige un doigt vengeur sur le malheureux Actéon, seul personnage habillé et masculin ! Déjà, la métamorphose opère puisque deux petites cornes apparaissent sur le front du jeune homme.

Le rendu du tableau

L'espace est inégalement occupé : le quart gauche du tableau est consacré à la fuite d'Actéon, les trois quarts à l'assemblée des nymphes.
L'antre de la déesse est au premier plan, l'endroit clos est protégé par des rochers ou des arbres : tout concourt à renforcer l'idée d'intimité.
La trouée vers le ciel d'où se détache la silhouette d'Actéon ouvre l'espace et suggère l'aspiration du chasseur à la fuite.
Mais ce qui frappe le regard avant tout c'est la majesté altière de la déesse : aucun émoi apparent, seule une hautaine détermination la conduit à châtier l'intrus imprudent.