Séminaire « Partenariat académies - établissements français à l'étranger »

Le partenariat avec les académies

Jean-Claude FORTIER, recteur de l'académie de Lille

J'ai été chargé de vous rendre compte, pour faire un point d'étape, d'une démarche qui a été initiée il y a un an par la DESCO et l'AEFE, et pour laquelle l'académie de Lille s'est portée volontaire. Il s'agit de l'appariement de zones entières du réseau des établissements français à l'étranger avec des académies métropolitaines. L'objectif de la DESCO est de mettre la logistique des académies françaises, dans la mesure du possible, au service des établissements de l'étranger dont la masse critique ne permet d'avoir des ressources propres en termes notamment de formation. La préoccupation de l'Agence est d'inscrire ces établissements dans des partenariats concrets, basés sur les pratiques de terrain, afin de les " connecter " sur les évolutions du système éducatif de notre pays. Je crois que de nombreux chefs d'établissement à l'étranger ont souhaité que les liens avec la France se renforcent. Les académies de France ont de leur côté le souci d'ouvrir l'horizon de leurs enseignants, de leurs élèves, de leurs inspecteurs et de leurs formateurs grâce à des échanges avec les établissements de l'étranger.

L'académie de Lille représente 1, 2 million d'élèves et étudiants, 4 000 écoles et 500 établissements secondaires. Elle s'est portée volontaire pour s'associer aux établissements de l'Océan Indien et plus précisément ceux de l'Afrique Orientale et Australe, de Madagascar et de l'Ile Maurice. A travers ce partenariat, c'est la réussite des élèves qui est en jeu. Parmi les conditions requises pour que l'enseignement délivré permette à chaque jeune de réussir sa préparation à la vie, la plus importante est relative au professionnalisme et à la compétence des enseignants. L'axe prioritaire de ce séminaire concerne d'ailleurs la formation continue des personnels enseignants. Permettez-moi de vous faire part de la " petite " expérience déjà acquise par l'académie de Lille dans le cadre de son récent partenariat, qui est encore en construction.

La formation continue des personnels enseignants

Le partenariat entre les académies et les établissements français à l'étranger essaie de répondre à différents problèmes concernant la formation continue.

L'élaboration de plans de formation

Un diagnostic récent a fait apparaître que la formation continue dans les établissements du réseau de l'Agence est bien intégrée à la pratique professionnelle et qu'elle est bien considérée comme un levier de changement. Mais les pratiques s'inscrivent plutôt dans une logique que l'on pourrait appeler " de consommation " : elles sont construites en fonction d'une offre. Il n'existe pas toujours d'analyses suffisantes sur les besoins propres à un établissement ou à une zone.

Partant de ce constat, nous avons cherché dès les premiers contacts avec les établissements à parvenir à terme à un véritable plan de formation, en lien avec l'analyse des projets. Lorsque j'observe aujourd'hui le plan de formation de l'Océan Indien ou de Madagascar, je constate que cette dynamique avance et prend en compte non seulement les priorités nationales et le projet de l'Agence, mais aussi les réalités locales.

Dès lors, un certain nombre de questions ont émergé. Par exemple, dans les établissements des pays anglophones, comment promouvoir l'enseignement du français ? Comment adapter l'enseignement du français à un public qui n'est pas majoritairement francophone ou qui est français non-francophone ? Quel enseignement de l'anglais dispenser ? Ce sont les premières questions sur lesquelles nous avons buté.

Pour tous les établissements, qu'ils soient dans des pays francophones ou non, la question se pose : comment adapter les programmes en intégrant l'histoire, la géographie et la culture locale pour répondre aussi aux besoins locaux ? Sur les 240 000 élèves du réseau, je crois que moins de 100 000 sont français. Et parmi ceux qui sont français, tous ne sont pas francophones.

Bien entendu, ces questions ne peuvent trouver de réponses qu'au niveau local. C'est ce qui rend notre démarche commune intéressante et stimulante. Notre souci est de valoriser, autant que possible, le travail déjà effectué sur place et de repérer les ressources locales pour les associer à nos thématiques de recherche et de formation. C'est qui est fait par exemple dans les plans de formation élaborés pour l'Afrique orientale et australe et pour Madagascar.

