Accueil Consultation d'une fiche
fiche consultée 1169 fois

 

# AU SECOURS ! Mon prof de maths ne fait plus cours, c'est nous qui le faisons! La pédagogie de la Coopér'action" 2018E

 

Collège Giroud de Villette

ROUTE D'ARMES , 58503 CLAMECY CEDEX
Site : https://cgirouddevilette58500.ent-liberscol.fr/
Auteur : GALEAZZI Ludovic
Mél : ludovic.galeazzi@ac-dijon.fr
  Le professeur adopte une nouvelle posture qui constitue un changement complet et abouti dans les apprentissages. Il devient un maitre d'orchestre pour les élèves qui bâtissent le contenu du cours, créent des ressources communes de référence et travaillent en ateliers coopératifs guidés ou autonomes. L'objectif est de développer les connaissances et compétences de chacun en respectant les rythmes et les besoins individuels.

  Plus-value de l'action
  TOUS les élèves se mettent volontairement au travail!
  Nombre d'élèves et niveau(x) concernés
  6ème : 26 élèves 4ème : 60 élèves
  A l'origine
  Très grande hétérogénéité des élèves face aux apprentissages et aux acquis Démotivation par un manque d'individualisation dans l'accompagnement de l'élève Frustration du professeur de ne pas pouvoir venir en aide aux élèves les plus en difficulté tout en élevant davantage le niveau des élèves déjà en réussite Une volonté d'intégrer l'outil numérique pour libérer du temps au professeur et pour que tous les élèves travaillent de façon volontaire Constat d'échec quant à l'efficacité des devoirs réalisés à la maison.
  Objectifs poursuivis
  Premier objectif : proposer aux élèves une individualisation différenciée en passant du temps auprès de chacun d'eux et instaurer un climat de confiance professeur/élève Deuxième objectif : varier les situations d'apprentissage pur éviter l'effet de lassitude souvent constatée Troisième objectif : utiliser le potentiel du numérique pour différencier : ressources à disposition de l'établissement (ENT ; clients légers, tablettes numériques) et en ligne (Labomep et autres sites internet) Quatrième objectif : développer l'autonomie des élèves
  Description
  Le professeur adopte une nouvelle posture qui constitue un changement complet et abouti dans les apprentissages. Il devient un maitre d'orchestre pour les élèves qui bâtissent le contenu du cours, créent des ressources communes de référence et travaillent en ateliers coopératifs guidés ou autonomes. L'objectif est de développer les connaissances et compétences de chacun en respectant les rythmes et les besoins individuels.
  Modalité de mise en oeuvre
  Classe inversée : Au départ, je donne une semaine à l'avance un lien Google Forms sur lequel les élèves doivent se connecter afin de visionner une courte vidéo sur une notion puis répondre à cinq questions. Cette première étape constitue une amorce motivationnelle par l'utilisation du numérique et une situation d'apprentissage originale. J'ai par la suite la possibilité de visionner sur mon ordinateur les réponses aux questions sous forme de diagrammes. Ces diagrammes me permettent de mesurer la compréhension de la classe sur la notion étudiée et ainsi orienter le travail suivant. De retour en classe… : D'après les résultats du questionnaire, je donne à chaque groupe d'élèves (en disposition îlots) une feuille A3 et un thème sur lequel ils vont travailler. Ce thème reprend ce qui a été vu dans le questionnaire. En général, chaque groupe travaille sur un thème différent mais parfois plusieurs groupes peuvent travailler sur un même thème pour diversifier les approches. Les élèves doivent réaliser sur leur affiche A3 un petit morceau de leçon en mettant en forme leur écrit. Au bout d'un temps décidé par moi en fonction de l'avancement des travaux, chaque groupe vient présenter au reste de la classe ce qu'il a écrit sur son affiche. Ce temps est un temps privilégié pour l'échange entre pairs, l'instauration de débats et le questionnement. Les élèves peuvent poser des questions au groupe, demander des explications ou bien présenter leur propre point de vue et les autres approches possibles soumises à validation par les autres élèves. Je n'interviens pas pendant cet échange, si ce n'est pour débloquer une situation ou bien soumettre une question qui n'a pas été soulevée. Une fois que tous les groupes sont passés, je ramasse toutes les affiches puis les prends en photo pour les mettre à disposition dans l'ENT. Cela me permet d'atteindre un double objectif ; d'une part valoriser le travail des élèves et leur mettre à disposition leur trace écrite, et d'autre part répondre à une problématique de parentalité. Cette dimension me semble importante afin de rapprocher les familles des apprentissages, et également leur apporter la satisfaction d'un travail élaboré par leur enfant qui devient visible. Par ailleurs, certaines affiches sont affichées dans la salle de classe sur des panneaux d'affichage. Lors d'une autre leçon, quelques jours, semaines voire même quelques mois plus tard, cela me permet d'indiquer à un élève me posant une question d'aller consulter une