Université d'été « La formation continue ouverte et à distance »

Clôture des travaux

Martine LE GUEN, Sous-directrice des actions éducatives et de la formation des enseignants, d irection de l'Enseignement scolaire

J'aimerais, pour conclure, vous livrer quelques réflexions et observations liées aux travaux que vous avez conduits pendant cette semaine. Sans être exhaustives, elles soulèvent quelques points saillants des réflexions engagées sur la formation continue ouverte et à distance.

Tout d'abord, la FOAD est une modalité de formation continue qui concilie formation de masse, avec des enseignants dispersés sur tout le territoire, et formation personnalisée, compte tenu des niveaux de départ hétérogènes.

La FOAD relève d'une démarche d'ingénierie de formation, commune à tout dispositif de formation continue et à tout développement de stratégies et de modalités de formation. Monsieur Paquelin a bien indiqué qu'il s'agissait de concevoir des dispositifs permettant le développement de la motivation et de l'autonomie des apprenants par la mise en œuvre de parcours adaptés aux besoins des enseignants. En formation continue, nous avons observé qu'il existait des interactions très fortes entre innovation, formation et recherche. Nous avons peut-être manqué de temps pour approfondir ces notions au sein des ateliers ou à l'issue des conférences.

Ensuite, l'outil de formation FOAD se caractérise par sa complexité et par les exigences qu'impose sa mise en œuvre. Monsieur Mendelsohn nous a incité à concevoir une pédagogie de la communication, c'est-à-dire une pédagogie repensée selon un modèle de système d'aide à l'apprentissage. Ce modèle à la demande, associé à une tâche, possède du sens dans un système hybride, évolutif et porteur d'adaptations personnalisées. Les questions de programmation et d'individualisation ont d'ailleurs été très présentes au sein de vos débats. La FOAD interroge les notions d'espace et de temps. Plus que toute autre modalité de formation, elle exige une organisation collective, des espaces d'usages, ainsi que l'identification claire des rôles de chacun au sein du dispositif de formation. Madame Nardi a même cité l'exemple d'une formation à distance exercée en présentiel, ce qui est paradoxal mais intéressant. Plus que l'espace, c'est davantage la notion de temps qui est interrogée. En effet, grâce aux nouvelles technologies, la FOAD permet d'avoir des relations instantanées.

Nouveau mode d'apprentissage, la FOAD présente des avantages, mais elle requiert aussi des efforts de la part des apprenants, notamment en termes d'assiduité et de volonté de progresser, car il est difficile pour certains de concilier temps personnel, temps professionnel et temps de formation.

A la suite de la conférence de Monsieur Weidenfeld, vous avez mis en évidence certaines questions, parmi lesquelles la nécessité d'un travail en équipe autour d'un projet partagé, le développement d'une conception de service, le suivi et l'évaluation des actions, la nécessité d'ouverture et de mutualisation des ressources. Ces points importants ne nous font pas oublier les principes de réalité, de faisabilité et de fiabilité des dispositifs.

Dans le cadre des ateliers thématiques, les travaux conduits ont permis d'interroger la FOAD à partir de besoins de formation identifiés. Ces échanges ont nourri des réflexions opérationnelles qui prenaient appui sur des contenus de formation. Nous avons observé les divers points d'insertion de la FOAD dans les dispositifs de formation continue des enseignants. Certains thèmes se sont avérés plus complexes que d'autres à mettre en œuvre. Au travers de la restitution de cette université d'été, nous disposerons d'un état des lieux sur ces différentes questions. A cet égard, je signale que la DESCO a tout à fait entendu les réserves, voire les réticences, exprimées par certains représentants du premier degré quant à la question du remplacement des actions de formation suivies à distance. Il nous reste encore du travail à effectuer.