Je crois utile de souligner qu'une certaine homogénéité des problèmes et des pratiques a permis depuis plusieurs années de disposer d'un véritable plan de formation pour le premier degré. Il s'agit d'une base d'appui très appréciable. En revanche, la diversité des contextes et la spécificité des problèmes à résoudre dans les collèges et les lycées expliquent que l'élaboration d'un tel plan pour le second degré se soit révélée être plus compliquée. Heureusement, le travail réalisé en partenariat avec les coordonnateurs de zones du second degré a déjà permis des avancées très intéressantes, qui donnent la possibilité d'envisager des échanges de pratiques ou des formations concrètes. Cela pourrait être des formations disciplinaires sur les nouveaux programmes, des formations ou des échanges de pratiques sur les méthodes, les réformes, ou même sur les mises à niveau en 6ème ou l'aide individualisée en 2nde.

Renforcer la prise en charge commune des réformes

Des perspectives de travail se dessinent et témoignent peut-être déjà du fait que nous sommes capables de renforcer la prise en charge commune des réformes que les établissements français observaient jusqu'à présent de loin.

Nous avons ainsi des projets d'échanges de pratiques et de prestations de formation sur les travaux croisés au collège et les travaux personnels encadrés au lycée. Dans la mesure où l'essentiel de la transformation fondamentale de nos pratiques éducatives passe par ces travaux croisés et ces travaux personnels encadrés, je crois que ce projet est important.

Le problème de la citoyenneté correspond également à un grand enjeu de notre action éducative. Nous avons déjà discuté d'un possible travail en commun sur l'enseignement civique, juridique et social, enseignement qui apporte une transformation fondamentale de la relation de l'école avec la communauté nationale. Il s'agit peut-être du ferment d'une meilleure intégration ainsi que d'une meilleure reconnaissance sociale de notre travail. Cette réforme, à propos de laquelle on a beaucoup écrit et sur laquelle on peut fonder beaucoup d'espoirs, témoigne des pesanteurs de notre histoire et de la frilosité que nous constatons encore. Malgré les circulaires explicatives et réellement pédagogiques qui ont mis en évidence le fait que l'enseignement civique, juridique et social n'est pas une discipline, on peut constater que l'on a reproduit la première année le schéma d'une classe devant son professeur d'histoire et géographie... Nous avons donc parlé de ce sujet de l'enseignement civique, juridique et social, pour lequel nous avons des projets d'échanges de pratiques qui pourront contribuer à l'amélioration réciproque de ce que nous entreprenons. Des formateurs sont en train de se préparer pour une semaine de travail qui sera organisée sur ce thème dans l'un des établissements de notre région partenaire.

La mobilisation des ressources de l'académie

L'académie de Lille mobilise ces ressources, autant qu'elle le peut, pour répondre aux attentes exprimées. Selon leur champ de compétences, ce sont des universitaires, des inspecteurs de l'Éducation nationale, des enseignants formateurs, des documentalistes qui interviennent sous forme de stages. Je pense que ces stages sont une bonne manière de faire de la formation continue, même s'ils ne constituent pas le seul moyen pouvant être utilisé. Au-delà de cette formule classique du stage, qui répond à une demande, nous menons une réflexion pour développer toutes les possibilités qu'offrent les technologies nouvelles, c'est-à-dire une nouvelle façon de communiquer entre nous. Nous espérons avancer assez vite dans ce domaine.

Notre objectif est à la fois de rompre un certain isolement des établissements français à l'étranger par des échanges réguliers de courriers, par l'envoi de notre part des textes d'orientation propres à l'académie de Lille, des notes internes concernant les disciplines ou la mise en œuvre des réformes, des simples comptes rendus de certaines prestations de formation ou des comptes rendus d'échanges de pratiques. L'idée n'est pas du tout de faire valoir ce qui se fait dans l'académie partenaire, mais de proposer l'ouverture d'une réflexion. Les destinataires des " ex-circulaires ", des textes d'orientation, des directives, ne sont plus seulement les établissements de l'académie de Lille mais aussi les établissements partenaires. Nous apprécions que les établissements à l'étranger s'intéressent à ce que ce nous leur faisons parvenir, surtout lorsque cela suscite une critique et permet de faire avancer la réflexion. Nous avons ainsi pu améliorer à deux reprises nos propres pratiques grâce à ces échanges.

Notre objectif est également de fournir des outils pour pouvoir assurer sur place, avec des ressources locales, certaines formations, en particulier pour les personnels ATOS et les recrutés locaux. Nous souhaitons aussi associer les réflexions et recherches locales à un mouvement plus vaste au niveau de l'académie. Il s'agit par ailleurs de valoriser le travail effectué à l'étranger. Un dictionnaire de langue locale a ainsi été réalisé à l'école française de Nairobi, sous forme papier et sous forme d'un CD-rom qui sera produit au cours d'un stage régional des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Nous avons enfin pour objectif commun de réaliser des formes d'accompagnement par le tutorat à distance.

