Séminaire interacadémique sur l'accompagnement éducatif

Restitution des ateliers du séminaire de Poitiers

Jean-Yves BESSOL, IA -DSDEN de la Charente en mai 2009

Atelier 1 : comment élaborer un projet d'accompagnement éducatif articulé au projet d'établissement, qui prenne en compte les quatre domaines ?

L'accompagnement éducatif apparaît comme un « accélérateur de culture générale » qu'il convient de piloter de plus près afin d'améliorer encore la réussite scolaire de tous. Désormais, après 6 mois de généralisation de l'opération, il nous faut faire en sorte de passer d'une logique d'offre à une logique de besoin tout en veillant à éviter qu'il ne devienne une activité spécifique dans l'Ecole qui viderait d'autres lieux investis par les associations.

Pour ce faire, la rédaction d'un projet d'accompagnement éducatif semble nécessaire. Nous possédons un certain nombre d'outils qu'il faut réactiver : le projet d'établissement et la contractualisation, le conseil pédagogique... L'analyse des besoins de chacun des élèves qui nous est confié a déjà été faite : elle existe et sous-tend l'architecture de nos projets d'établissement ainsi que celle de nos contrats d'objectifs.

Il est également apparu nécessaire de prendre appui sur le conseil pédagogique, outil du pilotage de l'établissement pour la mise en œuvre et le suivi du projet d'accompagnement éducatif. L'évolution des pratiques pourra ainsi se faire par et dans le dialogue et les échanges.

L'accompagnement éducatif est un vecteur de développement des volets culturel et sportif des établissements. C'est un moyen de motiver, de faire travailler qui ne se substitue pas à ce qui existe dans la classe. Il permet de réactiver chez l'élève confiance et motivation sans lesquelles il ne peut y avoir de progrès scolaire.

Pour autant, une question a été fortement débattue : doit-on réellement écrire un projet d'accompagnement éducatif ? L'accompagnement éducatif doit-il faire l'objet d'une écriture spécifique ou peut-il être considéré comme un levier au service de l'atteinte des objectifs du projet d'établissement et de ceux arrêtés dans le cadre de la contractualisation, ne nécessitant pas de passer par l'écriture d'un document spécifique ?

Atelier 2 : comment le projet d'accompagnement éducatif peut-il offrir à chaque élève un parcours individualisé ?

La réflexion de chacun fait apparaître plusieurs solutions qui permettraient de créer un parcours individualisé. L'une d'entre-elles consisterait à travailler à une analyse des besoins. Comme le dispositif a été installé rapidement, il est désormais nécessaire d'opérer un temps d'arrêt afin d'isoler ce qui relève des besoins disciplinaires et ce qui relève des besoins non disciplinaires. Il est également nécessaire de renforcer les liens existants (et s'ils n'existent pas de les créer) entre les différents intervenants. L'accompagnement éducatif n'est en rien un ajout froid et artificiel.
Il est :

  • complémentaire des différents dispositifs existants : PPRE, CLAS, PRE etc...
    Aussi est-il important d'effectuer un inventaire de l'existant, inventaire qui rappellera notamment l'objectif de chacun des dispositifs (ont-ils le même objectif ? des objectifs opposés ? des objectifs complémentaires ?...),
  • une solution pour créer du liant entre l'intérieur et l'extérieur du système scolaire. Pour ce faire, des propositions ont été données : assigner un intervenant à un groupe d'élèves bien défini, développer la pratique du tutorat, accompagner enseignants et non enseignants dans leur démarche de construction d'échanges, créer et utiliser des fiches faisant référence aux différentes compétences que se propose de développer l'atelier proposé aux élèves, fiches construites de telle manière que l'inscription de ces derniers se fasse en fonction de leurs besoins et non en fonction d'une envie du moment...

Atelier 3 : accompagnement éducatif et enseignement : quelles interactions ?

Ce nouveau dispositif génère une problématique spécifique : quelles sont, quelles devraient-être les interactions entre ce qui se fait dans la classe et ce qui se pratique hors de la classe ?

Etant donné la diversité des dispositifs existants, il apparaît nécessaire de clarifier ce que chaque équipe enseignante attend de l'accompagnement éducatif. Il s'agit là de s'entendre et de se mettre d'accord sur le pourquoi de sa mise en place, (le « qu'est-ce que j'en attends ?", que va-t-il apporter en terme de valeur ajoutée à l'élève, à la classe, à l'établissement ?

L'atelier aborde également la notion de socle commun, insistant sur ce point pour réaffirmer combien celui-ci donne sens au dispositif. Aussi les temps d'échange et de concertation sont-ils nécessaires, incontournables au sein de chaque EPLE. Il faudrait envisager de piloter de près ces moments qui permettent de créer des interactions entre les enseignants et les accompagnateurs, avec à terme l'idée que cette réflexion engendrera nécessairement une autre réflexion, elle aussi attendue, celle qui consiste à revenir ensemble, entre enseignants sur ses pratiques d'enseignement.

Atelier 4 : quelle évaluation pour l'accompagnement éducatif ?

Outre la nécessaire évaluation du dispositif, s'est également posée la question de la conciliation entre les attentes des familles et celles des enseignants. L'atelier s'est intéressé à ce qui permettrait de rapprocher l'Ecole et la demande parentale en matière d'aide et de soutien. En effet, si nous voulons faire vivre pleinement les 4 volets (aide aux devoirs, activités artistiques et culturelles, activités sportives et pratique d'une langue vivante étrangère), il convient d'envisager des solutions pour que les familles (voire les enseignants) ne soient pas focalisées sur l'aide aux devoirs...

Puis, a été abordée la question des outils d'évaluation. Quels sont ceux qui existent déjà, quels sont ceux qu'il conviendra de construire ? A ce stade, la réflexion a essentiellement porté sur l'analyse des besoins des élèves en fonction de leur environnement : est-il nécessaire de mettre en place un accompagnement supplémentaire, différent de celui qu'offre la famille de l'élève concerné ?

Au-delà de la mesure des besoins des élèves s'est posée celle des besoins de l'établissement. A ce stade, apparaît de nouveau la question de la nécessaire conciliation entre la demande familiale et la demande de l'établissement.

L'atelier a alors travaillé à partir des indicateurs de réussite scolaire existants, listant ceux qui sont immédiatement utilisables : les évaluations CM2, 6ème, les résultats de l'établissement (suivi des flux, orientation fin de classe de 3ème et fin de classe de 2nde, résultats au DNB (contrôle continu et contrôle terminal)... etc.

La réflexion s'est enfin organisée autour d'une proposition spécifique : la mise en place d'une fiche de suivi qui permet l'individualisation des actions en s'appuyant sur une forme de contractualisation avec la famille ; contractualisation envisageant précisément ce qui est et ce qui doit être atteint au regard des compétences et des connaissances attendues au sein du cadre national qu'est le socle commun. Cet outil fonctionne déjà dans certains établissements et mérite d'être souligné.

Mis à jour le 08 août 2011
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