Sciences en langues étrangères

Transcription - Jenifer Burden - Sciences en langues étrangères 2012

Panorama de l'enseignement des sciences en Angleterre/ A picture of science teaching in England

Jenifer Burden, directrice du centre STEM (Science, Technology, Engineering and Maths) (visioconférence en anglais avec interprétariat)

Bonjour,

C'est un honneur pour moi d'être invitée à vous adresser la parole aujourd'hui. Je m'excuse que je ne puisse pas assister en personne aujourd'hui. En plus, il fait plus beau chez vous que chez moi. On a une visite une collègue de Danemark aujourd'hui ; donc on est très européen aujourd'hui et j'espère écouter vos réflexions après mon intervention pendant la séance questions réponses.

Notre centre national est localisé à York dans le campus de l'université même si l'on ne fait pas partie intégrante de l'Université, mais on a des liens forts avec l'Université à travers le programme d'enseignement supérieur qui est basé à Birmingham.

Pas trop loin, je peux aller en détails de ces arrangements si vous voulez plus tard, mais on partage un site avec le national science learning centre qui fournit des moyens pédagogiques de formation pour les professeurs.

J'ai inclus dans ma présentation un organigramme et comme ça, c'est juste pour vous situer notre entité. Nous avons notre centre national qui fournit des cursus résidentiels pour les professeurs des matières scientifiques et il y a neuf centres régionaux qui fournissent des cursus au jour le jour des cursus en fait pendant une journée à chaque fois pour les professeurs. Notre centre national a été mis en place en 2008 avec un financement de la Gatsby foundation 'une fondation et nous sommes là pour accompagner le développement de tout ce qui est STEM.

Vous connaissez le concept STEM : Science, Technology, Engineering and Maths. Souvent en Angleterre, en Royaume- Uni plus généralement, on utilise le terme « STEM » pour englober des choses encore plus larges, les innovations, pour promouvoir les choses plus large ce qu'on entend ailleurs par la notion pure de STEM.

Mais notre centre national a deux grands buts : nous sommes là pour faciliter la collaboration entre des centaines de structures qui essaient de promouvoir des domaines de STEM et en même temps, nous travaillons directement avec les professeurs pour les accompagner dans leurs activités pédagogiques en salle de classe tous les jours.

Donc, j'ai inclus dans ma présentation un petit schéma général dans mes PowerPoint. J'espère vous donner une petite saveur de notre structure éducative en Angleterre et au Royaume-Uni. Comme vous le savez certainement, le système éducatif chez nous est quelque peu compliqué parce que le gouvernement central à Londres a pas mal de domaines de responsabilités pour tous le pays, mais de l'éducation est de plus en plus du ressort des états qui sont le Pays de Galles, l'Ecosse, l'Angleterre ; l'Irlande du Nord.

Donc, je vais me concentrer surtout sur l'Angleterre, même si je vais situer aussi des statistiques qui englobent tout le Royaume-Uni.

Donc ; d'abord, pourquoi nous voulons encourager les domaines STEM. Donc, nous sommes en crise financière en Royaume-Uni comme ailleurs, mais on insiste quand même à une pénurie de compétences dans les domaines STEM et les employeurs essaient de recruter les personnes adéquates avec les bonnes qualifications dans ces domaines STEM : Tous ce qui est résolution de problèmes, gestion et manipulation des données. Il faut avoir un esprit scientifique pour occuper certains postes techniques.

Donc, nous avons pénurie de compétences et quand on parle aux jeunes dans les écoles de tout cela, on se rend compte que la situation n'est pas claire. Elle est très complexe. Il y a des variations géographiques, d'une région du pays à l'autre, les besoins varient aussi. Je vous ai montré dans ma présentation une photographie du littéral de la région Humber qui est à 50 miles d'ici et qui a un grand centre de technologie verte au Royaume-Uni et dans d'autres endroits du pays évidemment les gens travaillent dans d'autres domaines d'industrie, pas forcément dans la technologie verte, donc il y a la pénurie de compétences en technologie verte comme dans d'autres technologies dans d'autres domaines d'ingénierie et scientifique, mais la plupart des postes à pouvoir en Royaume-Uni, et je crois que c'est le cas ailleurs aussi, concerne les jeunes qui sont issues d'une formation plutôt technique, la filière technique.