affiche afin de répondre à son interrogtion. Je lui indique qu'il y a peut-être une affiche dans laquelle se trouve la réponse à sa question puis c'est ensuite à lui de trouver cette réponse. L'objectif de cet affichage est non seulement de valoriser le travail des élèves mais également de rendre disponible le Savoir, ce qui ne constitue pas une habitude pour certains élèves à qui on répète trop souvent d'apprendre des formules par coeur ! Le but est d'utiliser le Savoir et se l'approprier. Après cette phase de travail sur affiches, je lance les ateliers. La classe est partagée en trois groupes de même effectif hétérogènes. Cette étape consiste en une explication orale à la classe de ce qu'ils auront à faire dans ces trois ateliers : l'atelier « guidé » consiste en la réalisation d'exercices choisis par moi, l'atelier « Labomep » consiste en la réalisation d'exercices interactifs en ligne et enfin l'atelier d'éveil créatif consiste en la réalisation d'un travail de construction, de dessin, une activité informatique. Les ateliers « tournent » toutes les vingt minutes environ. DETAILS DES ATELIERS : L'atelier guidé : Cet atelier consiste en la réalisation d'exercices choisis par moi. C'est alors l'occasion pour moi de passer auprès de chaque élève individuellement à côté duquel je m'asseois, de lui consacrer le temps qu'il faut pour la bonne réussite de ses apprentissages. Cela peut être la réexplication d'une consigne, la rectification d'une méthode, la vérification d'une réponse, etc. J'endosse à ce moment là le rôle de l'Instituteur au sens noble du terme. Je me fonds dans le décor de la salle de classe et je veille sur chaque élève. Certains ont besoin de plus de temps que d'autres, je prends alors le temps qu'il faut. Pour d'autres, je propose des choses plus compliquées pour que chacun puisse progresser à son rythme. Certains élèves, en général ceux qui sont le plus en difficulté, osent alors davantage prendre la parole et exprimer leurs difficultés ou leurs réussites, ce qu'ils n'auraient pas osé faire en situation de classe traditionnelle. Le contrat de confiance qui s'établit me permet de m'occuper de chaque élève sans que d'autres profitent de ma « non surveillance ». L'atelier d'éveil créatif : Cet atelier consiste en la réalisation d'un travail plus ludique. Cela peut être la construction d'un dessin, sur papier ou en utilisant l'outil informatique, la réalisation d'un solide, la découverte d'une méthode de cryptage de lettres de l'alphabet pendant les guerres mondiales… Cet atelier se déroule en autonomie puisque je me consacre à l'atelier guidé, même si je peux bien sûr débloquer une situation dans chaque atelier. Cet atelier créatif répond à plusieurs objectifs : d'abord, diversifier les situations d'apprentissage et proposer des activités attrayantes et motivantes afin de renforcer l'attrait des élèves pour les mathématiques et plus largement l'instruction. Ensuite, il me paraît primordial d'ouvrir l'horizon culturel des élèves en leur proposant des activités en lien avec des choses de la vie quotidienne ou en lien avec l'histoire et les autres cultures. Par exemple, un atelier créatif consiste en le fait de se repérer sur la Terre à l'aide de coordonnées géographiques en localisant des lieux connus comme les grandes pyramides ou l'Alhambra. Les élèves doivent rechercher d'abord la localisation de ces lieux, faire une recherche Internet pour découvrir ces joyaux. L'atelier Labomep : Cet atelier se déroule en autonomie et sur l'outil informatique. Je dispose de 15 ordinateurs dans ma salle mais cet atelier peut tout à fait également se réaliser à l'aide de tablettes disposant d'une connexion internet. J'utilise pour cet atelier un logiciel en ligne intitulé Labomep sur lequel j'ai créé un compte pour chaque élève (avec un identifiant et un mot de passe). Les élèves de la classe sont répartis en trois groupes de compétences et je choisis par le biais de ce logiciel des exercices pour chaque groupe. C'est ainsi que les élèves ne travaillent pas forcément sur les mêmes exercices. L'atout de ce logiciel réside également dans le fait de pouvoir suivre les résultats des élèves individuellement et de proposer à un élève par exemple de refaire un exercice qu'il n'a pas bien réussi, ou bien de lui en proposer des plus compliqués s'il est en réussite. Les élèves apprécient cet atelier et je remarque que les élèves se souviennent désormais tous par coeur des leurs identifiants, ce qui constitue pour moi un indicateur symbolique de la réussite de cet atelier. Les activités rituelles : 1) A chaque début de séance je propose aux élèves (en îlots) diverses activités. D'une part, des activités de calcul mental. Je prépare pour chaque élève une fiche de calcul et je projette au tableau cinq questions calculatoires et les élèves écrivent leur réponse sur la fiche. Nous procédons ensuite à une correction collective par les pairs. D'autre part, des questions flash ; il s'agit de courts problèmes issus de la vie quotidienne que les élèves doivent résoudre en groupe. La correction est donnée par un groupe volontaire. Enfin, les élèves se voient confronter à des mises en situation. Il s'agit de vidéos extraites d'émissions de télévision, de films, jeux télé, journaux télévisés et qui soulèvent un problème mathématique. Les élèves résolvent le problème puis la correction est présentée par un groupe volontaire. 