Des échanges nouveaux

Nourrir le partenariat suppose que des échanges soient développés sur les pratiques présentant des spécificités locales. Cela correspond évidemment à un enrichissement pour les académies. Mais c'est aussi le moyen de mettre en œuvre ensemble une dialectique nouvelle.

Ces échanges peuvent être très concrets. Une éclipse totale de soleil est ainsi annoncée dans l'hémisphère sud dans le courant de l'année scolaire. Or un travail avait été mené l'année dernière dans l'académie de Lille au moment de l'éclipse totale qui a concerné le nord de l'Europe. Nous avons donc lancé un protocole d'échange, très intéressant pour les deux partenaires, à partir des acquis de cette éclipse du mois d'août 1999. Ces échanges concernent la géographie, l'histoire ou les sciences naturelles, mais aussi d'autres disciplines comme la mythologie et d'autres approches du savoir. Il s'agit d'une anecdote, mais elle témoigne du caractère très simple des partenariats que nous pouvons développer. Ce sont d'ailleurs souvent ce genre de partenariats qui apportent le plus de satisfaction.

Une exigence : un enseignement de qualité

Notre exigence première, qui justifie au premier chef notre partenariat, est celle d'un enseignement de qualité, qui passe bien sûr par la formation. La moitié des enseignants des établissements du réseau sont en effet recrutés dans le cadre de contrats locaux. Comme leurs collègues titulaires, ces enseignants jouent un rôle majeur dans la formation des élèves. Nous devons tout mettre en œuvre pour que l'enseignement dû aux élèves soit dispensé dans le respect des programmes et des objectifs de l'Éducation nationale. Ne serait-ce qu'en termes d'égalité des chances, pour permettre ultérieurement aux élèves français de réussir leur retour en France. Il en va également de l'image de l'enseignement français et des valeurs sur lesquelles s'appuie notre service public, en particulier par rapport aux établissements anglophones. Nous disposons de tous les atouts pour relever ce défi.

Il existe d'ailleurs une forte demande des enseignants pour bénéficier d'une formation certifiante. Cela répond à des préoccupations diverses, allant de la reconnaissance d'une qualification sur place au développement d'une carrière en France. Je souhaite à cet égard signaler le projet de formation qualifiante pour les contrats locaux d'Afrique de l'Est et australe. Le socle du recrutement pour cette formation sera sans doute le lycée Guébré Mariam d'Addis Abeba en Ethiopie. Ce lycée fonctionne comme un établissement de coopération, avec une très forte majorité d'enseignants et d'élèves du premier degré de nationalité éthiopienne. 18 enseignants sur 29 sont ainsi éthiopiens, anciens élèves du lycée, et n'ont souvent que le niveau du baccalauréat. Dans cet établissement, une institutrice maître formateur intervient, surtout en formation initiale, sur le mode du tutorat. L'objectif est de faire acquérir en deux ans un diplôme universitaire d'éducation et de formation, mis en place depuis plusieurs années par une université lilloise en partenariat avec l'IUFM Nord-Pas-de-Calais. Pour la première étape du dispositif, en 2000-2001, une semaine consacrée à une évaluation de la formation des contrats locaux de ce lycée devrait être proposée dans le plan régional de formation. Cette évaluation sera faite par un professionnel de l'évaluation, de l'académie de Lille (du rectorat ou de l'IUFM). De 2001 à 2003, l'enseignement de la formation diplômante se développera et prendra plusieurs formes adaptées : des modules en formation théorique sur site dans les établissements, suivis par des formateurs de Lille ; un fonds de formation par correspondance, avec déjà des perspectives de développement des NTIC ; un regroupement annuel en France ; un suivi des pratiques de classe avec une évaluation comptant pour le diplôme.

Ceci est en train de se construire autour du lycée Guébré Mariam d'Addis Abeba, mais nous travaillons sur le même projet pour Nairobi. Si de telles initiatives se généralisent, cela posera sans doute des problèmes de moyens, mais peut-être aussi des problèmes de principes ou de politique étrangère. Nous nous heurterons sans doute à des difficultés : lorsque l'on voit que même à l'intérieur du système de l'Éducation nationale on s'interroge sur la légitimité du déplacement des IPR... Mais si nous ne sommes pas volontaristes, si nous n'engageons pas nos énergies dans ces projets, je crois que nous échouerons.

