Retrouvez toute l'information sur le site education.gouv.fr

Accueil > Mener une action > Exemples d’actions > Les Clés de l’Education routière (Association Prévention Routière et Assureurs (...) > Le tutorat au service de la sécurité routière et des apprentissages (...)

Concours Clés de l’Education routière 2012

Le tutorat au service de la sécurité routière et des apprentissages scolaires

3ème DP6 et CE1/CE2 - LP Napoléon - Grandvilliers - Académie d’Amiens

jeudi 20 septembre 2012


Ce projet a reçu le prix de la DSCR (Sécurité routière) au concours des Clés de la Prévention Routière  .

Le bilan

Contexte de l’action

Le lycée se trouve dans un milieu rural où les accidents de la route sont fréquents notamment aux sorties de discothèques où l’alcool   est souvent responsable.

Que les èlèves en soient ou non les auteurs, les incivilités routières sont récurrentes à proximité de l’établissement.

Bien que les élèves soient sensibilisés à la sécurité routière par les ASSR et une forte journée d’action comprenant de nombreux ateliers (simulateur   deux roues, voiture tonneau, alcool au volant, sapeurs pompiers, etc), ils restent trop souvent de seuls spectateurs des ces interventions.

Dans ce contexte, les élèves de 3ème DP6 sont un public ayant besoin de retrouver l’estime de soi et un intérêt pour les apprentissages scolaires, notamment à travers des activités motivantes.

De plus, deux mondes d’enseignants (1er degré-2nd degré) travaillent dans une proximité géographique forte (environ 5 kilomètres) mais n’échangent pas leurs pratiques éducatives. Or ces deux équipes doivent trouver des supports pédagogiques innovants afin d’évaluer et de valider des compétences du socle commun tels que "les
compétences sociales et civiques« et »l’autonomie et l’initiative".

C’est pourquoi, dans le cadre d’un projet de tutorat élèves de 3ème-élèves de CE1-CE2, une réflexion sur la prévention routière a été choisie comme un des axes principaux.

Finalités du projet

  • Approfondir une culture citoyenne de la sécurité routière, avoir un comportement   responsable sur la route.
  • Apporter une connaissance sur le système juridique français.
  • Donner une image positive d’eux-mêmes aux élèves de 3ème DP6.
  • Donner ou redonner goût aux apprentissages scolaires.
  • Fédérer l’équipe pédagogique et éducative autour d’un projet innovant et expérimental afin de pérenniser ce type d’action.
  • Mutualiser les moyens matériels et financiers entre le lycée et l’école primaire.
  • Partager des compétences et des connaissances inter-degrés.
  • Préparer à l’ASSR2   pour les élèves de 3ème et à l’APER   pour les CE1-CE2.
  • Evaluer et valider des compétences du socle commun.

La préparation du l’action

Le projet présenté s’articule autour d’un projet global de l’établissement sur la sécurité routière avec un moment fort de 2 jours (en novembre) en partenariat avec le collège voisin soutenu par la préfecture   de l’Oise ainsi que l’inspection académique de l’Oise : Ateliers voiture tonneau ,simulateur de 2 roues, alcoolémie au volant,
gendarmerie  , sapeurs pompiers, démonstration de désincarcération).

    • Equipe pédagogique :

Lycée : Professeur de mathématiques (référent sécurité routière + IDSR), professeur de lettres-histoire, professeur
d’anglais (IDSR).

Ecole primaire : Professeur des écoles

    • Objectifs pédagogiques :

Obtention de l’ASSR2 et de l’APER ; notions (CE1-CE2 ) et approfondissement (3ème) en anglais ; argumenter à l’écrit et à l’oral en français ; calcul numérique en mathématiques ; découvrir le système juridique français en éducation civique ; utilisation des outils informatiques.

    • Montage financier
      1000 euros pour l’intervention du juriste ( M Joy www.atoutdroits.com) payée par les fonds propres de l’établissement ; matériel informatique financé par un dossier déposé au rectorat (MATICE).
    • Partenariats :

Préfecture de l’Oise pour les gilets jaunes ; don de la vidéo « Sur la route de Marc ».

    • Durée du projet :

A partir des 2 journées sécurité en novembre jusqu’à l’obtention de l’ASSR2 fin avril. Une sortie vn organisée avec l’école primaire début juillet dans laquelle les élèves de 3ème DP6 encadreront les élèves pour leur inculquer la bonne conduite sur la route en 2 roues.

