Circulaire de préparation de la rentrée 2007

Priorité n°2 : La mise en œuvre du socle commun de connaissances et de compétences

Archive - Dernière mise à jour le 28 août 2009

Le décret du 11 juillet 2006 a défini le socle commun de connaissances et de compétences qui s'organise en sept grandes compétences, ou piliers. La vocation du socle n'est pas de condenser les programmes discipline par discipline, mais de donner un sens global à toute l'éducation obligatoire, de montrer quelles sont ses grandes directions, ses finalités, ses objectifs, ses contenus indispensables.

Les apprentissages fondamentaux au cœur de l'action pédagogique

Chaque grande compétence du socle est conçue comme une combinaison de connaissances fondamentales, de capacités à les mettre en œuvre et d'attitudes indispensables. Chaque compétence requiert donc la contribution de plusieurs disciplines et, réciproquement, une discipline contribue à l'acquisition de plusieurs compétences. Le socle commun s'acquiert progressivement de l'école maternelle à la fin de la scolarité obligatoire.

La mission générale des groupes d'experts actuellement à l'œuvre est de préparer l'adaptation des programmes à la logique du socle commun. Il s'agit de concevoir de manière coordonnée les programmes de l'école et du collège, et donc de garantir tant leur continuité que l'effective prise en compte des éléments du socle par tous les champs disciplinaires. Par ailleurs, un document d'accompagnement du socle sera diffusé ou mis en ligne à l'intention des enseignants.

Pour l'école primaire, les groupes d'experts veillent à l'adaptation des programmes en tant que de besoin dès le printemps 2007, ainsi qu'à la publication des principes directeurs de l'enseignement d'une langue vivante étrangère à l'école primaire à partir du CE1, puis à la publication des programmes de chaque langue.

Concernant la maîtrise de la langue, l'année scolaire 2007-2008 est la deuxième année de mise en œuvre des principes définis par la circulaire " Apprendre à lire " et par la modification des programmes du 24 mars 2006 en matière d'enseignement de la lecture.

En 2006, l'Inspection générale de l'Éducation nationale a rappelé l'importance de la liaison entre l'école maternelle et l'école élémentaire. C'est en effet sur les bases acquises à l'école maternelle que les compétences des élèves évoluent au cours de l'école élémentaire. Cela est vrai pour tous les domaines, et particulièrement dans le domaine de la maîtrise de la lecture. Il est indispensable, pendant cette période décisive qui va de l'école maternelle à la fin du CE1, de garantir à chaque élève un travail progressif et équilibré entre apprentissage de la compréhension et acquisition de la maîtrise du code, en renforçant la part de l'écriture.

La révision des programmes de maîtrise de la langue française portera aussi sur la grammaire.
Le cycle des approfondissements viendra structurer ces premières connaissances, par une pratique explicite et progressive d'une grammaire centrée sur la phrase. Les apprentissages visés en fin d'école, qui sont étroitement liés au socle commun que devra maîtriser chaque élève, seront précisés dans ce sens. Afin de garantir les meilleures conditions de réussite des élèves et mieux correspondre aux exigences posées par le socle commun, les programmes en vigueur seront donc revus, pour être rendus lisibles pour tous, sur les bases suivantes :

  • l'enseignement de la grammaire donnera lieu à des leçons spécifiques, systématiques et progressives ;
  • cet enseignement rigoureux sera celui d'un savoir vivant déclinable en connaissances, capacités et attitudes et proposera donc explicitement des modalités de travail basées sur l'observation, la manipulation et la formalisation des règles ;
  • l'enseignement de la grammaire sera conduit dans toutes les classes à partir d'une terminologie uniformisée et accessible à tous.

Simultanément, une attention particulière devra être apportée à l'enseignement des mathématiques. Là encore, l'école maternelle joue un rôle primordial en permettant à chaque élève l'accès aux bases de la numération. Sur ces bases, un apprentissage progressif des quatre opérations doit être proposé par l'école élémentaire et la pratique du calcul mental doit être renforcée. La résolution de problèmes reste au centre des mathématiques et permet de donner leur signification à ces activités numériques. Là encore, l'école se doit de proposer aux élèves des situations d'apprentissage progressives et lisibles par tous.

