Séminaire « L'exploitation de l'évaluation nationale en CE2 »

Synthèse des ateliers

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Les ateliers ont fait ressortir plusieurs types d'interrogations, de souhaits ou de demandes explicites, exposés de manière synthétique ici.

A propos de l'évaluation nationale en CE2

Dix ans après la loi d'orientation et la mise en place des cycles pédagogiques à l'école primaire, même si l'évolution des pratiques n'a pas été aussi rapide qu'on l'aurait souhaité et si elle n'est pas partout équivalente, les équipes pédagogiques commencent à développer un regard plus analytique sur la situation des élèves. Les évaluations nationales contribuent à " informer " ce regard mais définir les difficultés des élèves reste toujours aussi difficile pour les maîtres. Il faut encore faire évoluer, dans la majorité des cas, le fonctionnement pédagogique pour que des adaptations de l'existant soient réalisées en fonction des effets constatés sur les apprentissages et révélés par les évaluations nationales. Les finalités de ces évaluations doivent donc être confirmées ; il est clair qu'elles sont, au service des élèves, des outils pour aider à élaborer des parcours personnalisés.

Néanmoins, des adaptations de l'outil ne sont pas à exclure. Ainsi, d'aucuns souhaiteraient un élargissement des champs de ce qui est évalué. Beaucoup se prononcent en faveur de protocoles constitués de telle façon qu'une compétence ne soit pas " évaluée " par un seul item. Pour la majorité des participants, la référence aux " compétences de base ", sous ce nom ou un autre, reste importante. Les insuccès n'ayant pas la même importance au regard d'un programme de remédiation, il importe que les analyses conduites par les maîtres soient guidées par ces repères qu'ils ont fini par s'approprier. Cependant, des précisions sont souhaitées quant à ces " compétences de base " dont on critique les fondements plus statistiques que didactiques. Leur limitation à la lecture et à certains domaines mathématiques est regrettée. Beaucoup s'interrogent sur le statut des compétences autrefois dites approfondies ou remarquables, dont la présence n'est pas ressentie comme nécessaire par tous.

Même si la valeur des évaluations est surtout rapportée à leur fonction dans la régulation des parcours pédagogiques, les inspecteurs sont aussi attachés aux outils qui permettent un traitement élargi des résultats et une intégration des données aux tableaux de bord des circonscriptions ; des liaisons avec INPEC sont souhaitées. Des expériences existent qui mériteraient d'être prises en compte pour l'évolution du logiciel Casimir.

Enfin, en matière d'évaluation, il est souligné que l'opération nationale doit être conçue comme l'affaire de tous. Un travail commun sur les évaluations en CE2 et en 6ème (et l'on regrette là que la communication par les collèges des résultats en 6ème ne soit pas encore partout la règle) doit avoir des répercussions sur les progressions pluriannuelles par cycle, et sur l'élaboration d'évaluations intermédiaires qui soient dans la cohérence des évaluations nationales en français et en mathématiques.

A propos des futurs programmes de l'école primaire

Il est très massivement souhaité que les programmes intègrent davantage à l'avenir les deux registres : contenus et compétences. La définition de " compétences de base " comme un sous-ensemble des compétences est une perspective qui divise les participants. Il est certain que cette définition donnerait des repères plus clairs pour la régulation des parcours pédagogiques mais il est craint aussi que d'aucuns en fassent un programme minimum. Dans ce cas, certains font remarquer qu'une bonne maîtrise d'un programme minimum bien pensé serait préférable à des difficultés généralisées.

Le caractère critique de certaines compétences, avec des critères pour leur évaluation à certaines étapes de la scolarité, devrait néanmoins être explicité dans les documents d'accompagnement des programmes qui peuvent être plus précis en arguments didactiques.

A propos des outils pour les équipes pédagogiques et de circonscription

En accompagnement des évaluations nationales, manquent actuellement des " banques de données " qui proposeraient des situations de réapprentissage et d'entraînement. Mais il manque surtout des suggestions permettant aux maîtres de prendre en charge l'hétérogénéité de leurs classes. L'organisation globale est difficile à gérer et toutes les idées de dispositifs mis en place pour prendre en compte cette difficulté seraient bienvenues.

En accompagnement des programmes, au delà des compléments didactiques nécessaires dans les champs disciplinaires, il est demandé des outils d'aide à la préparation de la classe. Plus largement, tout document susceptible d'actualiser l'information des maîtres pour qu'ils gèrent mieux leur liberté pédagogique serait considéré comme un élément important de la formation continue des maîtres. L'aptitude à faire des choix éclairés a besoin d'être constamment stimulée.

En matière d'outils pour les équipes de circonscription, si l'on se félicite de la diffusion récente de divers documents, on regrette cependant que cette diffusion n'ait pas été annoncée (les outils étant alors mieux intégrés aux programmes d'animation pédagogique) et qu'elle se soit faite sur la base d'un seul exemplaire par circonscription.

Enfin, maintenant que l'équipement informatique de chaque inspecteur est réalisé, d'autres formes de communication et de mutualisation des expériences sont vivement souhaitées. Ce serait à coup sûr une manière de gagner du temps car le temps reste l'outil essentiel, et qui manque aujourd'hui.


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Mis à jour le 15 avril 2011
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