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Transcription du clip "À l'école des écrivains. Des mots partagés"

Youssef
Je m'appelle John Bradley, j'ai vingt-neuf ans, et je suis écrivain.

Charlène
Je suis très attachée à elle. Elle est tout ce qu'il me reste.

Antoine
Je suis plus souvent content que triste. J'ai un bon naturel et une vie intéressante.

Justine
Je me suis rendu compte que cette piste n'était pas si parfaite que ça pour moi.

Voix off
"À l'école des écrivains. Des mots partagés" a pour objectif de donner le goût de la lecture et des mots à des collégiens parfois éloignés de la littérature. L'opération s'adresse en priorité à des élèves de 4e ou de 3e des collèges ÉCLAIR et ruraux. Un écrivain parraine chacune des classes participantes. À partir d'une de ses œuvres, les élèves imaginent un personnage qu'ils vont faire évoluer dans l'univers du livre.

Nathalie Faudel, professeure de lettres
L'école des écrivains, c'est une opportunité incroyable de pouvoir travailler de façon différente autour d'un projet commun. L'idée en fait c'est de fédérer complètement le travail de l'écrivain, des élèves, des professeurs autour d'un objectif final qui est de réaliser un livre.

Charlène
Au début, on voulait pas trop le faire parce qu'on avait un peu peur que notre texte il soit pas bon, qu'on fasse des bêtises et que ça soit pas intéressant.

Charlène, séquence en classe
Je m'appelle Nick, je suis un jeune de seize ans, j'ai les cheveux mi-longs, bruns, et les yeux bleus. Je suis un geek. C'est comme ça qu'on nous appelle, nous, les gens qui connaissent plus de mots que la moyenne.

Emmanuel Adely, écrivain, auteur de Play Life
Ce qui est très intéressant, c'est que tu as choisi de prendre un personnage masculin. Donc ça, c'est bien parce que c'est culotté de faire parler quelqu'un de l'autre sexe. Qu'est-ce qu'il va lui arriver alors, à lui ?

Charlène
Ben je pense qu'il va quand même faire son film.

Nathalie Faudel
Emmanuel Adely, l'écrivain, intervient à des moments clefs pour, dans un premier temps, expliquer l'œuvre qu'il nous a préconisée.

Voix off
Play Life est une œuvre d'anticipation. L'action se situe en 2050. Les hommes naissant à partir de cette date ont tous une puce dénommée "Life" implantée dans l'oreille. Elle détermine leur place dans cette nouvelle société. Dans Play Life, l'anglais est devenu la langue universelle. Cette particularité du récit permet à l'œuvre d'Emmanuel Adely d'être aussi étudiée en cours d'anglais.

Nathalie Faudel
Ensuite, on entre en écriture, donc c'est Emmanuel Adely qui va prendre en charge tout ce qui est invention, création, écriture de quelque chose de nouveau, d'une œuvre originale en quelque sorte.

Emmanuel Adely
Alors d'abord je les entraîne dans l'écriture. J'inverse le problème, c'est-à-dire qu'en leur montrant que l'écriture est quelque chose d'assez accessible, que toute écriture est valide et légitime, cette confiance qu'ils prennent dans leur possibilité d'écrire à leur tour leur permet après d'aller vers les livres.

Charlène
Il nous a expliqué qu'écrire, c'est comme si on pouvait créer notre monde, et j'aime bien cette idée de pouvoir contrôler les personnages.
Nathalie Faudel
On va travailler en lecture avec les élèves sur des œuvres d'anticipation pour leur faire lire des textes, leur faire voir des films, leur faire voir des images en français et en anglais sur le thème de l'anticipation de façon en quelque sorte à nourrir leur imaginaire dans la mesure où il est très difficile d'écrire un récit à partir de rien. On écrit toujours par rapport à un héritage. Et cet héritage, les élèves ne l'ont pas forcément au départ.

