Sciences en langues étrangères

Transcription - Table ronde Sciences en langues étrangères 2012

Table ronde "Mise en perspective/Enjeux : pourquoi enseigner les sciences en langues étrangères et comment ?"

Modération :

  • Brigitte Hazard, IGEN de Sciences et Vie de la Terre

Participants :

  • Michel Bovani, IGEN de Mathématiques
  • Marie Blanche Mauhourat, IGEN de sciences physiques et chimiques fondamentales et appliquées
  • François Monnanteuil, Inspecteur général, Doyen du groupe langues vivantes
  • Bertrand Pajot, IGEN de Sciences et Vie de la Terre

Brigitte Hazard, IGEN de Sciences et Vie de la Terre :

On va donc débuter cette table ronde. Je vais présenter brièvement ce qui va nous intéresser mais laisser le plus possible la parole aux intervenants autour de cette table ; au titre donc des langues et de différentes disciplines scientifiques qui sont représentées puisque Marie Blanche Mauhourat évoquera les sciences physiques et chimiques, Michel Bovani, à ma gauche évoquera les mathématiques, Bertrand Pajot, les sciences de la vie et de la terre et c'est donc François Monnanteuil, au titre de doyen des langues, qui évoquera cette partie des compétences langagières.

Nous souhaitons, à travers cette mise en perspective, rien engager comme révolution ou évolution dans cet enseignement que vous connaissez tous très bien dans la salle et donc davantage faire un petit peu, un état, un état collectif de cet enseignement des sciences en langue étrangère. Les sciences : disciplines à composantes dénotatives fortes puisqu'on associe, nous, dans nos disciplines, beaucoup le mot et la chose, les supports concrets, le réel, On va essayer d'explorer, dans un premier temps, en quoi cet enseignement des sciences apporte beaucoup à l'enseignement en langue étrangère. Mais, nous explorerons aussi ce que vous connaissez bien aussi, i.e. l'autre sens en quoi on peut se nourrir, nous scientifiques, d'un enseignement en langue ; en d'autres termes comment, en fait, la langue, la langue étrangère porte la science parce qu'il est important d'envisager cette interaction entre les sciences et les langues.

Donc, ces deux premières parties, apport dans le sens langues sciences et sciences vers les langues, on poursuivra par un troisième temps qui sera d'avantage autour du comment c'est-à-dire on fera un petit état des lieux des pratiques d'enseignement aussi bien sous l'angle des ressources que sous l'angle des techniques de classes et en particulier sur les interactions entre professeurs de langue et professeurs de sciences. On explorera peut-être un petit peu aussi la place des TICE dans ce domaine même si on l'envisagera tout au long de ces deux jours.
Voilà à peu près l'objet de cette table ronde.

On va débuter par l'apport de l'enseignement des sciences aux langues étrangères autour, on va démarrer peut-être l'idée du discours scientifique ou en tout cas des activités scientifiques.

Marie-Blanche Mauhourat, IGEN de sciences physiques et chimiques fondamentales et appliquées :

L'apport des sciences aux langues. Que dire des sciences, si ce n'est qu'effectivement les aborder dans d'autres langues, les aborder à partir de ressources authentiques provenant d'autres pays, nous font, et permettent aux élèves d'appréhender plus avant l'universalité de la science et permettent plus avant effectivement de les amener à comprendre un petit peu la manière dont cette science s'est construite à travers le temps, comment elle a nécessité que les hommes communiquent, que les hommes se comprennent, que les hommes adoptent, les scientifiques adoptent effectivement des écritures symboliques pour se comprendre. Ce qui est tout à fait absolument étonnant pour ce qui concerne la science, c'est effectivement de se rendre compte que quand on ouvre un manuel scolaire même chinois, on comprend de quoi il parle quand il s'agit de science puisque les scientifiques ont décidé pour coopérer, pour pouvoir travailler ensemble, d'adopter un certain nombre de symboles communs.

Pour autant, en quoi la science peut apporter aux langues, et bien, effectivement, la science commence par la langue. Quand on commence à aborder, à regarder ce monde, on le décrit, on essaie de le qualifier, donc on va utiliser des mots, on va utiliser des adjectifs, on va chercher effectivement à comprendre comment ce monde se comporte, comment les objets évoluent, donc on va utiliser des verbes, on va commencer à parler du passé, ce qui s'est passé, ce qui se passe, ce qu'on peut imaginer qui va se passer, donc les temps de la conjugaison sont tout à fait présents quand on va décrire et émettre des hypothèses, et pour finir effectivement on utilisera le futur, le conditionnel. Voilà en quoi la pratique de la science, voilà en quoi l'observation des phénomènes la réflexion sur les sciences peuvent apporter à la langue.

L'importance de la langue en science a peut-être été sous-estimée dans nos pays cartésiens justement pour lesquels parfois c'est le langage mathématique qui prévalait sur la langue, la langue française.
Aborder justement la science en langue étrangère et mettre justement la langue au service de la science fait progresser, de mon point de vue, tout autant la science que la langue, tout autant la compréhension des concepts, tout autant le travail sur le raisonnement la causalité, l'argumentation.

Michel Bovani, IGEN de Mathématiques :

Pour mon intervention, j'ai peut-être besoin de faire une petite mise au point sur la façon dont les mathématiques interviennent dans l'enseignement en général mais surtout dans l'enseignement en tant que DNL. Finalement on a souvent des mathématiques, une représentation d'une science qui fonctionne un peu en vase clos, qui s'occupe d'objets qui sont des équations, des objets géométriques etc. à propos desquels on formule des définitions on démontre des théorèmes etc.