Souvent on encourage nos jeunes à poursuivre les cursus universitaires récemment depuis quelques années et il a été de plus en plus difficile d'accéder à la filière technique pour les jeunes et à un moment où on a besoin de compétences techniques parce que ce sont des postes à pouvoir et qui seront à pourvoir, on assiste à un quasi démantèlement de notre système d'apprentissage technique dans ce pays.

Donc, il faut remédier à cela, nous pouvons dire que ça ne concerne pas uniquement le Royaume-Uni, c'est plutôt un problème mondial, je pense, qui se rencontre ailleurs aussi et on parle souvent du terme « économie » quand on parle des domaines STEM. On adopte un angle, une approche plutôt économique mais il faut mettre l'accent sur les besoins éducatifs pour bénéficier de compétences dans ces domaines STEM sur le marché du travail, mais pour, je dirais, fournir une éducation de qualité dans ces domaines scientifiques à nos jeunes et les motiver à apprendre ces matières.

Donc, il y a un volet économique mais il y a un volet éducatif évidemment de culture scientifique. Il faut se poser la question qui est la question de savoir que vise la culture, l'éducation scientifique, il faut viser une culture scientifique pour nos jeunes qui sortent de l'école, des lycées avec une certaine culture scientifique.

Maintenant, si vous ne connaissez pas notre système britannique, il faut que je vous dise que la scolarisation obligatoire est jusqu'à seize ans dans notre pays. Scolarisation ou formation obligatoire qui va être prolongée jusqu'à l'âge de dix-sept ans l'année prochaine et jusqu'à dix-huit ans en 2015. Donc, quel sera l'effet de cette mesure, de ce changement dans ce pays, on ne le sait pas parce qu'il s'agit de scolarisation, mais aussi de formation obligatoire. Donc ces jeunes qui vont rester dans la formation jusqu'à dix-huit ans vont peut-être déjà être dans un emploi en alternance par exemple. On verra ce que donnent ces nouvelles mesures par la suite.
Concernant l'enseignement des domaines STEM, la plupart des élèves donc terminent leur scolarisation obligatoire en matière scientifique à l'âge de seize ans parce que il faut que je vous dise que le Royaume-Uni est un peu unique en son genre parce que l'enseignement des matières mathématiques n'est pas obligatoire après l'âge de seize ans ; même les jeunes qui restent à l'école ou au lycée après seize ans ne sont pas obligés de suivre des cours de mathématiques et ceci a suscité pas mal de débats parmi les professeurs, vous l'imaginez.

Il faut que je vous dise aussi que depuis quelques années on assiste à des grandes préoccupations concernant les compétences mathématiques des jeunes qui entrent en études universitaires ou en enseignement supérieur d'une manière générale qui n'ont pas suffisamment de connaissances en mathématiques justement. Donc, concernant les voies, les filières poursuivies par les jeunes après seize ans 40% cent poursuivent des filières scientifiques traditionnelles (biologie ; physique, mathématiques) pour passer l'examen du « A level » en Angleterre, l'équivalent à peu près du bac français.

