Séminaire « L'enseignement des sciences et de la technologie à l'école »

Clôture des travaux

Jean-Pierre Sarmant, président du Comité de suivi national du plan de rénovation

Je reviendrai brièvement sur le thème des accompagnateurs. Je préfère ce terme à celui d'intervenant, car il est bien entendu que le maître doit continuer à diriger l'enseignement. S'il le souhaite, il peut bénéficier d'une aide, qui ne peut en aucun cas se substituer à sa propre mission. Le statut des maîtres accompagnateurs continue aujourd'hui à poser question et c'est pourquoi je souhaiterais clarifier certains points.

Utilité et statut des accompagnateurs

La présence des accompagnateurs est souhaitable, mais reste conditionnée à la volonté des instituteurs. Il n'est pas question de leur imposer une aide quelconque. Ils doivent être convaincus du bien-fondé de cette initiative. Ceci suppose que l'accompagnateur soit correctement formé, car il devra assumer une véritable mission pédagogique. Or, en la matière, toute improvisation est proscrite. Il s'agit en effet d'un véritable métier, manifestement pas à la portée de tous.

Le plan de rénovation des sciences prévoit que l'enseignement des matières scientifiques et technologiques soit prodigué partout et ce, que l'instituteur dispose ou non d'un accompagnateur. Il n'est pas question de mettre en avant cette excuse pour se dispenser d'offrir un enseignement de qualité dans ces disciplines.

Clarifier les objectifs attendus

Afin que ce travail puisse être mis en œuvre dans les meilleures conditions, il convient de clarifier les objectifs attendus. Les initiatives mises en œuvre grâce à La Main à la pâte reposent sur le principe du volontariat. Dans le cadre des nouveaux programmes, il ne sera plus question de volontariat, mais d'obligation. L'enseignement des sciences fait partie des obligations professionnelles des instituteurs. Nous souhaitons vivement que cette évolution se mette en œuvre dans l'enthousiasme et, pour cela, il conviendra de convaincre les maîtres de leurs capacités à assumer cette mission.

Ils doivent être assurés qu'ils ne seront pas désemparés face à un questionnement dont ils ne maîtrisent pas l'aboutissement. Cela ne signifie pas que l'instituteur ne doive fournir aucun travail de recherche. Il doit préparer avec soin les thèmes qui seront abordés en classe. Face à une situation initiale, il est possible de repérer plusieurs issues. Il convient bien entendu de laisser s'exprimer l'originalité et la curiosité des enfants, mais il est néanmoins nécessaire de les orienter vers des pistes maîtrisées par l'enseignant.

Ceci induit que les objectifs fixés ne dépassent pas les possibilités du maître. Les programmes qui seront mis en place tenteront de répondre à cette nécessité. Les objets de connaissance y seront clairement définis. Par là, je ne suggère pas que les programmes à venir seront plus performants que les précédents. Nous comptons néanmoins apporter une aide supplémentaire en précisant les compétences et les connaissances attendues par thème. Des limites de connaissances seront également établies, c'est-à-dire que les maîtres ne seront pas tenus d'apporter des informations qui excèdent un certain niveau. Je prendrai un exemple pour illustrer mon propos. Il est possible que les maîtres n'aient pas à aborder les thèmes de la physique atomique et nucléaire dans le cadre des enseignements traitant de la matière.

Dans le cadre de leurs obligations professionnelles, les enseignants ne seront pas tenus d'aborder ces notions. Qu'ils se rassurent : on ne leur demandera pas de maîtriser des connaissances scientifiques qui dépassent leur niveau de compétences initiales. Les connaissances relatives à l'eau pourront se résumer aux processus de transformation comme l'évaporation, la congélation ou l'ébullition. L'eau ne disparaît pas et se transforme à des températures de 0 degré et de 100 degrés Celsius. Vous admettrez que ce contenu ne devrait pas déstabiliser les maîtres qui ne sont pas issus d'une formation scientifique. Le contenu souhaitable et limitatif des enseignements sera décrit dans les fiches connaissances.

Le plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie ne doit pas être compris comme une action isolée. Il n'est que l'un des composants d'une politique plus globale qui intègre d'autres nouveautés. Cette initiative doit participer au maintien d'un enseignement de qualité, accessible à tous.

Actes des séminaires interacadémiques - L'enseignement des sciences et de la technologie à l'école

Mis à jour le 15 avril 2011
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