Séminaire interacadémique sur l'accompagnement éducatif

Restitution des ateliers du séminaire de Versailles

Françoise PETREAULT, Inspectrice d'académie adjointe de l'Essonne en mai 2009


La synthèse des huit ateliers du matin est articulée autour de quatre axes :

  • la complémentarité enseignement/accompagnement,
  • le parcours de l'élève,
  • l'inscription dans un territoire,
  • l'évaluation.

Complémentarité enseignement/accompagnement éducatif


Les ateliers ont été l'occasion de nombreux échanges concernant la notion de « besoin » des élèves avec cette affirmation importante : la notion de besoin ne peut se fonder sur la seule identification des difficultés scolaires.
Un autre élément important se dégage des échanges de la matinée : le traitement de la difficulté scolaire ne doit pas être systématiquement « externalisé » c'est à dire envisagé en dehors des temps de cours et/ou traité par d'autres que les enseignants des élèves concernés.
D'une manière générale les participants ont également affirmé que le socle commun doit être le cadre de référence des projets d'accompagnement éducatif et que, dans ce cadre là, au-delà de compétences disciplinaires l'accompagnement éducatif permet la construction de compétences transversales.
Concernant la question des PPRE, il ressort que l'accompagnement éducatif peut-être un élément constitutif de ceux-ci.
Enfin, dans cette dialectique accompagnement éducatif/ enseignement qui renvoie notamment aux notions de groupe et individualisation, il semble admis d'une part que le temps des apprentissages va évoluer ainsi que d'autre part les missions des enseignants. La posture des enseignants dans les ateliers, les stratégies pédagogiques devraient à plus ou moins long terme avoir très probablement des incidences importantes sur les pratiques professionnelles.

Parcours de l'élève

L'accompagnement éducatif est indéniablement un « plus » en terme de socialisation à condition que l'élève soit partie prenante du parcours qu'il va suivre. La question du sens de l'activité a été envisagée, l'accompagnement éducatif devant aider à mieux saisir les enjeux du « métier d'élève ». Pour cela il semble indispensable qu'il soit associé au diagnostic le concernant et accompagné dans la construction d'un parcours lui permettant d'articuler ses envies avec ses besoins.
Pour arriver à cette co-construction du parcours de l'élève il faut garder présent à l'esprit que ce qui est visé, au travers de l'accompagnement éducatif, c'est avant tout le développement de l'autonomie de l'élève.
La question d'un outil de suivi et du lien à établir avec le futur livret de l'élève est pleinement posée ; ces documents devraient favoriser l'élaboration de parcours diversifiés tout en permettant la maîtrise du socle commun.
Un autre levier pour donner sens au parcours de l'élève est la nécessaire explicitation du projet aux familles.

L'Inscription dans un territoire

L'accompagnement éducatif s'appuie sur les ressources humaines et matérielles internes à l'établissement, mais il envisage également l'apport de partenaires extérieurs, particulièrement ceux de l'environnement proche.
Le rôle du chef d'établissement est donc prépondérant dans le diagnostic et la définition de priorités et modalité de fonctionnement, il devrait pouvoir être aidé avec un ou des enseignants « personnes-ressources ».
Il apparaît donc qu'une des premières conditions dans l'élaboration du projet est l'identification du contexte qui s'appuie sur l'analyse des besoins des élèves, des ressources et contraintes internes à l'établissements et l'identification des ressources extérieures locales susceptibles d'apporter des réponses complémentaires.
Face à cette problématique de construction « en partenariat » d'un projet d'accompagnement éducatif, les différents acteurs doivent être considérés comme de réels partenaires et non pas seulement des prestataires utiles.
Le socle commun est le cadre de référence pour poser le diagnostic des besoins des élèves et décider des ateliers à mettre en place.

L'évaluation

Les échanges sur ce dernier point ont mis en évidence que cette question est l'objet de tensions et de paradoxes.
D'une part, il apparaît nécessaire de mesurer les effets de l'action mise en place dans le cadre de l'accompagnement éducatif, mais d'autre part, tout le monde convient de la difficulté à se doter d'indicateurs pertinents.
Face à ce constat largement partagé, deux réponses elles aussi paradoxales sont formulées.
Alors que certains affirment la nécessité d'outils nationaux pour évaluer de façon identique la pertinence de l'action, d'autres au contraire, défendent l'idée que l'évaluation ne peut-être réalisée qu'à partir d'outils produits localement puisque les projets sont au départ, dépendant des besoins des élèves et donc nécessairement différents d'un établissement à l'autre.
Une certitude apparaît : le projet d'accompagnement éducatif est obligatoirement en lien avec le projet d'établissement et les contrats d'objectifs ; par ailleurs il est sans doute nécessaire d'envisager des indicateurs au niveau des élèves, au niveau de chacun des ateliers proposés, enfin au niveau de l'établissement.
Face à cette problématique d'une nécessaire évaluation de l'efficacité et de l'efficience, un certain nombre de questions restent aujourd'hui sans réponse : Comment chaque intervenant peut-il mesurer la pertinence de son action et au delà, comment aider les équipes à mesurer les résultats des élèves, l'impact des actions conjuguées sur la « réussite éducative » ?

Conclusion

Nous sommes confrontés à un double défi : l'accompagnement éducatif nous met face à plusieurs enjeux majeurs : le sens de l'école pour les élèves, la temporalité des apprentissages, l'articulation entre l'individuel et le collectif, la relation entre les disciplines et des compétences transversales. Il est donc impératif d'interroger et d'améliorer les conditions de mise en œuvre de l'accompagnement éducatif qui nous conduira à questionner et à faire évoluer les pratiques de la classe.

 

Mis à jour le 08 août 2011
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