Université d'été « La formation continue ouverte et à distance »

Intérêt formatif spécifique de la FOAD et conditions pédagogiques de mise en œuvre

Patrick Mendelsohn, directeur de l'IUFM de Grenoble
(document élaboré à partir de l'intervention de Patrick Mendelsohn)

Je m'intéresse beaucoup à la formation ouverte et à distance, ainsi qu'aux enjeux liés aux technologies dans le domaine des apprentissages. Aujourd'hui, le contexte a changé et la problématique ne consiste plus à démontrer l'intérêt des TIC, mais à banaliser leur utilisation à grande échelle. Les arguments qui consistent à dire que la FOAD peut permettre de faire des économies en matière de formation ne sont plus d'actualité. La FOAD apparaît dans un contexte marqué par une augmentation des besoins en matière de formation.

Les changements en cours ne constituent pas une rupture. Le train est une technologie ancienne qui a évolué en augmentant sa vitesse de déplacement. On a ainsi créé une nouvelle clientèle. De même, la FOAD est une autre manière de faire son métier avec des outils complexes. Elle n'est pas la traduction de changements révolutionnaires au niveau des méthodes : la modification principale est un changement d'échelle. Il sera possible de toucher des publics et des secteurs encore insoupçonnés et cette évolution demandera un énorme effort d'organisation collective.

Dès 1993-1994, nous avons créé à Genève un diplôme faisant appel à la formation à distance. Nous avons aussi construit l'un des premiers serveurs Web en Europe grâce à la proximité de l'organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN).

Des termes à définir clairement

Il faudrait mener un travail de clarification des termes qui existent dans le domaine de la FOAD. On utilise en effet souvent des termes "savants" dont le sens n'est pas toujours partagé. Je me propose d'expliciter ici les éléments qui, me semble-t-il, doivent être pris en compte pour définir la FOAD.

Tout d'abord, celui de la " science " informatique. Il faut toujours régler, dans ce type de formation, des questions relatives aux paramètres, aux variables ou aux fichiers. Un fichier est un objet conceptuel qui n'a pas d'équivalent dans le monde réel : il peut se cloner, se dupliquer, être écrasé, se perdre, etc. Posséder une formation de base en informatique sur quelques concepts simples est nécessaire.

Les " produits multimédia " (films, cédéroms, DVD, etc.) ne constituent pas une révolution pédagogique, ils se placent dans la continuité d'outils comme le manuel scolaire. Par ailleurs, ce sont des produits très chers à réaliser.

Les "Technologies de l'Information et de la Communication" regroupent les outils appartenant au domaine public : le mail, les news, etc.

Les " réseaux " Intranet et Internet existent depuis les années 70. La mise en place du protocole TCP/IP a permis de connecter entre eux ces réseaux. Ce protocole s'appuie sur un certain nombre de règles communes.

Enfin, les " universités virtuelles", comme les autres universités, ont la capacité de délivrer des diplômes, à la différence des organismes de formation tel que le CNED qui sont des opérateurs en matière de FOAD.

Le changement dans la continuité

La FOAD s'inscrit dans l'histoire des évolutions technologiques. Les conditions de sa mise en œuvre reposent sur l'existence de niches technologiques stables et sur l'intégration d'éléments déjà existants.

Les " niches " technologiques stables

Les concepts de traitement de texte ou de tableur, qui n'ont pas changé depuis vingt ans, peuvent être considérés comme des niches technologiques stables. De même, la messagerie électronique qui existe depuis vingt-cinq ans ; de même, les news, les forums ou le Web qui ne changeront pas de nature dans les années à venir. Les modifications apportées à ces produits viseront uniquement à améliorer leur confort d'utilisation.

Il existe en FOAD trois îlots de stabilité sur lesquels nous pouvons nous appuyer :

  1. le campus virtuel (le lieu) ;
  2. la classe virtuelle (le groupe, la communauté) ;
  3. le bureau virtuel (l'individu).