Les apprentissages de base en français et mathématiques sont essentiels à toute autre activité scolaire. Toutefois, les programmes de l'école maternelle et élémentaire ne se limitent pas à ces outils de base et concernent tous les piliers du socle commun. Cela nécessite une grande rigueur dans la définition des progressions, au sein du cycle, et de l'école, dans tous les domaines d'enseignement. Cela nécessite également la prise en compte explicite d'une dimension artistique et culturelle au service des apprentissages. Le projet d'école est garant de ces équilibres.

L'année scolaire 2007-2008 est aussi la première année de la mise en place complète des protocoles nationaux d'évaluation diagnostique à l'école (CE1 et CM2). Ces protocoles ont pour première finalité de faciliter la mise en œuvre des aides à apporter aux élèves qui en auraient éventuellement besoin en français comme en mathématiques. Les équipes de maîtres auront ainsi à leur disposition des outils pour mieux différencier la pédagogie et pour repérer plus sûrement les élèves qui risquent de ne pas atteindre les objectifs définis par le socle commun et doivent donc bénéficier d'un programme personnalisé de réussite éducative. C'est en effet à travers des dispositifs d'aide variés et adaptés aux besoins de chacun que tous les élèves auront les meilleures chances de s'approprier les connaissances, compétences et attitudes de chaque pilier du socle commun. L'évaluation diagnostique en CE2, qui n'est pas un palier d'acquisition du socle commun, est supprimée. L'évaluation diagnostique en 6ème sera reconduite en 2007 pour la dernière année.

Les programmes personnalisés de réussite éducative, généralisés à toutes les classes de CE1 à l'école et à toutes les classes de 6ème au collège depuis la rentrée 2006, doivent s'étendre aux cycles 2 et 3 de l'école et à tous les cycles du collège en donnant la priorité aux classes de 6ème et de 5ème et aux redoublants dès lors que le conseil des maîtres ou le conseil de classe l'estime nécessaire. Deux indicateurs de performance inscrits en loi de finances permettront de mesurer les progrès réalisés : la proportion d'élèves maîtrisant les compétences de base en français et en mathématiques, d'une part en fin d'école primaire et d'autre part en fin de collège.

Au collège, pour les disciplines qui étaient déjà concernées par un dispositif pluriannuel de révision des programmes d'enseignement (langues vivantes, pôle scientifique) le calendrier initial est maintenu et l'ensemble de ces programmes sera publié, en pleine conformité avec le socle commun, avant l'été 2007. Seront donc applicables à la rentrée 2007 les nouveaux programmes du palier 1 du collège pour les langues vivantes (classe de 5ème pour la langue commencée à l'école élémentaire, classe de 3ème pour la langue commencée au collège) ainsi que les programmes de deuxième année du cycle central pour les mathématiques, sciences physiques et sciences de la vie et de la Terre. Pour les autres disciplines du collège, une profonde révision vient d'être engagée. Les nouveaux programmes commenceront à être publiés au printemps 2008 en vue de leur application à compter de la rentrée 2009.

Enseignement utile pour aider les élèves à approcher le monde du travail et à construire leur orientation, l'option de découverte professionnelle sera offerte dans tous les collèges.

La rénovation de l'enseignement des langues vivantes étrangères (LVE) se poursuit. En loi de finances, un indicateur mesurera la proportion d'élèves ayant atteint en langue étrangère le niveau A1 du cadre européen en fin d'école et un autre le niveau B1 en fin de collège. Les plans académiques de formation doivent permettre à tout enseignant de langue de bénéficier, au plus sur 3 ans, d'une action de formation à l'enseignement des 4 compétences langagières, avec une priorité pour les compétences à l'oral, et à leur évaluation. L'apprentissage de la première langue vivante étrangère pourra commencer progressivement en CE1 et l'apprentissage de la seconde langue vivante étrangère pourra se développer progressivement en classe de 5ème dans un cadre expérimental.