Justine
Moi je lisais vraiment très peu. En plus, lire, c'est pas quelque chose que j'aime faire. Je lisais juste pour l'école, quand on est à l'école, quand on est obligé de lire. Et puis je me suis dit qu'en fait lire c'était pas si sorcier que ça. Faut juste se plonger dans l'histoire et se mettre à la place du personnage.

Emmanuel Adely
Ils apprennent à connaître l'objet livre et à ne plus appréhender le contact avec cet objet-là. Et ça, c'est vraiment très important.

Emmanuel Adely, séquence en classe
Mon réveil tapait ce matin. C'est quoi cet instrument ?

Justine
C'est un nouveau réveil qui tape.

Emmanuel Adely
Qui tape quand tu ne te lèves pas ?

Justine
Oui.

Emmanuel Adely
Sympa !

Nathalie Faudel
L'effet le plus immédiat qu'on voit avec ce travail, c'est une aisance rédactionnelle qui apparaît presque immédiatement. Ça se voit dans les écrits pour l'école des écrivains, ça se voit aussi en rédaction.

Justine
C'est vrai que depuis qu'on s'est mis à étudier des textes pour le livre, quand j'écris je fais plus attention à mon orthographe ou à mon expression. Quand il y a des mots qu'on connaît pas, on fait des recherches sur Internet ou dans le dictionnaire. Et puis à force d'étudier on a un vocabulaire plus riche.

Nathalie Faudel
Ensuite, au niveau de la maîtrise de la langue, les progrès sont un peu plus lents. Il faut plusieurs mois, mais on observe quand même des progrès réels dans le vocabulaire, dans l'expression, dans la correction orthographique. Mais je trouve que le gros, gros point fort de l'opération qu'on mène avec l'école des écrivains, c'est la remotivation des élèves en situation de décrochage. Donc il y a une espèce de confiance en soi qui se restaure dans le fait de mener un projet, de mener sa tâche à bien, et d'apporter sa pierre à un édifice collectif.

Emmanuelle Dammane, professeure d'anglais
Ça crée une cohésion extraordinaire entre les élèves, mais aussi entre les enseignants et les élèves parce que finalement c'est une expérience qu'on aura vécue tous ensemble.

Emmanuel Adely
Le plaisir intense, c'est de voir qu'ils ont tous produit un texte, le plus souvent, en tous les cas très souvent, des textes de qualité. Des textes tout à fait étonnants. Donc pour moi, il y a cette curiosité aussi de voir ce qu'ils sont capables de produire.

Élève
Je m'appelle Vladimir Vladivostokov. Je suis né le 2 février 2050 à Léningrad. Je suis le 501e bébé Life. Aujourd'hui j'ai quinze ans. Nous sommes en 2065. J'ai souvent les sourcils froncés et un caractère bien trempé et je porte une puce Life. Je crois beaucoup en mon pays, l'URSS. Je fais partie des jeunes russes de l'armée rouge. Je veux régner sur le monde à moi tout seul et faire savoir à toute l'humanité que le peuple russe est le plus grand de tous. À mes dix ans, j'ai été dirigé vers ma filière, le Life Center. L'URSS a décrété que j'étais aveugle.

Emmanuel Adely
Bien ! Non mais c'est super bien ! Tu vois, rien qu'en créant un nom, rien qu'en inventant un nom, tu inventes une histoire. Vladimir Vladivostokov... Tout de suite, tu rentres dans une autre histoire, quoi.

Emmanuel Adely
Les élèves des autres classes sont au courant qu'il se passe cette manifestation. Il y a donc toute une curiosité de leur part de savoir ce que c'est. Donc il y a donc toute une émulation dans toutes les classes de l'établissement.

Emmanuelle Dammane
En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on crée l'événement. Un événement quand même majeur au sein de l'établissement. Et ça fait parler, et c'est toujours bien de faire parler quand on parle de culture.

Voix off
Lancée en 2007, l'opération est rendue possible par le partenariat entre le ministère chargé de l'éducation nationale, la Caisse des dépôts et consignations,et la Maison des écrivains et de la littérature.

Mis à jour le 26 juillet 2012
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