Le bureau virtuel permet de stocker les informations en un seul endroit et ainsi d'éviter l'existence de plusieurs versions d'un même document. Ce concept permet de gagner beaucoup de temps car, quelle que soit sa situation géographique, l'usager se retrouve dans son environnement personnel ; ses papiers, ses documents ainsi que les outils nécessaires pour accomplir son travail sont à sa disposition. De nombreux projets existent dans ce domaine : l'académie de Toulouse travaille sur un projet de bureau virtuel de l'élève ; dans le cadre des appels d'offres sur les campus virtuels, deux projets de bureau virtuel de l'enseignant et de l'étudiant ont été déposés ; à Genève, les bureaux virtuels sont développés depuis 1994. Le CNED travaille sur l'idée de campus virtuel depuis longtemps. L'Éducation nationale se penche sur les concepts de classe ou de bureau virtuels.

La compatibilité des bureaux entre eux est indispensable afin de pouvoir, grâce à Internet, accéder à un bureau virtuel depuis n'importe quel point d'accès.

L'intégration d'éléments existants

Internet permet d'intégrer des fonctions existantes, comme celle du traitement de texte.

Internet ne remplacera ni les livres, ni les films. Au contraire, ce média peut leur donner une seconde jeunesse en facilitant leur diffusion.

La standardisation des environnements

Les environnements informatiques sont standardisés et produisent des automatismes qu'il est très difficile de faire évoluer. La fonction "aide" par exemple est généralement accessible par la touche F1. De même, l'ordre des lettres du clavier est identique à celui des machines à écrire. Cette standardisation, à la fois reposante et contraignante, est un facteur de ralentissement.

La standardisation des environnements a rendu possible l'élaboration d'outils et de réseaux de communication. Le tour du monde en ballon n'a pu être réalisé qu'un siècle après que Jules Verne ne l'ait imaginé et écrit. Son succès a dépendu de la maîtrise de l'assemblage complexe de nombreux paramètres, dont la réunion d'une équipe logistique compétente et la possibilité d'effectuer des calculs et des communications en temps réel. De tels paramètres sont indispensables au pilotage très complexe de la FOAD. Il est nécessaire de travailler au même moment, de façon synchrone, avec des conventions et des règles identiques pour qu'une FOAD réussisse.

Le virtuel au service du réalisme

Le virtuel n'a pas été inventé par Internet

Les contes de fée sont des histoires virtuelles. Le fait que l'on puisse inventer des espaces ou des objets, sans que ceux-ci ne se concrétisent réellement, fait partie du mécanisme même de la pensée. Piaget défini ainsi l'intelligence représentative : " la pensée n'est rien d'autre que de l'action intériorisée ". Cette capacité à travailler dans le virtuel peut nous effrayer. Le problème est l'ancrage à la réalité. Internet ne comporte pas de danger dans ce domaine car c'est simplement un support qui dispose de propriétés particulières que l'on doit exploiter dans la FOAD.

Internet ajoute à la " virtualité " de nouvelles propriétés

Ces nouvelles propriétés sont l'interactivité, l'immersion et le sentiment de participation.

Le musée virtuel du Louvre n'est pas un monde virtuel, mais seulement un livre électronique. Il suffit de cliquer sur un lien pour se retrouver dans une salle. Toutefois, on ne peut ni voir les autres visiteurs, ni interagir avec les éléments qui se trouvent dans la salle. Ce type d'univers n'est donc pas intéressant pour faire de la FOAD.

Au contraire, dans les vrais mondes virtuels, il est possible de parler aux personnes qui se trouvent dans la même salle ou de prendre un objet et de le déplacer dans une autre salle. Ce type d'univers donne un sentiment de totale immersion et de participation. On peut en effet voir les effets des actions que l'on est en train de réaliser. Les mondes virtuels possèdent donc des potentialités formidables qu'il faut exploiter.

Avec la simulation, le virtuel est au service du réalisme. Pour les pilotes de ligne par exemple, la simulation offre plusieurs avantages : elle est moins chère et leur permet de simuler des situations difficiles, tel le crash. Le pilotage des avions s'effectue désormais uniquement par l'intermédiaire d'instruments numériques ; les tourneurs fraiseurs travaillent sur un tableau numérique, etc. Les métiers totalement médiatisés par des instruments sont de plus en plus nombreux, justifiant ainsi pleinement l'utilisation de la simulation et d'outils qui ressemblent à des jeux vidéos.