Il faut si on veut parler des mathématiques comme DNL, il faut qu'on se construise un peu une autre représentation ou du moins une représentation qui est complémentaire à celle là. Ce qui nous intéresse ici, c'est le caractère universel des mathématiques en tant que science de modélisation.

En gros, les mathématiques permettent de répondre à des questions ou de traiter des problèmes qui se ramènent à des situations de tous les jours. C'est une façon finalement de voir ces situations.
On peut imaginer de se poser le problème de construire un rectangle exactement 2 fois plus grand qu'un rectangle donné, le rectangle pouvant être en plus matérialisé bien sûr dans une situation concrète, on peut se poser des problèmes de plus court chemin dans un itinéraire ou de choix d'itinéraire, toutes ces questions là qui peuvent être des problèmes de tarifs, ou des choses de ce genre de meilleurs tarifs, de choix entre deux tarifs. Toutes ces questions là qui sont des situations de tous les jours finalement trouvent leurs réponses grâce aux mathématiques. On ne pourrait pas répondre sans faire de mathématiques.

On voit que les mathématiques finalement offrent une extrêmement bonne occasion de manier la langue quelle qu'elle soit. On aura, par rapport à ces situations, d'une part un vocabulaire, l'emploi de comment dire de compétences langagières relativement basiques permettant de décrire les situations dans de la langue de tous les jours mais également l'usage d'argumentations, d'expressions de conditions nécessaires « il faut que » ou de conditions suffisantes « il suffit que ». On aura à faire des conjectures, ce sera des choses du genre « il semble que », « on peut formuler l'hypothèse que » « Comment peut-on démonter cette hypothèse » etc.
Bref, on aura un grand nombre d'aspects dans les compétences langagières qui vont intervenir dans ces cours ou dans ces séances de mathématiques pratiquées dans une langue étrangère.

On peut citer également bien sûr les descriptions d'objets physiques ou des objets plus abstraits des objets géométriques ou la formulation des nombres ou ce genre de choses.

Finalement, ce qui va permettre de diversifier l'emploi de la langue à travers l'usage des mathématiques, c'est le bon choix des situations que l'on utilisera, l'exploration des diverses pistes de recherche ou l'emploi de logiciels.

C'est l'essentiel de ce que j'avais à dire sur ce point.

Brigitte Hazard, IGEN de Sciences et Vie de la Terre :

Sur cet aspect, je en sais pas si SVT si Bertrand Pajot veut ajouter quelque chose, on reste sur le discours scientifique sur le vocabulaire, la syntaxe, tout cet apport du discours en science.

Bertrand Pajot, IGEN de Sciences et Vie de la Terre :

Je vais faire court puisque l'essentiel a été dit.

Ce qui me parait important pour l'apport des sciences à l'apprentissage linguistique, c'est un espèce de continuum pour les élèves, qu'ils puissent avoir en dehors des cours spécifiques de langue une autre approche linguistique, même si du point de vue, vocabulaire, sémantique, le côté plus littéraire de la chose est sans doute un peu plus frustre. Il est vraisemblable que la langue internationale par exemple en biologie, géologie c'est quand même l'anglais et que c'est vrai que l'anglais scientifique somme toute assez peu Shakespearien, relativement plus limité. Mais il est intéressant pour pratiquer un certain nombre de mise en évidence de corrélations, de causalités qui sont des éléments structurants intellectuels très forts à la fois en langue et en science et qui sont extrêmement intéressants.
C'est l'idée donc cet espèce de continuum pour les élèves, acquisition de vocabulaire différent.
Pour des jeunes qui vivent dans une société très technique et dans laquelle ils prennent souvent un mot pour un autre et le fait de stabiliser de temps en temps les occurrences, les représentations elles ont un rôle non négligeable y compris à rebours sur l'apprentissage de la langue maternelle en français, ce continuum existe et le fait de passer par la langue étrangère pour pouvoir revenir sur quelque chose en français est œuvre utile pour les sciences et pour les langues pour stabiliser un certain nombre de choses.

Marie Blanche Mauhourat, IGEN de sciences physiques et chimiques fondamentales et appliquées :

Double croche, « le langage se construit millénaire après millénaire, main dans la main avec la science ». Je trouve ça très beau et c'est tout à fait quelque chose qu'on peut faire percevoir aux élèves, de montrer que la science crée tous les jours ses objets et tous les jours elle les nomme et tous les jours elle enrichit la langue, elle enrichit donc très souvent en anglais. Il faut savoir qu'il y a des commissions de terminologie qui se chargent d'essayer de traduire et donc tous les ans tous les ans ce qui peut être très intéressant c'est de montrer aux élèves comment la science a fait évoluer la langue, le dictionnaire. Si on regarde les mots qui rentrent dans le dictionnaire ils sont très très souvent liés à la science.