Mais l'alternance est très difficile d'accès dans notre pays. Une alternance de qualité surtout est difficile d'accès pour nos jeunes et depuis quelques décennies maintenant, on assiste à un phénomène qu'on appelle chez nous « NEET ». C'est-à-dire, je vais vous expliquer : des jeunes qui ne sont ni employés ni dans l'enseignement ni en formation et ces jeunes sont en nombre de dix pour cent dans la catégorie NEET. Ils sont ni dans un emploi ; ni dans une formation ni à l'école. Ils prennent un petit boulot si je puis dire. Ils gravitent vers le chômage et c'est vraiment une expérience qui est très malencontreuse pour un jeune qui veut démarrer dans la vie. Donc ; 10%r cent qui sont dans cette catégorie qu'on appelle « NEET » (ceux qui ont tout abandonné dans quelque sorte). Et nous n'avons pas beaucoup de propositions valables proposées à ces jeunes actuellement.
Une étude faite à la LSE (London School of Economics) qui étudie donc nos filières techniques et qui résume comme résultat que ce paysage est beaucoup trop complexe à comprendre pour les jeunes. Il y a des étudiants, des élèves qui travaillent bien et qui accèdent à l'enseignement supérieur en trouvant leur chemin dans ces filières très complexes parce qu'il y a plus de 9000 milles possibilités, des diplômes, des brevets, de toutes sortes dans ces domaines scientifiques qu'on appelle STEM et pour un jeune, pour un professeur, même quelqu'un qui s'occupe professionnellement de l'orientation et il est très difficile d'orienter nos jeunes. Donc, le paysage est beaucoup trop complexe.

Donc, notre fondation de tutelle la Gatsby Foundation s'intéresse de près à étoffer nos compétences techniques en Royaume-Uni d'une manière générale pour ouvrir plus de voies techniques à nos jeunes à l'avenir.
Le dernier PowerPoint dans cette partie vous montre un instantané en quelque sorte, un arrêt sur image de la situation de 1993 et la même situation vingt années plus tard. Donc, depuis vingt ans, qu'est-ce qui s'est passé ? Depuis vingt ans, les jeunes ont plus de chance d'être encore à l'école entre 16 ans et 18 ans, mais il y a moins de chance pour eux d'être dans une formation qui va mener à un emploi ou qui soit une formation en alternance. Donc, à un moment critique où on a une pénurie de compétences techniques il y a moins de filières ouvertes aux jeunes pour préparer le chemin pour leur postes futurs parce qu'il y a des postes à pourvoir et on ne prépare pas les jeunes à pourvoir ces postes.

Pour l'instant, on est un petit peu, je dirais, dans une impasse, mais c'est dû à quoi, en partie au programme des matières scientifiques, on a assisté à une certaine reforme du programme scolaire pour les matières scientifiques récemment et le but affiché maintenant chez nous est viser la culture scientifique pour les jeunes. Un rapport, fait par Jonathan Osborne et Robert Miller, qui est basé dans notre Université à York un rapport important a été produit récemment. Ce rapport préconise la culture scientifique pour les jeunes.

Pour moi, la culture scientifique c'est ce qu'on connaît des matières scientifiques, mais aussi comment on a intégré ces connaissances. Comment on comprend les explications scientifiques qui nous sont données par les médias etc. Récemment, j'ai eu le grand honneur de travailler avec l'un des auteurs de ce rapport sur un projet et on est d'accord qu'il est important pour tous les jeunes d'avoir les bases de cette culture scientifique qui est ô combien nécessaire et aussi des gens pour qui le parcours scolaire est de premier pas vers l'enseignement supérieur qui va les mener à un poste d'ordre scientifique.

Est-ce que tout cela est conjugable et combinable ? On a mis en place un projet chez nous qui a essayé de viser ces deux objectifs et nous avons fait tourner un programme pilote où on a travaillé avec 70 écoles vraiment de grand niveau qui ont beaucoup travaillé pour essayer de mettre en pratique une formule qui marche dans ce domaine, un nouveau modèle. Et ça a posé quelques défis aux professeurs comme aux élèves parce qu'on a opéré un décalage par rapport au passé. Dans le passé on a expliqué les matières scientifiques d'une manière traditionnelle, je dirais maintenant, il est question de faire comprendre aux jeunes, le fonctionnement des fondamentaux de la science, par exemple, une compréhension des limites des données qui nous entourent, la distinction qu'il faut opérer entre la corrélation et la cause. Ça c'était quelque chose qui a posé un défi à nos professeurs parce qu'il fallait que ces professeurs repensent leurs méthodes pédagogiques pour faire comprendre aux jeunes en quoi consiste une corrélation scientifique. Ce n'est pas forcément quelque chose qui implique une relation de cause à effet.