L'orientation des élèves

A côté de la formation continue, d'autres domaines méritent notre attention partagée, notamment les actions liées à l'orientation des élèves. L'orientation des élèves pose problème en France, mais aussi dans les établissements français à l'étranger. Je pense donc que l'orientation deviendra un autre élément fondamental du partenariat qui se dessine.

Cela se traduit pour notre académie par la mise en relation des établissements de l'Afrique orientale et australe avec nos Centres d'Information et d'Orientation (CIO). Ces relations portent par exemple sur l'organisation de stages en entreprise ou sur la signature d'une convention entre l'établissement, les parents et les entreprises. Ce partenariat doit aussi être une opportunité pour favoriser la recherche d'un référent ayant fonction de conseil dans ce domaine. Les établissements pourraient s'adresser à ce référent à leur gré. Celui-ci pourrait favoriser la participation à la formation à distance de personnels exerçant une fonction d'orientation dans le réseau, même si ces derniers ne sont pas des conseillers d'orientation psychologues.

On peut par ailleurs offrir la possibilité d'accueillir des élèves après le baccalauréat dans nos préparations post-baccalauréat, dans nos classes préparatoires, dans nos universités. L'organisation de l'accueil serait spécifique pour ces élèves. L'un des grands problèmes sur lequel nous butons depuis 35 ans est en effet que nous n'allons pas assez loin dans l'accompagnement des élèves, notamment étrangers, que nous avons en charge dans nos établissements de l'étranger. Ces élèves disent quelquefois que nous les abandonnons après le baccalauréat. Le partenariat permettra peut-être d'avancer, grâce à un accueil chaleureux et de qualité dans les académies partenaires.

L'académie de Lille attachée à un partenariat vivant

Dans le partenariat qui a été mis en place, l'académie de Lille a une ambition intéressée : nous ne voulons pas être seulement un fournisseur d'aide et apparaître comme des donneurs de leçons. Au contraire, nous souhaitons apprendre de nos nouveaux partenaires et faire exister un véritable échange. L'adaptation du français à un public non francophone est par exemple intéressante pour l'académie de Lille. C'est l'occasion de former certains de nos enseignants à la didactique du français-langue étrangère. A Roubaix, Tourcoing, Maubeuge ou Calais, nous avons des publics non francophones ou semi-francophones, issus d'immigrations récentes, qui représentent une part très importante de nos classes. Pour ces élèves, l'expérience et le savoir-faire de nos nouveaux partenaires pourraient être très précieux. De surcroît, les démarches didactiques du français-langue étrangère pourraient profiter à l'enseignement du français en France.

Je pourrais citer également l'exemple de nos sections européennes. Il en existe 150 dans l'académie de Lille, mais nous voulons aller plus loin. Ces sections européennes pourraient sans doute tirer profit de l'expérience multilingue de nos partenaires.

L'académie de Lille est donc ambitieuse. Nous désirons mettre en place des échanges d'informations, de formations et peut-être, à terme, des échanges inter-établissements de professeurs et d'élèves. Notre objectif est que notre coopération soit pour chacun des partenaires un enrichissement. Nous pouvons déjà constater que c'est possible. Sans aller jusqu'à l'euphorie, nous sommes réellement optimistes. J'espère que l'expérience acquise par l'académie de Lille encouragera les autres académies à s'engager dans cette démarche.

Je suis pour ma part très attaché à ce que ce partenariat soit vivant et se développe. Tout en étant attentifs à ce que que les objectifs soient atteints en matière de formation des enseignants, il est essentiel que nous soyons aussi peu dirigistes que possible : nous devons faire en sorte de créer des relations simples et naturelles, de vrais échanges entre les personnes et non entre les institutions. Je suis persuadé que sans contrainte et de façon agréable, nous parviendrons à renforcer notre potentiel de formation en France et à l'étranger. Nous contribuerons ainsi à ce que les élèves des établissements français de l'étranger aient de meilleures chances de réussir leur formation et leur suite d'études en France ou dans un autre pays. Nous donnerons également aux jeunes des écoles, des collèges et des lycées de France de meilleures chances pour réussir leur ouverture au monde.

Echanges avec la salle

Jacques VERCLYTTE

Je suis certain que cet exposé suscitera de nombreuses questions.

