Séminaire « L'enseignement des sciences et de la technologie à l'école »

Ouverture des travaux

Le plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école : contexte et accompagnement

Bernard Maccario, sous-directeur, direction de l'Enseignement scolaire

Ce séminaire interacadémique, le premier d'une série de trois, appartient au dispositif national d'accompagnement du plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école. La présence à ce séminaire du représentant de l'Inspection générale des sciences physiques et des sciences de la vie et de la terre prouve l'intérêt de ce plan de rénovation non seulement pour l'école primaire, mais également dans la perspective d'une recherche de cohérence entre l'école et le collège. Le système éducatif est entré dans une période de réflexion intense sur son propre devenir. Le ministre de l'Éducation nationale a souhaité mettre en place, à l'instar des disciplines de l'enseignement secondaire, un groupe d'experts, présidé par le recteur Joutard et chargé de la réécriture des programmes de l'enseignement primaire, motivé par certaines innovations annoncées par le ministre, telles que l'enseignement des langues vivantes, la rénovation de l'enseignement des sciences, ou encore l'éducation artistique et l'action culturelle.

Autres preuves du souci de cohérence, Jean-Pierre Sarmant est l'un des membres associés de ce groupe, et le recteur Joutard est également chargé par le ministre d'une réflexion sur le collège.

Au-delà du seul enseignement des sciences, une réflexion est donc conduite dans un souci de cohérence verticale, entre les différents cycles, et horizontale, entre les différents contenus d'enseignement, fondée sur la recherche d'articulation et de complémentarité. L'un des axes forts du plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école est justement d'avoir recherché, dans ses contenus fondateurs, une liaison forte avec les apprentissages fondamentaux, en particulier avec la maîtrise du langage, qui demeure l'un des objectifs prioritaires de l'école.

La rénovation de l'enseignement des sciences a fait l'objet d'un texte à propos duquel chacun a commencé un travail d'appropriation avec les enseignants au niveau du terrain, qu'il s'agisse du département ou de la circonscription.

Le contexte du plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école

Le contexte social

Le plan de rénovation doit permettre à l'école de mieux répondre aux besoins de la société, qu'il s'agisse du développement d'une culture scientifique pour tous, mais également du souci de voir davantage de jeunes gens et de jeunes filles s'orienter vers des formations, puis des professions scientifiques. Le tassement de ces filières, effectif depuis quelques années, préoccupe en effet le ministre. La mise en place de ce plan dès l'école primaire traduit ainsi la volonté de donner une impulsion nouvelle à l'enseignement des sciences.

Le contexte pédagogique

Il s'agit de l'opération La main à la pâte, développée par le ministère de l'Éducation nationale au cours des dernières années, et qui constitue un point d'appui extrêmement fort à la mise en place du plan de rénovation. Personne n'ignore ce que ce dispositif doit à l'implication de Georges Charpak, qui, par son engagement personnel, a su donner vie et souffle à cette opération et traduire médiatiquement son intérêt, touchant ainsi le grand public.

Le bilan de cette opération est extrêmement positif, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. De la qualité de ce bilan découle la perspective d'étendre les principes pédagogiques à l'œuvre dans cette démarche à l'ensemble des classes. Cette orientation a présidé à l'élaboration du plan dont le programme, s'il s'inspire de La main à la pâte et lui est étroitement associé, n'en est pas moins distinct. La main à la pâte constitue cependant le pôle innovant, la référence du plan de rénovation, qui s'appuie sur ses principes.

Ces principes sont connus. Il s'agit de développer une approche pédagogique, visant à centrer la découverte des sciences en suscitant la curiosité de l'enfant, perçue comme moteur d'exploration des phénomènes de l'environnement quotidien et des connaissances. Certaines directives ont déjà été données aux maîtres dans ce sens.

Ce plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école dépasse le seul enseignement scientifique, tant dans la méthode, basée sur le principe des méthodes actives, que dans l'étendue des domaines d'apprentissage visés, en particulier à travers l'utilisation de l'expression écrite et orale, en termes de précision exigée dans les prises de parole. Il contribue donc à la réalisation des objectifs prioritaires définis quant à la maîtrise de la langue.