François Monnanteuil, Inspecteur général, Doyen du groupe langues vivantes :

Il était intéressant de constater que nos collègues scientifiques perçoivent bien l'intérêt pour l'apprentissage des langues et donc je ne peux que confirmer ce qui a été dit en définitive ; Le fait d'étudier une discipline scientifique c'est étudier un genre discursif, pratiquer un genre discursif particulier qui est le genre argumentatif et on sait que la connaissance des genres discursifs est un élément important de la scolarisation. Le forum qu'avait organisé le conseil de l'Europe à Genève sur ce sujet a fait apparaitre cette importance pour la scolarisation des élèves de bien maitriser les genres discursifs, c'était d'ailleurs notre collègue Francis Goullier qui était le rapporteur général du Forum en question en novembre 2010. Le genre argumentatif, il est important que les élèves perçoivent que ça existe dans d'autres langues que le français, peut-être qu'à l'occasion, ils se rendront compte que ça existe en français mais ils se rendront compte ça existe en langue létrangère donc la langue ne sert pas simplement à demander son chemin ou à dire quel temps il fait ou qui est absent comme on le dit depuis le CM1 au début du cours pour donner l'impression qu'on entre dans l'univers étranger. Donc, on voit que c‘est un genre discursif qui se construit. Il se construit avec un certain nombre de règles. Spontanément nos collègues ont parlé de l'hypothèse et bien l'hypothèse si on veut la faire pratiquer en cours de langue on ne peut la faire pratiquer que dans une sorte de virtuel irréel « SI j'étais un poisson, un charpentier ou je ne sais quoi » là, l'hypothèse on la pratique dans une situation où elle se justifie. Et donc les modalités de constructions de l'hypothèse qui sont variables suivant les langues on peut les utiliser en situation légitimées par la situation et pas simplement par l'idée qu'il faut utiliser, apprendre toutes les ressources de la langue et toutes les formes verbales. Autre élément : on n'a pas beaucoup parlé du lexique, c'est important car on a souvent tendance à penser que le lexique va de soi or en réalité dans toute discipline scientifique, chaque mot a une définition précise cela donne une idée du rapport entre le signifiant et le signifié qui n'est pas l'image qu'on en a le plus souvent, que les élèves en ont le plus souvent. Et souvent, comme le discours argumentatif est plus construit, plus exigent rationnellement en quelque sorte que le discours quotidien, les règles de fonctionnement du lexique dans une langue apparaissent très clairement dans le discours scientifique : les règles de composition, les règles de dérivation et notamment le passage de l'acte au concept, c'est-à-dire la nominalisation, qui est un élément très important de la connaissance des langues. Les processus de nominalisation sont différents suivant les langues. Justement, le discours scientifique, le discours argumentatif de ce type là le fait apparaître. On a parlé des liens de cause à conséquence, on peut aussi parler de la place du passif enfin de la description d'une action sans qu'il y ait un agent humain clairement répertorié identifié comme tel. Voilà autant d'éléments où l'on voit pratiquer en situation et non pas simplement parce qu'il faut enrichir le bagage linguistique des élèves.

Pratiquer en situation ici, il a été question d'activité et bien si on communique en langue étrangère pour une activité du type travaux pratiques on va être placé dans une situation de communication où il va falloir par exemple trouver une manière de décrire ce qu'on ne sait pas encore nommer ou plus nommer ou pas encore, soyons optimiste. Et donc cela suppose d'avoir recours à l'hyperonymie c'est-à-dire le mot le plus général ou bien cela suppose d'avoir des stratégies de contournement. On a une composante pragmatique et sociolinguistique qui est plus forte et différente de celle que l'on constitue, que l'on reconstitue ou que l'on crée dans l'apprentissage des langues stricto sensu. On voit bien comment il y a une occasion de rencontrer la langue où on est porté par le contenu et au fond le travail du professeur de langue après c'est de faire en sorte que l'élève, dont la curiosité a été exercée par le contenu, applique la même curiosité à la façon dont le contenu s'exprime et est décrit c'est-à-dire à la langue proprement dite. Mais je crois qu'on voit bien comment ce sont des occasions différentes, stimulantes et qui donnent une image de la langue en un sens plus construite, plus systématique, plus scientifique, c'est le cas de le dire, et donc qui éclaire l'apprentissage de la langue globalement. On ne peut donc que s'en réjouir pour ce qui concerne les enseignants de langues quelle que soit la langue concernée.

Modération : Brigitte Hazard, IGEN de Sciences et Vie de la Terre

J'aimerais qu'on explore dans ce deuxième aspect, ie cette façon que l'on a de travailler en science, les activités scientifiques, leur réalisation, dans cette façon de travailler en science, quelles sont les occasions, les opportunités de contribuer justement à faire acquérir ces compétences langagières

Bertrand Pajot, IGEN de Sciences et Vie de la Terre :

Vous le pratiquez pour les enseignants ou pour les inspecteurs qui sont ici. Vous le pratiquez à des degrés divers, les opportunités sont extrêmement nombreuses puisque on s'ouvre un champ nouveau. On a le champ classique mais on a aussi le champ que porte l'ensemble des langues qui sont accessibles quelles qu'elles soient. Même si c'est vrai que l'anglais a une position un peu hégémonique en sciences mais on pourrait penser à retourner un petit peu sur l'histoire des sciences notamment aller aborder d'autres langues, je pense en géologie les textes de Wegener sur la dérive des continents, pas faciles en allemand mais néanmoins quand même accessibles, les textes de Ramón y Cajal en espagnol pour parler des prémices de la neurobiologie, serait relativement intéressant. Donc il y a l'utilisation de textes authentiques, de textes un peu fondateurs des éléments scientifiques et mais aussi tout ce qui peut se pratiquer sur la communication entre les aspects en travaux pratiques qui mettent les élèves dans un travail de groupe et donc de se lancer dans une communication comme l'exposait F Monnanteuil.