Dans le premier degré, il convient de mobiliser toutes les compétences existantes en LVE chez les personnels enseignants, notamment ceux qui disposent d'une habilitation à enseigner une langue vivante étrangère. Le taux de prise en charge de l'enseignement des langues étrangères par les maîtres du premier degré devra être porté à 90% en 2010.

Par ailleurs, l'effort en faveur du développement de l'enseignement de l'allemand doit être poursuivi de manière à atteindre les objectifs fixés, à l'horizon 2010 (13, 6% d'élèves apprenant l'allemand à l'école et 19, 4% dans les collèges et lycées). Dans le cadre de la diversification de l'offre en langue étrangère, l'ouverture de sections de langue orientale en chinois sera encouragée, l'objectif consistant à augmenter de 20 % le nombre de sections européennes et de langues orientales d'ici 2010.

Enfin, un dispositif de certifications menées en partenariat avec un organisme étranger et correspondant au niveau B1 du cadre européen de référence pour les langues vivantes se mettra peu à peu en place. Pour ce qui concerne la langue allemande, on visera à l'élargissement progressif de la certification expérimentée depuis 2006.

Les élèves des voies générale, technologique et professionnelle seront aussi concernés par la mise en œuvre du socle chaque fois que sa maîtrise n'aura pas été validée au collège.

Les groupes d'experts de la voie professionnelle travaillent à mettre en évidence dans les programmes publiés en 2002 pour les CAP les éléments constitutifs du socle : le résultat de leurs travaux devrait aussi pouvoir être publié au printemps 2007. Compte tenu de leur publication plus ancienne, les programmes de BEP nécessitent une révision plus importante, qui aboutira ultérieurement.

Des dispositions relatives à l'évaluation de la maîtrise progressive du socle pour chaque pilier tant à la fin de chaque cycle que pour chacun des trois paliers d'évaluation du socle (CE1, CM2, fin de la scolarité obligatoire) sont en cours d'élaboration.

De même, l'architecture du nouveau diplôme national du brevet (DNB) sera proposée prochainement, conformément à l'article 32 de la loi d'orientation du 23 avril 2005, et donnera lieu à la publication des textes réglementaires correspondants pour une première session en 2008.

La session 2007 du DNB reconduira les innovations apportées par la session 2006, à savoir la prise en compte de l'enseignement de découverte professionnelle et l'attribution des mentions assez bien, bien et très bien. En outre, le DNB 2007 verra l'introduction de la note de vie scolaire dans les mêmes conditions que les résultats aux disciplines évaluées en contrôle de cours de formation (CCF). Les notes obtenues en CCF porteront uniquement sur la classe de troisième, et enfin, comme suite aux recommandations de l'audit de modernisation des services de l'Etat sur l'organisation des examens de l'Éducation nationale, les sujets des trois épreuves écrites seront nationaux.

Les résultats positifs des évaluations seront attestés dès la prochaine rentrée dans le livret individuel de compétences. Ce livret sera un document personnel permettant aux élèves et aux parents d'être informés des composantes du socle commun et de suivre les progrès constatés dans l'acquisition progressive de leur maîtrise. Constitué dès l'école élémentaire, à la fin du premier palier du socle (classe de CE1) et transmis au collège, il suivra l'élève jusqu'à la fin de la scolarité obligatoire dans les diverses voies de formation retenues.

Le livret individuel de compétences est un des éléments du livret scolaire électronique qui sera progressivement mis en place pour chaque élève. Outre les informations relatives aux acquisitions des compétences du socle et aux différentes attestations scolaires liées aux programmes (brevet informatique et internet, attestation de première éducation à la route, attestation scolaire de sécurité routière, attestation de formation aux premiers secours), il recueillera les appréciations des enseignants sur la scolarité de l'élève, ainsi que les relevés de notes actuels. Ce livret scolaire sera accessible aux enseignants qui le renseigneront, aux élèves et à leurs parents qui le consulteront à partir des espaces numériques de travail (ENT), aux chefs d'établissement qui l'exploiteront. Au fur et à mesure de sa mise en œuvre, ce livret scolaire électronique se substituera aux documents papier.

