La bibliothèque de Toulouse a mis en place un projet intitulé Lilinum, ayant pour objectif l'expérimentation de prêt de livres numérique. Le rapport d'étape 2010 de cette expérimentation est en ligne, ainsi que les résultats de l'expérimentation du point de vue des acteurs professionnels et les résultats de l'expérimentation du point de vue des clubs de Lecteurs.
Cette étude a été réalisée par cinq étudiants de seconde année de la filière informatique de l’Institut des Sciences et Techniques de L’Ingénieur de Lyon 1 – École Polytechnique Universitaire (ISTIL-EPU Lyon 1). Dans la présentation de cette étude les étudiants définissent ainsi leur projet : «Nous étudierons les offres de contenu proposées actuellement sur le marché telles que la Fnac ou Amazon. Ces entreprises présentent des solutions complètes que nous avons analysé en détail et qui peuvent correspondre aux souhaits des bibliothèques universitaires et, plus généralement, des universités. Puis, nous ferons un état des lieux des dispositifs de lectures en comparant les avantages et les inconvénients de chacun. Nous analyserons particulièrement la taille de l’écran et les technologies d’affichage qui sont des critères importants dans ce type d’offre. Dans un troisième temps, nous nous intéresserons aux formats de données qui peuvent être utilisés via les différents supports de lecture de livrels. Enfin, nous examinerons les offres qui peuvent exister en France et à l’étranger, notamment aux États-Unis. À partir de ce travail de recherches et d’analyses, nous proposerons, des créations d’entreprise ainsi que des préconisations concernant la mise en place d’une offre de livres électroniques aux bibliothèques universitaires. »
Institut des Sciences et Techniques de L’Ingénieur de Lyon 1 – École Polytechnique Universitaire (ISTIL-EPU Lyon 1), [juillet 2011], 40 p.
"La première session des 5es Journées sur le livre électronique, organisée par la Cellule e-Books (CeB) du consortium Couperin les 17 et 18 mai derniers, à Lille, a fourni un bilan français et international des pratiques et usages du livre électronique en bibliothèque universitaire. Le cas français a été présenté au travers de deux études : l’utilisation des e-books dans les portails CNRS (Centre national de la recherche scientifique), d’une part, et les résultats de l’enquête sur la perception et les attentes du public du livre électronique commandée par le ministère de la Culture, d’autre part. Ces études ont été mises en perspective avec des retours d’expérience de Hong-Kong, d’Italie et de Grande-Bretagne. Des convergences mais aussi des spécificités nationales ont ainsi pu être établies...."
Duval, Marie-Laure, « Le livre électronique : quels services pour quelles pratiques ? », BBF, 2011, n° 1, p. 74-75
En septembre 2009, les Français étaient seulement 5 % à déclarer avoir déjà lu un livre numérique. Ils sont à présent 8 % à répondre de manière affirmative à cette question... En effet, si en 2009, ils étaient tout juste 47 % à avoir entendu parler du livre numérique, ils ne sont encore que 61 % au début de l’année 2011 à être dans ce cas... Quant aux lecteurs de livres numériques, ce sont essentiellement des jeunes, plutôt masculins et parisiens et ayant un haut niveau de qualification... Les livres prioritairement consultés sont des ouvrages scientifiques et techniques... On ne lit plus l’intégralité d’un ouvrage en ligne. On va simplement y rechercher quelques informations précises... Les Français, en général, demeurent faiblement intéressés par le livre numérique : à peine 16 % avouent avoir de l’intérêt pour ce marché particulier de l’écrit. Ils déplorent le faible nombre de titres disponibles. Mais ils revendiquent les avantages amenés par la lecture numérique : la possibilité d’emporter avec soi de nombreux ouvrages tout en les lisant dans les transports.
La BPI a conduit une expérimentation du prêt de dix liseuses Sony PRS 505 de novembre 2009 à mars 2010, en consultation sur place. Une synthèse des observations de cette expérimentation a été effectuée et est disponible en ligne. "Ces liseuses contenaient une cinquantaine de textes de littérature française contemporaine ; les usagers n’étaient pas autorisés à charger d’autres contenus sur la machine, ni à télécharger des textes du PRS 505 sur leur ordinateur personnel...140 personnes ont emprunté une liseuse. 7 prêts sur 10 ont été effectués par des hommes. La moyenne d’âge des emprunteurs est de 41 ans. Les motivations des emprunteurs résidaient surtout dans le fait de pouvoir voir, puis ensuite manipuler la liseuse. Les avis positifs portent sur l’esthétique des liseuses (bel objet), la facilité d’utilisation et la maniabilité. Les avis négatifs consignés (au total 70 messages) portent essentiellement sur la machine : ses fonctionnalités et son ergonomie (trop lente, texte sur fond gris, écran non tactile, navigation dans le texte difficile voire impossible), le manque de textes disponibles (demandes concernant d’autres oeuvres littéraires, d’autres domaines que la littérature)."
