Université d'été « Enseigner les sciences à l'école primaire »

Ouverture des travaux

Martine Le Guen, sous-directrice des Actions éducatives et de la Formation des enseignants, direction de l'Enseignement scolaire

Je voudrais remercier Jacques Pelous, directeur de l'IUFM de Montpellier qui, avec Jean-Michel Dusseau, professeur des universités, sont les maîtres d'œuvre de cette manifestation ainsi que Claude Dautel, IA-IPR, qui représente le recteur de l'académie de Montpellier, notre hôte pendant ces quatre journées.

Je tiens à vous dire tout le plaisir que j'ai à ouvrir les travaux de cette université consacrée à l'enseignement des sciences à l'école primaire. En tant que représentante de la DESCO, votre regroupement présente en effet pour moi un double intérêt. Tout d'abord, c'est une action de formation. Ensuite, sa thématique constitue l'une des priorités de politique éducative que ma direction doit mettre en œuvre.

La présente université s'inscrit dans le cadre des actions de formation que nous pilotons au plan national : désormais, en appui des orientations prioritaires de la politique éducative, un programme national de pilotage (PNP) est arrêté. Ce PNP a pour vocation première d'accompagner les réformes ministérielles. Il vise à mettre en évidence sens, cohérence et enjeux des réformes engagées et à préciser les principaux axes des politiques académiques de formation continue des personnels. Le PNP comprend différents types d'actions de formation : des séminaires nationaux, interacadémiques, des universités d'été et d'automne, comme celle d'aujourd'hui. Le public est généralement constitué d'enseignants, de représentants des corps d'inspection, de chefs d'établissement, de conseillers pédagogiques spécialisés lorsqu'il s'agit du premier degré, et de formateurs des IUFM.

Pour vous montrer notre souci de réactivité et toute l'importance accordée au premier degré dans la programmation des actions du 1er trimestre 2000-2001 du PNP, je rappellerai qu'ont été réalisées, ou sont en cours de réalisation, entre octobre et décembre les actions suivantes :

  • 3 séminaires nationaux : " L'exploitation de l'évaluation nationale en CE 2 : la lecture " ; " Les évaluations et leurs exploitations à l'école (GS-CP) " ; " La pédagogie de l'oral à l'école maternelle ".
  • 6 regroupements interacadémiques réunissant l'ensemble des inspecteurs de l'Éducation nationale (IEN) auxquels participe personnellement le ministre ; 5 regroupements interacadémiques sur l'enseignement artistique avec les conseillers pédagogiques en éducation musicale (CPEM) et les conseillers pédagogiques en arts plastiques (CPAP).
  • une université d'automne, parallèlement à la vôtre, qui se tient à Lyon sur le thème : " L'école maternelle, lieu de prévention ? Lectures croisées des signaux d'alerte ".

Mais, c'est surtout parce qu'il s'agit de mobiliser autour de la rénovation de l'enseignement des sciences à l'école que la DESCO se réjouit de votre rassemblement aujourd'hui. Depuis quelques années, nous sommes malheureusement dans un contexte de régression des effectifs engagés dans l'enseignement scientifique. Ce constat vaut dans tous les pays industrialisés. Sans doute, l'image sociale des sciences est à revaloriser auprès des jeunes, sensibles aux manipulations génétiques, aux conséquences de la vache folle... C'est pourquoi des efforts, largement relayés par les médias, sont réalisés : " La semaine de la science " s'est déroulée il y a quelques jours, des actions de valorisation sont organisées pour les élèves du second degré, tels que les olympiades de physique, le concours CEFIC avec les industries chimiques européennes... Des initiatives sont également prises par les académies pour développer l'enseignement des sciences. Ainsi, dans l'académie de La Réunion, des élèves d'école primaire étudient, dans le cadre de projets scientifiques, la biologie des eaux douces, créent des tableaux à partir de végétaux, réalisent une couveuse... Certaines écoles sont jumelées avec des sites scientifiques locaux (parc marin, aquarium, ferme de corail...). Afin de mieux comprendre le phénomène international de désaffection pour les études scientifiques, une mission vient d'être confiée par notre ministre à Guy Ourisson, président de l'académie des sciences.

En attendant et pour aider au redressement de la situation, il est clair qu'il faut agir tout au long du cursus scolaire, en commençant à l'école. Il est vrai qu'à ce niveau, depuis 1995, une dynamique nouvelle de l'enseignement des sciences a été impulsée grâce à l'opération " La main à la pâte " qui bénéficie de l'appui du professeur Charpak, de celui de l'académie des sciences et du soutien actif de l'INRP. Dans sa conférence de presse du 20 juin 2000 consacrée à l'école, le ministre de l'Éducation nationale a montré qu'il voulait aller plus loin et plus vite que l'extension, nécessairement progressive, de cette remarquable opération. Il a décidé d'un plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie qui concerne les trois dernières années de l'école primaire. Le pilotage national du plan de rénovation incombe à la DESCO. Un comité de suivi national, présidé par l'inspecteur général Jean-Pierre Sarmant, a été constitué.

Les objectifs du plan de rénovation sont ambitieux et précis : il s'agit d'ouvrir les enfants à la réalité du monde, de les habituer à observer et à raisonner. Les élèves deviennent alors acteurs dans l'acquisition de leurs apprentissages et développent ainsi leur " intelligence concrète ", comme l'a souligné notre ministre. Ces objectifs sont profondément intégrés aux apprentissages fondamentaux : en particulier, ils permettent de développer des capacités d'expression orale et écrite. Ils concourent ainsi à la maîtrise de la langue qui est au cœur de l'enseignement à l'école. A noter que si le plan est distinct de l'opération La main à la pâte, il bénéficie des contributions de cette opération qui poursuit son action comme pôle innovant.

Mesdames et messieurs, soyez assurés que la DESCO sera attentive aux résultats de vos travaux et à la diffusion des actes qui en résultera. D'ores et déjà, je voudrais préciser qu'un accompagnement du plan de rénovation des sciences à l'école est prévu :

  • des moyens financiers sont affectés dès la présente année scolaire pour soutenir les projets pédagogiques (21 MF) ;
  • des séminaires interacadémiques sont programmés au niveau national : 3 regroupements de 200 personnes chacun à l'attention des équipes départementales et de circonscription, ainsi que des représentants des IUFM ;
  • des outils d'accompagnement seront également élaborés par le groupe technique institué auprès du comité national de suivi. Ils seront mis en ligne sur le site ÉduSCOL de la DESCO, inauguré lors du Salon de l'éducation.

Actes de l'université d'été - Enseigner les sciences à l'école primaire

Mis à jour le 15 avril 2011
Partager cet article
fermer suivant précédent