Les techniques de suivi des animaux

Il existe plusieurs façons d'observer de près ou de loin les mouvements migratoires des différents animaux.

I. Observation à "courte distance"
Les observations sur de courtes distances sont intéressantes pour étudier de façon locale les populations dans un endroit bien défini et accessible.

1. Transpondeur

  Le transpondeur, d'une taille de deux centimètres environ, est généralement inséré dans la patte de l'animal dès son plus jeune äge. Cette technique permet, à l'aide de capteurs situés dans le sol à un endroit où l'animal a toutes chances de passer, de localiser celui-ci. Ces capteurs sont souvent associés à un lieu d'alimentation possible. Mais cette technique est très incertaine car l'animal ne doit pas passer trop loin des capteurs au risque de passer inaperçu.
     

2. Radiotélémètres

     
 

Les radiotélémètres sont composés d'un émetteur, d'une antenne et d'une pile rattachés au sujet par divers moyens. Dans le cas des gros animaux, on utilise surtout un harnais ou un collier tandis que les adhésifs, les broches sous-cutanées et les implants chirurgicaux sont employés lorsque les harnais sont trop encombrants, dans le cas notamment des canards plongeurs. Bien que les gros appareils durent plus longtemps et ont une plus grande portée, on ne met jamais aux petits animaux des émetteurs qui dépassent six pour cent de leur poids - trois pour cent pour les oiseaux - afin de ne pas leur nuire.

Grâce à la radiotélémesure, on peut obtenir d'importants renseignements sur les limites territoriales, l'interaction entre les différentes populations, les aires et le taux de reproduction, la consommation de nourriture et les autres comportements, car l'on peut situer et observer chaque animal. On se sert également de la radiotélémesure pour l'étude du mouvement des oiseaux, mais rarement sur une large étendue.

Cygne munie d'un radiotélémétre

 

Source de la photo : Satellite Tracking of Long Point’s Tundra Swans

http://www.bsc-eoc.org/swans/swans.html

3. Bague et marquage

 

Son coût peu élevé présente un avantage pour cette technique, qui fournit de l'information de base essentielle sur les dynamiques de la population, mais on a un faible taux de récupération.
Aucune donnée sur le déplacement dans des zones inobservables et peu d'information dans des endroits peu peuplés ne sont accessibles. Cette technique peut être utilisée sur des oiseaux de n'importe quelle taille, mais des erreurs d'observation peuvent compromettre la fiabilité des données.

Intérêt du baguage: déterminer la cause de la mortalité, ainsi que les données à lonq terme, notamment la durée de vie maximale.

Cigogne baguée dans le parc de Turckheim, à l'intérieur de l'enclos.
 
Cigogne libre baguée près du parc de Turckheim (Alsace).


II. Observation à "longue distance"

Il y a deux principaux moyens qui permettent de localiser les animaux sur une longue distances : le GPS et la balise ARGOS.

1. le GPS

le GPS (Global Positioning System) offre une combinaison d'avantages non négligeables :

- le point peut être fait toutes les secondes avec une grande précision, 95% de ces relévements auront une erreur inférieure à + ou- 50 m et 99% une erreur inférieure à + ou - 150 m.
- il n'y a effectivement aucune limite de portée.

Un enregistreur de vol miniature, basé sur le GPS, a été récemment mis au point. Cet appareil est assez léger pour être placé sur des oiseaux dont le poids dépasse les 0.5 kg. Il enregistre les informations, temporellement indexées, de latitude, longitude et vitesse par rapport au sol toutes les secondes. L'enregistreur a une capacité de stockage de données d'environ 90000 positions, cependant, avec la batterie utilisée et la cadence d'enregistrement des points, l'autonomie de l'appareil est de 3 heures. L'enregistreur GPS est composé d'un récepteur, d'un équipement d'exploitation, une antenne, une alimentation électrique, un convertisseur CC/CC réunis en un seul appareil. Le poids minimal actuel de l'ensemble est de 33 g. Les données sont récupérées au retour de l'animal.