Ipsos mediaCT a réalisé une étude sur "Les publics du livre numérique" qui a été présenté au salon du livre le 29 mars 2010 et qui est accessible sur le site de l'Enssib. Cette étude mise en oeuvre à partir d'interviews et d'entretiens montre que : - 53% des personnes interrogées agées de 15 ans et plus n'ont jamais entendu parler du livre numérique et seul 5% sont des lecteurs de livre numérique ; - ceux qui en ont entendu parler pense à 56% que le livre numérique c'est d'abord un fichier numérique, 36% que c'est une tablette électronique dédiée à la lecture ; - les livres numériques sont lus majoritairement sur un ordinateur (64%), 10% utilisent un téléphone mobile, 5% une liseuse ; - 14 % se déclarent intéressés par la lecture de livre numérique ; - le profil des publics : hommes jeunes, technophiles et grands lecteurs ; - parmi les freins : lecture sur écran fatigante, offre numérique trop restreinte, faible nombre de livres disponibles en français et prix trop élevés - les motivations pour le livre numérique : des livres moins chers qu'en format papier, accès facile et instantané aux livres que l'on recherche, accès à des titres épuisés ; - le prix d'un livre numérique devrait être 36% moins cher pour une nouveauté que le format papier, 40% moins cher pour un livre plus ancien.
"L'eBook est d'ores et déjà adopté par les professionnels qui n'ont pas besoin d'applications très perfectionnées. Mais avant que ceux qui - comme les publicitaires - ont ce besoin s'y rallient, il devra être perfectionné. Les supports de livres numériques sont déjà utilisés par les professionnels. Ceux qui les ont adoptés avaient comme seul critère le besoin de lire clairement des textes sur un support nomade. L'Idate, dans son étude "E-paper : a new generation of screens with new applications?", identifie les quatre avancées technologiques nécessaires pour que son usage s'étende : le format, la couleur, la flexibilité et la vidéo..."
"Le livre numérique ne constitue pas encore un marché significatif en France malgré des e-books toujours plus attrayants... Pour que la lecture numérique décolle, Bertrand Morisset [commissaire général du Salon du livre de Paris] cite deux conditions principales. Il faut des supports proposés autour de 100 euros dans le commerce ainsi qu'une offre massive du contenu numérisé «dans le respect de la chaîne du livre"...."
« Le marché du livre numérique connaît un intérêt plus particulier de la part des enfants et des jeunes adultes, comme le montre une nouvelle étude. Si les adolescents se mettent à adopter la lecture numérique, ils ne la considèrent pas comme un environnement social, et pensent surtout qu'il existe encore trop de limitations sur le partage des oeuvres. »
«Pour Christophe Robert, conservateur à la bibliothèque municipale de Rouen «les liseuses s'adressent aux gros lecteurs qui dévorent plusieurs centaines de pages par semaine. Elles sont légères, ne provoquent pas de fatigue visuelle et parviennent m^me à faire oublier quelles sont une technologie de pointe...... Les tablettes, pour leur part, sont plutôt adaptées aux lectures courtes. En raison de leur poids et de leur rétro-éclairage qui fatigue les yeux, elles ne sont pas vraiement indiquées pour de longues séances de lecture... Il est difficile de prédire ce qui se passera à long terme, mais les deux outils pourraient coexister. En revanche, Christophe Robert s'interroge de savoir si les liseuses ne sont pas entrain de faire de lui un nouveau lecteur. » Archimag n° 246, juillet-août 2011
Florence Legrand "La Fnac, distributeur du Reader de Sony, s'est penchée sur le cas de ceux qui ont franchi le pas du livre électronique. S'ils sont plutôt très satisfaits par l'objet, le contenu trop léger et les prix trop élevés font partie des points à améliorer. L'utilisateur du Reader est un homme à 69%, il est âgé de 46 ans et plus, est plutôt urbain et CSP+. Il utilise en premier lieu son livre pour lire des livres, mais s'en sert aussi (50% des usagers) de support de stockage de document personnels et professionnels. Le confort de lecture et la qualité du produit dans son ensemble sont plébiscités par les utilisateurs. L'étude rapporte même que deux utilisateurs sur trois disent préférer la lecture sur ce support électronique à un livre classique..."