Au sein de tout cela il s'agit d'un processus dynamique et créatif qui est un processus scientifique. Pour beaucoup de jeunes la science ce n'est pas quelque chose de créatif ni de dynamique. Ils apprennent la matière, mais ils ne se passionnent pas pour cela et c'est ça le problème. Souvent on a des médias qui nous sortent des grands titres qui ne fournissent pas d'explications vraiment scientifiques comme je vous ai montré dans un de mes PowerPoint qui montrait un grand titre de journal qui n'avait rien à voir avec une explication scientifique. Donc, les médias ne nous y aident pas.

Maintenant pour passer aux résultats de ce projet qu'on appelle « twenty first century science », « la science du 21ième siècle », on a assisté des résultats positifs. Il y avait une augmentation du nombre des jeunes qui poursuivaient des cursus scientifiques après l'âge de seize ans, mais on a dû surmonter pas mal de défis pour évaluer la compréhension des jeunes de la nature des matières scientifiques et de la nature de la science elle-même. Quand on a adopté une nouvelle approche d'une manière générale dans le programme de l'éducation nationale en Angleterre on a vu qu'on n'a pas réussi avec nos nouvelles méthodes parce qu'on avait peu de compétences parmi les examinateurs pour poser les bonnes questions, pour assurer une bonne évaluation, pour identifier la compréhension ou non-compréhension de la nature de la science par les jeunes.

Il y avait donc un retour d'expériences un peu négatif concernant l'enseignement de cette culture scientifique qu'on visait. Avec le recul maintenant on se rend compte qu'on aurait dû plus s'appesantir sur le travail qu'on a fait avec les examinateurs. On essaie quand même de faire des évaluations de haut niveau ; des évaluations de qualité et les écoles essaient de viser une évaluation toujours de qualité. Toute intervention telle que celle dont je parle aujourd'hui c'est perçu comme quelque chose qui va, je dirais, chambouler les méthodes d'évaluation déjà en place par les écoles et les lycées et perçues comme des méthodes de qualité et que les écoles et les lycées ne veulent pas changer.

Donc, on a un nouveau gouvernement comme vous le savez au Royaume-Uni et maintenant avec ce nouveau gouvernement, on garde les mêmes priorités pour les matières scientifiques, les mathématiques, mais les dépenses publiques sont beaucoup diminuées. Donc, c'est les écoles, on a beaucoup décentralisé les décisions vers les écoles. Il y a plus d'autonomie au niveau des écoles et des lycées avec le nouveau gouvernement et auparavant le gouvernement central finançait beaucoup plus de choses que maintenant. Nous avons plus de marges de manœuvre concernant un travail individuel qui peut être mis en place par des parents, des écoles gratuites mises en place par des parents d'élèves.

C'est une époque passionnante et le programme aussi ; le programme scolaire a été décalé pour aller vers des choses plus traditionnelles. Le gouvernement a parlé de rigueur, d'un programme rigoureux mais en même temps, on nous a promis qu'on allait réduire la portée de ce programme et que les étudiants et les élèves vont pouvoir d'innover, les professeurs bien sûr aussi, que le gouvernement ne dira plus aux professeurs comment il faut enseigner, simplement dire le contenu qu'il faut couvrir dans ce nouveau programme. Donc, ça pourrait être intéressant de voir le niveau de liberté dont profiteront vraiment les professeurs. Ça va peut-être fournir des nouvelles opportunités à tout le monde, on espère.

Il y a aussi une autre question qui concerne l'accompagnement des professeurs non-spécialisés et je vous montre en ce moment un tableau qui concerne l'enseignement primaire. Des professeurs en primaire sont des professeurs qui travaillent évidemment avec les élèves jusqu'à onze ans en primaire et il y a peu de ces professeurs qui sont spécialisés dans les matières scientifiques. Ils sont peu nombreux à avoir des diplômes en matières scientifiques, même certains n'ont pas poursuivi des études scientifiques au delà de seize ou dix-huit ans, ces professeurs de primaire, même chose pour les mathématiques, mêmes défis. Donc, on a un déficit de formation pour les professeurs en primaire. Il faut une évolution professionnelle, une formation professionnelle pour ces professeurs du primaire parce qu'un aspect qu'on a identifié comme étant important pour motiver les jeunes c'est que les professeurs doivent disposer de véritables connaissances dans la matière enseignée pour motiver les jeunes.

