Séminaire « L'enseignement des langues vivantes dans le premier degré »

Le réseau des établissements français à l'étranger

Jean JOLY, Directeur du service pédagogique à l 'Agence pour l'enseignement du français à l'étranger(AEFE)

Présentation du réseau

Un réseau très développé

, pourtant très développé, est encore mal connu. La France présente la particularité par rapport aux autres pays européens d'avoir construit, mis en place et conservé un réseau d'établissements français à l'étranger. Ils sont au nombre de 410, répartis dans 130 pays, et accueillent 230 000 élèves. Ce ne sont pas des établissements bilingues de coopération. Ils ont pris l'engagement d'appliquer strictement les horaires, les programmes et les méthodes en vigueur dans l'Éducation nationale et de préparer aux examens français : le brevet et le baccalauréat.

Des établissements étroitement liés à la France

Les cours sont dispensés en français et les élèves suivent le cursus des études françaises, qu'ils soient français ou étrangers. L'effectif de ces établissements est composé pour un tiers d'élèves français et pour deux tiers d'élèves étrangers. Les décisions d'orientations prises par les chefs d'établissements en fin d'année scolaire sont valables dans tous les établissements français du monde. Autrement dit, il s'agit d'un véritable réseau institutionnalisé et coordonné.

Ces 410 établissements sont contractuellement liés à la France par le régime de l'homologation, décidée par le ministre de l'Éducation nationale en accord le ministre des Affaires étrangères. Une liste d'établissements paraît chaque année au Journal officiel au mois de septembre.

La plupart de ces établissements ont un statut privé. Il s'agit d'association de parents, de fondations, etc. Un certain nombre d'entre eux sont étroitement liés à la France, qui nomme le chef d'établissement et le personnel de direction, détache des enseignants français, accorde des subventions de fonctionnement et soutient des projets pédagogiques. Il leur a suffi pour cela de passer une convention avec l'État français, représenté par l'Agence pour l'enseignement du français à l'étranger. 270 établissements sur les 410 sont ainsi conventionnés. Certains établissements conventionnés sont dits " en gestion directe " et fonctionnent exactement comme un établissement du territoire français.

Vers un partenariat plus étroit encore

Il y a deux ans, les ministres de l'Éducation nationale, des Affaires étrangères et de la Coopération ont demandé la rédaction d'un projet pédagogique et éducatif pour l'enseignement français à l'étranger. Jusqu'alors, ce dernier n'était régi que par trois textes : le décret de 1991 fondateur de l'Agence française pour l'enseignement français à l'étranger, un décret de 1993 et une circulaire de 1994 précisant que les établissements français à l'étranger étaient semblables, à quelques adaptations près, aux établissements de France. Le projet arrêté en 1999 par les trois ministres prévoit deux grandes actions.

La première tend à rapprocher de l'Éducation nationale le réseau des établissements français à l'étranger qui sont sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères. La première étape de ce projet a consisté à lier étroitement les établissements français à l'étranger avec la DESCO et les Inspections générales de l'Éducation nationale et de la Recherche. Un certain nombre de décisions sont prises en commun concernant par exemple l'organisation du baccalauréat, la formation continue et l'homologation des établissements. La seconde étape a consisté à nouer des partenariats entre les académies et les établissements français de l'étranger. Actuellement, quatorze académies travaillent avec les dix-sept zones que nous avons définies à l'étranger. Ce partenariat permet des échanges internationaux entre les académies, les établissements et les pays dans lesquels ils sont implantés.

Un atout pour l'ouverture internationale dans l'enseignement primaire

et les partenariats qui les relient aux académies peuvent être un atout dans l'ouverture internationale dans l'enseignement primaire. L'AEFE n'a pas vocation à se substituer aux autres formules d'échange qui vous sont proposées. Elle constitue simplement un moyen supplémentaire de prendre contact avec un pays étranger.

Nous vous offrons nos services. Un séminaire se tient actuellement sur l'enseignement de l'arabe dans nos établissements français du premier degré en Tunisie. Nous rencontrons les mêmes problèmes que les écoles en France et qui tiennent aux réticences des parents, désireux que leurs enfants apprennent avant tout l'anglais, aux horaires et au recrutement des enseignants. Le contexte est différent, mais les problématiques sont les mêmes. Le premier avantage de l'Agence est donc de vous mettre en contact avec des interlocuteurs avertis, qui rencontrent les mêmes problématiques que vous dans l'apprentissage des langues étrangères. Les enseignants de nos établissements viennent d'horizons divers. En moyenne, la moitié de nos professeurs sont des titulaires français et l'autre moitié est constituée de personnes recrutées localement.

Nos établissements peuvent apporter une aide logistique précieuse dans l'organisation d'échanges internationaux. Il ne s'agit pas d'organiser des échanges avec ces établissements eux-mêmes. En revanche, à titre d'exemple, le lycée Chateaubriand de Rome pourrait vous aider à entrer en relation avec les écoles italiennes de la ville. Nous vous proposons également d'initier des séjours de formation d'enseignants français dans les pays d'implantation de nos établissements. Pendant trois semaines, un enseignant ou un coordonnateur ou encore un conseiller pédagogique s'imprégneront de la langue, noueront des contacts avec des organismes culturels et artistiques. Le choix du pays de destination est entièrement ouvert. C'est un projet qui reste à mettre en forme. Il concernera dans un premier temps les enseignants du premier degré, mais l'Agence espère rapidement l'étendre aux personnels du secondaire.

Mis à jour le 15 avril 2011
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