Réunion des interlocuteurs académiques - 27 et 28 janvier 2009 - Paris
Ouvertures
Journée du 28 janvier
Intervention de Martin Dufour (IA-IPR lettres, Paris)
À la lumière de « tout ce qu'il n'a pas compris la veille », M. Dufour atteste que les IANTE sont des experts. Tout apprentissage commence par une régression et le temps de prise en main de l'outil dans la durée ne doit pas être négligé. Bien des enseignants abordent les TICE avec un sentiment d'indignité : ils sont mis en cause dans leur professionnalisme. Ce qui est en jeu, ce sont les postures enseignantes : les TICE mettent en question l'identité professionnelle des enseignants.
Il est important de travailler sur ces peurs. Il lui arrive souvent en entretien de dire à un enseignant : « Autorisez-vous à… ». Il y a un moment où il faut sauter. « Si Dieu sortait de nos têtes, il n'aurait pas de domicile ».
Intervention de Catherine Bizot (IGEN lettres chargée du dossier TICE)
Le doyen regrette beaucoup de ne pas être là car l'IG est de plus en plus attentive et investie dans la question des TICE, pas seulement à cause de l'injonction ministérielle ni du dynamisme de la SD-TICE mais par conviction. P. Le Guillou accorde beaucoup d’importance au travail des IANTE. L’IG prépare un séminaire à l'ESEN sur la scolarisation des élèves handicapés, dossier coordonné à l'IG par C. Bizot. Les outils qui permettent l'accessibilité sont une question centrale. L'édition numérique également.
Après plusieurs années de suivi de ce travail, trois choses frappantes :
- la richesse et le développement rapide dans les académies. Il n'y a pas si longtemps, certains IANTE étaient des pionniers. Aujourd'hui, on les sollicite sans cesse pour participer à la réflexion sur le progrès du système éducatif ;
- le renouvellement des thématiques de travail. Elles suivent les réformes dans un souci du maintien de l'identité de notre discipline. Ce sont aussi des leviers d'innovation. L'usage des TICE ne consiste pas seulement à faire du nouveau pour du nouveau, mais fait surgir des réponses à des questionnements qui se posent comme la question du traitement de l'hétérogénéité des élèves ou des besoins éducatif particuliers ;
- l'abondance des publications des IANTE. Les TICE favorisent cela mais, aussi bien sur les sites académiques que sur Éduscol ou les sites collaboratifs, il y a un immense foisonnement, riche et que nous avons du mal à suivre car les IANTE sont experts et vont très vite. Si l’IG s’en réjouit, elle a parfois aussi du mal à aller aussi vite.
L'inspection générale de lettres reste très attentive à tout ce qui se passe dans les académies. Pas seulement parce que les TICE sont inscrites dans les programmes. L’IG est loin d'avoir la main sur les programmes aujourd'hui mais chaque fois que possible, elle y a introduit des paragraphes entiers d'usages des TICE, à tous les niveaux du collège, plus encore pour les langues anciennes. Pour le lycée professionnel également, même si là, c'est l'enseignement du français qui est au service des TICE et non l'inverse. C. Bizot a fait partie des rédacteurs des programmes de lycée qui n’ont pas parus : dès le préambule, un paragraphe sur les TICE désigne le développement de l'autonomie et notamment en matière de recherche documentaire comme une des 5 finalités de l'enseignement du français.
Importance particulière accordée à la formation des collègues IPR et IEN-EG, qui ne sont pas encore tous convaincus de l'intérêt des TICE en français. Ce séminaire est structurant sur le travail d'une année. Par exemple, la question de l'évaluation des élèves : pour les faire progresser vraiment, il faut s'intéresser plutôt aux processus d'apprentissage qu'aux résultats. Les TICE permettent de se focaliser davantage sur les processus apprentissages.
Concernant le travail de ces deux jours, l’IG souhaite mettre l'accent sur les actions académiques mutualisées. Leur thème, « maîtrise de la langue et écriture », devrait être le même que celui du séminaire de mars à l'ESEN. Les travaux devraient nourrir le séminaire national. Il faut d'une manière générale que les enseignants entrent dans les TICE par les apprentissages fondamentaux.
L'enquête de la SD-TICE sur la plus-value des TICE paraît très intéressante. C'est cela qui permet de convaincre les collègues, l'idée de plus-value. C'est par là qu’il est prévu d'organiser le séminaire à l'ESEN, en ouvrant des ateliers par le biais de telle ou telle plus-value.
Télécharger le texte de l'intervention : Fichier 36 Ko, 
Site d'accompagnement du séminaire de l'ESEN "Lettres et TICE" : http://qp1.orion.education.fr/fodad-lettresettice
Questions
J.-M. Bourguignon (Paris) : Avec Gibii, la réflexion sur l'évaluation a évolué. Est-ce qu'il est prévu un module d'évaluation des compétences du socle identique à celui de Gibii ?
C. Bizot : je ne sais pas si c'est prévu. Mais nous sommes dans une discipline qui a du mal avec la logique de découpage en compétences. L'idée qui prime est d'évaluer des groupes de compétences au fil des apprentissages (pas de sanctions) pour aider à apprendre. Dans les académies, on est en train de changer complètement de modes d'évaluation. C'est une réflexion riche en ce moment, c'est l'entrée que nous privilégions.
J.-M. Bourguignon : une partie des problèmes du livret d'évaluation des compétences du socle était liée à sa lourdeur (trop d'items). Mais un outil comme Gibii transposé sur le socle faciliterait l'évaluation.
C. Bizot : Les livrets ont été faits avant que la réflexion n'ait abouti. Si le message est qu'il faut utiliser l'outil informatique pour évaluer les compétences, non. Il faut repenser l'évaluation pour que des outils puissent se mettre au service de cette évaluation. L'outil ne doit pas remplacer la réflexion pédagogique.
Cécile Melet (Versailles) : vous avez rappelé l'importance des TICE dans les programmes de lycée. À propos du tableau de compétences du B2i en lycée, il me semble qu’entre ce qu'on faisait dans le cadre du cours de français au lycée, et des compétences B2i lycée, la rencontre ne se fait pas. Ça me paraît difficile à valider dans le cours de français.
C. Bizot : dans le cours de français tel qu'il est aujourd'hui, mais il faut renouveler les pratiques. J'espère que le cours de français de demain s'y prêtera davantage. Notamment avec l'entrée des médias numérisés. On avait matière, dans les programmes tels qu'ils sont, à mettre en avant certaines démarches. Les programmes sont surtout une manière de légitimer votre travail.