Il permet également de modifier le rapport de l'élève au savoir, donc le rôle respectif de l'élève et de l'enseignant. Il s'agit de l'une des questions centrales, révélée à la lumière des séminaires interacadémiques organisés en octobre et en novembre 2000 à l'intention des inspecteurs de l'Éducation nationale (IEN). Un atelier sur la rénovation des sciences a été organisé dans chacun de ces séminaires que le ministre a par ailleurs tenu à ouvrir et à présider. Un document de synthèse, produit grâce aux rapporteurs de ces ateliers, donne un état des réflexions induites au sein des corps d'inspection. Quelques-uns des grands axes seront sans doute révélés au cours de ce séminaire.

Par ailleurs, ce plan s'appuie sur la consultation des documents d'application des programmes, conduite à la rentrée 1999, et qui a fait l'objet d'une publication dans un Bulletin officielspécial, montrant que les principes pédagogiques présidant au plan de rénovation sont en adéquation avec les souhaits formulés par les enseignants.

L'accompagnement du plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école

La première phase de mise en œuvre de ce plan est de trois ans. La démarche est identique à celle qui préside à la généralisation de l'enseignement des langues. Il est en effet prévu de décliner ce plan sur chacun des cycles à partir du cycle 3.

Le rôle de la direction de l'enseignement scolaire

Le plan de rénovation est conçu pour être un outil de travail des équipes pédagogiques. A ce titre, la direction de l'enseignement scolaire s'est engagée, à travers des séminaires de cet ordre, dans un travail d'accompagnement des équipes, relayé au plan académique et départemental. Le plan national de formation ne s'est pas transformé en programme national de pilotage uniquement en raison d'une volonté de changer de sigle, mais en raison de la volonté d'affirmer que la formation continue constitue un élément de pilotage du système éducatif, au niveau national, académique, départemental, voire de la circonscription. Il s'agit en tout cas d'un moyen important mis à la disposition des décideurs afin d'influer sur les pratiques et de faire passer certains messages, parmi lesquels celui de la cohérence est particulièrement important. Par ailleurs, ce programme positionne le niveau national comme lieu de ressource du pilotage académique et départemental. C'est pour cette raison que, largement aidé par les moyens supplémentaires dus aux crédits inscrits dans le cadre du collectif budgétaire, la direction de l'enseignement scolaire a lancé, au cours du premier trimestre de l'année scolaire 2000-2001, un nombre important d'actions, nationales ou interacadémiques. L'objectif est que les participants, dont ceux de la présente session, deviennent des vecteurs de démultiplication au niveau des départements et des circonscriptions. Une structuration forte et cohérente entre les différents niveaux prédomine d'ailleurs dans la mise en place de ce plan.

Le rôle du comité de suivi national

Ce rôle est important dans le cadre du pilotage national concernant l'enseignement des sciences. Jean-Pierre Sarmant est le président de ce comité, auquel est associé un groupe technique chargé de la partie conceptuelle du dispositif d'accompagnement. Celui-ci a pour but d'impulser la réalisation de documents et la tenue de séminaires.

Pour conclure

L'objectif essentiel de ce séminaire est donc de contribuer à la mobilisation des équipes départementales, d'encourager les formes de mutualisation, puisque la mise en oeuvre du plan a déjà débuté dans les départements et les circonscriptions, et, par-delà cette mutualisation, de constituer un réseau national d'échange autour des enseignements scientifiques à l'école.

La direction de l'enseignement scolaire a créé le site " ÉduSCOL " afin d'informer, de nourrir les réflexions et de mettre à la disposition des équipes les ressources nécessaires.

Les travaux engagés dans les départements et le capital que représente l'expérimentation de La main à la pâte suscitent la confiance quant au développement de ce plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école. Les chantiers ne manquent pas. Leur mise en oeuvre et leur réalisation sont suivies par le ministre. Il est également important d'adopter un point de vue et des démarches favorisant la cohérence de chacun d'entre eux. Le programme de ce séminaire a été élaboré en liaison avec Jean-Pierre Sarmant et un certain nombre de personnes ressources de la direction de l'enseignement scolaire (DESCO). Remercions François Chevalériasetceux qui l'ont assisté pour leur implication personnelle, et félicitons-nous de la contribution de collègues d'académies. Ce séminaire résulte donc d'un travail d'équipe, au sein duquel la direction de l'enseignement scolaire trouve sa juste place, en animant et en impulsant non pas seule, depuis le niveau national, mais en liaison étroite avec les académies et les départements.

De La main à la pâte au plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école

Jean-Pierre Sarmant, inspecteur général, président du comité de suivi national du plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école

L'opération La main à la pâte

L'hommage à La main à la pâte et à son initiateur a été rendu par le ministre de l'Éducation nationale lui-même, lors de sa conférence de presse du 20 juin 2000, donnée à l'occasion de l'ouverture du plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école.