Frédérique Roussel "Les ebooks plaisent aux gens qui voyagent et aux grands lecteurs, explique Philippe Citroën, directeur général de Sony France. Mais ils parlent d’une frustration due au manque de titres disponibles." En attendant la Babel, un usage professionnel de ces ardoises magiques semble idéal. La lecture de documents, de textes juridiques ou médicaux par exemple, est particulièrement adaptée…"
Les utilisateurs ont pour la plupart de 40 à 60 ans "Pour Laurent Hentz, assistant Web et éditions chez M21 Éditions, qui commercialisent des lecteurs d’eBooks depuis près de neuf mois, l’enthousiasme est bien réel. Du moins chez les aficionados des nouvelles technologies... "Ce que les utilisateurs d’eBooks, âgés pour la plupart de 40 à 60 ans, apprécient le plus c’est la possibilité de stocker un grand nombre d’ouvrages parce qu’ils voyagent beaucoup, ou encore de pouvoir agrandir les caractères s’il ont des problèmes de vue", explique-t-il." Des usages professionnels "Pour Hélène Clément (chargée de mission au Syndicat de la librairie française), certains utilisateurs de textes numériques sont également de grands lecteurs de livres papiers. Nombreux sont ceux, en effet, qui réserve l’eBook à un usage professionnel."
L’eBook, le livre du futur, france24.com, 16/09/2008
Le livre sur support numérique gagne en popularité. La littérature jeunesse n'est pas laissée pour compte dans ce développement technologique. L'usage de la tablette électronique par les enfants a des effets sur leur parcours de lecteur. Mais par définition, un lecteur lit, ce dont il faut se réjouir. Le livre virtuel ne fait qu'augmenter l'offre et il n'y a pas lieu de hiérarchiser les supports de lecture - livres conventionnels ou numériques. Mais ce dernier n'est pas une panacée.
« Sur la base de la technologie RFID, le projet BIP (Bibliothèque interactive et pédagogique) vise à développer le goût de la lecture et stimuler l'acquisition du savoir chez les jeunes enfants. L'hypothèse sous-tendue est que les nouvelles technologies peuvent permettre d'appréhender la lecture autrement, par l'intermédiaire de moyens qui sont familiers aux nouvelles générations. Cet article présente le dispositif BIP (la genèse du projet, la démarche entreprise, les acteurs impliqués, l'évaluation du dispositif) et s'interroge sur la place de ce type d'innovation dans les domaines de la culture et des apprentissages. »
"C'est beau ? Trop ? Vous avez tort. Le seul défaut de ces premiers livres numériques français, qu'il s'agisse d'applications ou, comme L'Herbier des fées, de livres enrichis (voir glossaire), c'est qu'ils sont rares à valoir le coût. Oui, le coût : le prix des tablettes [...]"
Julie Anne - documentaliste "il suffit d'entendre un peu parler nos élèves pour se rendre compte qu'en très très peu de temps, les habitus en terme de lecture ont bien changé. A titre d'exemple, quelle ne fut pas ma surprise lorsque, discutant avec une élève d'un livre qu'elle disait vouloir lire, je lui proposais alors d'emprunter ce titre que je venais tout juste d'acquérir, et qu'elle me répondit : " Non, merci, ce n'est pas la peine : je vais le télécharger, je préfère le lire sur ordinateur "...Là, je compris qu'on avait franchi un sacré pas. On irait donc vers un changement radical de culture, où le livre n'aurait plus le statut d'objet sacralisé (et qui semble déjà être largement considéré par nos " jeunes " comme d'une autre époque, eux qui biglent vers d'autres référents culturels)... Mais si cela semble choquant pour beaucoup d'entre nous, on pourrait d'un autre côté y voir une avancée démocratique - nous qui œuvrons chaque jour pour un accès égalitaire et facilité à toute sorte de média (livresque comme électronique), par notre politique documentaire et nos actions éducatives. D'ailleurs, d'après certaines études, rien n'est moins certain que le " quota " de lecture pour une personne donnée passe d'un média à un autre : les petits lecteurs resteraient plutôt petits lecteurs, textes sur écran ou pas."
"Et si les jeunes restent encore réticents, en raison du prix élevé de l’objet, certains se disent néanmoins très intéressés par cette technologie qu’ils comparent volontiers à l’iPod (le baladeur multimédia d’Apple)..."
L’eBook, le livre du futur, france24.com, 16/09/2008
« Les nouvelles formes prises par l'écrit à l'ère numérique constituent une chance historique pour les publics déficients visuels et plus largement pour l'ensemble des publics empêchés de lire. Par le passé, les personnes aveugles ou très malvoyantes devaient se procurer des documents adaptés hors des circuits traditionnels de l'édition. Les usages actuels tendent vers une intégration des pratiques lectorales de ces publics au circuit ordinaire des documents. L'intimité entretenue avec le texte numérique, à l'aide d'interfaces spécifiques, par les personnes empêchées a, en outre, produit une expertise qui s'avère aujourd'hui cruciale pour la population en général. »