    • Lieux :

Le safari photo a eu lieu dans la ville du lycée, Grandvilliers afin de rappeler les dangers de la route dans un environnement devenu trop familier.

L’étude de l’accident   et la préparation du procès se sont déroulés dans le lycée. Une représentation du procès aura lieu également à l’école primaire.

Déroulement

-* Atelier « safari photo »

    • Première phase

5 groupes d’élèves de 3ème DP6 et de CE1-CE2 accompagnés d’adultes se promènent dans la ville de Grandvilliers en suivant un parcours défini en amont à partir de la lecture de plans. A travers leur parcours, les élèves photographient toute signalisation   (panneaux, marquage au sol) ou tout comportement qui leur semblent
dangereux ou sécurisant.

    • Deuxième phase

A l’école : Analyse des photos prises avec la professeure des écoles et les élèves de CE1-CE2. Création d’un album pédagogique diffusé au sein des familles.

Au lycée : A partir des photos prises, les élèves, avec leur professeur d’anglais, analysent et comparent les signalisations françaises et anglaises. Ce traitement des clichés permet également une réflexion sur les panneaux les plus courants dans leur environnement proche.

-* Analyse des photos et légendes rédigées en anglais :

      • Etape 1 : A l’aide du fichier des signalisations de Grande Bretagne, retrouver le nom de chaque panneau des photos.
        (Objectif Sécurité Routière : Se rendre compte que la signalisation est globalement la même en Europe. Objectif pédagogique : découverte lexicale)
      • Etape 2 : Ecriture en Anglais d’une légende descriptive de la signalisation.
        (Objectif Sécurité Routière : réaliser que la signalisation est très variée, même dans un environnement proche et restreint, et qu’elle n’est pas constituée que de panneaux, mais aussi de marquages aux sol. L’oeil de tout usager doit donc être avisé et rapide. Objectif pédagogique : La phrase simple / Ie verbe être / there is)
      • Etape 3 : Ecriture en Anglais d’une légende stipulant ce qu’indique la signalisation.
        (Objectif Sécurité Routière : Apprendre ou réapprendre la signification de la signalisation proche et familière. Se rendre compte que le code de la route peut se résumer à « Pouvoir » et « Devoir ». Objectif pédagogique : Les modaux MUST/CAN et leur négatif)
      • Etape 4 : A partir de photos de dysfonctionnements constatés par les élèves sur le terrain, proposer des solutions pour améliorer la sécurité de tout usager.
        (Objectif Sécurité Routière : Constater que le Code de la route n’est pas forcément respecté et que cela entraîne des risques   pour les autres usagers. Entamer une réflexion plus profonde sur l’usage de la route et sur le devoir du citoyen face aux dysfonctionnements des usagers ou des infrastructures. Objectif pédagogique : expression orale, puis écrite face à une situation réelle).
      • Etape 5 : Mise en place des photos légendées pour une exposition lors de la journée Portes Ouvertes du Lycée.
        (Objectif Sécurité Routière : élargir la réflexion à l’ensemble des élèves de l’établissement, voire aux parents d’élèves. Objectif pédagogique : utilisation maîtrisée des TICE tout au long des étapes)
Diaporama et anglais

-* Atelier juridique au lycée

    • Première phase : Analyse d’un accident de la route

Enquête administrative d’un accident de la route prenant comme support la vidéo « Sur la route de Marc » : questionnaire et croquis de l’accident (sur le modèle du Constat Amiable).

Objectifs : Etablir un état des lieux de l’accident. Faire une première estimation des responsabilités des différents
acteurs, des infrastructures, du contexte dans l’accident.

    • Deuxième phase : Présentation du systéme juridique français à partir de supports vidéo, de quizz.

Les séances sont animées par un juriste.
Les élèves sont répartis en quatre équipes.
L’équipe gagnante du quizz permet aux élèves de celle-ci de choisir leur rôle dans le procès à venir.

Objectifs : Prendre connaissance du système juridique français sous une forme plus ludique.

    • Troisième phase : Préparation du procès du responsable de l’accident de Marc.

Distribution des rôles pour les quinze élèves. Description des fonctions de chacun à partir de l’étude de fiches métiers (ex : procureur, greffier, assesseur, avocat de la défense, de la partie civile, experts etc).