Et c'est un autre morceau du puzzle, si je peux dire, pour motiver les jeunes, j'aurais dû peut-être commencer ma présentation par cela, parce que les jeunes qu'en pensent-ils des matières scientifiques et de la science en général ?

Il y a beaucoup d'études qui ont été faites et j'ai identifié quelques études que je vous ai citées ce matin. Vous connaissez certainement certaines de ces études, d'abord l'étude « ROSE », et vous voyez peut-être le transparent que j'ai indiqué concernant cette étude ROSE concernant la pertinence de l'enseignement des matières scientifiques qui englobait une trentaine des pays et pour essayer de savoir ce que les élèves pensaient des voies scientifiques.

Si vous regardez le Bengladesh les élèves pensent que les matières scientifiques sont plus importantes que les élèves en Angleterre, mais quand on voit ce genre de données qui datent du début des années de 2000, on se rend compte qu'il faut opérer des changements au niveau du programme et de la culture scientifique et c'est aussi ce qui a motivé en partie ces changements dont je viens de vous parler en Angleterre.
Il y a d'autres données qui nous viennent de l'étude « TIMSS » et qui nous montrent qu'il n'y a pas de changement au niveau de l'aptitude de nos élèves britanniques pour les matières scientifiques, mais, tout simplement, ils ne se passionnent plus pour cela, ils ne s'intéressent pas ils apprennent bien, mais cela les intéresse moins et ils sont moins motivés. L'étude « PISA » dans le cadre de l'OCDE, vous connaissez PISA certainement de 2006 que je cite, qui nous montre un décrochage, un hiatus entre la perception de l'importance de la science de nos jeunes et leurs intentions de poursuivre une carrière ou des études supérieurs dans une voie scientifique. Vous voyez sur les chiffres sur mon schéma que 25% des élèves interrogés pensent que ce serait bien d'avoir un poste en tant que scientifique, mais il y a plus d'élèves qui pensent que non, je ne veux pas embrasser une carrière scientifique. Et puis après, la notion d'être scientifique varie beaucoup d'un jeune à l'autre. On pourrait en débattre tout à l'heure si vous voulez.

Mais il n'y a pas que des mauvaises nouvelles à vous raconter. Je voulais aussi vous donner des nouvelles plus réjouissantes. Je vous ai montré aussi dans mes PowerPoint, les candidats pour l'examen des « A levels » chez nous qui correspond au bac français et il y a plus de candidats maintenant qui se présentent aux épreuves des matières scientifiques. Les mathématiques sont aussi en augmentation, mais ça part de plus bas. Donc, les trois matières scientifiques étudiées principalement chez nous la biologie, la chimie et la physique sont en augmentation et encore plus les mathématiques. Les élèves entre quatorze et seize ans qui étudient la biologie, la chimie et la physique sont aussi plus nombreux.

Il y a de plus en plus d'élèves qui choisissent ces matières, mais c'est aussi le fait d'un programme mis en place par le gouvernement, qui était basé sur des preuves qu'on a pu avoir et qui ont montré que quand les élèves choisissent des matières scientifiques, des disciplines scientifiques, séparément ils sont plus motivés à poursuivre des disciplines scientifiques plus tard, donc la SVT ou la biologie d'un côté, la chimie d'un autre côté et la physique de l'autre côté. C'est pour ça que le gouvernement a voulu faire comme ça.

Moi, j'ai quelques doutes personnellement par rapport à cela. Je pense que les élèves s'intéressent aussi à apprendre les langues, les langues vivantes maintenant aussi et d'autres disciplines. Il ne faut pas mettre en place un système où les élèves qui n'ont pas étudié les matières séparément ne peuvent pas poursuivre une voie scientifique plus tard parce qu'il y a trois matières bien séparées, bien distinctes. On peut faire l'une sans faire l'autre. Il ne faut pas faire peser ça dans la balance pour les études futures de ces élèves.

