Réunion des interlocuteurs académiques - 27 et 28 janvier 2009 - Paris
Les ENT
Le projet des espaces numériques de travail
Point de situation et attentes. Echanges. Présentation des deux ateliers ENT.
Il est important pour la SD-TICE de pouvoir échanger avec les IANTE sur ce projet.
L'ENT est un système d'information partagé : il propose aux membres d'une communauté un accès unifié à l'ensemble des ressources et outils de communication et de traitement de l'information.
Ce sont des projets menés en partenariat avec les collectivités, des produits pérennes.
Il s’agit d’espaces de travail collectif et de communication ouverts et sécurisés pour la communauté éducative, les parents, les élèves et tous ceux qui ont intérêt à y être intégrés.
Il est livré avec un bouquet de services, que chaque établissement gère.
Il y a un schéma directeur qui donne le cadrage des standards techniques, mais pas un ENT national. Le ministère ne fait que des préconisations techniques, fonctionnelles et juridiques.
Vidéo : témoignage (2 minutes) d'enseignants utilisateurs.
À propos de la confidentialité des données : on vise pour la généralisation environ 33 millions de personnes. On a donc voulu dès le départ protéger les usages et les services, en travaillant avec la CNIL sur la définition des données. A abouti à un formulaire simplifié CNIL. Les données nominatives ne sont jamais envoyées à des tiers.
Vidéo : la CNIL explique que les données personnelles des ENT sont protégées. Les chefs d'établissement doivent faire une télédéclaration en ligne de leur ENT. Dans ce cadre juridique, ils sont en sécurité.
Une procédure de certification avec l'AFNOR est en cours pour garantir des exigences de sécurité, techniques ou d'usage (ergonomie, accessibilité…)
Coût : entre 5 et 10 euros par élève et par an, hors ressources. Des économies pour l'établissement (moins de papiers, de courrier). Favorable au développement durable. Modèles économiques partenariaux avec les collectivités. L'accompagnement et la formation sont pris en charge par l'académie. Le coût du service est équivalent au coût d'accompagnement.
Questions :
Philippe Godiveau (Orl.-Tours) : sur l'aspect juridique : un ENT amène à publier. Y a-t-il une information, un accompagnement prévu pour les enseignants ? Pourrait-on envisager une exception pour les ENT ?
J.-M. Leclercq : Il n'y aura pas d'exception pour les ENT. C'est une problématique, on n'a pas encore de cadre finalisé autour de cela. La publication est graduelle : on peut publier pour sa classe, pour son établissement, l'ENT n'a pas vocation à être une plate-forme de publication pour l'extérieur.
Marie Saint-Michel (Toulouse) : Y a-t-il une réflexion au niveau national pour la formation des parents ? Dans mon lycée, mixité importante de la population. Question par rapport à l'accès de certaines familles aux ENT. On a déjà des problèmes de rencontres avec les parents…
J.-M. Leclercq : On conseille de faire attention à ces problématiques, on accompagne les réflexions et la mise en place mais on ne fait pas d'action d'envergure nationale à ce niveau-là. Sur l'académie de Toulouse, on a travaillé à la multiplication des points numériques publics, d'accompagnement pour les parents qui n'auraient pas d'accès… À Nancy-Metz, ils mettent des bornes dans les établissements : chacun s'adapte localement, il n'y a pas de réponse globale.
P. Godiveau : Va-t-il y avoir un texte pour cadrer le rôle de l'enseignant dans la communication avec les parents ? Comment ne pas y perdre tout son temps ?
J.-M. Leclercq : Nous n'avons pas identifié de surcharge de travail avec l'ENT. Nous avons des indicateurs d'usage anonymes : il y a des connexions d'enseignants tard le soir, de parents tôt le matin, mas là où il y a des usages massifs, ce problème n'est pas remonté. Une autorégulation se fait. Ce qui arrive plutôt, c'est que des élèves timides s'expriment, des parents mettent les formes, etc. Ça ne modifie pas massivement les pratiques, ça ne surcharge pas.
Dominique Dufayard (Nice) : constatez-vous un usage des cahiers de textes électroniques ? Je sens une crainte de collègues, qui semble s'estomper.