Un exemple de carte obtenue par suivi GPS

Source : (http://www.northstarst.com/HTML/bighornsheep_survey.html)

2. Le suivi par balise ARGOS

Une balise Argos est un émetteur puissant capable d'envoyer des signaux à un satellite. La fréquence d'émission est commune à tous les émetteurs (401, 650 mHz). L'intervalle entre deux émissions doit être inférieur à cent secondes. Le message transmis par la balise est bien davantage qu'un simple "bip".
 
Balise Argos destinée à une tortue luth : devant résister à l'immersion elle est entièrement isolée par une gaine imperméable. Deux antennes, l'une horizontale, l'autre oblique permettent d'émettre des signaux vers le satellite.
 
  Le système Argos calcule la localisation des émetteurs en mesurant l'effet Doppler : la fréquence du signal reçu est plus élevée que celle du signal émis lorsque le satellite s'approche de l'émetteur, elle est plus basse lorsqu'il s'en éloigne. Une position précise ne peut être obtenue que si le satellite reçoit au moins quatre fois le signal de l'émetteur lors de son passage. Il est donc possible de localiser la balise par rapport à la position du satellite.
     
Suivi satellitaire de cigognes    
   

La fixation de la balise Argos a été réalisée en juillet 1997 par l'intermédiaire d'un harnais, passé sous les ailes des jeunes cigognes. (Photo D.Picamelot)

   

Suivi satellitaire de canards    
   
Canard muni d'une balise permettant un suivi satellitaire. Ces balises doivent être suffisamment petites pour ne pas gêner les oiseaux au cours de leur vol.    
http://www.werc.usgs.gov/pinsat/tracking.html    
 
Le suivi satellitaire d'un phoque à capuchon : Stephanie
 
Stephanie a été trouvée échouée sur une plage le 20 février 1996. (Nahant Beach, Nahant, MA). Cette femelle mesurait environ 1, 8 mètres et pesait 250 kg. Elle était âgée de 7 à 10 ans. Avant de la relâcher elle a été équipée d'une balise Argos qui a permis de la suivre pendant près de trois mois.
  Pose d'une balise argos sur le dos de Stephanie. La balise est collée sur le pelage de l'animal.
     
  Stephanie va être suivie pendant son expédition.
     
  Déplacements de Stephanie
     
Source : http://whale.wheelock.edu/whalenet-stuff/slide_shows/steph/
Copyright: WhaleNet

 

Suivi satellitaire de baleines    
Metompkin est une baleine franche femelle âgée de 9 ans.    
 

Les données sont stockées pendant la plongée de l'animal puis émises vers le réseau de satellites lorsqu'il est à la surface de l'eau. Ces données concernent la date, la latitude, la longitude, la profondeur et la durée des plongées ainsi que les proportions des plongées et des émersions pendant les 6 dernières heures. Les instruments Argos détectent l'émission de la balise lorsque le satellite passe au-dessus de l'animal.

 

http://whale.wheelock.edu/whalenet-stuff/metompkin_menu.html    

Suivi de loups par télémétrie

http://www.northstar.k12.ak.us/schools/wvh2/wolf/telemetry/telemetry.htm    
  Ces données en longitude et latitude ont été acquises grâce à une balise Argos dont l'animal était équipé à l'aide d'un collier.
 
   
Suivi d'éléphants munis à la fois d'une balise Argos et d'un GPS  
   
http://www.ecofac.org/Canopee/N17/N1704_ElephantOdzala/ElephantOdzala.htm  

Le collier émetteur fixé au cou de l'éléphant est composé de:

- Un GPS prélevant quatre points par jour
- Une balise Argos transmettant tous les trois jour les douze points gps collectés via un satellite
- Un émetteur VHF permettant un suivi au sol ou par avion à l'aide d'un récepteur VHF directionnel.

Le système pèse 22kg et est équipé de batteries permettant de fonctionner pendant un an. Une meilleure précision de la localisation peut être obtenue grâce à l'association d'un émetteur Argos et d'un récepteur GPS.