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Transcription du clip "Stages de remise à niveau au lycée"

Voix off : La réforme du lycée a instauré des stages de remise à niveau pour tous les élèves volontaires. Depuis la rentrée 2010, les élèves de seconde générale et technologique qui en ont besoin peuvent suivre ces stages, pendant les vacances scolaires ou en dehors des heures de cours. C'est le conseil de classe qui les recommande à ces élèves, pour leur éviter un redoublement.

Bernard Lociciro, proviseur du lycée Jean-Vilar, Meaux : L'organisation est très simple, il suffit d'avoir sur la première semaine des petites vacances : Toussaint, Février et Pâques, une matinée, de 8h30 à 12h30, consacrée à des cours de soutien, d'approfondissement, de remédiation, avec des élèves de l'établissement, mais aussi des lycées alentours, puisque nous sommes dans un réseau de lycées, le réseau de lycées Philippe de Vitry, et les élèves de ces lycées profitent de ce dispositif.

Voix off : Les stages peuvent proposer plusieurs activités, adaptées aux besoins des élèves. Elles s'inscrivent en cohérence avec les objectifs du projet d'établissement.

Bernard Lociciro : On essaie, avec les professeurs disponibles, de mettre en place des activités dans tous les domaines, mais surtout dans les domaines dans lesquels les élèves ont des exigences, ou en tout cas des objectifs, que ce soit les objectifs du baccalauréat ou des objectifs de cours ou de devoirs surveillés à la rentrée des vacances. Donc ça va du français aux mathématiques, en passant la science physique, la SVT, l'anglais, et puis quelques domaines spécifiques liés aux filières, comme la philosophie dans la série L.

Anissa, élève au lycée Jean-Vilar : J'ai décidé de suivre ce stage parce que j'avais des lacunes en anglais.

Nicolas, élève au lycée Henry-Moissan : En maths, je voudrais augmenter ma moyenne.

Gwendoline, élève au lycée Jean-Vilar : J'ai des difficultés en maths et en physique.

Sarah, élève au mycée Jean-Vilar : Pour mieux parler en anglais.

Gwennaëlle, élève : Moi, j'aurais des difficultés plutôt en français.

Bernard Lociciro : C'est toujours la difficulté dans le dispositif : c'est avoir des professeurs disponibles dans des disciplines que demandent les élèves. Alors, au début, ça a été un peu difficile, parce que nous fonctionnons avec les professeurs du lycée, et puis, peu à peu, le dispositif se faisant connaître, des professeurs d'autres établissements sont venus apporter leur aide, ce qui a fait qu'on a étendu l'offre par rapport aux professeurs, et aussi l'offre par rapport aux disciplines.

Émilie Guillaumy, professeure de mathématique, lycée du Gué-ô-Tresmes, Corgis sur Thérouanne : En fait, pendant ce stage, je propose aux élèves des activités diverses sur tout le programme qui a été fait. Donc il y a de thèmes en mathématiques, sur les vecteurs, les inéquations, les développements, les fonctions, les statistiques, les probabilités.

Sébastien Bouteix, professeur de français, collège Beaumarchais, Meaux : Certains m'ont signalé une demande en grammaire, sur les chaînes d'accord, d'autres m'ont montré qu'ils avaient un besoin de soutien en orthographe, et beaucoup ont besoin d'une aide méthodologique en production d'écrit.

Émilie Guillaumy : C'est à peu près ce qui est fait en classe. Ce ne sont pas les mêmes exercices, bien entendu, mais c'est exactement sur les mêmes thèmes, ce qui leur permet, en fait, de pouvoir approfondir et réussir les exercices qu'ils n'auraient pas réussis en classe.

Sébastien Bouteix : L'idée est de mutualiser les méthodes qu'ils ont acquises dans leurs lycées et de systématiser les différentes étapes pour construire une dissertation

Azza El Hamadi, professeure d'anglais, lycée Coubertin, Meaux : Pendant deux heures, chacun doit au moins parler dix minutes. C'est la chose la plus importante pour ces élèves. Je dois les mettre à l'aise en situation de communication. Après, il n'y a pas de contrôle, pas de note : pratiquer pour s'améliorer.

David Hickman, professeur d'anglais, lycée Albert Camus, Meaux : My name is Davie Hickman. I am from Kansas City, Missouri. That is in the Midwest, the middle of the United States.

Anissa : On arrive mieux à parler avec eux. Ça nous entraîne sur le terrain tout de suite, comme si on était aux Etats-Unis.

David Hickman (traduction) : On parle, on échange, on donne des informations, et j'imagine que tout cela reste plus longtemps dans leur esprit, qu'ils arrivent à retenir la plupart des informations que l'on échange en cours

Azza El Hamadi : Je trouve les rapports avec eux extrêmement intéressants, parce que il y a quelque chose qui se tisse : on va être efficace pendant deux heures.