Cependant, La main à la pâte n'est pas le seul point d'appui du plan de rénovation. L'enseignement des sciences à l'école a une histoire longue et intéressante, que traitera Jean-Michel Bérard en resituant le plan dans une perspective historique.

La main à la pâte est à l'origine de l'initiative du plan de rénovation qui reconnaît cette filiation, y compris dans ses préconisations. Une très large partie des actions futures suit l'expérience accumulée dans La main à la pâte. Cependant, il s'agit désormais de déterminer ce qui va être fait.

L'ensemble de la documentation est mise en ligne et accessible depuis certains sites Internet. L'un d'entre eux, " eduscol.education.fr ", est celui de la direction de l'enseignement scolaire. Il contient une déclaration commune de l'académie des sciences, de la DESCO et du comité de suivi national du plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école. Cette déclaration précise l'avenir de La main à la pâte.

Le plan n'est pas destiné à remplacer ou à prendre la relève de La main à la pâte qui serait donc condamnée. En revanche, il ne consiste pas non plus à généraliser le dispositif de La main à la pâte.

L'un des ingrédients constitutifs de La main à la pâte réside dans l'aide apportée physiquement par les intervenants extérieurs, notamment les universitaires. Le plan ayant force de loi et s'adressant à l'ensemble de la population scolaire, cette aide, quoique souhaitable et utile lorsqu'elle est possible, ne peut être obtenue partout. Or il n'est pas souhaitable que cette impossibilité devienne un prétexte à l'absence d'initiative.

Il est donc nécessaire de composer sans ce relais, ce qui rend la problématique différente. Le plan s'adresse désormais au " milieu lointain ", qui n'a pas été touché par La main à la pâte et qui ne pourrait l'être à échéance raisonnable. Certes, en région parisienne, les intervenants extérieurs sont souvent présents, mais il est nécessaire de composer avec l'idée qu'ils peuvent ne pas l'être.

L'opération La main à la pâte n'est pas non plus terminée. Il était souhaitable que l'Institution prenne parti en affirmant que les sciences doivent être enseignées et en expliquant comment elles doivent l'être. Il s'agit de la raison d'être du plan. Cependant, un texte, même paru au Bulletin officiel(BO), ne résout pas tout. Il est nécessaire d'y adjoindre des moyens, matériels et humains. Par ailleurs, La main à la pâte a généré une logique de diffusion, reposant sur de nombreux acteurs engagés et enthousiastes. L'objectif est donc de croiser les deux logiques.

La formule retenue dans le BO du 15 juin 2000, définissant le plan et figurant en première page du document de référence, est la suivante : " le plan prend en compte l'expérience issue de La main à la pâte, l'intègre en tant que pôle innovant ".

Définition du plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école

Le plan reconnaît l'existant, ainsi que des formules cohérentes, quoique démarquées par rapport à La main à la pâte. Cependant, le public visé n'est plus le même, et la parole est cette fois-ci celle du ministère de l'Éducation nationale.

Il indique notamment que l'enseignement des sciences et de la technologie doit être effectif dans toutes les classes. Cette apparente banalité est en fait un rappel à l'ordre, car cette effectivité n'était jusque-là guère frappante. L'un des premiers résultats recherchés est en effet d'imposer l'enseignement des sciences.

Sur le plan pédagogique, l'objectif du plan est que les élèves s'interrogent, agissent de manière raisonnée et communiquent, qu'ils construisent leurs apprentissages en étant acteurs des activités scientifiques.L'objectifn'est donc pas d'enseigner les sciences, et encore moins des disciplines scientifiques. Il ne s'agit donc pas de faire des cours de SVT, physique-chimie ou technologie. Ce point sera d'ailleurs précisé dans les programmes. Il s'agit en fait de gérer l'acquisition et la construction de connaissances par l'enfant. Ces connaissances peuvent par ailleurs avoir des disciplines ou des sciences de référence, mais ce n'est pas là l'essentiel. Il ne s'agit pas d'un cours, mais d'une procédure dans laquelle le questionnement de l'élève, guidé par le maître, joue le rôle premier.

Le travail en groupe, l'échange et le comportement, c'est-à-dire le respect d'autrui, tiennent également une place importante au sein de la procédure, qui va bien au-delà des objectifs usuels d'un cours de science.