La fonction des métaphores

L'informatique est une science complexe, précise et technique. Elle n'est pas forcément d'un accès facile. Les informaticiens ont donc créé des métaphores qui se situent entre la logique des machines et celle de l'utilisateur.

Métaphores spatiales et systèmes d'information : la hiérarchie des fichiers, le bureau, le campus…

L'espace est un moyen d'apprentissage très efficace, beaucoup plus puissant que l'écran en deux dimensions. En effet, nous savons depuis toujours nous déplacer dans l'espace, nous orienter, retrouver des objets, etc. La mémoire se sert de l'espace pour mémoriser les objets dans leur contexte. L'espace sert à créer des contextes, il donne du sens et il permet de raisonner.

Les métaphores spatiales sont très intéressantes car il n'est plus nécessaire de comprendre le système d'information pour travailler. Il est alors possible d'aller sur un campus virtuel depuis son bureau.

Sans métaphore spatiale, les documents trouvés en faisant une recherche par mots clés sur Internet sont sortis de leur contexte, les informations concernant l'auteur, ses intentions, la date de création du document sont inconnues. Un espace permet au contraire de créer des contextes qui donnent du sens : on peut voir à quel endroit se trouve un document, depuis quelle date, etc.

Dans le campus virtuel construit à Genève, nous utilisons une métaphore spatiale afin de délimiter la taille de notre ressource. En FOAD, le développement anarchique des ressources, chaque professeur construisant son site dans son coin, constitue un problème que nous avons résolu en instaurant des "règles d'urbanisme" très simples.

Ces règles font apparaître trois niveaux sur notre campus :

•les zones d'enseignement placées sous la responsabilité d'un formateur ;
•à l'intérieur de ces zones, les buildings regroupent un ensemble d'activités ;
•à l'intérieur des buildings, les salles dédiées à une activité.

Cet urbanisme permet de construire les sites sur un même modèle. Chaque bureau peut se recontextualiser en fonction de la salle dans laquelle il se trouve. Chaque année, le building s'enfonce d'un étage et, pour voir ce qui se passe les années précédentes, il faut descendre au sous-sol.

Les métaphores spatiales permettent donc de se donner des règles très simples qui facilitent la recherche d'une information, d'une personne ou d'un lieu.

Internet et la représentation des structures sociales : espaces privés vs espaces publics

Certaines parties de l'Internet sont gratuites et en accès libre. En revanche, d'autres sont privées et nécessitent une clé d'accès. Dans le cas de la FOAD, il est nécessaire de disposer d'une identité pour être reconnu par le système et ainsi être évalué. Dans le monde virtuel, cette identification peut se faire par reconnaissance d'une adresse électronique ou bien par la création d'une "home page" où un avatar serait un personnage virtuel habilité à donner des notes ou délivrer des examens.

Les " prothèses cognitives "

Tout ce que la machine peut faire automatiquement, elle le fera un jour. C'est un processus inéluctable : une machine est faite pour fabriquer des automatismes. Elle permet d'éliminer des tâches répétitives et de diminuer la charge mentale.

Pourquoi apprendre à faire ce que la machine peut faire à notre place ?

La question s'est déjà posée pour la calculette. Elle se pose aussi pour l'orthographe, la traduction, l'écriture manuelle, etc. On ne peut pas empêcher quelqu'un d'utiliser une prothèse pour faire quelque chose qu'il n'est pas capable de faire. Une personne médiocre pourra, en utilisant ces techniques, augmenter ses performances. Il ne s'agit donc pas d'une question mineure. Un des présupposés de l'enseignement selon lequel il faut faire des efforts pour obtenir un succès et tout savoir faire n'est plus vraiment recevable actuellement.

L'intérêt de l'association outils/tâches

L'intérêt n'est pas d'apprendre à utiliser les outils informatiques pour eux-mêmes, mais d'apprendre à résoudre des problèmes à l'aide de ces outils. Il faut apprendre à faire du tutorat avec un mail, à écrire une lettre avec un traitement de texte, à résoudre un problème numérique avec un tableur… Cette association outils/tâches doit être privilégiée. Elle aboutira, pour les enseignants et les formateurs, à la création de nouvelles compétences et de nouveaux métiers. Ainsi, de mauvais enseignants se révéleront peut-être de bons tuteurs. Ces prothèses permettent à certaines personnes de réaliser efficacement des tâches qu'elles n'auraient pu accomplir sans elles.