Analyse de l’enquête administrative et des premiers rapports d’expertises et témoignages rédigés à partir du
support vidéo.

Réalisation d’une affiche présentant l’accident sous la forme d’un croquis.

Calcul du montant financier correspondant à l’indemnisation des préjudices subis.

Rédaction des témoignages, des expertises, des plaidoiries, du réquisitoire,du jugement, etc.

Objectifs : Mobiliser les notions vues en français sur l’argumentation pour rédiger des textes argumentatifs.

Aborder les notions de PSU, IPP, DFP.

Lire un tableau à plusieurs entrées en utilisant un référentiel indicatif régional de l’indemnisation du dommage
corporel.

    • Quatrième phase : Tenue du procès le 13 mars 2012 en public (une classe et les membres de l’équipe pédagogique).

Objectif : Simuler un procès en correctionnel.

Extrait d’une séquence du procès (format wmv)
    • Cinquième phase : Mise en forme photographique de fiches d’identité simplifiées rappelant le rôle de chacun des élèves lors du procès.

Objectif : présentation des différents acteurs du procès aux élèves de CE1-CE2 afin de préparer une nouvelle représentation.

    • Dernière étape : Simulation du procès devant les petits de l’école de Daméreaucourt après diffusion de la vidéo.

BILAN

Les objectifs sont largement atteints.

  • Atelier safari

Les élèves se sont mobilisés autour de ce projet sans se rendre compte qu’ils travaillaient des notions disciplinaires. Ils se sont investis dans leur rôle de tuteur envers les élèves en jouant le « grand frère ».

Par le safari, ils se sont rendus compte des dangers que pouvaient encourir de jeunes enfants de par leur petite taille et de leurs facultés à moins percevoir les dangers. De ce fait, ils ont pris l’engagement d’être vigilant lorsqu’ils circuleront en deux roues.

  • Atelier juridique

Analyse de l’accident : les élèves ont pris conscience de tous les aléas qui pouvaient provoquer des accidents ainsi que tout ce qui pouvait les aggraver (comportements, infrastructures, état du véhicule  ). Et qu’en tant que citoyens, ils pouvaient prendre part à améliorer les conditions de circulation à travers diverses actions (mairie, associations, etc).

Simulation de procès : le bilan est pleinement satisfaisant tant par l’implication des élèves dans le travail préparatoire au procès (rédaction des textes, organisation des étapes du procès, répartition des tâches de chacun) que lors du procès proprement dit. En effet, la prestation, la rigueur et le travail fournis par les élèves ont été loués pour leur qualité par les adultes qui ont assisté à la séance.

Les élèves ont pris conscience de la solennité d’un procès, des enjeux qu’il peut impliquer sur les plans personnel, professionnel, financier. Ils ont bien compris les notions de responsabilités individuelle et collective, de circonstances atténuantes, de préjudice, de dommages et intérêts. Ainsi, ils ont pu mesurer toutes les conséquences pénales que peut engendrer un accident « banal » et la responsabilité de chacun face à ses actes et à son comportement.

Ils ont su réutiliser à bon escient tout le travail préalable sur l’argumentation (liens logiques, effets d’insistance, discours fluide et bien organisé).

Cette simulation de procès a permis en outre de valider de nombreux items du socle commun.

Ce procès n’aurait jamais pu être joué avec autant de qualité sans un esprit de solidarité inhérent à la classe.

Nous souhaiterions vivement réitérer ce projet l’année prochaine, avec le même type de classe. Cependant, il serait envisageable, pour valoriser le travail des élèves, qu’ils puissent animer l’analyse de l’accident puis simuler le procès lors d’une journée forte « Sécurité routière » auprès d’autres classes. Et pourquoi pas, le généraliser à
d’autres classes afin de débattre des différents verdicts sur le même accident. Cependant, le financement est onéreux par l’intervention du juriste.

Pour un tel projet, il est nécessaire d’avoir une équipe soudée, une classe qui se prête au jeu, de s’y prendre l’année précédente pour y réfléchir et trouver des partenaires. Cela demande un gros investissement de la part des enseignants et des élèves.

Télécharger le bilan :

Le bilan

Propos recueillis à partir du dossier réalisé par le porteur de projet : Fabrice Bailleul.