Donc, moi je pense que pour chaque élève il faut que chaque élève puisse accéder à des études scientifiques dans le supérieur plus tard sans problème. Il n'y a que 60% de nos élèves britanniques qui ont accès à cela actuellement et il y a un déséquilibre entre les garçons et les filles évidemment comme je vous ai montré dans mon PowerPoint.

Donc, on a fait quelques progrès mais il subsiste un autre problème que je viens d'effleurer qui est donc le déséquilibre hommes/femmes ou garçons/filles au niveau des épreuves des « A Level » du baccalauréat chez nous. En mathématiques, il n'y a qu'un peu plus de 40% de filles et on a essayé de financer des mesures qui pourraient encourager les filles à opter plus pour les mathématiques, mais ça n'a pas réussi.

Et chez nous « institute of physics » a sorti récemment un rapport qui indique que c'est plus un problème générique qui existe. Les filles sont plus comment dire plus exposées à des mauvais professeurs, notamment, en ce qui concerne la physique. La physique en tant que matière, si on forme mieux nos professeurs, les filles vont plus vouloir apprendre la physique parce qu'il y a 21,5% des filles qui choisissent la physique à l'épreuve du bac du « A level » chez nous.

Donc, au King's College de Londres, on a mis en place un projet très intéressant qui s'appelle « ASPIRES » pour étudier les intentions professionnelles des jeunes, c'est une étude longitudinale qui se projette dans le temps et qui continue encore. Donc, c'est quelque chose, je dirais, à suivre. Je vous ai montré dans mon PowerPoint le site Internet de ce projet du King's College à Londres qui s'appelle ASPIRES.

Donc, revenons maintenant au domaine STEM dans les écoles. Si on arrive à augmenter le nombre d'élèves qui étudie ces matières au delà de l'âge de seize ans ça sera grâce à un meilleur effort de formation des professeurs. Mais il faut aussi faire la jonction entre les matières scientifiques étudiées à l'école et le monde du travail pour eux plus tard et faire la jonction. Donc, combler cette pénurie qu'on a en matière de postes de pourvoir.

Le concept de STEM est quelque chose qui, je dirais, réveille de l'économie. C'est un terme plutôt économique. A l'origine un concept qui a été mis en place pour des raisons économiques, c'était imposé aux écoles plutôt que fait avec les écoles, mais maintenant on a franchi cette étape. Là, on a surmonté ces problèmes initiaux. Souvent nos écoles ont des coordinateurs STEM dont le rôle consiste à travailler avec les différents départements de formation en technologie, en science, en mathématiques etc. pour faire en sorte que les messages donnés aux jeunes concernant les possibilités de carrières soient des messages cohérents.

Je voulais dire que pour réussir dans cette démarche, ce qui sera primordial ce sera un enseignement de bonne qualité parce que jusqu'à quatorze ans nos élèves passent à peu près 40% de leurs heures en salle de classe à étudier les matières scientifiques. Donc, si l'enseignement n'est pas de qualité, c'est 40% de leur temps passé avec un enseignement médiocre ne va guère les inciter à poursuivre ses études au-delà de seize ans. Donc, il faut veiller à un enseignement de qualité. Les professeurs vont devoir innover faire un travail interdisciplinaire entre les professeurs qui enseignent en différentes disciplines, peut-être intégrer des experts de l'entreprise pour travailler avec les jeunes etc. Tout cela sera primordial, fondamental et doit être mené à bien en parallèle avec un enseignement de haut niveau, de qualité pour motiver les jeunes. Sinon, ça ne va pas marcher.