Voix off : Pour les élèves participants, tous volontaires, le stage de remise à niveau est l'occasion de découvrir de nouvelles manières de travailler, en petits groupes.

Nicolas : Ça aide d'être en demi-groupe, parce que du coup, la prof est plus présente pour nous.

Gwenaëlle : On ose plus se mettre en avant, demander, poser des questions...

Gwendoline : C'est vrai que les profs se concentrent plus sur nous dès qu'on a des problèmes, on peut leur poser des questions, ils viennent nous aider.

Sarah : C'est pas la même chose. Je trouve que c'est mieux.

Voix off : L'encadrement des stages est assuré par des enseignants volontaires.

Sébastien Bouteix : D'avoir de nouveaux élèves, il y a quelque chose d'un peu rafraîchissant, quand même, puisque il y a toute une rencontre et tout un apprentissage à faire. Et même pour eux : c'est-à-dire qu'ils ne nous connaissent pas, ils ne nous reverront plus, donc ils n'ont pas d'états d'âme à nous dire quelles sont leurs difficultés, quels sont leurs problèmes, ce qui fait que pour identifier les besoins, c'est idéal et on ne perd pas de temps.

Émilie Guillaumy : J'aime bien quand je vois des sourires sur leurs visages, qui me disent : « ah, j'ai compris ». C'est une grande satisfaction pour moi, et c'est vrai que c'est intéressant, parce que bon, là, comme c'est des petits groupes, ça me permet vraiment de pouvoir m'occuper de chaque élève différemment.

Gwenaëlle : Étudier avec des professeurs qu'on connaît pas, ça nous fait apprendre une autre méthode, parce que ils ne travaillent pas tous de la même matière, donc on a d'autres méthodes, peut-être plus faciles, peut-être plus difficiles, un autre apprentissage en tout cas de la matière.

Manon, élève au lycée Henry-Moissan : On sait que les camarades vont pas se moquer de nous, parce que on les connaît pas, donc c'est mieux. Moi je préfère comme ça que en cours habituel.

Gwenaëlle : Les professeurs ne vous jugent pas. Personne ne vous juge. C'est très important, si vous le faites, c'est pour vous, et voilà.

Lucia, élève au lycée Jean-Vilar : Là, on n'est pas notés, on est plus à l'aise, et c'est beaucoup mieux.

Anissa : Après, quand on arrive en cours, on se sent mieux pour suivre le cours, et moi, je trouve que c'est bien et qu'il y a beaucoup d'élèves qui devraient le faire.

Voix off : Les enseignants sont consultés sur l'organisation des stages de remise à niveau. Cela permet d'adapter au mieux les dispositifs aux besoins des élèves.

Bernard Lociciro : Le conseil pédagogique, c'est un rôle de régulateur, puisque c'est lui qui fixe un peu le cap de ces stages, puisque les professeurs se réunissent et voient où sont les besoins des élèves et en tout cas quels sont les objectifs qu'on peut assigner à chaque stage et puis c'est aussi une façon de se rendre compte, en faisant une évaluation de chaque stage, des manques, des besoins spécifiques dans certaines filières par rapport aux élèves et leurs difficultés, mais c'est aussi une façon de proposer un approfondissement de certaines disciplines, donc c'est vraiment un rôle de régulateur que joue le conseil pédagogique que joue le conseil pédagogique par rapport à ce dispositif, et un rôle, une dynamique, aussi, par rapport à certains professeurs qui s'aperçoivent que ça peut être, dans le cursus total d'un élève, un moment important, et c'est comme ça aussi qu'on arrive à avoir des professeurs volontaires, qui viennent apporter leur concours à ce dispositif.
On a trois objectifs : un par rapport aux élèves, c'est-à-dire permettre aux élèves, justement, d'accomplir la scolarité la plus vertueuse possible et justement d'obtenir le baccalauréat dans de meilleures conditions. C'est aussi pour eux une façon à la fois d'avoir une phase très précise de soutien dans l'année, mais aussi pour certains qui sont assez performants, une phase d'approfondissement de leur scolarité. Le deuxième objectif, c'est aussi faire en sorte que les familles nécessiteuses puissent avoir des cours pour leurs enfants sans payer quoique ce soit, et donc, nous avons ici des élèves qui en ont besoin et qui ne pourraient pas en profiter chez eux, et puis ça participe aussi de la dynamique de l'établissement de montrer que par rapport aux objectifs qui sont ceux d'augmentation des chiffres du baccalauréat, on peut aussi proposer un soutien tout au long de l'année, et aussi ça possède d'une dynamique du réseau de lycées, puisque d'autres établissements participent avec nous à ce dispositif.

Voix off : Chaque lycée détermine selon quelles modalités il met en place les stages de remise à niveau et les stages « passerelles », qui permettent aux élèves de préparer un changement d'orientation.

Mis à jour le 01 juillet 2011
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