Les nouveaux modes de représentation

Il faut s'intéresser aux nouveaux modes d'écriture et de lecture, ainsi qu'à la mise en place de nouvelles règles sémantiques et syntaxiques. Il s'agit d'un changement d'une ampleur considérable, semblable à celui qui est intervenu avec l'apparition du livre.

Lire et écrire à l'ère de l'informatique

Les technologies apportent à l'enseignement des prothèses qui vont changer les modes de représentation. L'utilisation d'un traitement de texte ou la lecture en hypertexte change la nature de la communication et de la lecture. Il faut intégrer ces nouvelles techniques dans nos pratiques.

Jean-François Rouet, spécialiste de l'hypertexte, a justement montré que l'écriture et la lecture électronique n'ont pas les mêmes propriétés que l'écriture et la lecture naturelle. La linéarité n'est pas ce qui distingue la lecture électronique de la lecture naturelle. En effet, on ne lit pas un dictionnaire, une encyclopédie, le journal ou une note administrative de la première à la dernière page. La seule différence entre ces deux types de lecture est la vitesse d'accès. Le lien hypertexte permet d'accéder directement à la page souhaitée, ce qui n'est pas possible dans un document écrit où il faut, par exemple, aller chercher un autre livre. Même si la rapidité d'accès à l'information introduit certains inconvénients comme celui de perdre parfois le fil principal de sa recherche, elle constitue l'intérêt essentiel de l'usage de l'outil hypertexte. L'encyclopédie papier va sûrement disparaître parce que l'encyclopédie sur cédérom permet un accès beaucoup plus rapide à l'information.

La visualisation de l'information

Nous sommes habitués à ce que la pensée soit relayée par des supports qui permettent de maintenir l'attention, les étudiants ne suivent plus de cours sans support visuel. On peut critiquer cet état de fait, mais pas le nier. Je pense qu'il faut réduire le nombre de cours, en augmenter la qualité et centrer davantage son activité sur un travail de tutorat à partir de documents visuels. Le "face à face" doit être utilisé pour convaincre, motiver les étudiants et répondre à leurs questions. Il ne sert à rien de faire des cours portant sur des informations disponibles dans les livres. Nous avons travaillé à Genève avec une école privée qui voulait intégrer les nouvelles technologies dans un nouveau bâtiment. L'objectif était de réaliser de petits cours de vingt minutes, les élèves allant ensuite dans des salles pour travailler sous tutorat. Savoir dispenser un cours est aussi important que de savoir rechercher des informations ou faire du tutorat.

Le World Wide Web : le rêve des encyclopédistes

Une information en quantité illimitée qu'il faut organiser

Avoir accès, à partir d'une seule machine connectée, à tous les documents existant au monde est une chose merveilleuse. Tous les documents étant désormais numérisés, il devient possible de réaliser des opérations sur ces documents. C'est tout l'enjeu du format XML (extended market language), un langage de description du document, qui va peu à peu remplacer le HTML (hypertext market language). Il faudra donc fabriquer, discipline par discipline, un vocabulaire qui permette de décrire les documents et leur contenu afin d'avoir un langage commun. L'instauration de règles communes est nécessaire même si elle nous paraît contraignante.

Certains domaines, comme la médecine, sont très avancés en la matière et travaillent sur des documents standardisés en raison des contraintes de l'imagerie médicale, des dossiers des patients, des remboursements, etc. La médecine fonctionne comme une gigantesque base de données partagée sur Internet. Il faudra nous engager dans le même travail en matière de FOAD, afin que tout ce que l'on crée soit structuré de la même façon. Cette structuration existe déjà dans le cas d'articles scientifiques pour lesquels il est nécessaire de respecter un format, de faire une introduction, d'exposer la méthode, le dispositif et les résultats. Ce format nous permettra de partager des bases de données en ligne et de contribuer, chacun, à la construction de bibliothèques virtuelles.

