Séminaire « La scolarisation des enfants handicapés »

Atelier n°6 : Corse, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées

Animateur : Jacques Becot, DDASS de Haute-Garonne
Rapporteur : Dominique Muller, IA-DSDEN du Tarn

Un sentiment d'insatisfaction

Les premières réactions expriment un sentiment d'insatisfaction.

Les témoignages de la Sarthe et de l'Essonne n'ont pas emporté l'adhésion. Bien qu'intéressants, ils étaient soit trop rapides et donc frustrants (quel contenu, quel usage, quels financements du centre de ressources de la Sarthe ? ), soit trop descriptifs et proposant des réponses techniques sans avoir les éléments de contexte et la problématique d'ensemble permettant de comprendre la logique de réponses apportées (notamment pour l'Essonne).

Le groupe s'interroge sur le fond quant à la valeur ajoutée du groupe Handiscol'. Ne fait-il pas double emploi avec les dispositifs existants, notamment la CDES ? Ne retrouve-t-on pas systématiquement les mêmes acteurs dans des groupes déjà existants ? Ne va-t-il pas susciter une forte demande, générer des espoirs, alors que sa fonction n'est que consultative et qu'il n'y a pas de moyens spécifiques nouveaux ? Ces déceptions risquent d'être difficiles à gérer.

Dans un deuxième temps, le groupe a évoqué les aspects positifs possibles. D'abord, le groupe Handiscol' a incité partout à faire un état des lieux, à revoir les différents dispositifs d'intégration, à poser des questions sur les localisations territoriales. Le travail partenarial peut y être de meilleure qualité et s'élargir sur une vision plus générale (avant et après la scolarité).

L'un des participants conclut en estimant que cette nouvelle entrée permet de revoir la politique globale en direction des handicapés, la loi de 1975 s'étant enlisée dans des réponses de plus en plus techniques ne correspondant plus toujours aux besoins nouveaux. Cela peut-être efficace pour une nouvelle prise de conscience, pour " faire bouger les choses " mais la suite n'est pas garantie si nous n'avons pas les moyens de répondre.

Le cadre de fonctionnement de Handiscol'

La mise en place et le fonctionnement des groupes Handiscol'

Partout s'est mis en place un partenariat essentiel IA/DDASS, chacun apportant ses partenaires " naturels ". De même, des groupes de travail se sont constitués pour préparer les réunions. L'implication des préfets est très inégale. Cependant les débuts sont relativement lents et certains départements n'en sont qu'à des structures sur le papier. Des évolutions sont déjà envisagées (intégration de la protection judiciaire de la jeunesse, par exemple).

La coopération avec les collectivités territoriales

Il existe une multitude de situations mais on peut constater globalement une certaine réserve de leur part. Cela se traduit par : soit l'absence de réponse, soit la désignation de représentants sans présence effective, soit la participation sans implication forte dans le travail.

Il y a quelques exceptions lorsque les élus sont professionnellement très investis dans ce domaine.

Les explications évoquées sont multiples :

  • trop de sollicitation à de multiples commissions ;
  • le statut juridique d'Handiscol trop peu clair ;
  • l'absence de représentativité de l'élu présent (surtout pour les communes) ;
  • le risque d'être mis en cause et très fortement sollicités financièrement (accessibilité, auxiliaires d'intégration...).

La présence d'élus responsables parait néanmoins indispensable.

L'implication des associations de parents et des professionnels

Deux remarques sont présentées. D'aune part, les parents d'enfants présentant des troubles de comportement sont difficiles à toucher. D'autre part, les demandes de toutes petites associations locales jusque là mal représentées affluent.

Les missions des groupes Handiscol'

On en dénombre trois :

  • Diagnostic et préconisations
    Il faut connaître les situations diverses en essayant de reprendre des travaux déjà effectués dans un autre cadre (ex : schéma de l'enfance inadaptée dans l'Hérault) ce qui nécessite très souvent le partage d'analyses et d'outils existants. Cependant, partout le problème des moyens se pose de façon cruciale avec des impossibilités à répondre positivement dans de nombreux départements. Le redéploiement ne peut pas tout résoudre. Les IME sont souvent mis en cause et commencent à évoluer mais il faut aussi veiller aux effets pervers déjà sensibles (plus de prise en charge en fin de semaine ou durant les vacances).

Des inquiétudes sont exprimées sur les outils de suivi et notamment le nouveau logiciel en cours de conception par l'Éducation nationale. Il est souligné le peu d'utilisations faites des informations dont nous disposons déjà et une conception plus centrée sur la gestion administrative que sur le parcours des jeunes handicapés.
Il est également souligné que le besoin de mieux coordonner les décisions complémentaires de l'Éducation nationale et de la DDASS se heurte à des schémas de durées différentes et à des calendriers non harmonisés.

  • Deux modalités de scolarisation
    • placer les enfants au centre du dispositif ;
    • améliorer les outils existants en insistant sur l'aspect individuel, en prenant mieux en compte les dimensions pédagogiques et éducatives.
  • Liaison CDES/CCPE/CCSD
    Peu d'interventions sauf, une demande forte d'un DDASS pour que la CDES puisse avoir une vue fouillée de ce qui est fait en CCPE et CCSD, ont été comptabilisées. Il est proposé que les décisions de la CDES explicitent des objectifs à atteindre permettant un retour dans le système scolaire.

Deux inquiétudes sont évoquées, en soulignant que, sans réponse elles risquent d'hypothéquer les bonnes intentions d'Handiscol :

  • le problème des auxiliaires d'intégration : par qui vont-ils être recrutés ? pour quelles fonctions ? gérés par qui ? Les attentes sont immenses et les réponses dilatoires de plus en plus difficiles à assumer. Les réponses locales donnent un sentiment de " bricolage " mettant les responsables en situation de porte à faux.
  • les départs massifs en retraite des personnels spécialisés dont le remplacement n'est pas assuré faute à la fois de moyens de formation et surtout de candidatures. Une réflexion de fond est urgente.

 

 

 

Actes du séminaire La scolarisation des enfants handicapés
Direction générale de l'Enseignement scolaire - Publié le 10 juillet 2001
© Ministère de l'Éducation nationale

Mis à jour le 15 avril 2011
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