Agir contre l'illettrisme
L'Éducation nationale doit faire acquérir les compétences de base aux élèves (lire, écrire, compter) et veiller à ce que ces compétences soient stabilisées. Elle s'appuie sur les programmes et sur des actions éducatives et culturelles. Elle agit avec des partenaires engagés dans la lutte contre l'illettrisme.
État des personnes qui, ayant appris à lire et à écrire, en ont complètement perdu la pratique.
Le 29 mars 2010, le ministre de l'Éducation nationale a présenté un plan de prévention de l'illettrisme, au Salon du Livre.
- Prévenir l'illettrisme
- Agir avec des partenaires
- Détecter l'illettrisme
- Remédier à l'illettrisme des adultes
Prévenir l'illettrisme
La prévention de l'illettrisme doit être précoce et continue. Faire accéder tous les élèves à la maîtrise de la langue française est le premier objectif que le socle commun fixe à la scolarité obligatoire.
À l'école. Le premier rôle de l'école est d'apprendre à bien lire à tous les enfants. Elle doit leur permettre d'exercer cette compétence avec facilité et plaisir. C'est pourquoi dès l'école maternelle, les programmes donnent la priorité à la maîtrise de la langue française.
La personnalisation des parcours scolaires permet au maître d'apporter une aide à chaque élève, dès qu'une difficulté de lecture est repérée. Si nécessaire, il peut proposer des stages de remise à niveau.
Un accompagnement éducatif a été mis en place dans les écoles de l'éducation prioritaire. Dans ce cadre, de nombreuses initiatives apportent aux élèves une relation privilégiée au livre et à la lecture. Elles complètent l'offre sur le temps scolaire des bibliothèques - centres de documentation.
Au collège. Tout au long de la scolarité, les apprentissages qui permettent d'acquérir une bonne maîtrise de la langue française se poursuivent, en français et dans les autres disciplines qui contribuent à l'acquisition de cette compétence première.
L'accompagnement éducatif (ateliers d'aide aux devoirs, de pratique culturelle, etc.) complète le soutien offert à l'élève.
À l'école et au collège, les élèves les plus fragiles bénéficient d'une aide adaptée, les programmes personnalisés de réussite éducative.
À la fin de la scolarité obligatoire, l'élève doit maîtriser les connaissances et compétences du socle commun. Si ce n'est pas le cas, il poursuit leur acquisition dans la voie qu'il a choisie.
Agir avec des partenaires
Pour prévenir l'illettrisme, l'École n'agit pas seule. Le ministère renforce ses partenariats par la signature d'accords avec ses interlocuteurs.
Une convention signée avec l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (ANLCI) vise à mieux faire connaître les ressources qu'elle propose et à mutualiser les bonnes pratiques :
- diffusion auprès des cadres du ministère de kits élaborés en régions ;
- invitation à participer aux rencontres nationales du Forum permanent des pratiques (les 5, 6 et 7 mai 2010 à Lyon) ;
- diffusion des résultats des expérimentations sociales "Actions éducatives familiales".
Dans son "appel à expérimentations sociales", l'ANLCI a proposé des actions éducatives à des familles volontaires, pour favoriser un apprentissage ou une meilleure maîtrise de l'écriture et de la lecture. L'ANLCI organise aussi les "forums des pratiques" à l'échelle régionale et nationale, pour mutualiser les démarches efficaces.
Un protocole d'accord a été signé avec les mécènes de l'Association pour favoriser une école efficace (APFÉE). Avec le Fonds d'expérimentation pour la jeunesse, les clubs "Coup de pouce clé" accompagnent 3000 élèves de CP supplémentaires dans l'apprentissage de la lecture. Ils sont issus de l'éducation prioritaire, dans les académies de Créteil, Versailles et Lille. Cette opération vise aussi à renforcer le lien entre l'École et les familles.
Parmi les mécènes de cette association, la Caisse des dépôts, la Fondation pour l'égalité des chances à l'École, la Fondation Total et la Fondation Schueller-Bettencourt.
Une déclaration d'intention signée avec la Ligue de l'enseignement concerne le développement d'ateliers d'écriture, de résidences d'écrivains et de manifestations autour du livre.