La correction et l'expression, orale ou écrite, la consignation écrite des résultats au moment de leur confrontation au savoir établi constituent des points essentiels. En effet, si les diverses expériences du passé ont donné lieu à d'excellents résultats concernant l'initiative et l'encouragement de la curiosité, il est également indispensable de " fermer la marche ", en s'assurant que la démarche expérimentale ou d'investigation aboutit bien en définitive à l'acquisition de savoirs nouveaux.

Découlant du BO, un document a été réalisé par le groupe technique que j'anime et intitulé provisoirement Guide d'analyse d'une séquence. D'autres documents vont être mis en circulation. Ils ont un caractère provisoire, comme cela est indiqué dans leur en-tête même, pour une double raison. Tout d'abord, le groupe technique est associé au comité de suivi. Ces documents n'auront donc une valeur définitive qu'après être passé par la critique du comité de suivi. De surcroît, les membres du groupe technique, qui ont déjà accompli un travail considérable, souhaitent tout d'abord entendre les remarques ou suggestions des participants du présent séminaire avant de reprendre la rédaction de leurs documents.

Si l'on compare le Guide d'analyse d'une séquence aux principes très généraux de La main à la pâte, l'esprit reste le même, mais le guide va plus loin. Il ne s'agit certes pas d'une leçon type, ce qui serait par trop normatif, mais d'un document opérationnel. L'ambition est de décrire à un maître qui n'a pas vu ce type de séquence la façon dont elle est susceptible de se dérouler. Par ailleurs, des séquences précises, intégrant la mise en application d'une méthodologie, seront produites ultérieurement. Il s'agit pour l'instant d'élaborer un canevas.

Les moyens du plan

Le BO précise les moyens financiers et les moyens humains. Par ailleurs, il est nécessaire de préciser quelles sont les activités du comité de suivi et du groupe technique. L'œuvre à accomplir est gigantesque : 55 000 écoles sont concernées. De surcroît, les maîtres n'ont majoritairement pas reçu de formation scientifique. Ce dernier problème ne doit pas être nié, mais au contraire envisagé de manière frontale. Il s'agit donc d'aider ces maîtres, tout d'abord par le biais d'actions de communication, à l'instar de ce séminaire ou d'universités d'été.

Certains travaux entrepris par le groupe technique concernent d'ores et déjà les actions d'information et de début de formation. Une liste bibliographique à caractère également provisoire a été élaborée autour du CNDP. Il est évidemment impossible de parvenir à l'exhaustivité en la matière. De surcroît, cette liste est évidemment indépendante du plan lui-même. Tous les sujets ayant trait à l'enseignement des sciences à l'école ont été retenus sans ostracisme. Le plan lui-même n'existait pas encore au moment de l'élaboration de ces documents. Dans quelques mois devrait paraître une autre liste, plus restreinte mais comprenant également des œuvres sur tout support, prenant en compte le plan et adaptée à ses objectifs.

En dehors du Guide d'analyse d'une séquence, il existe un autre texte d'orientation, le Statut de la recherche documentaire, qui sera disponible prochainement. Ces documents seront tout d'abord mis en ligne, avant d'être ultérieurement diffusés sous forme papier. Il ne suffit en effet pas de diffuser sur Internet pour communiquer vers toute la France. L'évaluation du taux effectif de perception dans les écoles est difficile, mais le résultat est de 15 à 20 %. Un cédérom regroupant des ressources est par ailleurs prévu, dont l'efficacité devrait être plus grande.

D'autres aides sont en cours d'élaboration. L'essentiel sera le document d'accompagnement des programmes 2000, qui sont en cours d'élaboration par le groupe du recteur Joutard, le document d'application ne constituant en effet qu'une étape.

La mission qui m'a été confiée par le ministre est d'assurer la cohérence entre le plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école et ces programmes.

Les programmes, le plan, le document d'accompagnement rédigé au cours de l'année scolaire 2001-2002, sur lequel nous commençons d'ores et déjà à réfléchir, les textes d'orientation préfigurant des éléments qui se retrouveront dans le document d'accompagnement : tout cela formera un ensemble cohérent.

La mise en cohérence des actions peut intervenir d'une autre façon. Le ministre considère que le plan préfigure des actions qu'il entend conduire au collège et au lycée. Le recteur Joutard préside d'ailleurs une autre commission chargée de réfléchir au collège et à son avenir, à laquelle j'appartiens également. Il s'agit donc d'une politique de grande ampleur.