Mais on peut penser aussi en termes de ce qui se fait de plus en plus dans les sciences, et tout ici participe de ce principe sur du débat argumenté, du moins argumentatif, dans lequel les élèves ont soit une position ou un jeu de rôle, soit endossent une personnalité au sens théâtral du terme qui va leur permettre d'aborder un certain nombre de choses sont extrêmement riches de ce point de vue de la pratique de la langue parce qu'elle les met dans des conditions. Ils peuvent ainsi pratiquer des registres de langue différents. Il y a le débat et un certain nombre d'éléments comme cela extrêmement riches qui peuvent porter. Après il y a aussi tout ce qui est en communication avec l'autre, avec les autres élèves européens par exemple qui sont en langue étrangère et on voit fleurir dans toutes les académies des projets extrêmement variés qui finalement existaient avant même l'emploi des Tice, l'emploi des TICE a permis d'augmenter tout ceci et donné plus d'efficacité à l'ensemble des pratiques. Mais on voit maintenant partout des ateliers scientifiques (ils ne sont pas majoritaires dans tous les établissements pour une raison qui est plutôt le manque d'ateliers scientifiques que l'envie de faire) dans lesquels les élèves autour d'un sujet commun qui sont généralement des questions socialement vives qui concernent le réchauffement climatique, la procréation ou la vaccination, l'utilisation des antibiotiques, des choses extrêmement variées dans lesquelles les élèves communiquent entre eux. C'est très intéressant de voir d'ailleurs pour des enseignants français comment les élèves français ont du mal a rentrer dans la communication alors que les réticences linguistiques sont un peu moins élaborées de l'autre côté. Cela montre bien un positionnement culturel vis-à-vis de l'emploi des langues qui est assez marqué

 Marie-Blanche Mauhourat, IGEN de sciences physiques et chimiques fondamentales et appliquées :

Des compléments sur les pratiques et peut-être sur les dispositifs parce qu'on a un petit peu parlé des DNL ce matin. De plus en plus de professeurs passent la certification, je fais une toute petite digression et pour autant on n'ouvre pas d'avantage de sections européennes. Par contre, il y a des dispositifs dans lesquels on peut tout à fait pratiquer la science en anglais. On va en citer quelques uns simplement et vous verrez derrière les activités qui s'y rapportent. Je pense par exemple à MPS : Méthodes et Pratiques Scientifiques. Nous avons fait l'année dernière un petit rapport pour voir la mise en œuvre de cet enseignement d'exploration en seconde et nous avons eu le plaisir de constater qu'un certain nombre de collègues avaient eu l'audace d'associer finalement des collègues de langues et avaient fait une partie de l'enseignement en anglais ce qui nous a vraiment réjoui parce que au départ on avait suggéré et donc certains nous ont pris à la lettre. Donc on sait aussi qu'un certain nombre de collègues ont fait pratiquer, des TPE en anglais à leurs élèves.

C'est vrai que pour des classes scientifiques, ce qui peut être tout à fait opportun pour des classes scientifiques d'avoir un petit abstract en anglais, d'avoir une production écrite en anglais, d'avoir ces exposés et réponses aux questions. On voit à travers du TPE toutes les compétences du cadre des références des langues qui sont activées et qui peuvent être évaluées. On peut évaluer la science et la langue à travers des TPE. Je pense aussi à Sciences et laboratoire qui est le frère jumeau de MPS, qui est aussi un enseignement d'exploration dans lequel on pourrait tout à fait faire intervenir des collègues de langues. Et bien entendu, l'accompagnement personnalisé, pourquoi ne pas proposer des modules d'accompagnement qui pourraient être à l'interface entre science et langue dans l'accompagnement personnalisé puisque effectivement quand on pratique la science en langue on va rechercher précisément à travailler la langue. Nos élèves (et on le voit à travers des évaluations expérimentales PISA) ont du mal à produire de l'écrit. Pour l'oral, on l'évalue pas, à l'oral, les élèves sont un peu moins à l'aise pour s'exprimer, pas pour s'exprimer entre eux mais quand il s'agit sur des disciplines scolaires. Toutes ces activités que nous menons dans le cadre des disciplines sciences expérimentales, en productions écrites, productions orales, à travers la démarche d'investigation notamment à travers le travail en groupe sont des lieux tout à fait privilégiés pour la pratique de la langue.

Michel Bovani, IGEN de Mathématiques :