2) Chaque semaine, les élèves ont un travail à rendre appelé « travail hors la classe » (THC). Ce travail est donné une semaine à l'avance et le sujet est différent selon les trois groupes de compétences décrits dans l'atelier Labomep (des questions peuvent être plus détaillées par exemple, ou bien les nombres plus simples à utiliser). Je joue sur les variables didactiques pour proposer à chaque élève un travail qu'il sera en mesure de réussir selon ses compétences. Ce THC se décompose le plus souvent en une première partie qui constitue une énigme à résoudre et une seconde partie courte qui est constituée de deux ou trois questions mathématiques en rapport avec l'énigme. Par exemple, en 4ème, j'ai proposé un travail sur les carrés magiques. Je leur ai indiqué une photo du carré magique de la Sagrada Familia de Barcelone sans leur indiquer autre chose que la mention « 0034 » (qui est l'indicatif téléphonique de l'Espagne). La première étape du travail consistait donc à retrouver la localisation de la photo ; puis le second travail était de réaliser son propre carré magique en suivant le modèle de l'énigme. Tous les THC sont également disponibles dans l'ENT. La coopération et le tutorat entre élèves : Durant l'ensemble du temps de présence des élèves, ceux-ci peuvent s'aider, coopérer sur la réalisation d'exercices, ou bien sur des problèmes matériels comme par exemple réussir à se connecter sur un ordinateur. Dans les ateliers, les élèves peuvent s'aider pour comprendre un exercice, se poser des questions et réfléchir à la façon de procéder ensemble. La réalisation des affiches se fait également en groupe avec l'aide des membres de son groupe. Si un élève me pose une question, je demanderai à l'élève de répéter sa question à la classe pour qu'un pair y réponde. De plus, à la fin des ateliers, je désigne certains élèves qui auraient tout terminé et qui ont donné satisfaction sur leurs apprentissages que je nomme « tuteurs » d'autres élèves en difficulté. Cela leur permet non seulement de réinvestir leurs connaissances mais également de se sentir investis d'une mission au service de leurs pairs. L'évaluation : Cette étape est encore en réflexion pour ma part mais dans l'idée, je souhaiterais créer un module d'évaluation directement intégré à l'interface Labomep. Je choisis un exercice et je donne aux élèves un délai d'une ou deux semaines pour réaliser cet exercice hors la classe lorsqu'ils le désirent et lorsqu'ils se sentent prêts. Ils pourront, pour s'entraîner, refaire au préalable les exercices de l'atelier Labomep. Je pourrai ensuite consulter les résultats de cet exercice et l'évaluation sera retranscrite dans l'ENT. En revanche, je continue à réaliser des évaluations classiques une fois que deux ou trois notions ont été vues. Ces évaluations sont différenciées selon les trois groupes de compétences et constituent en la réalisation d'exercices proches de ceux effectués auparavant, dont un est toujours présenté sous forme de QCM ou de vrai/faux. Ces évaluations me paraissent importantes notamment au cycle 4 qui se solde par le DNB qui est une épreuve sur table et à laquelle les élèves doivent être à mon sens habitués dès la fin du cycle 3. BILAN du projet : Ce que je retiens de ce projet que j'ai mis en place est le changement de ma posture face aux élèves. Je me place désormais en instituteur au sens noble du terme, en accompagnant des apprentissages et parfois en confident sur les réussites et difficultés des élèves qu'ils osent désormais me communiquer. Je ne suis plus là pour faire cours ou transmettre un savoir, mais pour guider les élèves vers les apprentissages et les faire apprendre ensemble en se confrontant parfois aux difficultés liées aux mathématiques. Je suis finalement comme un chef d'orchestre qui guide la mélodie produite par les élèves eux-mêmes, en donnant parfois le rythme et le tempo.
  Trois ressources ou points d'appui
  Membres de la direction (Principal et Principale adjointe) IPR Equipe de mathématiques
  Difficultés rencontrées
  -limiter les déplacements des élèves dans la salle de classe : les ateliers changent mais les élèves restent à leur place (s'ils n'utilisent pas l'outil informatique)
  Moyens mobilisés
  Une salle de classe en disposition îlots Un vidéoprojecteur Une quinzaine de clients légers ou tablettes numériques Panneaux d'affichages divers ENT de l'établissement
  Partenariat et contenu du partenariat
  Équipe de l'application Labomep
  Liens éventuels avec la Recherche
  Les pratiques du problème ouvert de Michel Mante, Gilbert Arsac (2007) - Travailler en îlots bonifiés pour la réussite de tous de Marie Rivoire (2012)
 