Donc, je dispose encore trois petites minutes pour vous dire un petit peu quels sont nos efforts dans le centre national STEM que je représente ici aujourd'hui. Nous avons travaillé avec beaucoup d'écoles depuis quatre ans pour intégrer d'une manière stratégique une éthique du STEM dans toutes nos structures d'enseignement. Vous ne serez pas surpris de savoir que nous nous sommes concentrés sur six grands domaines d'intérêt parce qu'il nous faut mettre en place une éthique qui fait l'objet de la décision de dirigeants dans les écoles. Donc, il faut que ça soit quelque chose qu'on appelle du « top down » en anglais, du haut vers le bas. Il faut que les professeurs disposent de bonnes possibilités d'évolution de carrière pour les recycler dans leur matière, les matières qu'ils enseignent aussi, en matière pédagogique, leur capacité pédagogique. Il faut que les jeunes, les étudiants, les élèves bénéficient de possibilités d'enrichissement, d'amélioration de leurs connaissances et qu'on innove tout simplement. Le contexte scolaire doit inciter les jeunes à vouloir apprendre, mais aussi il faut que les enseignants puissent travailler ensemble dans des démarches interdisciplinaires. Donc, il faut fournir des espaces à ces professeurs pour rendre possible ce travail interdisciplinaire.

Et je voulais aussi vous parler du projet « Timeline ». C'est un travail qui est effectué à l'Université de Warwick en Angleterre avec 27 écoles qui se sont engagées dans une étude longitudinale où un audit a été fait de leurs activités menées à bien, de sensibilisation des jeunes. Donc, ils ont tous mené à bien une activité de sensibilisation des jeunes, de prise de conscience de l'existence de postes de travail, de carrières professionnelles dans les domaines STEM pour que chaque étudiant, sur une période de deux ans, ait accès à des connaissances en matière d'orientation vers des postes dans les domaines d'activité STEM. Il ressort de cette étude un résultat très positif. Nous avons récolté toutes les études de cas Nous avons mis en place un outil disponible en ligne sur notre site Internet pour permettre à tout le monde d'accéder à ces données.

Nous continuons donc à travailler avec d'autres écoles aussi qui mènent un travail de réflexion sur les possibilités d'évolution professionnelle pour leurs professeurs et nous avons donc des outils qu'on a mis en ligne sur notre site Internet pour permettre à tous les professeurs dans des situations réelles, dans les vraies salles de classe pour leur permettre d'accéder à des ressources de formation continue.

Dans notre centre national pour promouvoir un enseignement de haut niveau nous mettons à disposition des ressources importantes. Nous avons la bibliothèque de ressources la plus importante. En matière physique, nous avons 20.000 ressources. Ce sont des archives et des ressources contemporaines. Nous avons donc une très grande collection. Ça commence dans les années 1960 et nous avons toutes les évolutions des programmes scolaires. Nous avons aussi les ressources multimédias qu'on met à disposition pour les professeurs, mais pour tous les professeurs qui ne peuvent pas se rendre chez nous nous avons aussi une bibliothèque en ligne qui contient 4 500 ressources à peu près actuellement et il y a une partie, qui est des archives, mais la plupart de ces ressources sont des ressources tout à fait contemporaines : des expériences ; des animations etc à disposition des professeurs.

Pour encourager les professeurs à interagir et à partager leurs compétences nous avons mis en place une infrastructure communautaire qui est ouverte à toutes les structures. Nous travaillons avec beaucoup d'organismes qui travaillent avec les professeurs. Donc, c'est pour mettre en place un réseau, une communauté sur Internet. Ce n'est pas toujours facile économiquement pour chaque structure individuelle de faire cela. Donc, nous avons cette communauté que nous avons créée en ligne accessible à tout le monde (plutôt que d'utiliser Facebook par exemple que les gens ne trouvent pas très professionnel pour leurs besoins ; ça n'a pas une allure très professionnelle pour le travail qu'ils veulent faire avec des professeurs).