Je vais donner quelques exemples d'activités mathématiques, je dirais qu'on en trouve de nombreux sur le site Emilangues qui est extrêmement bien fait et qui propose un certain nombre de choses. J'en ai rapidement parlé tout à l'heure, on s'intéresse essentiellement à des situations. Autrement dit, quand on travaille les mathématiques en langue étrangère on se dispense de transmettre effectivement un contenu, évidemment il peut y avoir un contenu, il peut y avoir des notions nouvelles, il peut peut-être même y avoir une petite partie qui serait magistrale mais pour autant on n'a pas d'attente en termes de mémorisation, en termes de savoir-faire à renouveler. Cela veut dire, on n'aura en général pas d'exercices d'entrainement ou de choses en ce genre qui prennent qui prennent quand même dans un cours de mathématiques traditionnels une place qui est relativement importante puisque pour pouvoir refaire il faut s'entrainer. Or là, on est plutôt dans la résolution ou l'exploration d'activités dont on dira que chacune d'elle est originale. Les mathématiques sont faites pour cela, On les pratique plutôt que d'apprendre des contenus nouveaux. Ce qu'on peut citer comme situations, ce sont par exemple des situations de jeux qui s'appuient sur des objets matériels que l'on peut toucher et que l'on peut manipuler et à propos desquels on se pose certaines questions, je prends un exemple, par exemple : On peut se poser la question « est-il possible de couvrir un jeu d'échec avec des dominos, étant bien entendu que chaque domino, couvre exactement deux cases du jeu ». Il faut adapter la taille du domino à la taille de l'échiquier. La réponse est oui, c'est relativement simple mais c'est vrai que si on traite cette chose là, on va pouvoir essayer, on va les tourner. Dans le débat et dans l'échange, il y a pleins de choses qui peuvent se passer. Alors maintenant on peut se dire « si on enlève un certain nombre de cases à l'échiquier, là aussi on peut éventuellement le réaliser matériellement, est ce que on va toujours le recouvrir avec ces dominos ? » Par exemple, si j'enlève deux cases côte à côte est-ce que je vais y arriver ? C'est assez simple d'imaginer la réponse. Si j'enlève deux cases opposées en diagonale, est-ce que on y arrive toujours, c'est un peu plus difficile, je vous laisse y réfléchir, c'est des choses qui peuvent occuper, les questions restent relativement simples, on peut répondre rapidement, on peut trouver le bon argument et répondre rapidement. Il y a des questions de ce genre en allant plus loin qui sont effectivement très difficiles. Comme disait un de mes anciens professeurs c'est des questions pour les héros. Cet exemple là, on peut le raffiner en changeant la forme de l'échiquier et en changeant aussi la notion de dominos, ce qu'on appelle des polyominos. ce qu'on appelle les pentaminos, ce qu'on fabrique en connectant 5 carrés par leur côtés qu'on assemble comme on le veut, c'est assez connu car cela correspond à un casse tête qui doit être commercialisé.

Un autre exemple, on peut aussi imaginer des scripts ou sonores ou en vidéo qui racontent des histoires qu'il faut comprendre, et des histoires qui relatent une situation de la vie courante mais qui posent des questions qui seront des questions de nature mathématique. On peut avoir une place très pour l'oral y compris dans son côté compréhension, dans le côté finalement perception de l'oral et pas formulation. Ces deux exemples illustrent assez bien ce qu'on peut faire. J'aurais aussi pu parler de logiciels.

Modération : Brigitte Hazard, IGEN de Sciences et Vie de la Terre

Je voudrais qu'on aborde un autre aspect dans cet apport des sciences aux langues que l'on n'a pas encore évoqué qui est toute la dimension culturelle, en particulier l'apport des sciences à une dimension citoyen ou citoyenne européenne en particulier mais pas spécifiquement qui est un volet auquel je tiens beaucoup dans cet enseignement des sciences en langues étrangères.

Bertrand Pajot, IGEN de Sciences et Vie de la Terre :

Comme Brigitte, je partage ce point là, c'est un point crucial de tout cet enseignement de sciences en langues, en ce sens que tout simplement il nous permet de revenir sur quelque chose qui est aussi vieux que la pédagogie des sciences c'est d'ailleurs la question du temps et de l'espace, chose sur laquelle nos élèves butent joyeusement et permet également de s'approprier même petitement au début les grands éléments culturels d'un autre pays européen puis montrer qu'effectivement déjà la notion d'espace s'enrichit. Or toutes les grandes questions scientifiques du XXIème siècle, les élèves le comprennent à demi, en gros si j'ose dire un peu cavalièrement le plus simple est fait, maintenant restent les questions scientifiques vraiment dures, c'est pas pour ça qu'on ne va pas les enseigner aux élèves, ce n'est pas enseigner ce qui est compliqué qui serait vraiment le viatique absolu de la pédagogie, simplement les grandes questions scientifiques ce sont des questions transfrontalières « les nuages radioactifs ou de pollution ne s'arrêtent pas aux frontières », c'est ballot, on peut le regretter mais c'est comme ça. Et ça permet, un certain nombre de phénomènes sont pater global et donc l'ensemble européen pour commencer par lui en se projetant un peu plus loin, sur d'autres apports culturels qui seraient extrêmement intéressants notamment les pollutions actuellement majeures dans le Nord-Chine vont irriguer de polluants tout l'hémisphère arctique. On retrouve des polluants chinois en Lituanie, ce qui quand même assez phénoménal et ce qui n'est quand même pas l'approche usuelle commune de l'habitant terre lorsqu'il est sur son petit m2 est. Cette ouverture spatiale est extrêmement intéressante pour structurer un certain nombre de réflexion des élèves sur des thématiques importantes.

La thématique du temps aussi le temps scientifique est un temps long, Marie-Blanche avait commencé par cela, on s'inscrit dans une continuité, Newton disait «Nous sommes des nains perchés sur les épaules des géants». Le temps est extrêmement important en science, on va de la nanoseconde, voire moins, pour certains événements du type « constante de Planck », mais là je laisse les physiciens répondre à ma place, à des temps très longs comme en biologie/géologie, c'est obligatoirement cela. C'est intéressant aussi, la langue nous aide par ce qu'elle apporte comme vocabulaire, on évoquera cela tout à l'heure ce que les langues apportent aux sciences, on a aussi ce point cardinal qui est fondamental.