Evaluation
  Evaluation / indicateurs
 
  Documents
 
Titre Padlet de présentation des outils et des productions
Condensé
URL https://padlet.com/ludovic_galeazzi/26i61hxrr01t
Type document

  Modalités du suivi et de l'évaluation de l'action
  Les pratiques du problème ouvert de Michel Mante, Gilbert Arsac (2007) - Travailler en îlots bonifiés pour la réussite de tous de Marie Rivoire (2012)
  Effets constatés
  Sur les acquis des élèves : -une meilleure acquisition des notions pendant la production de ressources et lors de l'aide individualisée apportée par l'enseignant -des élèves « faibles » se sentent en réussite et accompagnés -acquis également en terme de savoir-être (beaucoup moins de discipline et les élèves potentiellement perturbateurs sont impliqués dans la tâche à accomplir) -climat de classe amélioré : les élèves sont concernés par les apprentissages et leur donnent du sens ; aucun élève ne refuse de travailler
  Sur les pratiques des enseignants : -pouvoir accompagner un nombre restreint d'élèves permet de rapprocher l'élève et le professeur et d'améliorer la relation professeur/élève -favoriser la confiance professeur/élève -gestion de la discipline grandement diminuée
  Sur le leadership et les relations professionnelles : *
  Sur l'école / l'établissement : Intérêt très fort chez les collègues de l'établissement
  Plus généralement, sur l'environnement *




Recherche multicritères
Recherche plein texte

Les expérimentations d'une académie
Les 5 dernières fiches
AMIENS
80 - ALBERT - Lycée Lamarck - Liaison lycée-Université
AMIENS
60-SENLIS-Clg La Fontaine des Prés-Favoriser la mobilité européene virtuelle des élèves.
AMIENS
60-SENLIS-Lycée Hugues Capet-L'élève comédien,décorateur, graphiste, citoyen et acteur de sa santé : de l’adolescent d’aujourd’hui à l’adulte de demain
AMIENS
60-SENLIS-LP Amyot-d'Inville - Dispositif de prévention contre le décrochage scolaire
AMIENS
60-SAINT JUST EN CHAUSSÉE-Clg Louise Michel-Art et mémoire de la grande guerre.
Les fiches les plus consultées
BORDEAUX
Travaux en sciences assistés par des tablettes numériques 2012
ORLEANS-TOURS
2016B - 37 - Ecole de Druye - Azay Augmenté : pour une visite enrichie du château d’Azay-le-Rideau
NICE
#2018AC-Learn-O : La première tablette tactile géante, kinesthésique, collaborative et sociale.
LILLE
# 2018 C - F - Badges Numériques de Compétences et auto-évaluation par formulaire en ligne
NANCY-METZ
Une démarche innovante « L’école des savoirs essentiels »
Contexte