Vous avez pu constater que la modification des pratiques passe par la formation. Mais comme vous l'avez dit, il ne s'agit pas d'une relation dispensée par le plus " fort " pour le plus " faible ". Au contraire, la relation repose sur des échanges de pratiques.

Jean-Michel FOUQUET

Je suis proviseur du lycée de Londres. Mon établissement a des relations privilégiées avec l'académie de Lille en ce qui concerne la correction des épreuves du baccalauréat par exemple, mais aussi avec le CIO de la Madeleine qui nous apporte beaucoup en termes d'orientation et d'information.

Nous sommes désormais jumelés avec une autre académie, celle de Nancy-Metz. Nous avons d'ailleurs commencé un partenariat que j'estime tout à fait porteur en ce qui concerne les formations.

J'aimerais avoir de votre part plus d'assurance que notre relation avec le CIO de la Madeleine se poursuivra. J'espère que de la même façon, nos élèves continueront à être corrigés pour le baccalauréat par les personnes de la rue Saint-Jacques...

Jean-Claude FORTIER

Si ce dispositif vous convient, il n'y a pas de raison de l'interrompre. Le partage des différentes zones couvertes pas l'Agence dans le monde n'est pas fait pour détruire les liens qui préexistent. Si ces liens sont satisfaisants et suffisamment forts, ils peuvent être maintenus.

L'académie de Lille souhaite donc continuer à travailler sur les questions relatives à l'orientation avec le lycée de Londres, mais aussi avec les lycées de La Haye et de Bruxelles.

Jacques VERCLYTTE

Le partenariat ne doit pas remettre en cause des relations déjà existantes. Toutefois, il va de soi qu'il doit y avoir progressivement une certaine polarisation au niveau d'une académie. L'objectif est que se mette en place un partenariat institutionnel. Distinguer les interventions du CIO du reste des actions que l'on mène avec une académie serait artificiel.

De la salle

Dans un avenir plus ou moins proche, peut-on imaginer que l'organisation du baccalauréat se fera dans le cadre d'un partenariat non éclaté pour nos zones géographiques ?

Jacques VERCLYTTE

Cette question relève de la pleine responsabilité de la DESCO. Il est vrai qu'il faudra que nous y réfléchissions bientôt.

Le découpage primitif a été aléatoire, sauf pour l'académie de Lille et l'Angleterre pour des raisons de proximité. C'est du ressort de la DESCO d'interroger les différentes académies, les recteurs et les responsables des services des examens, pour voir s'il est possible de mieux rationaliser.

De la salle

Un recensement et une communication des modalités de mise en œuvre des divers partenariats sont-il prévus ? Cela permettrait en effet d'alimenter le champ des possibilités et de favoriser le développement de ce genre de partenariats.

Jacques VERCLYTTE

Vous posez le problème de l'information du réseau français et du réseau à l'étranger. Vous qui êtes à l'étranger, vous déplorez quelquefois d'être accablés par un nombre considérable d'enquêtes. Au moment propice, nous vous demanderons d'effectuer un bilan du partenariat. Nous pourrons ainsi enrichir le débat.

Avec la DESCO, nous allons très rapidement étudier s'il ne faut pas, après une phase de mise en route, en arriver à une certaine formalisation souple du partenariat.

De la salle

Je suis proviseur du lycée français de Tananarive. J'estime que ce partenariat arrive au bon moment. Les établissements étaient en effet dans une période d'incertitude, notamment en ce qui concerne la mise en place de réformes.

La seule chose qui nous préoccupe aujourd'hui, c'est la stabilité des équipes partenaires. Je pense qu'il serait important que dans les deux années de démarrage, les équipes des académies puissent être stables. Les échanges directs sont en effet très importants pour la qualité de ce partenariat.

Jean-Claude FORTIER

Je pense qu'une telle stabilité sera possible. C'est dans cette perspective que nous nous sommes engagés.

Dans l'académie de Lille plus qu'ailleurs, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes en termes de ressources humaines. Pour des raisons mystérieuses, le taux d'attractivité de l'académie de Lille ne contribue pas à un renouvellement " tourbillonnant " des équipes... Paradoxalement, l'académie de Lille est la plus jeune de France non seulement pour ses publics d'élèves mais aussi pour ses publics de professeurs, recrutés en son sein dans des conditions que les biologistes critiqueraient mais qui sont la force de cette académie en termes de continuité...


Actes du séminaire national Partenariat "académies - établissements français à l'étranger"

Mis à jour le 15 avril 2011
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