François Monnanteuil, Inspecteur général, Doyen du groupe langues vivantes :

Sur cet aspect culturel, il faut souligner que c'est tout à fait cohérent, convergent avec les programmes de langue, notamment au lycée. Les programmes de langue sont construits à partir d'entrées culturelles , de notions culturelles qui sont les mêmes, que cela soit LV1, LV2, LV3. Ils sont ensuite déclinés langue par langue dans les documents ressources que l'on peut trouver sur EDUSCOL. Si on regarde ces documents ressources, on voit un certain nombre d'exemples qui concernent l'enseignement des langues mais qui font référence à des connaissances scientifiques, j'en ai relevé quelque uns qui rejoignent ce que vient de dire Bertrand Pajot sur l'espace et le temps. Le temps ou du moins la perspective historique peut apparaitre de diverses manières par exemple pour illustrer la notion « mémoire, héritage et rupture » qui est au programme de la classe de seconde, les collègues d'espagnol ont pris le thème suivant : « la question de l'eau entre intérêt individuel et collectif, un enjeu au fil du temps ». Là on voit qu'il peut y avoir une mise en perspective de quelque chose que l'on utilise scientifiquement. D'ailleurs on retrouve l'eau dans les thèmes retenus par le chinois sous la formulation « des cinq éléments à la pollution ». C'est bien la façon dont l'eau est perçue dans une société. On est en plein dans les programmes ordinaires de l'enseignement des langues et on voit comment ça peut s'articuler avec ce qui se fait dans un enseignement scientifique en langue étrangère.Ca c'est pour la notion de temps.

On peut aussi envisager l'espace comme il a été dit, par exemple l'arabe a retenu toujours en seconde « l'environnement, nouvel enjeu pour les pays arabes », je suppose que les questions d'environnement ne se posent pas de la même manière que dans notre hexagone ; le portugais a fait explicitement référence a une perception exotique puisque le thème retenu c'est « l'Amazonie, comment faire pour protéger et restaurer la biodiversité ». C'est possible dans toutes les langues, il y a la dimension européenne lorsque l'italien parle de l'éco citoyen. Il y a naturellement des thèmes qui s'y portent d'avantage puisqu'au cycle terminal il y a une des notions culturelles qui est l'idée de progrès. Mais on peut trouver les sciences ailleurs dans le cycle terminal, les anglicistes dans la rubrique « lieux et formes de pouvoir » ont cité la Silicon Valley. Cela montre quelle est la place que prennent les sciences dans une société donnée à un moment donné. C'est volontairement que j'ai pris des exemples dans toutes les langues pour montrer que, au fond, puisque les élèves étudient deux langues étrangères, rien n'empêche les professeurs des deux langues d'utiliser ce qui a été fait en science en langue étrangère qu'elle que soit la langue étrangère dans laquelle cela a été fait. Evidement cela s'y prête davantage dans une sorte de continuum qui a été évoqué quand il s'agit de la langue qui est utilisée pour la discipline scientifique. Mais après tout, si l'on parle de l'eau dans une langue étrangère on peut aussi aborder les questions de l'eau à l'intérieur du programme culturel de l'autre langue qu'étudient les élèves. C'est une manière de faire en sorte qu'il y ait une synergie pour qu'on puisse voir différentes facettes à différents moments de l'histoire ou à différents lieux de notre planète, différentes facettes du même problème scientifique. Je vais peut être utiliser un terme malvenu à une table où il y a des scientifiques mais j'aurais tendance à dire la réfraction de l'universalité dans chaque culture de l'aire dont on étudie la langue.

Brigitte Hazard, IGEN de Sciences et Vie de la Terre :

Je trouve extrêmement important lorsqu'on aborde la science à travers d'autres pays, d'insister sur le fait que la science savante est universelle dès lors qu'on la confronte à un pays et que l'on regarde la science enseignée ou la science telle qu'elle est perçue dans le pays, on voit une énorme diversité et en cela on apporte à la science, on apporte aux élèves une réflexion sur ce que c'est que la science. Bien évidemment il faut être extrêmement prudent lorsque on avance sur ce champ parce qu' il faut bien sûr laisser de côté tout ce qui est stéréotypes, il faut rester sur les faits mais faire réfléchir, faire travailler les élèves sur tel ou tel domaine un peu plus sensible, comme l'évolution par exemple et voir que des faits scientifiques lorsqu'ils sont enseignés dans tel pays, en Angleterre sur ce domaine voir comment ils sont perçus d'une telle manière, on est là vraiment au cœur de l'interaction entre science et langue.

Marie-Blanche Mauhourat, IGEN de sciences physiques et chimiques fondamentales et appliquées :

Je suis ravie d'entendre ce qui se passe en langues étrangères, en langues vivantes, que la science est souvent prise comme objet de réflexion et de travail sur la langue. Sur ces problématiques sociétales, c'est vrai qu'elles rentrent de plus en plus dans le programme. On sensibilise les élèves de plus en plus à ces problématiques sociétales qui dépassent les frontières comme le problème de l'eau traité de la cinquième jusqu'à la terminale. Il arrive à son apogée, même en spécialité de physique-chimie. On y voit tout l'intérêt qu'auraient effectivement les professeurs de physique-chimie et les professeurs de langue à parler ensemble et à travailler main dans la main pour éviter les redondances et pour au contraire se nourrir l'un de l'autre et développer plus avant effectivement cette richesse de la langue. Sur la Sillicon Valley, je trouve cela formidable puisque nous avons dans nos programmes quelque chose qui s'appelle « agir au XXIème siècle », nous projetons les jeunes pour être les futurs citoyens de demain et pour pouvoir agir à la fois pour créer, à la fois pour innover mais à la fois aussi pour protéger. Je trouve que ça serait très important que l'on développe davantage ce travail ensemble. Je pense que tout ceci est aussi de nature, toutes ces problématiques culturelles, sociales sont de nature aussi à ramener nos jeunes vers la science Je pense que cette approche culturelle citoyenne est de nature à ramener les jeunes vers la science.