Ce matin, les ateliers académiques ont été l'occasion de travailler ensemble et de formaliser des propositions. Cette partie de l'université d'été met en évidence la richesse de vos productions. Je sais que vous vous interrogez sur le statut des documents remis et sur la suite à donner à ces travaux. Il ne s'agit ni de les reproduire dans les actes de l'université d'été, ni de les considérer comme des documents contractuels. Néanmoins, il nous paraissait souhaitable de vous interroger pour obtenir un état des lieux des dispositifs mis en place ou susceptibles de l'être dans les académies. Ces documents ne sont qu'une étape de la réflexion qu'il faudra poursuivre, tous les partenaires académiques n'étant pas présents. Au plan académique, des échanges plus larges et des collaborations plus étroites doivent être réalisés avec l'ensemble des partenaires impliqués dans le domaine de la FOAD. Au sein de vos propositions, deux volets se dégagent déjà : la nécessité de faire émerger des pilotes et celle d'organiser des partenariats. Au plan national, nous étudierons si des questions relevant d'une coordination nationale émergent de ces propositions.

Par ailleurs, la FOAD ne peut être pilotée indépendamment de la formation continue. Même si la FOAD requiert des compétences spécialisées, elle ne doit pas se constituer en domaine réservé à quelques initiés. Dans le système éducatif, nous avons déjà trop d'exemples de systèmes mis en place en parallèle, ce qui ne permet pas une efficience globale. Dans le cas de la FOAD, nous devons produire un projet intégré porté par une équipe pluridisciplinaire.

Je tiens également à souligner le besoin, que vous avez été nombreux à exprimer, de partager les ressources, les moyens techniques et de mutualiser les expériences réalisées dans les académies. Les échanges doivent se développer de manière à faire progresser le dispositif dans son ensemble.

Je voudrais revenir sur l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC). Ces technologies ont fait une entrée fracassante dans le système éducatif et nous sommes en train de rattraper notre retard. Dans le cadre de la FOAD, ces technologies sont un vecteur, un outil apportant une valeur ajoutée à l'enseignement en abolissant l'espace et le temps, et non une finalité. Nous devons dépasser ce problème. Pendant longtemps, les enseignants ont suivi des stages spécifiques de formation aux TIC. Aujourd'hui, cet enseignement est de plus en plus intégré dans les différentes formations disciplinaires.

Le terme d'hybridation a été repris à de multiples reprises. Je rappelle à ce propos que la FOAD est à concevoir en complément et non en substitution des actions de formation continue. Les actions en présentiel se poursuivront. La conférence de monsieur Leclercq a mis en évidence le fait que l'autonomie des apprenants se développe, y compris dans le cadre de formations traditionnelles...

S'agissant de l'évaluation des dispositifs de la FOAD, les savoureux propos de Dieudonné Leclercq ont permis d'en montrer les bénéfices. A l'heure actuelle, lorsque nous parlons d'évaluation de la formation, nous dépassons rarement le simple objectif de diminution des coûts. Nous devons progressivement constituer une méthodologie et des outils de mesure du retour sur investissement qui nous permettrait de mieux cerner l'amélioration de l'efficacité de la formation continue grâce à la formation ouverte et à distance. Il serait intéressant d'approfondir les pistes fournies par monsieur Leclercq.

En conclusion, je voudrais vous assurer du fait que la DESCO sera attentive au développement des projets conduits dans les départements et les académies. L'intégration de la FOAD dans les dispositifs de formation continue implique une forte volonté politique. Ce chantier nouveau interpelle. Des réflexions sont actuellement conduites au sein de la délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle, de manière à ce que la FOAD soit mieux prise en compte et qu'elle ne produise ni fragmentation des apprentissages, ni isolement des apprenants. Le recours à la formation ouverte et à distance ne fait que débuter. Au travers de vos propositions, nous avons mis en évidence les obstacles à lever et les axes de progrès à développer.

Je voudrais remercier le CNED qui nous a beaucoup aidé à mettre en place cette université d'été, la DPATE qui nous a accueilli dans ses locaux, les nombreux conférenciers de haut niveau qui vous ont permis d'avoir une vision plus claire des possibilités offertes par la FOAD. Enfin, je remercie les animateurs et les rapporteurs des ateliers, ainsi que tous les participants qui ont largement contribué à la réussite de nos travaux.

Actes de l'université d'été - La formation continue ouverte et à distance

Mis à jour le 15 avril 2011
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