Dès que seront prêts les textes des programmes révisés et précisées les modalités d'évaluation ainsi que le contenu et le mode d'utilisation du livret individuel de compétences, un calendrier de stages de formation des personnels pourra être mis en œuvre au plan national et dans les académies pour l'année scolaire en cours.

La maîtrise des technologies de l'information et de la communication (TIC)

Le brevet informatique et internet est généralisé au collège et étendu au lycée.
L'arrêté du 14 juin 2006 (BO n°29 du 20 juillet 2006) définit les connaissances et capacités exigibles pour le brevet informatique et internet (B2i). Il rend obligatoire, depuis la rentrée 2006, la mise en place du B2i de niveau collège et du B2i de niveau lycée ; le B2i de niveau école est déjà inscrit dans les programmes de 2002 modifiés par l'arrêté du 14 juin 2006. La circulaire n°2006-169 du 7 novembre 2006 définit les modalités de mise en œuvre de l'arrêté. Les résultats des élèves font l'objet de deux indicateurs de performance, le premier indicateur porte sur l'acquisition du niveau 1 du B2i en fin d'école, le second sur l'acquisition du niveau 2 du B2i en fin de collège.

Le B2i de niveau collège sert de référence pour le socle commun et sera pris en compte dès 2008 dans le diplôme national du brevet. Dans cette perspective, les principaux de collège ainsi que les proviseurs de lycée professionnel veilleront à ce que la totalité des élèves de troisième ait été évaluée en vue de l'obtention du B2i.

L'apprentissage de la civilité et de la responsabilité

L'Éducation nationale ne remplirait pas sa mission si elle ne parvenait pas à former des individus responsables et autonomes. C'est pourquoi le socle commun comprend l'acquisition des compétences sociales et civiques ainsi que l'apprentissage de l'autonomie et l'acquisition de l'esprit d'initiative.

Apprendre à vivre ensemble repose sur le respect des règles de la vie collective. Depuis la rentrée 2006, la note de vie scolaire participe de la démarche éducative. Elle concerne toute la scolarité au collège. Elle est devenue une composante à part entière de l'évaluation des élèves, y compris pour l'obtention du diplôme national du brevet. Il appartient aux recteurs et aux inspecteurs d'académies, directeurs des services départementaux de l'Éducation nationale, avec le concours des IA-IPR et des proviseurs vie scolaire, d'accompagner les efforts des chefs d'établissement pour la bonne application de ce dispositif mis en œuvre par le décret n°2006-533 du 10 mai 2006, par l'arrêté du même jour et par la circulaire n°2006-105 du 23 juin 2006.

La formation de l'élève au sens des responsabilités passe aussi par son implication dans les activités conduites au sein de l'association sportive dont l'existence est facultative dans le premier degré et obligatoire dans les établissements du second degré. La participation des élèves repose sur le volontariat.

Outre la consolidation des réalisations accomplies, et notamment l'accent porté sur la dimension éducative du sport, les efforts porteront sur le développement des activités dans les associations sportives dans les collèges et les lycées et sur leur plus grande fréquentation par les élèves. Lorsqu'ils n'ont pas encore été réalisés, ces progrès sont la condition de l'intégration dans le service des enseignants d'éducation physique et sportive des trois heures consacrées à la formation, à l'entraînement et à l'animation sportives.

Par ailleurs, les établissements scolaires, pour ce qui les concerne, accueilleront les enseignants stagiaires en ayant le souci de favoriser le développement des compétences attendues de l'enseignant telles qu'elles sont définies dans un arrêté relatif au cahier des charges de la formation des maîtres en IUFM publié au BOEN du 4 janvier 2007.

Mis à jour le 28 août 2009
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