Bertrand Pajot, IGEN de Sciences et Vie de la Terre :

C'est en continuité avec ce qui vient d'être dit. Je vais me risquer là-aussi à une aventure linguistique, comme cela on sera à égalité avec François. On peut parier qu'on peut peut-être maitriser une langue mais on est peut-être aussi un peu maitrisé par une langue. En ce sens, qu'en science, il y a un certain nombre de mots qui sont extrêmement piégeux dans la construction des concepts scientifiques et dans lequel toutes les disciplines butent à un moment ou à un autre. Je prendrai un terme valise tel que « problème ». Le mot « problème » existe dans toutes les disciplines scientifiques mais si on regarde de près ce n'est jamais le même. Les élèves ont des problèmes par contre, ça c'est sûr mais ce n'est pas tout à fait le même. Je rebondis sur ce qu'à dit Brigitte. En biologie, notre fil rouge c'est le mécanisme évolutif. En français c'est parfois délicat de faire comprendre un certain nombre de structurels, ce n'est pas pour rien que l'essentiel des écoles évolutistes est anglo-saxonnes. Cela se passe bien en anglo-saxon parce que certains termes sont déminés du point de vue. Nous quand on parle en français en évolution du terme adaptation, c'est quelque chose d'assez piégeux. Parce que s'adapter pour un élève, c'est quelque chose qui est auto-centré. Pour un élève, quand on lui dit qu'un poisson du dévonien s'est adapté, il se dit « « qu'est-ce que fait le poisson du dévonien : « le matin, il se dit, demain je me transforme en amphibien et c'est bon, l'évolution progresse ; malheureusement, ce n'est pas le mécanisme ! On va très loin, on va vers quelque chose qui est à l'inverse du mécanisme évolutif. Alors que « fitness » en anglo-saxon est de ce point de vue là beaucoup plus déminé de son contexte. On a quelque chose d'intéressant à voir. Passer par une langue étrangère est extrêmement intéressant parce qu'on a cette décentration, ce changement de position, cet autre focal qui est extrêmement intéressant et le travail commun que les enseignants de langue et de science pourraient faire sur un certain nombre de stratégies sans compliquer à l'envi leur travail déjà relativement imposant, c'est effectivement sur quelques thèmes qu'ils choisiraient en s'appuyant sur leurs programmes respectifs de déminer un certain nombre de situations et d'enrichir linguistiquement l'apport des uns et des autres.

Michel Bovani, IGEN de Mathématiques :

Tu as parlé de problèmes de vocabulaire. Alors rapidement, je vais dire que c'est effectivement très intéressant en mathématiques et c'est vraiment un apport important des langues. Je peux prendre par exemple le terme « diagonale ». Aujourd'hui pour un élève, le mot diagonale n'évoque pas ce qu'il est sauf avoir des connaissances en étymologie. Mais si on prend une langue comme le chinois, le mot chinois pour diagonale, que je n'essaierai pas de prononcer, c'est littéralement « la ligne des angles opposés », de même pentagone, en français c'est un peu obscur, c'est « figure à cinq côtés ». Un exemple en anglais, plus proche de nous. On utilise en mathématiques ce qu'on appelle des suites arithmétiques, ce sont sont des séquences de nombres telles qu'on passe d'un nombre suivant en ajoutant le même nombre par exemple 8 si j'ajoute 3 ça fait 11 si j'ajoute 3 ca fait 14 si j'ajoute 3 ça fait 17, on aurait alors (8,11,14,17) qui serait une suite arithmétique et ce qui caractérise cette suite arithmétique c'est que finalement, la différence entre deux termes consécutifs elle est constante.On va retrouver le 3 que j'ai pris arbitrairement. En français ce nombre constant qui est la différence commune à deux termes consécutifs s'appelle la « raison de la suite arithmétique ». On pourrait expliquer pourquoi mais cela demande une certaine culture et cela n'est pas simple. En anglais cela s'appelle simplement « common difference ». C'est littéralement la différence commune

Brigitte Hazard, IGEN de Sciences et Vie de la Terre :

Je voudrais qu'on aborde assez vite de manière complémentaire l'aspect comment. Vous avez déjà dit beaucoup de choses, je les résume et vous compléterez en fonction de ce que vous souhaitiez dire. On a abordé dans ce comment, la question de l'utilisation le plus possible en science de documents authentiques en langue étrangère, de tout ordre, dans les supports qui sont utilisés dans ces séances d'enseignement de science en langue étrangère. A ce propos, puisqu'on évoquait cette interaction langues sciences, le fait de faire appel à des documents authentiques en science obligatoirement quand on travaille en langues étrangères est excellent en terme d'apport aux sciences puisque c'est quelque chose qui parfois se perd dans nos enseignements de science de faire référence à de réels documents scientifiques puisqu'on utilise souvent des documents déjà traités, déjà synthétisés et en cela c'est un fort apport aux sciences. Vous avez évoqué des techniques de classe qui allaient du quotidien des sciences où on travaille en travaux pratique et on facilite les interactions entre élèves, on facilite les exposés oraux, on facilite le passage de l'oral à l'écrit. Mais vous avez aussi évoqué des pratiques plus prises aux langues étrangères pour les transférer dans les enseignements de science, vous avez parlé de pièces de théâtre, de jeux de rôle qui sont des choses que l'on utilise moins dans nos enseignements de science. Vous avez évoqué des structures, des dispositifs qui ne sont pas obligatoirement ceux qui sont dédiés à l'enseignement des sciences en langue étrangère. Vous avez évoqué en termes de ressources le site Emilangue. On a également évoqué tout ce qui peut être ressources partagées lorsque l'on met en place des échanges avec des chercheurs, avec d'autres groupes d'élèves dans d'autres pays sur lesquels on peut travailler sur des résultats d'expérience communs et donc sur des exploitations communes de résultats d'expérience. A tout cela, les uns et les autres, que voulez vous ajouter ?