J'ai choisi de mettre en exergue sur mon PowerPoint un groupe de professeurs de chimie qui partage leurs compétences, qui travaille avec des élèves surdoués, des élèves de talent dans le domaine de la chimie, partagent leur expérience avec d'autres. C'est juste un exemple que je voulais citer. Mais je trouve que c'est un moment passionnant pour être impliqué dans le domaine au Royaume-Uni. Ça a posé quelques défis, mais on a assisté à des modifications dans la structure, même de la relation entre le gouvernement central et les régions, les écoles dans les régions du pays, mais avec l'autonomie croissante les écoles vont pouvoir à faire montrer beaucoup plus d'innovation à l'avenir.

Donc, nous sommes, au centre national, là pour accompagner ces écoles. Une étude faite par McKinsey nous a fait remarquer que quand on parle d'enseignement de n'importe quelle matière il s'agit surtout de bons professeurs, d'enseignement de qualité dispensé par des gens de qualité. Il faut donc continuer à travailler ensemble. Je cite Henry Ford : « C'est bien de se rencontrer, c'est bien de partager, mais c'est encore mieux de rester ensemble ». Donc, merci de m'avoir écouté et si vous avez des questions, c'est un plaisir d'y répondre.

Questions

1. Bonjour, J'ai cru comprendre dans votre présentation qu'il y avait un problème de formation des enseignants de sciences en GB. Est-ce que vous pouvez nous indiquer un petit peu par exemple un professeur de physiques chimie qui va enseigner de la physique ou de la chimie A-t-il étudié la physique ou la chimie ? Est-il plutôt biologiste ? Je crois que cela conditionne beaucoup, cela explique peut-être une partie des problèmes que vous avez et que nous avons, nous aussi dans notre pays.

Réponses C'est un domaine qu'il faut creuser

1 Tout dépend du niveau d'enseignement

Pour le 1er degré, le primaire jusqu'à l'âge de 11 ans, les professeurs de ces élèves là n'ont pas besoin d'un diplôme universitaire parce qu'ils enseignent toutes les matières, ce sont des généralistes, ils ont besoin d'une qualification en matière scientifique, i.e. d'avoir passé l'épreuve qui correspond au brevet en France, ils doivent avoir passé les matières scientifiques à 16 ans.

Pour entre 16 et 18 d'abord, les professeurs de ces élèves là, ils doivent avoir un diplôme dans cette matière. Celui qui enseigne la physique aura étudié, aura un diplôme en physique, il y a de fortes chances.

Entre 11 et 16 ans, les professeurs de matières scientifiques auront un diplôme en matière scientifique mais ils vont enseigner en dehors de leur domaine de spécialité.

Par ex, moi j'ai enseigné la science pendant 13 ans, j'ai un diplôme en biologie mais j'ai enseigné couramment la physique pour les élèves jusqu'à 16 ans.

Pour tout ce qui est de la formation continue, les professeurs reçoivent une formation initiale bien sûr dans un institut universitaire, après ça il y a la formation dans l'année qui suit la formation initiale, après le diplôme, après cela, ils sont titulaires, il n'y a pas d'obligation imposée de formation continue, en Écosse oui curieusement mais pas en Angleterre,

Donc Il y a beaucoup d'opportunités pour la formation continue, pour l'évolution professionnelle de ces professeurs mais en fin de compte, il y a souvent des frais à acquitter pour cette formation continue. Et, il faut opérer le bon équilibre entre la formation pour la mise à jour des connaissances scientifiques tout simplement et aussi la formation pédagogique qui est nécessaire et en même temps, il faut tenir compte comment dire, des besoins qui sont perçus par le proviseur du lycée qui va penser qu'il faut mettre l'accent sur ceci ou cela pour que l'école soit mieux évaluée, que ses élèves soient plus performants, parce qu'il y a quand même besoin de contenter les examinateurs. Donc, on a plus tendance à favoriser les résultats de l'école dans le palmarès national des résultats au bac par exemple que d'encourager les professeurs à aller assister à des cours de formation continue dans leur matière respective. Les écoles perçoivent leur tâche comme étant une tâche qui consiste développer les connaissances des matières, c'est une question que l'on continue à creuser avec les écoles car cela n'est pas une chose facile à résoudre.

 

 

Mis à jour le 03 octobre 2012
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