Communiquer autrement

En matière de FOAD, il faut utiliser le bon média pour la bonne communication. Le courrier électronique permet de choisir le moment où l'on va communiquer. Le téléphone est important pour communiquer dans l'urgence. Une visioconférence permet de faire une réunion entre plusieurs personnes qui se connaissent bien. En revanche, c'est un outil inefficace pour dispenser un cours. Il existe une véritable pédagogie de la communication qui doit être intégrée dans la formation des formateurs.

Repenser la pédagogie

Les systèmes d'aide à l'apprentissage

Les cours classiques vont disparaître au profit des systèmes d'aide. Ces derniers respecteront un certain nombre de principes :

  • un enseignement non intrusif : il faut agir et apporter les connaissances aux élèves au fur et à mesure de leurs besoins. Il faut aller à l'encontre des systèmes traditionnels qui fournissent toutes les connaissances et demandent ensuite aux élèves d'agir. La pédagogie basée sur les systèmes d'aide n'est pas nouvelle : la pédagogie Freinet a développé le même concept mais on ne disposait pas alors des technologies nécessaires. L'élève doit apprendre à demander, ce qui n'est pas facile.
  • des systèmes d'aide toujours associés à des tâches significatives : la connaissance prend son sens parce qu'elle est en lien direct avec des besoins. Il faut élaborer, dans toutes les disciplines, des tâches permettant d'acquérir les connaissances indispensables et essayer ensuite de construire autour de ces tâches les aides qui permettront de soutenir les élèves dans leur travail.
  • des systèmes d'aide hybrides et évolutifs : il n'est pas nécessaire de reprogrammer le dispositif quand on ajoute un système d'aide. L'intérêt est de pouvoir choisir parmi les aides celle qui nous convient.

Nous avons tous rencontré un enseignant qui nous a apporté une aide adaptée à notre façon de fonctionner. En revanche, nous avons tous subi un professeur qui se contentait de répéter toujours la même chose. Il est enfin possible mettre en place une pédagogie personnalisée à chaque élève.

Le tutorat en ligne

L'aide apportée à l'élève peut être de différente nature : tutorat à distance ou en présence, FAQ (frequently asked questions) … Les modèles mixtes, enseignement à distance/enseignement en présence, sont également très intéressants. En effet, 80 % des questions posées par les élèves ont déjà été posées. Si une question est récurrente, il faut soit modifier le cours, soit mettre la réponse en ligne. En matière de FOAD, si vous recevez peu de questions par mail, cela signifie que votre système est performant et n'a pas besoin d'être modifié. L'interaction doit être réservée aux questions les plus personnelles ou les plus complexes.

Il faut également valoriser le travail des élèves. A l'inverse de la copie papier, qui reste rangée dans un placard, le travail numérisé des étudiants continue à produire des effets, il peut être consulté par d'autres élèves. Par exemple, un élève qui avait mis en ligne un travail sur la dépendance à Internet a ainsi été interrogé par la Télévision Suisse Romande.

Une réflexion sur les méthodes de travail

Le principe de l'apprentissage en collaboration doit être largement mis en pratique. L'article visionnaire de Schneiderman, "Codex, Memex, Genex, " défend l'idée selon laquelle l'apprentissage peut se faire de façon autodidacte. Grâce à Internet, chacun d'entre nous peut avoir accès aux meilleurs documents et aux meilleurs outils pour un prix très intéressant. Cette intelligence collective est traduite dans le système d'exploitation Linux construit comme une sorte de cathédrale moderne, chacun apportant sa pierre à l'édifice. Cette intelligence collective induit également une nouvelle hiérarchie, une autre façon de faire passer de l'information dans le monde du travail. Internet bouleverse les organisations car chacun dispose des mêmes possibilités d'accès à l'information ou d'interpellation.

La FOAD suppose de régler des problèmes institutionnels mais aussi des problèmes techniques. Il vaut mieux utiliser les outils communs existants, plutôt que d'en inventer de nouveaux. En revanche, c'est aux enseignants de dessiner les nouveaux enjeux pédagogiques et didactiques. Il faut être patient car il s'agit là d'un travail de longue haleine, auquel un grand nombre de personnes se sont déjà attelées.

 

Actes de l'université d'été - La formation continue ouverte et à distance

Mis à jour le 15 avril 2011
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