Bertrand Pajot, IGEN de Sciences et Vie de la Terre :

Il est évident qu'on va aussi changer d'époque. L'apport des TICE est phénoménal par accès à un certain nombre de ressources. On peut avoir maintenant très rapidement accès à un grand nombre : les sites internationaux, sur le milliard de pages qu'héberge la NASA par exemple on peut trouver énormément de vidéos et de conférences qui sont déjà un apport de première main pour l'ensemble des enseignants scientifiques. Cette communication facilitée permet de s'inscrire sur des projets de temps long. C'est un apport intéressant. Ces nouveaux dispositifs permettent de faire des projets internationaux qui travaillent dans le temps long ce qui est extrêmement intéressant à la fois pour la didactique des sciences et des langues.

Marie-Blanche Mauhourat, IGEN de sciences physiques et chimiques fondamentales et appliquées :

Un dispositif dont on n'a pas parlé qui est même plus qu'un dispositif parce que c'est un véritable enseignement. On n'a pas encore parlé du fait que dans les lycées technologiques il y a désormais un enseignement technologique en langue vivante et qui a vraiment un horaire dédié. C'est une grande première mais c'est deux professeurs conjointement dans la classe, le professeur de langue et le professeur de science. Les productions qu'on a alors que nous avons mis un certain nombre de productions sur le site pour l'instant le réseau national STL. Donc c'est aussi un lieu dans lequel et là les programmes ont vraiment été fait conjointement c'est-à-dire qu'en fait on part des programmes de langue et on les illustre avec des problématiques scientifiques des programmes de sciences.

Par rapport aux ressources pour les professeurs, c'est vrai qu'en plus d'Emilangue, il y a eu des impulsions faites par les IPR. L'idée d'avoir un réseau de professeurs qui enseignent en langue vivante me parait aussi quelque chose de très très intéressant parce que ça peut même aller au-delà du site finalement, ça permet vraiment des échanges de pratique notamment pour les langues qui sont assez peu présentes (très peu de professeurs qui enseignent la physique-chimie en espagnol et grâce à ce réseau qui avait été recensé et grâce à tous les IPR, ça a permis à ces professeurs un peu isolés de partager des ressources)
Je voulais aussi parler de l'ouverture aussi d'un site qui avait été fait dans l'académie de Caen pour que les professeurs puissent déposer des ressources même si elles n'étaient pas totalement abouties comme celles sur Emilangue où on peut trouver des séquences très innovantes et originales et parfois on peut juste regretter qu'elles ne soient pas traduites en français parce qu'il y a des séquences par exemple en russe qui sont très intéressantes et qui pourraient servir à d'autres enseignants.

François Monnanteuil, Inspecteur général, Doyen du groupe langues vivantes :

Je voudrais simplement souligner que le professeur de langue qui a des élèves qui ont un enseignement de science en langue étrangère, il voit souvent son rôle comme un rôle de préparation et d'accompagnement. Il a tout à fait raison ; et on voit que l'accompagnement peut aussi concerner l'évaluation, l'évaluation conjointe c‘est ce qui va se passer pour les sections européennes. C'est aussi me semble-t-il une manière de percevoir la forme d'esprit de l'élève. Deux regards aussi différents : un professeur de langue et un professeur de science écoutant le même élève parler n'entendent pas nécessairement la même chose indépendamment de la compétence dans la discipline concernée, cela pourrait d'ailleurs être une aide utile à l'orientation voir deux regards croisés pour voir quelle est la forme d‘esprit de l'élève c'est une question qu'à mon sens on n'aborde pas assez.
Je voudrais aussi souligner que le professeur de langue ne doit pas hésiter à exploiter les occasions de rencontres qu'ont eues les élèves, les occasions de rencontrer la langue dans la discipline scientifique. Il peut demander à l'élève de rendre compte de ce qu'il a entendu, Il peut aussi organiser le transfert des régularités de la langue que l'élève a vu dans la discipline scientifique à d'autres domaines de la langue. Il ne faut pas que les observations qu'on fait sur le fonctionnement de la langue à travers la discipline scientifique ne servent au fond qu'à l'intérieur du discours scientifique. Il y a des régularités que l'on peut ensuite transférer à d'autres domaines de l'utilisation de la langue et je pense qu'il faut que là le professeur n'hésite pas à le faire et souvent il n'y pense et je crois qu'il faut insister sur cet aspect

Brigitte Hazard, IGEN de Sciences et Vie de la Terre :

On va terminer cette table ronde et je voudrais remercier l'ensemble des collègues qui ont bien fait le tour de l'essentiel qu'il fallait dire concernant cette interaction Sciences et langues.

Mis à jour le 03 octobre 2012
Partager cet article
fermer suivant précédent