J.-M. Leclercq : Ça a beaucoup évolué depuis 2004-2005. On fait une enquête nationale sur ce sujet après l'annonce du ministre de sa généralisation en 2010. C'est un service qui est au centre des utilisateurs (parents, élèves, profs, administration, inspecteurs). Le cahier de texte est en général soit totalement utilisé par tous les profs, soit par un ou deux. Sans généralisation massive, on ne constate pas d'usages intéressants. Le « mythe de la cyberinspection nocturne » est en train de disparaître. Cela a évolué parce que les attentes des usagers ne sont pas les référentiels de la progression ou des programmes : les gens veulent savoir ce que leurs enfants ont à faire, les élèves veulent savoir s'ils vont avoir une semaine chargée, ils peuvent récupérer un fichier perdu. Sur le cahier de texte numérique, on a avancé sur l'axe référentiel : que doit être un cahier de texte numérique ? Un texte en est sorti, pour le moment soumis à arbitrage.
C. Bizot : Je peux témoigner que cela a occupé des heures de réflexion à l'IG ! (groupe TICE) On s'est rendu compte qu'on n'avait pas tous la même conception du cahier de texte, et que celui-ci cristallisait les fantasmes de tous les usagers (profs, élèves, inspecteurs…). Comment vous, IANTEs, vivez cette idée que l'IPR puisse avoir une trace plus précise du travail effectué pendant l'année ?
Martin Dufour : sur ce sujet, je suis très en colère : on me met en flagrant délit d'incompétence. Le cahier de texte est une obligation pour les enseignants. L'inspecteur a pour obligation de viser le cahier de texte. Il s'en sert pour l'entretien. Le cahier de texte est un outil de travail fondamental. Ce qui me met en colère c'est que d'un côté, quand je fais une réunion pédagogique en établissement, je suis le héraut des TICE, alors qu'ici je suis le seul à prendre des notes sur du papier. Comment nous, inspecteurs, avons-nous accès au cahier de texte électronique ? J'arrive dans l'académie de Paris, le cahier de texte électronique n'est pas encore fonctionnel. Les enseignants acceptent de passer au cahier électronique en « service minimum ». Une enseignante me dit « je ne sais pas faire de copier/coller, je ne peux pas mettre les éléments que je photocopie ». Je rentre dans un cahier de texte électronique : dans un cas c'est le chef d'établissement qui m'a donné son code personnel. Dans un autre cas, c'est un adjoint qui m'y a donné accès en me donnant la photocopie des codes d'accès des enseignants. Quand je me suis adressé au rectorat, on m'a dit de faire un tirage papier des cahiers de textes.
Jean-Luc Picard (Montpellier) : je voudrais dépasser le cadre formel et administratif du cahier de texte pour savoir si le cahier de texte peut être fait avec les élèves.
Caroline d'Atabekian (Créteil) : deux réactions à propos de la question de C. Bizot :
1/ Quand j'avais un cahier de texte papier, je savais quand l'IPR allait venir le lire et je le relisais avant. Il me semble normal que l'IPR consulte le cahier de texte électronique de l'enseignant, mais dans ce cas il me paraît normal aussi que l'enseignant en soit informé au préalable.
2/ Comme le disait J.-M. Leclercq, le cahier de texte électronique est au centre des usages de tous : profs, élèves, parents, administration, inspecteurs. Si on repense le cahier de texte, il faut le repenser en fonction de ses destinataires désormais multiples. C'est un exercice difficile de s'adresser à tous ces destinataires à la fois : pour qui l’écrit-on ? Voilà ce que les enseignants ont à apprendre.
Miguel Degoulet (Nantes) : chez nous on a décidé qu'il n'y aurait pas de mot de passe pour la consultation. J'ai été inspecté au mois de mai. Du coup je n'ai pas relu ni retouché mon cahier de texte : j'ai même délibérément laissé les coquilles. Il est très utilisé dans mon lycée, mais je peux dire que cela nous prend beaucoup de temps, à mon avis c'est vraiment un travail supplémentaire.
Christiane Chyderiotis (Lyon) : une anecdote dans notre établissement. Le chef d'établissement a fait début janvier une vérification des cahiers de textes papier et s'est rendu compte que les profs ne les remplissent plus. Ceux qui font le cahier de texte en ligne impriment par ailleurs deux fois par an pour avoir une trace écrite. On est donc à la charnière de l'imprimé et du numérique. Quand je remplis mon cahier de textes, je m'adresse d'abord à mes élèves.
Martin Dufour (en réponse à C. d'Atabekian) : le cahier de texte n'est pas écrit pour l'inspecteur !
P. Godiveau : J'ai essayé de voir avec mes élèves comment faire évoluer le cahier de texte. Garder la trace du cours, c'est ce que les parents apprécient.