En partenariat avec le ministère de la Culture et de la communication, l'association "Lire et faire lire" met en contact 12 000 bénévoles de plus de 50 ans, qui viennent partager leur plaisir de la lecture, avec des enfants des écoles primaires, depuis 10 ans.
Détecter l'illettrisme après la scolarité obligatoire
Pendant la Journée d'appel de préparation à la défense (JAPD), entre 16 et 28 ans, les jeunes passent un test de compréhension de l'écrit. Il vise à repérer les difficultés rencontrées par les mauvais lecteurs dans les domaines suivants :
- automaticité de la lecture ;
- connaissances lexicales ;
- traitement de l'information écrite et compréhension.
La JAPD a concerné près de 800 000 garçons et filles de nationalité française en 2008, le test montre que 78,4 % des lecteurs sont efficaces. Parmi les 21,6 % de lecteurs inefficaces, 11,8 % sont en difficulté de lecture (4,9 % en difficulté sévère). Ces chiffres sont relativement stables depuis 2 ans. En 2008, des difficultés de lecture ont été détectées chez 35 475 jeunes. Ils ont été signalés aux inspections académiques.
Les dossiers des jeunes repérés en difficulté de lecture sont transmis par les inspecteurs d'académie (IA) aux chefs des établissements où ils suivent leur scolarité. Les jeunes les plus en difficulté sont déjà pour la plupart préalablement suivis.
Le ministère mène régulièrement une enquête sur le nombre et le niveau scolaire des élèves qui ont des difficultés de lecture. En 2007, les 3/4 des jeunes signalés sont en lycée professionnel, notamment en CAP et en BEP. Mais le nombre d'élèves détectés en lycée général et technologique augmente. 3% sont des collégiens. Moins de 1% sont en MGI (Mission générale d'insertion de l'Éducation nationale).
Remédier à l'illettrisme des adultes
En formation professionnelle continue, l'Éducation nationale travaille de plus en plus avec le monde économique sur les compétences clés et la lutte contre l'illettrisme. Son savoir faire contribue à développer l'employabilité.
Des formations spécifiques pour les adultes
Les Greta (groupements d'établissements publics locuax d'enseignement) proposent des formations :
- dans le cadre d'appels d'offres lancés par les directions régionales du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle ou les conseils régionaux ;
- en lien avec l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme, pour optimiser les échanges de pratiques, professionnaliser les acteurs, mieux identifier les besoins locaux et venir en appui des plans régionaux de lutte contre l'illettrisme ;
- financées par l'Office français de l'immigration et de l'Intégration.
Les Greta s'appuient sur des certifications pour valider les compétences des salariés (certificat de formation générale, brevet Informatique et Internet adultes, diplôme de compétence en langue).
Le ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative impulse la mise en place de formations pour les enseignants qui interviennent en Greta.
Enseignement en milieu pénitentiaire
Pour mieux répondre aux besoins des détenus, l'administration pénitentiaire a mis en place un Plan d'action contre l'illettrisme.
Des enseignants de l'Éducation nationale assurent l'enseignement. Priorité est donnée aux détenus :
- qui ne savent pas lire ou compter ;
- qui n'ont pas d'instruction élémentaire ou de formation professionnelle.
Dans 166 établissements sur 175, un repérage de l'illettrisme est réalisé parmi les nouveaux détenus. En 2007, presque la moitié des entrants en ont bénéficié : 12% étaient illettrés et 14% éprouvaient des difficultés de lecture.
3 100 000 personnes sont illettrées, soit 9% de la population de 18 à 65 ans qui a été scolarisée en France métropolitaine.
- Plus d'1 personne sur 2 en situation d'illettrisme a plus de 45 ans
- 59 % des illettrés sont des hommes, 41% des femmes
- 50 % vivent dans des zones faiblement peuplées
- 57 % ont un emploi
- 75 % ont grandi dans des familles où l'on ne parlait que le français
- Les Zones urbaines sensibles (ZUS) comptent 2 fois plus d'illettrés (18%) que la moyenne nationale.
Source : enquête INSEE 2004-2005


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