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Transcription du clip "Expérimenter une nouvelle organisation du temps scolaire en lycée"

Voix off
Le lycée se transforme. Il doit amener plus d'élèves, à la fois différents et exigeants, à devenir autonomes et responsables. Dans ce cadre, des équipes éducatives repensent l'organisation traditionnelle du temps scolaire. Par exemple, elles libèrent du temps sur les séquences de classe pour mieux prendre en compte les choix des élèves et leur proposer des activités adaptées.

Xavier Guilloteau, adjoint au chef d'établissement du mycée Sainte-Marie-du-Port d'Olonne-sur-mer
Pour caractériser le lycée, on pourrait reprendre trois expressions. La première expression ce serait "parcours", parce qu'un jeune se construit progressivement. Le deuxième mot ce serait "accompagnement", puisque pour construire ce parcours, le jeune a besoin de repères, a besoin de coups de mains parfois, a besoin de personnes qui puissent le mettre en dynamique. Puis le troisième mot c'est "autonomie". Pour nous, l'autonomie c'est être capable d'identifier un problème et de trouver les personnes ou les ressources pour pouvoir le résoudre. Donc finalement, être autonome, c'est être en relation.

Élève
L'envergure d'une métropole internationale...

Xavier Guilloteau
La première période serait la période de l'effervescence, de la nouveauté, où il y a une dynamique explosive au sein de l'établissement. Explosive dans le sens où la porte est ouverte aux intelligences et aux propositions. Il a fallu pendant à peu près deux ans tenir le cap sur cette organisation en essayant au quotidien d'apporter des réponses à tous les problèmes qui pouvaient se poser. Et donc ça c'est la deuxième période, la période de la difficulté, qui pouvait, parfois, aller jusqu'à l'abattement. Mais en résistant à cet abattement, on arrive à la troisième période, qui se dessine aux environs de trois-quatre ans après le début du projet, et c'est celle que je pourrais appeler de la maturité. Ce qui a été gagné surtout, c'est le fait que les enseignants se sentent autorisés, osent entreprendre. Il n'y a pas une exigence de résultat. Déjà, l'intention de faire différemment ou de questionner ses propres pratiques, c'est un immense pas.

Élève
Le point P de coordonnées [5 ; 5] à partir de...

Xavier Guilloteau
Sur une base de cours de 55 minutes, nous on a décidé de descendre à 45 minutes.

Jérémy, première économique et sociale (ES)
Et ça rend les cours plus dynamiques. La mise au travail est automatique. On perd pas de temps, on va directement au principal.

Xavier Guilloteau
Les dix minutes sont capitalisées par les enseignants et même annualisées. Ils disposent donc d'un capital temps. Ce capital temps est lui-même divisé en séances de 45 minutes, et c'est ces séances de 45 minutes, qu'on appelle des SCM, des "séances à choix multiples", au niveau du lycée, qui sont redonnées aux élèves.

Karl, première littéraire (L)
Toutes les classes sont mélangées. Ça peut être des élèves de ES qui sont avec des élèves de S et avec des élèves de L. Ça fait qu'il y en a qui sont majoritairement plus forts en mathématiques et d'autres plus faibles par exemple. Ce qui permet une entraide et une meilleure cohésion.

Jules, première littéraire (L)
Grâce au SCM, il y a vraiment un lien qui se crée entre toutes les classes et toutes les filières.

Éric Lansac, professeur de français
Alors les élèves vont aller dans le déroulement SCM où il y a toute une liste d'activités qui est proposée, des activités de soutien, d'excellence, d'approfondissement, ils sélectionnent leur classe, ils sélectionnent leur horaire, ils sélectionnent leur matière, et puis ils s'inscrivent, tout simplement. On peut diversifier les approches. C'est-à-dire qu'on peut les mettre plus par groupes, on peut plus faire intervenir l'élève devant.

Joseph-Vincent Beaucé, professeur de mathématiques
Les élèves vont choisir eux-mêmes les exercices qu'ils vont effectuer en fonction des compétences ou des objectifs qu'on s'est fixés.

Marianne, première scientifique (S)
On a des profs qui sont là pour nous sur ces temps de SCM qui peuvent être à notre écoute, régler nos problèmes.

Renaud de Pradel, professeur de mathématiques et de sciences
On est bien sur une dimension accompagnement de l'élève, dans toute cette dimension on travaille avec lui, on l'accompagne au plus près dans ses préoccupations à lui et pas dans les préoccupations forcément de l'enseignant.

Pierre Gaulon, professeur d'EPS
À nous, professeurs principaux, de les guider dans leurs choix, et éventuellement aussi professeurs de chaque matière, d'aller voir les élèves, de les conseiller un petit peu sur le choix de leurs SCM.

Pierre Gaulon, séquence en classe
... huit. C'est ok pour tout le monde ? Musique alors !

Xavier Guilloteau
Et on a introduit ce qu'on a appelé des "SCM ouverture". Le lycée a tissé des partenariats avec une trentaine d'associations dans des domaines très divers.

Pierre Gaulon
On peut avoir du théâtre, on peut avoir un atelier échecs, on peut avoir de la photographie, de l'aéromodélisme, du squash, de la réflexologie.

Xavier Guilloteau
Et notre idée c'est de permettre au jeune d'aller découvrir de nouveaux domaines.

Jules
Par exemple, moi je prenais le chant, parce que je joue de la guitare, je fais de la musique, donc ça m'intéressait beaucoup, ça permettait de développer, à la fin on avait un spectacle.

Marianne
J'ai choisi sophrologie.

Jérémy
J'ai choisi paintball, donc c'est un sport que je connaissais pas spécialement, c'était vraiment cette envie de découvrir autre chose.

Pierre Gaulon
Rappelle-toi la finalité c'est de toucher, si tu veux marquer des points il faut toucher autour du front.

Kim, première littéraire (L)
Ben moi, j'ai choisi boxe, donc c'est vrai que ça défoule, ça fait du bien.

Xavier Guilloteau
Le défi, c'est de permettre aux élèves de choisir les bons outils pour eux-mêmes. Et derrière cet aménagement du temps scolaire, qui crée finalement qu'un contexte, se joue l'enjeu de l'éducation, qui est "je suis capable de construire pour moi-même", dans un système scolaire qui a du sens. À partir du moment où un élève a une démarche active pour sa propre scolarité, il va être capable de rentrer dans sa scolarité.

Marianne
Ce système, il donne l'impression d'être beaucoup plus organisé, d'être plus efficace.

Jérémy
Ça permet d'être plus autonome. C'est à nous de savoir gérer nos besoins, ce qu'on sait faire, ce qu'on ne sait pas faire.

Jules
Pour la plupart, on est vraiment motivés. Et je pense que c'est vraiment le cadre du lycée qui nous permet d'entretenir cette motivation.

Xavier Guilloteau
La prochaine étape, ce serait de faire exploser le cursus seconde, première, terminale, et de travailler sur la notion de modules. C'est-à-dire qu'un élève, pour se préparer au baccalauréat, doit acquérir un certain nombre de modules, et il aurait la liberté du timing pour le faire. Certains élèves peuvent très bien faire le cursus en deux ans, ce que j'autorise déjà dans le lycée. D'autres ont besoin de plus de temps. Pourquoi faudrait-il qu'ils se plient au timing éducation nationale seconde, première, terminale ? Et donc le lycée de demain, 2025, serait un lycée sans classes, où l'élève serait capable d'estimer la situation dans laquelle il se trouve et de construire un parcours en se donnant le temps qui corresponde à sa propre existence.

Mis à jour le 26 juillet 2012
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