Il arrive que d'importantes actions telles que le plan de rénovation rencontrent un certain scepticisme, voire une inquiétude, de la part des acteurs habitués aux grandes actions ministérielles qui sont lancées et retombent dans l'oubli. Certains éléments du plan conduisent toutefois à envisager une pérennité vraisemblable. Il s'agit tout d'abord d'une action dont les racines sont anciennes et profondes. La main à la pâte peut ainsi être considérée comme une expérimentation menée sur la durée (plus de quatre ans) et de grande ampleur (au moins 2 % des classes concernées).

De surcroît, une forme de consensus se fait jour vis-à-vis de l'enveloppe générale de la méthode adoptée. Il y a évidemment des discussions portant sur des détails, mais on ne constate pas d'importantes hésitations concernant l'objectif et le caractère positif de ce qui est entrepris. Les opinions diffèrent quant à la faisabilité du plan car il s'agit d'une entreprise très difficile. Je précise que cette action a été poursuivie sous trois ministères successifs. Enfin, l'académie des sciences soutient fortement ce plan depuis le début de l'opération.

La démarche peut se résumer ainsi : " du questionnement à la connaissance en passant par l'expérience ". Le mérite d'un slogan est la brièveté, son principal défaut étant sa dimension réductrice. Le terme d'expérience doit être appréhendé au sens large. Ce terme n'est en effet pas reçu de façon identique au sein des différentes composantes disciplinaires de l'opération. Pour les sciences physiques, cela ne pose aucun problème. Pour la biologie et la technologie, la compréhension à donner au terme d'expérience est à prendre dans un sens plus large. On ne peut évidemment pas toujours, même en physique d'ailleurs, expérimenter directement, pour des raisons de moyens disponibles, de prudence matérielle, de déontologie. Cela est encore plus vrai en biologie. Enfin, le terme " expérience " ne possède pas la même signification en technologie, où l'expérience est une démarche permettant d'aboutir à l'élaboration, à la construction d'un objet. L'expérience doit ici s'entendre au sens de démarche d'investigation, partant donc d'un questionnement. Il ne s'agit en tout cas aucunement de vérité révélée, assénée par un maître.

Par ailleurs, une démarche expérimentale est extrêmement souhaitable, mais elle n'est pas la clé de tout. Elle doit être abordée sans naïveté. Un document pourra être consulté à ce sujet, concernant la prudence à avoir vis-à-vis de l'exploitation de la démarche expérimentale. Une partie de l'intervention de Jean-Michel Bérard en fera état, et ce texte sera disponible sur le même serveur.

Objet du séminaire

Il s'agit d'apporter des éléments de réponse aux questions des participants et de les écouter, les deux points étant aussi essentiels l'un que l'autre.

Pourquoi le plan ?

L'ambition ne relève pas de l'enseignement des sciences mais de la formation générale de l'enfant. Cette action est intégrée aux apprentissages fondamentaux, comme en témoigne l'importance des aspects linguistiques et comportementaux. L'échec de précédentes tentatives concernant l'enseignement des sciences était dû à la conviction que le temps consacré à cet objectif était prélevé sur les fondamentaux. Cette ambition du plan doit donc non seulement être affirmée, mais également se transformer en réalité.

Il faut enfin préciser que le comité de suivi est constitué de hauts responsables, dont le directeur de l'enseignement scolaire et l'un des secrétaires perpétuels de l'académie des sciences. Le groupe technique est quant à lui constitué d'une vingtaine de membres, majoritairement des acteurs de terrain. Les avis des participants de ce séminaire sont donc importants.

Par ailleurs, la présence à ce séminaire de Jean-Michel Bérard et du doyen Yves Guérin témoigne de l'attention accordée par le groupe de l'enseignement primaire au plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école.

Le public concerné

Les participants aux séminaires étaient, en très grande majorité, des personnels du premier degré effectivement investis dans la mise en œuvre des orientations fixées par le plan de rénovation, et notamment dans l'animation pédagogique des maîtres (IEN, maîtres ressources, conseillers pédagogiques). Ont également participé différents partenaires du plan de rénovation, mobilisés pour cette mise en œuvre (IA-IPR, personnels des IUFM, des CRDP et CDDP, INRP La main à la pâte, partenaires scientifiques...).

Actes des séminaires interacadémiques - L'enseignement des sciences et de la technologie à l'école

Mis à jour le 15 avril 2011
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